SOMMAIRE DE LA
CAUDRIOLE N°26
Septembre.Octobre.Novembre.Décembre
2008
Illustration BD page 2
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Patrick MERIC
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JEUNES |
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Le chien page 3
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Priscilla DRUEZ |
Cest-à-dire page 3
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Stéphanie BONNEVILLE |
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Le parc Disneyland page 3 |
Mathieu
BERA |
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Une rencontre de feu page
4 |
Sébastien
ALLOU |
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Une danseuse très triste page 4 |
Thomas
WANESSE |
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La rentrée page 4 |
Danièle
ETHUIN |
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Aimer l'être aimé page
5 |
Océane BERTHIER |
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Textes sur l'Amour page
5 |
Ecole
Ferdinand Buisson |
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Le cheval et la coccinelle page
6 |
Rosalyne
RENARD |
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A Caudry page 6 |
Clarisse GABET
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La montagne page
6 |
Océane WANESSE |
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HUMOUR ET PATOIS |
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J'ai été al'noce page
7-8 |
Jacques HUET |
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El corbio et ch'l'ar'nard page 9 |
Hector MELON D'AUBIER |
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Ech'flo d'el plache page 10 |
Georges RATEL |
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Le sac de jute page 11-12 |
HERTIA-MAY |
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Les abbés page 13 |
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El printemps des gardins page
14 |
Gisèle HOURIEZ |
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POESIE ADULTE |
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L'éclaireur des chiffonniers page
15 |
Geneviève BAILLY |
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Un poète m'a dit page 15 |
SAINT HESBAYE |
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Hommage à mes frères page
16 |
Jean Charles JACQUEMIN |
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Souvenir d'anciens automnes page
17 |
Marcelle LEMAIRE |
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Les styles ont bien changé page 18 |
André-Pierre ROUSSEL |
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Don du poème page
19 |
Yan VILLIERS |
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Le petit rayon de soleil page 20 |
Charly WAL |
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La rencontre page 21 |
Geneviève BAILLY |
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Petite rose de Norvège page 21 Espace page22 |
Paule FRETIERE Marie-Antoinette LABBE |
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Peur page 22 |
Thérèse LEROY |
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Lèvres page 23 |
Jacques MACHU |
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Sur le chemin de Compostelle
page 24 |
Denise DUONG |
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Le jour s'est levé page 25 |
Christelle LESOURD |
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Un monde heureux page 26 |
Véronique ROBERT |
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Les voleurs page 26 |
Francis LESAGE |
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Informatique Amour page 27 |
Jean-François SAUTIERE |
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Fleur du Faubourg page 27 |
Albert JOCAILLE |
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NOUVELLE |
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HGM page 28-29 |
Classe de 2nde Lycée Jacquard |
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L'escalier page 30-31 INVITATION page 33 |
Paule LEFEBVRE |
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Avis de concours page 32 * Retrouvez l’auteur dans la revue littéraire. |
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LE CHIEN … |
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Je suis un ami de compagnie Mais je suis aussi Le meilleur ami De toi, l’Homme. Mais le plus souvent, Je suis beaucoup ami avec les enfants. Mais parfois, les maîtres ont un cœur de glace. Je suis de toutes sortes de races. J’ai des rôles importants dans le cinéma ! Rantanplan, Rintintin, Lassie… Je suis le chien. Druez Priscilla 13 ans - Honnechy |
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2 |
C’est-à-dire |
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Pourquoi
les jours me hantent ? J’ai tout
fait pour t’avouer, J’ai tout
fait sauf te parler. Je n’en
ai pas l’occasion, Je ne sais
quelles raisons Me
laissent dans ce jardin À
t’attendre, à te craindre. Je te
voyais, je fuyais, Et toi tu
me vois, tu me fuis, C’était
pour t’oublier, Et
toi ? Pourquoi ? Oublier
sans le pouvoir, Mais
aussi sans le vouloir, Les dernières
phrases à dire, Viendront une nuit, soupir. Stéphanie Bonneville Février 2007 |
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LE PARC DISNEYLAND |
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Chouette
! Pour mon anniversaire, on m'a offert un beau cadeau : une journée à
Disneyland ! Ce
sera pendant l'été, le 1er août et j'irai avec mes parents et ma
petite sœur. Je
suis content, alors je chante : "je vais à Disneyland !!!" Le
grand jour est arrivé. Comme la route est longue, j'ai emporté un livre dans
la voiture. Le
parc est splendide, on s'amuse bien dans les attractions, j'ai eu peur au
train fantôme. Soudain, dans une
grande file d'attente, quelqu'un a eu un coup de chaleur à cause du soleil et
s'est évanoui ! Alors les pompiers sont venus pour le sauver. Je suis rentré chez moi
et toute la nuit j'ai rêvé du parc Disneyland. J'aimerai bien y
retourner !! de Mathieu BERA |
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Une
danseuse très triste |
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Il était une fois une danseuse très triste, elle était au
supermarché et portait un masque d'halloween. Elle demandait des bonbons pour son chat mais son chat avait
des caries sur les dents. Lorsqu'elle est rentrée, son chat était par terre. Le chat ne s'est plus relevé… Sa maîtresse l'emmena chez le vétérinaire, elle pleurait
tellement que ça faisait des mares. par
Thomas Wanesse (écrit
à l'âge de 9 ans) |
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UNE RENCONTRE DE
FEU
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Toi qui es la flamme de mes yeux Tu es tel un phœnix La lueur que tu
déchaînes Est comme ton cœur Immortelle Et, la flamme qui
brûle en moi D’une puissance
inimaginable Flamboie rien que
pour toi Et, celle-ci reste
éternelle Tout deux, croisant le
feu Donna naissance à
une comète Des fois incarnant
le mal Mais, anéanti par
le bien Ce bien a un seul
nom Il se nomme
« Amour » Et, l’Amour entre
deux flammes N’est autre qu’un… Amour Immortel Sébastien Allou - Orchies |
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LA RENTREE! |
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Je me
réveille aujourd'hui : c'est la rentrée !!! J'entre
dans une nouvelle classe : la "5ème " Je me
retrouve avec de nouveaux camarades et mes copains, copines. Je me
demande si ce sera plus dur que la classe précédente. A la
récréation, je retrouve mes copines, ensuite je vais voir les 6ème
que je connais et je les accueille au collège. Je
constate que je grandis, j'entre dans une nouvelle classe jusqu'au jour ou
j'irai à l'université…je deviendrai adulte !
Danièle ETHUIN – 11 ans 1/2 |
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Aimer l'être aimé |
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Malgré les différences qui nous séparent Oublier les mensonges et les erreurs Unissons nous pour ne former plus qu'un Rester ensemble et ne jamais se séparer ET TOUJOURS SE DIRE : JE
T'AIME d'Océane Berthier |
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Sourire,
Encre, Tigre |
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Emporté par le vent Allume les flammes de mon cœur Dans la magie du bonheur. Soudain dans le vent noir L’amour devient bizarre, Et tous, nous tombons Dans le gouffre du désespoir. Dawid J’écris à l’encre bleue Quand je suis amoureux. J’écris à l’encre noire Quand c’est le désespoir. J’écris à l’encre jaune Quand il n’y a personne. J’écris à l’encre rose
Simon B Toi le tigre à la
robe rayée Tu es le plus beau De tous les
animaux. Pour toi, j’écris
en bleu Car de toi je suis
amoureux. J’aime les animaux Et pour les
protéger Je serai
vétérinaire. Victoria Classe
de Mme Boulin – Ecole Ferdinand Buisson de Cambrai |

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Le cheval et la
coccinelle |
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Il était une fois
dans une rue qui s'appelle Paris un cheval. Dans la rue, il y avait
la mairie, et tout autour de la mairie, il y avait des fleurs, c'était des
fleurs magiques. Un jour, le cheval
qui avait mal à la tête senti les fleurs et il n'eut plus mal à la tête ! Une coccinelle se
montra et dit - "bonjour je
suis la fée cocci, je vis parmi les fleurs et j'ai le pouvoir de faire guérir
les animaux malades" Le cheval compris
alors pourquoi il n'avait plus mal à la tête. de Rosalyne Renard |
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A Caudry |
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Une petite
fille vivait dans une ferme à Caudry, elle avait
faim et elle alla chercher du pain.
Un oiseau se
posa sur son cochon et lui donna des coups de bec. La petite
fille riait, elle était fière d'être fermière et adorait ses animaux. Clarysse
GABET |
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LA MONTAGNE |
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Pendant les vacances,
je suis allée à la montagne avec mon bébé. Lorsqu'on est arrivé
à notre chalet, la porte était ouverte, la chaise était toute cassée et mon
bébé n'arrêtait pas de crier ! Tous les bonbons
étaient par terre…je m'en souviendrais de mes vacances à la montagne ! OCEANE WANESSE |
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J’ai été à l’ noce ! |
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Ein mariach’, ch’est ein grand jour
pou ches fiancés, mais cha n’est pos mal non pu pou cheux qui sont invités.
Cha comminche par el passach’ à la mairie. Là, ch’ mayeur i dot garder sin
sérieux même si i est comarate aveuc les parints d’ ches futurs mariés. Mais,
naturell’mint, cha n’ peut pas s’ dérouler comme pindant eun’ séance ed
Consel quand i est question d’ budget : cheux qui rimplitent l’ Salle
d’Honneur cha n’est pas des conseillers, mais des gins qui n’ pinsent qu’à
raconter des cacoules in attindant ch’ vin d’honneur qui va suire. Aussi, adon qu’ ches « OUI »
i’z aront été prononcés, ch’ mayeur i pourra faire chu qu’i veut : in né
l’acoutra pu ! Mais attintion, pou l’ deuxième partie, faut arprinde sin
sérieux : ch’ prête i n’est pas élu par el peupe et pourtant i arrive à
s’ faire crainde pu fort que ch’ mayeur. Ainsi, à fait qu’ ches gins i’
rintent dins l’église, ches voix al s’abachent d’ein ton et ches conteux d’
cacoules i’z armettent leus histoires dins leu « musette ». Dès que l’ cérémonie religieuse
queuminche, el canchon d’accueul al est arprise par cheux qui connotent ches
paroles ou qui litent ch’ texe trouvé su leu caïelle. Y in a qu’i’z y mettent
tout leu foi et des qui n’osent pas canter trop fort, p’t’ête pou n’ pas
vexer cheux qui n’ saitent pas ch’ cantique par cœur. Mais y in a d’z autes
aussi qui n’ faitent qu’armuer les lèfes in détaillant ches vitrals aveuc
application. Et ch’est toudis intre l’ momint dù que ch’ cantique finit et
que ch’ prête va inviter ches gins à s’ rassir qu’in intind ein bruit d’
pièche qu’ein gosse aïche et énervé i a laiché quer su ches dalles. Si, à
l’avant, ches paroissiens suitent attintiv’mint l’ déroul’mint de l’
cérémonie, y in a toudis, tout au fond près d’ cheul grande porte, qui n’
s’occupent pos du tout d’ chu qu’i s’ passe là-bas du côté d’ l’autel. Cha
discute d’ partie d’ cache, du nouviau modèle d’ carette qui vient d’ sortir,
de l’ voisine à ch’ grand NENESSE qui « s’ déringe » aveuc ein
gaillard qui pourrot ête sin garchon – vous s’ rindez compte ! – ou bin
cha s’ demainde quo qu’in va pouvoir minger achteur – vu qu’ même ches
pichons i’ z avalent des farines animales ! I sont tell’mint occupés par
leus racontaches qu’i sont surpris par ches premières mesures de l’ MARCHE
NUPTIALE ed MENDELSSOHN. Eus’ qui voulotent sortir les premiers, i sont pris
d’ court par el démarrache de ch’ cortège : i va falloir attinde qu’
ches jones mariés, suivis d’ ches familes, seuchent passés ! Et i n’ se
pressent pas mes gins. A l’ zes vir marcher aucor pu duch’mint qu’ pou ein
défilé de l’ LEGION ETRANGERE, in dirot qu’i’z argrettent ed devoir quitter
chl’église ! Mais, cha a l’avintache d’ permette à l’assistance ed
détailler ches gins qui passent. Ainsi, l’ père de ch’ marié in vot qu’i n’
deminde pas mieux qu’ cha s’ déroule au ralenti : i n’ sint pu s’z
ortels dins ses nouvelles cauchures. Par conte, l’ mère de l’ mariée, aveuc
ein grand capiau à rinde jalousse Geneviève de FONTENAY, al s’ ringorge et,
s’ figure éclairée comme cheule ed Bernadette SOUBIROU quand qu’elle a vu l’
SAINTE VIERGE pou l’ première fos, al donne l’impression qu’ ch’est elle qui
vient d’ dire « Oui » à ch’ curé ! Et ch’ défilé continue aveuc ches
vieux et ches d’mi vieux qui ont sorti leu costume du diminche, leus finmes
fières ed moutrer l’ nouvelle toilette acaté pou l’occasion et ches jones qui
saitent qu’in est mieux in blue-jeans pou s’ bardéler su l’ piste ed danse.
Pindant ch’ temps là, ches accros à l’ nicotine, qui viennent d’ faire
pénitence pu d’eun’ heure ed long, i’ s’ ditent qu’ mes gins là i frotent bin
d’accélérer ein cop, pasque cha les déminge sacrémint de n’alleumer eun’.
Sans compter qu’i n’ va pos falloir traîner in pinsant à ch’ vin d’honneur et
à ches amuse-gueules qui s’in vont si vite, surtout ches meilleux. Enfin, cha
y est ! Ch’ nouviau coupe, mitraillé par ches éclairs à photos à l’
sortie de ch ‘ Consel des Minisses, i vient d’arriver à l’ porte. Du haut dé
chl’ escalier malgré ches peugnées d’ riz qu’in leu jette ches gins i n’
pinsent même pos à garder ein paquet pou ches RESTOS DU CŒUR. Mais, i n’ s’agit pas d’ cha pou l’
momint : In route vers l’ salle des fêtes pou l’ suite ed ches
évén’mints ! Ein vin d’honneur, ch’est ein’ affaire bin réglée même si
in y artreuve gramin pu d’ gins qu’à chl’office religieux. Cha comminche par
el lent défilé d’ ches féliciteux armés de ch’ cadeau d’usache. Et cha fait
des baisses à ch’ marié, à s’ finme, à ches parints, à ches mononcles et
matantes. Et cha papote, cha rappelle « qu’ ches deux-là in l’z a connus
tout tiots ». Alors, qu’ cheux qui attindent, louchent su l’ grinde tape
(rimplie d’ verres et armuchée d’ tiotes affaires qui faitent saliver). Et
qui s’ ditent eq si i’z avotent su, i’z arotent pris l’ temps d’ vidier leu
vessie à l’ sortie de l’ messe. Mais, pindant qu’i’z attindent leu tour, y a
ches dégourdis – ou ches pu gueulards- qui sont passés in premier et qui
d’ein cop d’oeul ont eu vite fait d’arpérer l’z amuse gueules qui préfèrent.
Ch’est incroïab’ el vitesse ed déglutition d’ certains invités : in a l’impression
qu’ cha gliche dins leu gosier comme ein dogt dins eun’ motte ed beurre au
mos d’a-oût. Faut vir aussi ches finmes qui, chl’
assiette posée su leu main gauche ouverte in forme ed coupelle, printent
délicat’min eun’ patiss’rie d’ l’aute main in n’oubliant pos d’ laicher ch’
pétit dogt arlévé comme qu’al l’ont vu faire au cinéma : cha ch’est l’
grande classe ! Mais y in a d’z autes qui, semblant d’ rin, après avoir
zieuté, discrét’mint à droite pi à gauche, faitent accroire qu’al ravissent
quéqu’ein au bout de l’ salle. Et qui, d’ein seul cop d’ main, ripent l’
cont’nu d’eun’ assiette dins leu sac à main ouvert jusse à hauteur ed cheul’
tape ! Ch’est presqu’ein tour ed magie tell’mint qu’ cha va vite !
7 Et soudain, l’ musique, qui allot in sourdine, s’
met à faire tronner ches baffles. Ch’est l’ signal pou ches danseux. Cheux,
qui avotent déjà arpéré des jones gadouillettes qui ont tout chu qu’i faut la
du qu’i faut, l’z intraînent vers l’ piste au son d’eun’ musique tonitruante.
Eun’ musique qui fait du mau à l’z orelles d’ ches vieux, obligés d’ crier
pou continuer à raconter d’z histoires d’ marché noir au temps d’
l’occupation et qui finitent par s’ rindr’ compte qu’i vaudra miux arprindr’
cha quand qu’i s’ront tertous à tape. Et cha va continuer ainsi tout pindant
qu’ ches boutelles vides s’ront rimplachées par des pleines. Et qu’ cheux,
qui n’ sont pos invités à ch’ repas d’ noce, arpartiront, chacun leu tour, in
essayant d’ marcher l’ pu drot possibl’. In busiant qu’aveuc tout chu qui
z’ont bu et mingé i’z aront « gagné ein r’pas ». Bah ! Cha
compins’ra, in partie, l’ prix d’ cheul composition florale qu’ ch’est la
mode d’offrir dins ches circonstances-là. Des fleurs qui aront bin du mérite
d’ continuer à vive dins l’ caleur et l’ funquée tout au long de ch’
gueul’ton qui suivra ! Vol au vent de Pétoncles… Pasque, d’ein seul cop, au momint qu’
ches jones mariés s’ront arvenus d’ cheul séance-photos, in n’ treuva pus qu’
des boutelles et d’z assiettes vides su cheul grande tape : ch’ vin d’honneur
i ara vécu, l’z affaires sérieuses vont commincher. Comme in s’artreuve in
famille, i n’y a pu à faire d’ manières : l’ cravate, qui serrot d’ pus
in pu fort s’in va arjoinde cheul veste déjà pindue à ch’ porte-mantiau.
Discrét’mint, y a des finmes qui s’ débarrassent d’ leus escarpins d’
cérémonie – qui n’ont pas eu l’ temps de « s’ faire à leus pieds »
- pou armettre ches bonnes et larches cauchures d’ tous les jours : cha
ira gramin miux au momint d’ ches valses. Mais, in n’est pos aucor là. Ches
serveuses qui in passant, s’ font déloïer l’ cheinture d’ leu tabier par des
tiots vieux aveuc d’z yeux qui brillent, arrivent aveuc des boutelles d’
RICARD et d’ MARTINI pou ches grands, d’ limonate ou d’ coca pou ches tiots.
Ch’est l’heure d’ trinquer à l’ santé d’ ches jones mariés qui, intre deux
baisses, étotent occupés à lire ches cartes d’ visites accrochées à ches
fleurs. Et pi, arrive ch’ premier plat : « Vol au vent de
pétoncles et champignons en coulis de crustacés ». Rin qu’à
lire ch’ nom su l’ menu, in sint l’ salife couler dins s’ bouque ! Ches
verres s’ rimplitent d’ MUSCADET et in trinque aucor eun’ fos. A l’invitation
d’ein gaillard qui a déjà ses caveux dins ses yeux et qui, pou miux s’ faire
intinde, monte d’su eun’ caïelle, l’ verre au bout d’ sin bras, sans s’ rinde
compte qu’i comminche à baptijer cheul nappe ! Cha y est ! Ch’est parti pou ein
rud’ momint qui verra défiler ches plats baptijés d’ nom
estraordinaires : « Le canard aux deux cuissons à l’effluve de
morilles – Le sauté des bois accompagné de fruits de friches
– Le coup de main normand pour faciliter la suite – La roulade sur
trois effeuillées du potager – La ronde des senteurs de nos
campagnes – Le chiboust caramélisé aux poires – La pyramide
du consentement mutuel ». Insensiblemint, l’ teint d’ ches
convives i a suivi l’ couleur d’ ches verres : blanc, vermillon, grenat,
cramoisi, malgré qu’in ara baissé l’ cauffache d’eun’ salle qui prindra quand
même d’z allures d’ sauna. Surtout après eun’ paire d’ farandoles imm’nées, fréant
battant, par des jones gaillards survoltés comme LAGAFF dins sin BIGDIL.
Tandis qu’ ches inciens, saquant religieus’min su leu cigare ou leu pipe,
arpinsent à ch’l’époque d’ù qu’i pouvotent facil’mint s’ baisser pou arloïer
leus lachets. In s’ dijant qu’euss aussi i voudrotent aucor avoir leu kemiche
toute fraique d’avoir fait l’ JACQUES su cheul piste d’ danse. Chu qui ne l’z
impêche pas d’ surveiller, du coin d’ l’oeul, ches pu tiots qui dortent comme
des JESUS su des lits faits ed deux caïelles calées conte ein mur. Mais, à fait qu’in tourne autour d’
ches tapes, l’ farandole perd des clients qui, arcrans, s’ laichent quer su
leu caïelle ou qui préfèrent, ou n’ pos être arpris d’ forche au tour
d’après, aller respirer à l’ cour ou in prinde chinq su l’ cuvette d’ein WC
verrouillé ! Cha s’éssouffe, surtout que l’ fatigue et l’ caleur
comminchent à délayer l’ maquillache d’ ches fimmes et à faire rapparaître
les poils d’ barbe d’ ches hommes. Alors, profitant d’ein arrêt de l’
musique, y a ch’ grand père qu’in n’a pos intindu jusqu’à là, qui s’ lève et,
drot comme ein i, l’ regard perdu dins l’ vague, attaque : « LES
VOYEZ-VOUS, LES HUSSARDS, LES DRAGONS, LA GARDE… »Tout l’ monde arprind
cheul canchon in cœur et ch’est parti pou ch’ radio-crochet. D’pu « MARINELLA »
et TINO ROSSI jusqu’à « CES SOIREES-LA » d’YANNICK in passant par
« FLEUR DE PARIS », « LA MER », « LES FEUILLES
MORTES », « SYRACUSE », « LA ZIZA », « LA BONNE
DU CURE »… Soixante années d’ tubes défilent, canté par des gins heureux
d’être insanne, autour d’eun’ bonne table. Et ch’ cousin de l’ mariée, armé
d’ sin camescope, n’ loupe pas l’occasion d’immortaliser ches vedettes d’ein
jour qui ont réussi à faire taire cheul sono pindant pu d’eun’ heure. Jusqu’à
l’arrivée d’ cheul Pièche montée. Et pi, ein bon momint après qu’in ara
fait sauter, l’ pu fort possibl’, ches bouchons d’ boutelles d’ champanne et
rimpli des coupes, qu’ certains aront du mau d’ vider, arriv’ra ch’ café
fumant. Ein nectar attindu pou donner ein cop d’ main à faire passer l’ trop
plein d’ l’estomac d’ cheux qui aront eu leu’z yux pu grands qu’ leu vintr’.
Mais l’ARABICA ch’est li aussi qui f’ra s’ lever d’ leu caielle cheux qui
d’habitude sont couqués in même temps qu’ ches glain-nes et qui, aujourd’hui,
ardotent à leu lit. Cha s’ra l’ comminch’mint d’ la fin. La fin d’eun’ sacrée
jornée. Pou ches invités, pou ches mariés – qui n’ sont pourtant pas prêts d’
fermer l’oeul – pou ches parints et, bin sûr, pou leu compte in banque. Vive ! Vive mariache ! Mais
faudrot quand même pas qu’ cha s’arnouvelle trop vite. « T’AS COMPRIS, TIOTE, N’ QUEURRE
PAS, T’AS COR BIN L’ TEMPS POU’ TI T’ MARIER !! » Jacques Huet 02 LA
FLAMENGRIE |
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ECH' FLO D'EL PLACHE |
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) Din l' temps, à Beun'ville (1), à côté
d'el plache (2), y avot un flo (3). A ch' t' heur, y est arbouché (4) et eun'
mason y est même bâtie d'sus. Ch' étot lo qu' ché cinsiers y faisotent boire leu
qu'vaux in arvénant ed' ché camps. In s'y est bin amusé, à ch'flo ! In juin,
in y attrapot des salamandes (5) toutes noires aveuque leurs vint's(6)
rouches, des tritons noirs et gones, des tétards qu'in nourrissot din in pot
d' confiture aveuque eun' fenne (7) trinche ed' peumes ed' terre et qu'in
veyot grossir et quanger pour d'vénir des garnoulles (8). Din l' temps, l'hiver ch'étot l'hiver !
Ch'étot poent rare d'avoir eun' quarantaine ed' chintimètes ed' neige et eun'
glache ed' dix chintimètes d'sus flo où l'in faisot des glichades. In ch'
lanchot d' ech' l'hayure (9) ed' Marie d'ech' flo et in glichot jusqu'à ch'
mur in bordure d'el' route, tintôt d' bout, tintôt à crou-crou, tintôt sus in
pied, tintôt sus l'aute. Pour bin glicher, y fallot avoir des
fers sous ses galoches (10). Souvint, mi, j'avos des daches (11) et j'em'
faisot armonter mes bartelles (11) quand qu' min père y voyot qu'y m'in
manquôt. A côté d'ech" flo, y avot des
grinds arbes, des chycomores (13). In y attrapot, in d' sous d' ché feulles,
des hourlons (14) qu'on faisot voler au bout d'un fil à coud' attaqué à leu
queue. Des foes, à l'école, in ouvrant ech' couvercle perché d' tros d' el'
boete à chirache (15) où l'in avot infermé ché hourlons, in in laichot sauver
un qui s'involot in bourdonnant pour s' taper d'in l' farnette (16). Alors, à chaque fos, M. Monteuis, ech' clerc (17), y confisquot
el' boete. Aujourd'hui, aveuque el' pollution, ché
produits ed' trait'mint et la couche d'ozone qui s' déquire (18), ché gosses
y peuvent pu connaît' ché p'tiots
plaisis ed' not' jeunesse. Georges RATEL Croisilles 1-Beun'ville = Buneville
(village près de St Pol sur Ternoise) . 2-Plache = place. 3-Flo = mare.
4-Arboucher = boucher. 5-Salamande = salamandre. 6- Vint' = ventre. 7-Fenne =
fine. 8-Garnoulle = grenouille. 9-Hayure = haie. 10- Galoche = chaussure à
semelle de bois. 11-Dache = clou à grosse tête.12- Bartelles = bretelles. 13-Chycomore = érable sycomore. 14-Hourlon = hanneton. 15-Chirache =
cirage. 16-Farnette = fenêtre. 17-Clerc = instituteur-secrétaire de mairie.
18-Déquirer =déchirer |
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Le sac de jute |
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Quand
Gaston arriva à vélo devant le chantier, route de Montigny, il était près de
9 h. Les ouvriers prendraient bientôt leur pause. Ils ne prirent pas compte
de sa venue et continuèrent leur dur labeur : alignant les briques
derrière quelques tas de matériaux. Une bonne semaine que les maçons
recevaient la visite du jeune garçon, ils s’y étaient habitués ! Ce
matin, Paul s’était mis en tête de lui faire une farce… oh, pas bien
méchante ! « Tiens,
ch’tio » en lui tendant un sac de jute : « ramène-nous un sac
de vapeurs de la brasserie ! C’est important pour faire les
joints ! » Le jeune, investi d’une mission à la hauteur de ses
espérances, roula donc vers le centre du village, rue de la République. Une
agréable odeur d’orge et de houblon se répandait dans la rue centrale et la
charrette des paysans recevait son plein de drêches (déchets résultant de la
fabrication de la bière et qui participaient à l’alimentation des vaches
pendant l’hiver sous forme d’ensilage). Il attira
l’attention d’un jeune frisé qui vérifiait l’écoulement des
« drêches » et lui tendit le sac ! André (le
frisé) l’envoya vers un gars robuste qui surveillait la chaîne de remplissage
de la Seltz Braü. Edgar reçut avec un sourire non dissimulé le garçon :
« Tu veux un sac de vapeurs ? Tiens, tu vois, le grand avec des
moustaches, il va s’occuper de toi. Un
certain Roger, moustachu et tatoué, lui fit visiter les différentes parties
de la brasserie. « Çà,
c’est le houblon qui, ajouté au brassin, lui donne un goût amer. Là, dans la
cuve, il s’agit du malt. Il s’agit d’orge germé, torréfié en partie pour
donner le maltose : sucre qui va fermenter en alcool ». Bien
entendu, Gaston ne comprenait pas grand-chose mais se sentait important aux
yeux de ce Roger. Il se demandait surtout : mais quand va-t-il me refiler
ce fameux sac de vapeurs ? Après avoir été envoyé de droite à gauche et
vu une bonne dizaine d’ouvriers brasseurs, il fut laissé dans le bureau du
contremaître Eugène. Il s’impatientait depuis une bonne demi-heure quand le
contremaître entra dans son bureau et trouva le petit jeune. Il comprit tout
de suite la farce dont il était l’objet et l’entraîna au pied de la
gigantesque cuve en cuivre qui trônait dans la grande pièce. Régulièrement,
un stagiaire soutirait un peu de liquide et analysait le taux de sucre et
d’alcool. Eugène ramassa quelques canettes et les mit dans un cabas, il
poussa Gaston de l’autre côté de la cuve et lui montra quelques grands
récipients où se faisait la limonade. « Tu vois : la mélasse vient
de la sucrerie de Caudry, elle est mélangée avec de l’acide citrique, du
colorant et de l’extrait parfumé. Du gaz carbonique est ajouté sous pression
et la limonade est prête. Tu la préfères de quelle couleur ? » « Oh,
rouge, elle est meilleure, M’sieur ». Eugène
prit une grande bouteille de limonade qu’il mit dans le sac avec les
canettes. Il raccompagna le garçon à la porte et lui remit le cabas avec le
précieux contenu. Gaston avait presque oublié le fameux sac de vapeurs et
craignait les maçons. Ceux-là le reçurent pourtant avec joie, en se
partageant la mousse : les canettes de la fameuse « Seltz
Braü ». Ce midi, Gaston rentra chez lui avec une bouteille de limonade. Le
contremaître Eugène retrouva le sac de jute dans son bureau. Il se dit
qu’il le ramènerait chez lui, le soir. Après la
séance de répétition des cuivres dispensés par Maurice, le sous-chef, les
élèves se retrouvaient pour trois quarts d’heure, avant la grande séance
générale où ils côtoyaient tous les autres musiciens de l’Harmonie de Bertry. Les
répétitions se tenaient dans les anciennes écoles des garçons où quelques
salles étaient encore utilisées pour les réunions, les banquets, etc… Plus
tard, les jeunes organiseraient les fameuses « boums » (mais cela
est une autre histoire). Les
jeunes musiciens ne savaient pas encore que, dans quelques années, ils
pourraient utiliser des tables de ping-pong de l’Amicale Laïque dans la
deuxième salle. Il leur
fallait donc tuer le temps.
Un solide
répertoire d’histoires était échangé à ces occasions mais, bien vite, les
ados passaient aux pétards et aux allumettes feux de Bengale ! La
répétition générale durait jusqu’à plus de 22 h 30. Le groupe
d’amis restait bien après. Un soir,
G.F. prétendit aller voir les feux follets. « Nous
sommes au mois de Novembre, tu ne verras rien ! » Mais rien
à faire pour les dissuader, le groupe était décidé ! Nous
convînmes d’abandonner les feux de Bengale. Pierre s’avança :
« T’as qu’à me les refiler, je vais les planquer chez moi ! »
Et il s’éloigna quelques maisons plus loin où il les cacha dans un SAC DE
JUTE ! Le groupe
parvint rapidement au cimetière où ils posèrent les vélos le long du mur. Le
plus réticent resta devant l’entrée principale et les cinq autres entrèrent
par la travée centrale, masquant mal leur inquiétude. Bien entendu, le
dissident ne resta pas inactif, il courut vers la porte secondaire et entra,
en bondissant derrière les tombes, tel un revenant ! Le groupe
se figea, atterré, avant de reconnaître leur copain, aidé en cela par une
lune qui venait de se lever ! Pierre
rentra tard, le ciel s’éclaircissait déjà. Le fameux
bal s’était très bien terminé. Il se délesta de ses souliers dans un geste
calculé et gravit les degrés de l’escalier. Son expérience aidant, ses mains
cherchaient les différentes prises et ses pieds connaissaient par cœur les
obstacles. Malgré l’aube naissante, le couloir et l’escalier restaient dans
la pénombre, il voulait rester le plus discret possible ! Son pied
sentit quelque chose ! Il calcula la nature de l’intrus ! Son
hésitation fit que l’étrange chose perdit l’équilibre avant de se fracasser
plus bas : le noctambule reconnut au bruit un vase certainement
imposant. Il
redescendit les marches et ramassa les débris avant de reprendre son
ascension et filer droit vers la chambre de ses parents. Il ouvrit la porte,
alluma et déclama soudainement et théâtralement d’une voix emphatique :
« Et par un affreux effet du hasard, il vit ses jours
abrégés ! ». Les morceaux, témoins du délit, furent balancés avec
mépris dans un SAC DE JUTE du placard à balais. Un lundi
sur deux, passent les ordures ménagères. L’ouvrier se pencha, arrivé au milieu
de la rue de la République, sur un drôle de sac. Il ouvrit
légèrement le SAC DE JUTE et vit une cannette vide de Seltz Braü, des tessons
de vase coloré, des pétards et autres objets qu’il ne reconnut pas. Pendant
quelques fractions de seconde, il eut un « flash » ! Il subit
quelques visions : la brasserie, quelques lueurs colorées et un vase qui
tombait dans un escalier. Quand il
en parla à ses collègues de travail, ces derniers le regardèrent de façon
bizarre. Aujourd’hui encore, il est persuadé que les choses possèdent une
mémoire ! HERTIA MAY |
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UN ABBÉ PEUT EN CACHER UN AUTRE. A lire a haute voix |
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Une triste nouvelle me parvient
en direct de l’abbaye tenu par l’abbé Résina. J’ai la terrible mission de
vous faire-part du décès de l’abbé Quille. Mercredi
soir, pendant que l‘abbé Nédictine
sonnait le salut, l’abbé Quille est tombé dans les bras du père
Iscope. Tu peux juger de la
stupéfaction générale. Tous les révérends pères, en
particulier le père Clus, perdaient en l’abbé Quille leur
meilleur soutien. Un seul, oui un seul, était
joyeux, le père Fide. Quant
à l’abbé Thise, il n’y comprenait rien. J’ai été chercher le père
Manganate et le père Itoine, les deux médecins, mais leurs efforts
furent vains. Le lendemain eut lieu
l’enterrement, chacun fut appelé par les cloches du père Sonnage. La
messe fut dite par l’abbé Guine sur une musique de l’abbé
Thoven et de l’abbé Rlioz. Le
père Hoquet fut chargé du sermon et comme il n’y avait pas de chaire,
il dut monter sur le père Choir. Le père Cepteur fit la quête à la fin de la
messe. Il y eut une discussion sur le
chemin à prendre. L’abbé Trave et le père Drau voulaient passer à travers
champs, mais l’abbé Canne et le père Cheron s’y opposèrent. Le père Plexe hésitait,
le père San avec sa tête de turc ne voulait rien savoir, les deux pères
Huques s’arrachaient les cheveux, le père Nicieux semait le doute.
Le père Spective
regardait au loin et comme le père Hil était grand, on
se rallia à lui. Au cimetière, devant la tombe
creusée par le père Forateur, en l’absence du père Missionnaire,
le père Pétuel et le père Manant firent un discours sur
l’éternité. Le père Venche et l’abbé
Gonia fleurirent la tombe, l’abbé Rébasque se découvrit et
recouvrit le caveau d’une pierre tombale faite par l’abbé Tonneuse. Sur
le chemin du retour, le spectacle fut effrayant : le père Pendiculaire
était plié par la douleur, l’abbé Nitier était plein de larmes. Le père Igourdin, le père
Igor et l’abbé Harnaise fermaient la marche. En chemin, le père Dus
fut retrouvé. Arrivé à l’abbaye, le père
Syl et l’abbé Chamel préparaient le repas pendant que le
père No et l’abbé Nédictine nous servaient à boire pour nous
remettre de nos émotions
(signé) Le père Ciste |
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El printemps des gardins |
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Dès qu’el
printemps s’amoute, tous l’z’ans ch’est l’sérénate : Fouissache
et rét’lache : i’ faut sémer l’salate ! Min vieux
passe ses journées dins sin grand potager, Ch’est à
peine si i’a l’temps d’ervénir pou’ minger ; El diminche,
pus d’sortie, « Monsieur » a trop d’ouvrache, I’ faut
planter les truches, du cél’ri, ch’est l’dallache ! Comme i’ n’a
pus vingt ans, i’ r’vient ploïé in deux, Gintimint
j’i répète d’s’erposer inter deux, I’ m’répond
méchammint : -« Si dins tros quate sémaines Té
n’cueulles pas d’el salate, té m’diras : bin tes graines Té l’z’as
plantées ch’est sûr ? El visin d’à côté L’est plus
avinché qu’ti, i’ m’a déjà moutré Qu’i’
cueillot des radis ! S’potager ch’t’inn mervelle Et s’laitue
dégarnie, null’ part all n’a s’parelle ! Et même qué
t’ajout’ras : quos qu’i’est bieau sin courti ! Cha ch’t’in
bon jardinier, i’est pus rapite qué ti ! Alors, pou’
n’ pas intinte tes r’proches, tes litanies, J’vas
acouter l’zosieaux, ch’est mieux qu’tous tes conn’ries ! Ouais,
j’marche ploïé in deux, et jé n’sais pus arquer, Mais au
moins, dins m’gardin, j’mé fais pas engueuler ! »- Là d’ssus,
mi j’vous déclare : l’gardin ch’t’in broulle-ménache
I’sort
s’pétiote carrette, i’ s’in va au marché Et i’ est
toudis d’accord avec sin blanc-bonnet. Gisèle Houriez-Macarez Vertain 2e prix 2006 – LES ROSATI ARRAS |
Toutes nos excuses à
Geneviève Bailly pour avoir attribué ce magnifique texte à un autre auteur dans
notre numéro précédent.
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L’éclaireur des chiffonniers |
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C’est
au pays de la misère Qu’il
aura le plus voyagé Notre
pèlerin, l’Abbé Pierre, Prônant
l’amour, la charité. Lui
l’emblème du pauvre monde En
ces lieux nous tient à genoux ! Combien
de nantis à la ronde Se
souviendront de ses courroux ? Ouvre-lui
les bras sans ambages Toi
que l’on nomme le Très-Haut A
ce soldat qui sans partage Offrit
son cœur et son manteau ! C’est
au pays de la misère Qu’il
aura le plus voyagé Notre
pèlerin, l’Abbé Pierre, Cet
éclaireur des chiffonniers… Geneviève Bailly (en souvenir du 26 Janvier 2007 à Notre-Dame de Paris) |

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Un poète m’a dit Que parmi les horizons de chevelures Les arbres n’attifent plus leurs branches En sels de neige… Un poète m’a soufflé Que ce n’est pas ce matin, devant la peau
filamenteuse Du ciel, que l’oiseau en habit de feuilles Virevoltera au vent clandestin… Un poète m’a confié Que le soleil ne fait plus mine de chasser
son prénom d’aurore… Mais que la lune cache dans l’onde ciliée Sa faucille de pépins d’or. Un poète m’a révélé Que dans l’alliance même des couleurs, Chaque vie qui ne se grise plus d’une forêt d’épouses, Suspend un autre paradis… Saint-Hesbaye
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Hommage à mes frères |
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Qui fera taire canons et fusils, Abolira haines et jalousies, Frontières, chaînes et barreaux, Convertissant à l’amour les pires bourreaux Tous à la ronde en chantant ? Quand donc viendra ce temps ? André le bon samaritain que l’on n’écoute guère Quand il dénonce l’absurdité de la guerre, Les pleurs d’un enfant sur sa mère sans vie, Jacques témoin de l’agonie d’un peuple asservi, Pierre dans les tranchées en Algérie sous la
mitraille Paul rêve que ses frères plantent l’espoir en
semailles. Charles a besoin de ce rêve pour ne point mourir. Ce jeune ennemi à ses pieds qu’il aurait voulu
soutenir, Lui le poète ne veut plus de guerre, Un fils, un père disparu, la souffrance d’une mère. Aujourd’hui dans le souvenir plane l’ange Gabriel Merveilleux petit frère, au paradis là-haut dans le
ciel Jean ta plume ne connaîtra de juste repos Que lorsque vivra PAIX au plus
profond de ton propos. Charles Jean Jacquemin |
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SOUVENIRS D'ANCIENS
AUTOMNES
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Il me souvient d’automnes, passés, mais que
j’aimais : La chute des feuilles dorées, la reverrai-je
jamais ? Tourbillons colorés, dans le vent, entraînés, Chassés en rondes folles, chéris par nous,
aînés ? Les hêtres et les frênes, les érables géants Laissaient choir leurs samares, qui volent en
tournoyant, Les marrons, les châtaignes parsemaient l’herbe
drue Dans les jardins publics, parfois au coin des
rues. Les pluies détruisent tout ; la nature,
perturbée, Confondant les saisons ! On en est bouche
bée ! Des orages en octobre, Qu’allons-nous
devenir ? La boue, la pourriture, les flaques vont
envahir. Beaucoup d’inondations, au Sud et même au Nord En notre pays de France ; bien des êtres
en sont morts Dans le midi, c’est pire ; catastrophes en
Asie. La planète Terre va mal ; tout tourne à
l’aphasie. Prêcher la fin du monde ; l’apocalypse qui
vient, Plusieurs l’ont déjà fait ; devins ?
On le devient ! D’atroces guerres partout, tant d’actes
immoraux Dans les comportements gestuels ou oraux. Et chaque année c’est pire ! Canicules,
incendies, La Terre en catastrophe : tant de mille
morts qu’on dit Pas seulement en France ! Et ailleurs dans
le monde ! L’humanité va mal ; tout cela est immonde. À quoi bon la survie, de tous ceux-là qui
restent, Dans toutes leurs angoisses, des maux plus
qu’une Peste ? Marcelle Lemaire Doise de Cambrai |
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Les styles ont bien changé |
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Avez-vous
remarqué comme, en quelques années, Les
styles ont changé ? L’écriture et le parler Ont
tant évolué qu’il est parfois dur aux aînés De
suivre la pensée et de s’y retrouver. Je
ne vais pas me lamenter et employer Au
lieu de footing les mots de marche à pied. Je
me suis laissé dire et même certifier Que
le mot airbag figurerait au lettré ! L’apocope
est aisée, ou parlé de « sécu » Et
de tant d’autres mots tronqués, bien sectionnés. On
a du mal, bien sûr, à parler de vertu, On
se fait rire au nez et même apostropher ! En
ce temps-là aussi, on allait à la Fac, Peut-être
moins nombreux mais toujours motivés. On
aurait volontiers trouvé, après le bac, Un
travail agréable et bien rémunéré. Excusez,
moi aussi je parle en mots tronqués. C’est
qu’à l’époque déjà on aimait la vitesse. Mais,
enfants de la guerre, nous étions modérés. Nous
avions aussi, bien sûr, nos faiblesses : Peu
reconnaissants et pas toujours prévoyants ; J’ai
bien, il me souvient, flambé dans la semaine, Comme
beaucoup de jeunes, même en cet ancien temps, L’argent
donné précieusement pour la quinzaine ! Nous
étions déférents pour tout supérieur. On
ne disait pas « tu » en veux-tu en voilà. On
s’estimait contents à la moindre faveur, Même
si l’on n’embrassait pas « à tout va » ! André
Pierre Roussel
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Don du poème |
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Des mots, Des mots remis sur la braise du sang, Des mots tramés Sur l’âme faite parchemin, Des mots soufflés à l’enthousiasme sur ta
chair… Des mots ! Voilà son seul viatique à notre vie ! Mais derrière le vocero Que les voyelles en misère Gémissent vers le monde en tranchant ses
cordages, Tu entends le pouls des consonnes Marteler ta poitrine Et rythmer la colère aux enclumes des
dieux. Qu’une oreille s’avive à l’orgue des
syllabes, Et voici qu’un destin se noue Et se libère ; Qu’une corne en la brume harmonise l’écho, Voici l’arche et ses hommes sauvés du
naufrage. Que ces paupières prises au gel de
servitude Soulèvent un appel à la lumière Et voici qu’une foule Exaltée de vocables Brandit la torche vive et réarme
l’histoire. Que des lèvres scellées d’amertume et de
haine Bourgeonnent l’émotion où germe le pardon, Et voici que le froment libère ses houles Pour embraser la plaine A ses moissons promises. Que des gorges nouées, Tout entravées de crainte Frémissent au fil neuf qui tranche le
passé, Et voici délivrées des volées d’avenir Pour une symphonie aux clochers purifiés.
Par la mèche des mots tu allumes le monde. Tu portes dans leur sang Et les germes et le salut Et tu fais reculer le néant dans ses marges Pour couvrir à jamais Les injures de l’abîme. Tu crois au nœud des mots Pour garder sauve la mémoire ; Tu espères le signe en leurs noces naïves Et tu croises le bois aux pages Golgotha Pour dresser la parole Et tenir l’espérance à l’horizon de
l’homme.
Yan Villiers |
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Le petit rayon de soleil |
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Le
jour se lève...tôt le matin, un petit rayon de soleil, bien timide encore,
tente de se faufiler dans ton lit. Il
est là...près de toi...juste au-dessus de l'oreiller, attendant patiemment
les premiers battements de tes douces paupières, et l'ouverture de tes beaux
yeux bleus. Lève-toi
vite, ouvre lui grand fenêtres et volets, laisse entrer le
"SOLEIL", cette lumière éblouissante qui efface la nuit et redonne
la vie. Découvre
l'éveil du jardin, ce cadre enchanteur verdoyant, où tout renaît dès-que le
jour paraît. Laisse-toi
caresser par la douce fraîcheur de l'aurore; Hume...ce doux parfum qui monte
de toutes ces fleurs aux teintes multicolores. Vois
du côté des petits rosiers, la légère brume bien matinale qui s'élève
lentement pour regagner son ciel, et ces quelques bouquets de géraniums
offrant au roi soleil leurs plus belles parures de l'été. Ecoute!...Ecoute!...les
premiers chants de l'oiseau caché dans le cerisier, et la tourterelle qui
roucoule là-haut au coin de la cheminée. Regarde
le ciel...comme il est beau, avec son bleu et ces petits nuages
blancs-moutons, prêts pour le défilé de la matinée. Ce
merveilleux décor, ce cadre enchanteur n'est pas un rêve, il est là, à toi
seule chaque matin d'été, dès-que tu ouvres tes fenêtres et poussent tes
volets sur un petit "PARADIS" que Dieu a bien voulu laisser sur la
terre, pour la joie de tes beaux yeux et de ton bon coeur. CHARLY WAL |
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La rencontre |
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C’est une mélodie, Elle court, se parfume, De rêve et de jasmin Quand s’efface le jour. Rencontre, symphonie, Et fièvre qui consume, Mystérieux chemin Que celui de l’amour ! Infiniment troublés Par ces ondes qui passent, Se distillent en nous, Nectar délicieux. Nous revoici comblés Eperdus dans l’espace Où les regards se nouent, Profonds, silencieux. Et se jouant du temps Quelques notes sublimes Accrochées à nos cœurs Refusent de mourir. Un refrain obsédant Réinvente la rime. Des vagues de bonheur Reviennent l’accueillir. Telle est ma mélodie. Seule et sans amertume, Je la fredonne encore Dans le vent du matin. Poème, symphonie, Tu traverses la brume Pour charmer mon décor, Volant, vers ton destin… Geneviève
Bailly |
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C’est
l’histoire d’une petite rose de Norvège |
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Elle ne
fleurissait que pendant deux mois par an. Comme je
voudrais vivre plus longtemps dans un pays chaud ! Je vivrais au moins
six mois de plus ! Une oie
cendrée qui passait lui dit : « Donne-moi une graine, je la mettrai
dans mes ailes et je la poserai lors de ma migration dans un endroit
chaud. » Ce que fit l’oie. Elle posa la
graine dans le désert. Là elle sera bien. La Rose poussa, elle eut vite trop
chaud et surtout très soif. Un petit
éléphant qui se trompe de route passa près de notre rose. Comme il lui
restait de l’eau dans sa trompe il arrosa la fleur et continua son chemin. Deux jours
plus tard, elle eut encore soif, et il ne vint plus d’éléphants. Ce n’était
pas leur chemin. La nature,
bonne fille, prit pitié et la transforma en rose des sables. C’est depuis ce
jour qu’on trouve des roses des sables dans le désert.
Paule Frétière |
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Espace |
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Etoiles, lumières, heures Vous êtes filantes À croire que ne demeure Qu’une longue attente Ne plus y croire Museler sa mémoire Être à des lieues Pour trouver des pages bleues Ce qui avait jauni Est redevenu vert Ce qui était terni A dépassé l’hiver La nuit est devenue plus claire Toutes les saisons resteront heureuses Il n’y aura plus de vilain hiver Rien que des heures harmonieuses. Marie Antoinette Labbe
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Peur |
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J’ai
peur du temps qui passe De
la vie de chaque jour De
ma propre existence sombre comme une impasse J’ai
peur de toi l’enfant qui joue dans la rue De
toi l’amour qui m’a trop fait souffrir De
toi ombre qui passe et qui voudrait me retenir J’ai
peur des souvenirs qui déchirent et brûlent comme un soleil d’été J’ai
peur de mes amis (mais qui sont-ils ?) Et
de ces gens qui sont là et que je ne comprends pas J’ai
peur de mes paroles, de mes pensées, de mes écrits J’ai
peur de moi-même J’ai
peur de la nuit froide et silencieuse J’ai
peur du jour gris, semblable à tant d’autres jours de ma vie. Thérèse
Leroy Décembre
1973 |
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Lèvres |
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Ils ont du caractère, les baisers des amants, Tantôt poulains échappés ou brise marine ! Ils luttent, batifolent joyeusement, font mine De s'ignorer, reprennent leurs jeux,
tendrement. Lèvres chéries soyez généreuses, aimez-moi ! Sans vous le festin de l'Amour serait bien
fade. Des jardins de l'Eden vous êtes la barricade… Accordez-moi vos faveurs, calmez mon émoi ! Prenez mes baisers, faites-en de gros bouquets. Lèvres mies, penchez-vous…que vous êtes
attrayantes, Frêles corolles parmi les fleurs fraîches et
chatoyantes ! Venez vite nous aimer, là-bas dans le bosquet ! Je veux être votre prisonnier enchaîné. Condamnez-moi à être pendu à vos lèvres… Torturez-moi, je vous aime, donnez-moi la
fièvre, Ne repoussez pas mes sentiments passionnés. Laisse-moi picorer tes lèvres et y déposer Tous les doux baisers que mon cœur t'offre en
présent. Lèvres adorables que j'aime cheminer, puisant A la source de jouvence, divine rosée. Lèvres chéries, vous avez la saveur des fruits De l'Afrique, de nos forêts de nos vergers. Vous êtes odorantes comme grappes à vendanger… Vite, laissez-moi vous butiner, le jour
s'enfuit ! Vos baisers sont des feux d'artifice…ils
éclatent En mille étoiles multicolores dans la nuit
chaude, Emaillant mon ciel d'améthystes et d'émeraudes, Glanant au firmament des rubis écarlates. De vos lèvres ardentes je moissonne les baisers Fous et brûlants qui sentent les fleurettes des
champs. Le goût de votre rouge à lèvres est alléchant… Vous embrasez tous mes sens et les attisez ! Pareils aux flots violents de la mer en tempête Embrassant avec acharnement le rivage, Nos baisers désordonnés se mordent avec rage… Puis, fourbus et rassasiés, ils se font fête. Que j'aimerais m'embarquer à bord de tes lèvres
Et parcourir avec elles la carte du Tendre, Découvrir les terres vierges de ton âme et
prendre Pour cap l'Etoile du Nord dont je serais
l'orfèvre ! Gardiennes d'un tel Paradis, soyez vigilantes :
Des voleurs pourraient vous ravir tous vos
trésors ! Gardez-les pour votre amant. Fier conquistador,
Il vous offrira mille topazes étincelantes. Pour les baisers de votre fougueux conquérants Vous donnerez les vôtres, aussi brûlants que
braises. Ils entraîneront son désir comme
"Polonaise" De Chopin en un tempo vif et délirant. Sous mes baisers, vous murmurez des mots
d'amour. Tendres tourterelles, vous roucoulez gentiment. Puis vous vous entrouvrez, voluptueusement ; Donnez vos trésors et faites patte de velours ! Lèvres chéries je vous aime tant, profondément. Falots de mon amour, de mes sens, je désire Vous garder toujours, toujours. Vous êtes l'élixir Qui calme mes chagrins si délicieusement. Jacques
MACHU |
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Sur le chemin de
Compostelle (Ballade) |
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Je suis parti pour la Galice, Une coquille à mon bourdon
Moi qu’on disait mauvais garçon ! Je marche, cœur à l’abandon, Mais sur la route qui poudroie, Dès que m’aborde un compagnon Mon âme éprouve tant de joie ! Ma lassitude est doux supplice, Je brave le froid, l’aquilon ; Sur la rocaille mon pas glisse Et trébuche sur le chardon. La souffrance est mon aiguillon ; Sous mon fardeau parfois je ploie. Dans l’espérance du pardon Mon âme éprouve tant de joie ! Si le sommeil m’est un délice Quand la nuit m’offre son giron, Bien avant que l’aube pâlisse Je reprends besace et bâton. Tel un éclat de corindon Là-haut mon étoile flamboie. Complice de ma déraison Mon âme éprouve tant de joie ! Envoi Saint Jacques, lorsqu’à l’horizon Ta basilique enfin chatoie Sur Compostelle au grand renom, Mon âme éprouve tant de joie ! Denise Duong Extrait du recueil « La nef au long
cours » |
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Le jour s’est levé |
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N’y pense même pas, Je ne reviendrai pas. Longtemps, j’ai attendu, Et pourtant, tu m’as déçue. Mais avec le temps, Je me suis aperçue Qu’on s’était perdu, Et pas que de vue. Je ne suis attachée à ses chaînes Qui toujours s’emmêlent. Ne m’attends pas, Je suis si loin déjà. N’espère pas, Tu n’as plus de droits sur moi. Maintenant, je ne vis que pour moi Et non plus par toi. Je ne veux plus de ce « nous » Qui faisait tout. N’y pense même pas, Oublie-moi. Car seul, tu ne pourras pas Revivre chacun de nos pas. On s’est aimé Au point de se désaimer. Le jour s’est levé, Je me suis réveillée. Et seule, j’ai enfin accepté De prendre la vie du bon côté… Christelle Lesourd 19 ans |
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Un monde heureux |
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Du bleu dans les yeux, du bleu
dans les cieux Comment être heureux dans ce
monde tumultueux ? Toujours des obstacles,
toujours des éclats Jamais tranquille Quand pourra t’on vivre ? Vivre
tout simplement ! Sans se soucier du lendemain, Sans peur de ces évènements Qui ternissent notre avenir Vivement ce jour, où tout sera
bleu Plus de craintes, plus de
plaintes
Véronique Robert-Babillot Cambrai |
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Les voleurs |
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Errant satellite, petite sœur de la terre. Passion des hommes jamais inassouvie, Maintenant c’est fini, ton mystère Percé, tes secrets sont trahis. Cosmonautes, héros lunaires, T’ont foulée, envahie, Toi la vierge, la fière. Volé tes pierres Des cratères Et puis Fui. Francis Lesage |
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Informatique amour |
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C’était à la
saison mi figue mi raisin, Quand
l’automne et l’été se tiennent par la main : Tu avais le
parfum vif de la vigne, vierge Et belle,
astre perdu dans la nuit qui émerge. Je t’avais
préparé les mots simples du vent Et d’autres,
plus secrets, que l’on dit moins souvent. Ma souris,
sous ma main, se fit très romantique Comme hier,
de l’aède, était la plume antique. D’un clic,
clouc ! J’ai couché mes rêves sur l’écran : Dix-neuf
pouces, c’est bien pour voir l’amour en grand. Puis j’ai
sans trop de mal déposé notre histoire Sur le doux
disque dur de la chère mémoire. Désormais,
plus question d’oublier ton regard, Ta grâce,
ton silence, et quand il se fait tard Je relis ces
vers d’or où dort, comme une absence, Le contour
de ton cœur et de ton impudence. Et je pèse
mes maux quand, voulant te ravir Un baiser je
ne peux, pauvre, que m’abstenir. Et, comme à
chaque fois, mon ange me rappelle Que ta
présence hélas ! N’est rien que virtuelle ! Jean-François
Sautière |
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Page
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Fleur du faubourg |
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Petite fleur du
pavé, Tu n’attends rien
des hommes Pour ta vie
dépravée, Car ton cœur n’est
à personne. Petite fleur du
trottoir, Tu donnes pourtant
du rêve, Et des frissons
d’espoir, En tes jours de
désarroi et de fièvre. Petite fleur, qui
n’a jamais connu les anges, Pour toi il n’est
pas de dimanche, Car en toi tous les
jours se ressemblent, Et tu ne fais point
la manche. Petite fleur du
faubourg, Ta vie serait bien
triste à raconter Car tu ne vends que
l’amour, Pour les cœurs
seuls et attristés. Albert
Jocaille - Caudry 30 janvier 1987 |
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H.G.M. (Humain
Génétiquement Modifié) |
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En ce jour d’été, le soleil brillait chaudement,
l’eau coulait gracieusement dans la rivière, les oiseaux fredonnaient brillamment
et une brise légère d’air frais caressait le paysage sublime du village
Caterpillar. Dans cette pépinière, il y avait un monde
méconnu, un monde semblable, un monde imperceptible par l’humain, un monde
merveilleux, et aussi un monde menacé par l’homme. Henriette, une chenille qui venait d’avoir dix
ans se promenait dans la forêt avec sa mère Jacqueline âgée de trente-neuf
ans. Tous les deux jours, mère et fille avaient
l’habitude d’aller chercher de la nourriture pour toute leur famille. Henriette
allait dans la direction d’un jardin. Ce jardin était magnifique, il y avait
des salades, des pommes de terre, des tomates, des poireaux et tout était
miraculeusement indemne de tout grignotage. Quand Henriette vit ce paradis végétal, elle se
précipita vers celui-ci et son élan fut interrompu par sa mère qui
cria : -
Non ! Ne va pas là ! Ce jardin est empoisonné par
les monstres terrestres ; des chenilles en sont mortes ! La chenille revient dans les bras de sa mère et
dit : -
Merci maman, tu m’as sauvée, mais dis-moi : est-ce que
toi aussi, il t’arrive d’avoir peur de ce monde ? -
Oui,
la vie est parfois tragique et nous réserve des désagréments, mais nous ne
pouvons malheureusement rien y changer. En effet, une cinquantaine de chenilles voulant
faire des provisions ont péri dans ce jardin. Auparavant, le jardinier avait mis un
insecticide très puissant car ses légumes étaient infestés par les chenilles. Quand elles eurent fini leur ramassage de
provisions, mère et fille rentrèrent dans leur habitation. Dans le village de Caterpillar, il y avait un
restaurant tenu par une vieille dame qui avait comme spécialité les
chenilles. Beaucoup de personnes dont de célèbres
personnalités venaient goûter la spécialité de Madame Dupont qui proposait
plusieurs repas dont sa célèbre soupe de chenilles, les chenilles grillées
nappées de sucre de canne accompagnées de feuilles de salade et de pommes de
terre cuites à la vapeur de jus de chenille ainsi que la chenille flambée, et
en dessert un flan de chenilles nappé de miel et de caramel. L’hôtelière était en train d’ébouillanter les
chenilles encore vivantes dans l’eau, puis elle mixa les chenilles et fit
cuire le tout. Pour se fournir la dame allait elle-même
chercher les chenilles dans la forêt. Ce jour-là elle tomba sur une colonie
de chenilles ; certaines de ses habitantes eurent le temps de se cacher
mais les autres se retrouvèrent prises au piège de la vieille dame. Celle-ci
approcha, effrayant les chenilles qui poussèrent des cris imperceptibles qu’elle
n’entendait pas. Puis elle ouvrit sa main et saisit les chenilles
qu’elle mit dans un bocal afin de les conserver pour ses futurs mets. Sentant la mort venir et qu’elles vivaient leurs
derniers instants, les chenilles se tortillèrent doucement et dirent :
« Au revoir ! » Ce fut un déchirement entre les survivantes et
les chenilles enlevées. La femme contente de sa trouvaille a
disgracieusement et méchamment dit : -
Je vous ai eues, les chenilles, je vais pouvoir vous
préparer plein de bons plats. Les grands-parents d’Henriette qui commençaient
à vieillir devaient effectuer leur transformation de l’état de chenille à
celui de papillon. L’état de papillon est la dernière étape de la
vie de ce qui fut une chenille, elle est la plus courte et correspond à une
sorte de retraite. Eux qui n’étaient pas très beaux se
transformèrent en merveilleux papillons multicolores, ils eurent le pouvoir
de voler, ce qui est un magnifique cadeau de fin de vie. Henriette avait maintenant quinze ans et elle
savait chercher sa nourriture toute seule. Ce jour-là, elle fit une rencontre
avec des pommes de terre bleues : elle en préleva un morceau et le
rapporta chez elle. Tout le monde était étonné et méfiant de cette pomme de
terre : on confia la pomme de terre au vieux spécialiste qui jugea
qu’elle était impropre à la consommation car elle n’était pas naturelle et
elle était inconnue. Quelques jours plus tard, des chenilles
retournèrent dans le jardin qui était en réalité un laboratoire de création
O.G.M : ce laboratoire était mondialement connu pour avoir sauvé des
millions de gens de la famine. Elles se firent capturer et on les reposa
devant du maïs ; puis elles moururent. Un homme ricana et dit : -
Ça marche ! Plus besoin de pesticides ! Et la
production sera plus grande ! Le maïs fut fortement commercialisé et comme le
souligne son créateur, il n’y eut aucun problème. Tout le monde avait accès à
ce maïs peu onéreux. Cependant, dix ans plus tard, l’être humain a
muté et l’espèce s’est peu à peu détruite. Quant au monde des chenilles, il
est en pleine expansion et a réussi à tirer profit de la disparition humaine.
Elles ne sont plus menacées par des pesticides et ne se font plus capturer.
Cela est aussi malheureusement la fin d’une espèce : la nôtre. L’humanité, voulant améliorer son environnement
sans prendre de précaution, a signé son propre arrêt de mort. 2nde
4 du Lycée Jacquard de Caudry Concours
Lecture – Ecriture – T.I.C.E Académie
de Lille – 2ème Prix |
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L’escalier |
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C’était, pour lors, un fort bel atelier de menuiserie, campé
solidement entre la maison et le jardin. On l’avait doté de superbes baies
vitrées et il avait été construit sur fondations, en belles briques du Nord,
coiffées d’ardoises bleues, avec l’arrière-pensée d’en faire un jour une
maison d’habitation, qu’on louerait peut-être, ou qu’on réserverait aux
enfants, à ceux qui restent, à ceux qui passent. Pour le moment une énorme machine-outil, sophistiquée pour
l’époque, et qu’on appelait « combiné », trônait, en plein milieu,
entre les établis alignés et le matériel bien rangé. De temps en temps le
grand-père faisait tourner de concert scie sauteuse et raboteuse, déclenchant
ainsi une fine buée de sciure de bois qui sentait bon, brillait dans le
soleil, et qu’on thésaurisait pour le nettoyage des bijoux. On en garnissait
aussi les fonds de cercueils. Grand-Père avait deux casquettes, celle de
l’ébéniste et celle des Pompes Funèbres. A ce dernier titre il veillait au
confort de ses clients avec des plaisanteries du plus mauvais goût… qu’il ne
faisait d’ailleurs plus ces dernières années. Depuis quelque temps la
faucheuse avait perdu toute espèce de séduction et le moelleux de la sciure
n’était plus guère pris en considération. Le grand-père flirtait avec les quatre-vingts ans, mais
néanmoins entretenait soigneusement son matériel et ses réflexes. La scie
ruban lui avait déjà partagé un doigt verticalement et il montait sévèrement
la garde autour de son engin pour d’éventuels visiteurs. En fait c’étaient
nous, les enfants, qui nous intéressions encore à ses travaux, et nous seuls.
Aucun repreneur n’était venu. A moins que les amateurs aient été tout bonnement
éconduits. Car le grand-père avait des projets. -
« Tu vois petit, il faut
entreprendre. Toujours ! Ou tu es fini ! » Lui, c’était d’un escalier
dont il rêvait. Et pour une fois, pas pour un client, mais pour lui. Un
escalier qui remplacerait l’échelle qui accédait au grenier de l’atelier. -
« Ce sera moins dur pour moi monter
mes bois ! » -
« Quels bois ? » Ce fut la stupeur ! -
« Mais mes bois, pour moi
travailler ! Sur une échelle cela devient difficile ! Il y a le
poids et l’équilibre. Je mettrai une rampe à l’escalier. Une ça suffit… ou
peut-être deux pour le cas où mon épaule droite me ferait mal. J’aurai le
choix pour me tenir. » L’enfant regardait la
grand-mère et la prenait à témoin, en silence. La grand-mère répondait avec
la même discrétion. Pour ajouter, à mi-voix, après que le grand-père se fut
éloigné : -
« Toi aussi, on t’a laissé souvent
croire au Père Noël. » Derechef le grand-père reprit
du poil de la bête. La scie se remit à crisser, on réentendit le maillet, la
porte coulissante, et la voix cassée et mal assurée du vieux monsieur qui ne
parlait plus guère qu’à lui-même. Et l’escalier fut ! -
« Je l’installerai le jour de mes
quatre-vingts ans. » - « Et
pour t’aider ? » -
« Personne !... Je ne dépends
de personne… Pas encore ! » C’est probablement la chose
la plus terrible du vieillissement, la dépendance ! Il faut se faire
aider pour tout. Ou accepter de « faire avec ». Le grand-père
« faisait avec » depuis quelque temps déjà, mais il sauvait les
apparences. Il venait de réussir sa dernière œuvre, son grand œuvre, et
seul ! Restait la pose… Le jour
anniversaire. C’est peu après midi qu’au
retour de l’école, les enfants découvrirent le grand-père, écrasé sous
l’escalier qu’il avait commencé à transporter et qui avait eu raison de lui. Eh bien, en dépit de cet
échec, le grand-père avait gagné : il ne serait jamais dépendant de qui
que ce soit, de quoi que ce soit ! Le menuisier était tombé comme un
chêne, cet arbre grand seigneur dont il avait si souvent caressé le bois. Paule
Lefebvre |
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ESCAUDŒUVRES VILLE LECTURE Messieurs : Patrice
ÉGO (Maire), André
PLATEAU (Adjoint
à la Culture), Yvon
OLIVIER (Auteur :
Hector Melon d’Aubier) ont l’honneur de vous
inviter : -
à l’EXPOSITION sur les ECRIVAINS du CAMBRESIS qui se déroulera du 3 Octobre
au 12 Octobre 2008 (de 15 à 18 heures) à la Salle BENOIT FRACHON de
ESCAUDŒUVRES. Venez
découvrir près de 800 auteurs d’écrits, de tous genres (historiens,
biographes, auteurs patoisants, de poésies, de nouvelles, de romans, de BD,
de théâtre, de musique et autres diversités) et dont vous côtoyez la route de
près de 300 d’entre eux à ce jour dans 40 communes du Cambrésis. - à l'INAUGURATION qui
aura lieu le vendredi 3 Octobre 2008
vers 19 heures. - à la CONFERENCE
« LECTURE – ECRITURE » du
JEUDI 9 Octobre 2008 à la Médiathèque.
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