SOMMAIRE DE LA CAUDRIOLE N°48
Janvier-Février-Mars-Avril 2016
Illustration BD page 2
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Patrick MERIC
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JEUNES |
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Poésies d’enfants page 3-4
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CE1- CE2 Ecole Leroux Bertry |
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Poésies d’enfants page 4 à 8
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CM1-CM2 Ecole Leroux Bertry |
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Retrouvailles page
9
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SILESIS |
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Dis-moi dix mots (extrait) page
10
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SKYEN |
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HUMOUR-PATOIS |
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Léonce BAJART |
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HERTIA-MAY |
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Amuseries page
13 |
Jean-François
SAUTIERE |
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Pensée page -8-15-20-23-25 |
Hector
MELON D'AUBIER
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ADULTES |
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Ô Temps page 14 |
Patricia LOUGHANI |
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Oswald
et Harry page 14 |
HAROLD |
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Marmotte page 14 |
Lhermitte Dubois Sandrine |
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Rencontre....page 15 |
Mickaël Saiu |
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Depuis ton départ
page 16 |
Jeanne Marie BOUGENIERE |
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Pourquoi page 16 |
Albert JOCAILLE |
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Sonate au clair de lune
page 17 |
Maria-Caméla
DUHIN-CARNELOS |
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AÇVINE
- Graine d’illusions page 16-19 |
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Mais où est Eve
page 17 |
Julien BURY |
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Emotions page 17 |
Thérèse LEROY |
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Matin
printanier
page 18 |
Jean
Charles de BEAUMONT |
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Nous, les arbres page 18 |
Thérèse LEROY |
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L’Immortel page 19 |
Jérémy DESSAINT |
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L’Eperon page 19 |
Marie-Antoinette LABBE
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Génération 2000 page 20 |
Floriane KUROWIAK
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D… comme Désir page 20 |
Geneviève BAILLY |
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Le petit Jardinier page 21 |
Nicole DUPLOUY |
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Les gens d’Amour page 21 |
Marcel LESAGE |
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La Rose rouge de SARAVEGO
page 22 |
Henri LACHEZE |
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Un Ange page 22 |
Thérèse LEROY |
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Nous étions deux page 22 |
Bernard
SIMON |
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Le Bonheur est au jardin page23 |
Gérard
ROSSI |
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Le cerf page 23 |
Roger DEVILLERS |
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Ton chien, Ton chat
page 24 |
Jeanne FOURMAUX |
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Mon ange blanc - Juste un Au Revoir page 24 |
Christelle LESOURD |
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NOUVELLES |
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SPARTE
page 25 |
Pierre DETRIOUX |
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Le grand rangement
page 26 |
PASCAL |
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Je m’appelle Séléna Héra page 27-28 |
MELANIE |
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La Mimette page 29-30 |
André-Pierre
ROUSSEL |
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Philosophie de la pensée page 31 |
CLARISSE |
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DIVERS |
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Salon autour du Livre page32-
33 |
OMC |
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* Retrouvez l’auteur dans la revue littéraire. |
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LE COMITE DE LECTURE DE LA CAUDRIOLE
ET L’OFFICE MUNICIPAL DE LA CULTURE
VOUS
PRESENTENT LEURS MEILLEURS VOEUX
POUR
LA NOUVELLE ANNEE
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Page 1 |
Ecole Jules Leroux de Bertry, Classe de Mme HUROT – CE1/CE2 accompagnée par le poète Saint Hesbaye
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Page 2 |
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Ecole Jules Leroux de Bertry Classe de Mme Comien – CM1-CM2 -
accompagnée par le poète Saint Hesbaye
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Retrouvailles |
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Nous nous sommes connus durant ses études d’informatique. A l’époque,
il n’avait que quelques connaissances dans le domaine, moi j’étais la
meilleure de ma catégorie. Notre première rencontre s’est faite durant sa première séance de
travaux pratiques en deuxième année : la création de scripts de base.
Dans la salle, il s’est mis avec moi et a tout de suite été impressionné par
mes talents : il était si timide que c’en était mignon. Je crois que
c’est ce qui m’a fait craquer. Quel dommage que ne puissions nous voir que
durant ces séances. Le reste du temps, nous étions occupés chacun de notre
côté. A mesure que l’année s’écoulait, il s’est amélioré grâce à mon aide.
Ses séances de travaux pratiques ont été allongées, alors nous avons pu nous
voir plus longtemps. A mesure qu’il prenait de l’assurance en lui, nous nous
sommes rapprochés. A l’opposé des autres personnes que je côtoyais, lui ne me prenait
pas pour acquise, il était toujours doux et attentionné quand nous
travaillions ensemble. De mon côté, je faisais mon possible pour lui
retourner sa gentillesse. Nous sommes restés ensemble ainsi pendant deux ans, jusqu’à
l’obtention de son diplôme. Moi je suis restée à l’université, lui a dû
chercher un travail ailleurs. Je ne l’ai plus revu. J’ai connu d’autres
personnes après, mais ils n’avaient rien à voir avec lui : ce n’était
pas le même contact, pas les mêmes égards. Ils étaient froids, presque comme
des machines. Sa présence me manquait. Après quelques années, on m’a affectée à un nouveau service. Mes
responsables ont jugé que je n’avais plus les capacités pour travailler avec
des étudiants. Ca ne m’a pas dérangée. J’ai été mutée au secrétariat du
service administratif de l’université. Un travail répétitif, ennuyeux
presque, extrêmement facile, mais reposant dans un sens. Pourtant un jour, j’ai eu un souci. Un gros pépin, en fait. Mon
travail était pourtant simple mais j’ai perdu le contrôle. J’étais perdue, je
ne savais plus quoi faire, quand je l’ai revu. Il travaillait à présent dans le service informatique du campus après
avoir été dans diverses sociétés de service. Lui aussi m’a reconnue et a été
heureux de me revoir après toutes ces années. Depuis le temps, son doigté
n’avait pas changé et était toujours aussi doux. Comme mon problème était sérieux, il m’a conduite jusqu’à son bureau
et nous avons travaillé ensemble pendant plusieurs heures, jusqu’à finalement
y passer la nuit. En fait, nous n’avons pas fait que travailler… Après une nuit sans sommeil, j’étais toutefois prête à reprendre mon
poste au secrétariat, mais je ne voulais plus le quitter. Pas après l’avoir
retrouvé. Qui aurait pu m’en vouloir après tout ? Après une semaine, j’ai à nouveau eu un problème, il a dû revenir.
Quelques heures plus tard, nous sommes arrivés à la conclusion que le travail
de bureautique ne me convenait pas tant que ça. Il a alors appelé son
responsable et présenté la situation, ajoutant qu’il avait besoin d’aide et
que je conviendrais parfaitement… Sa demande a reçu gain de cause et j’ai été
transférée : quelqu’un a pris ma place au secrétariat, et je suis restée
au service informatique, dans son bureau. Depuis ce jour, nous sommes ensemble, et nous ne nous quittons plus. Sylesis |
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Dis-moi dix mots… contre le terrorisme |
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Mardi 17 juin. 9h58 Je surfe sur internet depuis plus de trois heures, à la recherche
d’un scoop, d’un élément déclencheur pour que je puisse réaliser mon
reportage et le rendre à temps au journal. Mais je ne trouve rien qui n’ait
pas déjà été exploré de mille et une manières. Pourtant, il va vraiment
falloir que je trouve car je dois rendre mon travail avant la semaine
prochaine à mon supérieur sous peine de me retrouver sans emploi. Je suis
journaliste-reporter dans un des plus gros journaux de Paris. J’ai décroché
ce boulot il y a trois mois mais les temps sont difficiles et nous avons
besoin de quelque chose qui remue, qui fasse parler, afin que le journal ne
coule pas. Et visiblement, c’est sur moi qu’a parié le directeur pour mettre
le doigt sur quelque chose de croustillant. Je compte bien lui prouver que
l’on peut me confier des responsabilités, qu’il n’a pas eu tort de me donner
ce projet, mais cela fait déjà trois semaines qu’il me l’a laissé et je n’ai
rien. Je suis passionnée par le journalisme depuis mon plus jeune âge. Cela
a commencé lorsqu’un des parents d’élèves de mon école primaire est venu
faire un article sur le spectacle que l’on avait mis en place pour la fête
des écoles. Je m’étais montrée très intéressée par ce qui était fait et
l’homme m’avait fait tenir le micro lorsqu’il avait été question d’interroger
quelques instituteurs et élèves. Je n’avais que huit ans. C’est ainsi qu’est
née cette passion. Mais jamais je n’aurais cru parvenir à entrer dans une
école spécialisée. Je suis issue d’un milieu très modeste, ma mère m’ayant
eue très jeune, elle a dû abandonner ses études pour m’élever seule et a
passé sa vie à enchaîner les petits boulots. Mon géniteur, que je ne peux me
borner à appeler « papa », n’est apparu dans ma vie
qu’occasionnellement, en me souhaitant un joyeux anniversaire par carte
postale ou en m’envoyant parfois de l’argent. Je ne sais quasiment rien de
lui, si ce n’est qu’il était plus âgé que maman et travaillait dans le milieu
de la publicité. Je ne l’ai vu que deux fois. Lorsque j’avais cinq ans, il
avait passé une journée avec moi et m’avait appris à faire du vélo sur trois
roues, et il y a quatre ans, quand j’ai pris la décision de m’inscrire en
école de journalisme. C’est lui qui a payé la première année. Au début,
j’avais refusé, je ne voulais pas laisser entrer cet homme dans ma vie sous
prétexte que j’avais besoin d’argent. Mais j’ai été obligée de me rendre à
l’évidence. Maman était morte d’un cancer du sein dépisté trop tard et
j’avais Raphaël, mon petit frère, à ma charge. J’avais dix-neuf ans, il en
avait trois, j’étais majeure et donc désignée en tant que tutrice légale.
J’avais tout à fait le droit de ne pas accepter mais je ne pouvais pas
abandonner Raph. Je ne voulais pas qu’il vive dans la précarité et soit
trimbalé de famille d’accueil en famille d’accueil. Alors j’ai dit
« oui » à l’offre de mon géniteur. Maman m’a élevée seule et mon
enfance n’a pas été des plus faciles à cause des difficultés à boucler les
fins de mois, elle trimait pour qu’on s’en sorte, travaillant parfois de jour
comme de nuit, tentant d’accumuler un maximum d’heures. Pour autant, elle n’a
jamais manqué la moindre réunion concernant ma scolarité, a été présente pour
tous les grands événements de ma vie. Mais il y a six ans, elle s’est mise à
fréquenter un homme dont je jugeais qu’il n’était pas bon pour elle. Cela
nous a éloignées l’une de l’autre. Mais le pire, c’est qu’il s’est avéré que
j’avais raison. Il l’a mise enceinte et a pris peur. Maman n’a pas été
capable d’avorter. Elle a donné naissance à Raphaël il y a maintenant huit
ans. Peu de temps après, son cancer s’est déclaré. Quand les médecins l’ont
su, elle en était déjà au stade IV. Elle s’est battue autant qu’elle a pu
mais sa maladie l’a emportée. Cela m’a motivée, m’a donné l’envie de réaliser
mes rêves et de donner une bonne qualité de vie à mon petit frère. C’est
ainsi que l’année dernière j’ai été diplômée de l’école de journalisme de
Paris. Depuis le décès de maman, je passe beaucoup de temps dans des
associations de femmes et d’hommes touchés par le cancer du sein et sur les
sites internet en utilisant Wiki pour changer ces articles qui parlent
de ce sujet sensible sans même y avoir été confronté. J’essuie mes larmes
tandis que mon frère me tapote le bras pour m’interpeller. - Qu’est-ce que tu veux, Raph ? demandai-je, la voix enrouée. Le petit sèche une larme solitaire et dépose un baiser sur ma joue. - Est-ce que tu peux mettre le dessin animé avec les ours et les Inuits ?
réclame-t-il en faisant la moue, de sorte que je ne puisse lui résister. Je vois bien de quel dessin animé il veut parler. Il s’agit de
« frères des ours », le premier classique Disney que je lui ai fait
découvrir et qui, encore aujourd’hui, alors que je suis âgée de vingt-trois
ans, m’émeut énormément.
(à suivre) Skyen |
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El cop d’cottron Rinvo-ié
d’el cimintière |
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Dins l’z’invirons du quinz’ d’a-oût El fiu Hinri mo’l’équimmette Aveuc el fill’ mo du brayou In minnoche i v’neut
d’ess mette. C’éteut in marioch’ d’amoureux Qui s’aveutt’ cair ia bell’ lurette Et qui s’marieutt’ pou éte héreux Et pou vir clair à leus buquettes. Li iéteut grind, deux mètes d’hauteur Aveuc in dos comme inne amelle Mais l’jonn’ fimm’ sèque à fair’ peur A côté d’li c’éteut inne arcelle Et in plondeut l’fill’ du brayou D’avoir pris in parel colosse Tint pir’ pour li si c’est sin goût In diseut : al va
prinn’ quett’ cosse ! Et veyez si l’hasard iest grind Tindis qu’in trinneut pou l’sécronne C’est l’fort coloss’ qu’iest toudis r’crind Et qui fonflit dins ses maronnes. Ia eu beau prinn’ du fortifi-int Et fair’ croir’ qui n’teut po malate I berloqueut tout in marchint Et iest dév’nu sai comme inn’ latte. Tout comme du burr’ dins inn’ païelle L’homm’ fort ia fondu sous l’arcelle Mais in s’edminn’ çou qu’ia bé eu Pour li avoir si vit’ quéu Et comme i n’d’a toudis d’z’in ponne Pour ieuss’ savoir tout t’qu’à l’daronne Les méchint’s lins, dins min coron, Iont dit qu’iaveut eu l’ cop d’cottron ! Léonce Bajard |
-Dis dan, Batisse, as-tu intindu parler du tour qu’el pus vieux mo
Tapamouque ia eu al cimintière, al tous les saints ? -Nan Laïte, ré du monne. Quau qu’ia cor eu ? -In bé j’vas t’el dire. Si t’t’in souvié, quind nos avons été al
cimintière porter inne potée à tin père, nos l’l’avons rincontré, Tapamouque,
qui tercopeut pa l’Maladrie et qui r’v’neut tout péteux aveuc ess querque ed
sinnes-catherines. -Bé aai Laïte, j’min souvié fort bé, même qu’èje t’ai dit :
c’est bé dreule èqu’ Tapamouque i r’vié aveuc ses fleurs. Surtout qu’iaveut
l’air d’ène d’avoir deux, comme quéquin qu’ia fait in cop d’travers ! -In bé Batisse… j’vas t’el dire çou qu’iaveut fait, l’vacabonne. -T’ème conneus, èj’ sus fort vife mais j’ai in bo couair. Et j’
comprinds tous les bonnes gins qu’iont l’souvnir ed leus morts. C’est
naturel, man. Mais quind j’veus des feux-diapes qu’iont fait passer les
piques à leus gins pour l’zé faire morir à tiots feux et qui s’in vont, al
tous les saints, mette inne dizonne ed potées d’chrysinthèmes ed sur ieusse,
min sing i n’fait qu’in tour ! -Pour sûr Laïte, c’est quind i sont cor du monne qui feut lieu faire
du bé… après… bernique ! -Sins compter Batisse, èqu’ cé-lal i braitent pus fort qu’el s’eutes.
Si bé qu’in n’sait po si c’est d’l’ermords, d’el feussetrie o bé d’désolation
qui braitent ! Quind j’pinse à Tapamouque qu’iéteut toudis aniché au
cabaret, quind t’sais ti même les misères qu’ia fait à s’fimme, in peufle
blinc-bonnet qu’al a brai autint qu’al aveut d’cavés su s’terte… -Aai mais Laïte, queu tour qu’ia eu Tapamouque ? - J’vas t’el dire. Quind les gins d’sin coron iont vu qui
s’imbrinqueut aveuc ess cariole plonne ed potées et d’bouquets, ça n’a été
qu’in esclamoche. Si bé qu’Hinri mo l’équimmette ia couru al cimintière et i
s’est muché parmi l’indreut du qu’el fimme Tapamouque al est interrée… -T’n’as mis qu’à dire, Laïte. -C’est comme èje t’el dis, Batisse. Au bout d’in momint, in éteut à
l’brinne, el jour iéteut quéu, v’là min Tapamouque qui s’amonne aveuc ess
cariole et qui s’met à déquerquer. Alorsse, Hinri qu’iéteut bé muché, i dit
tout doucmint, comme si c’éteut inne fimme qu’al parleut : « Tapamouque… eh Tapamouque… veux-tu t’inraller, ti qu’ette m’as
fait tint d’meu… t’nes po honteux misérape d’ci v’nir m’accouffeter aveuc tes
fleurs… laisse-me ci trinquile vacabonne ! » Si bé qu’min Tapamouque ia attrapé inne trinnette du cent mille diape
et qu’ia nondégueu erpris ses potées d’sinnes catherines. -C’est bé fait pour li, qui dit Batisse, et les parels à li i n’aront
qu’à in prinne d’el gronne. Seul’mint, inter nous, Laïte, si in jour ett’
t’in vas al Maladrie avint mi, j’ène voreus po avoir in tour parel et
ête invoïé d’el cimintière ! -Vas tais-te, grind Titisse, qu’al a répondu Laïte, i n’a pos
d’dinger pour ti… èje sais bé qu’ette m’as trop cair !! Léonce Bajard |
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Chers amis |
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Je voudrais
saluer la présence de quelques bons vieux collègues revenus nous dire un
chaleureux bonjour. Oui, nous vous
remercions d’être ici ce soir : les sœurs NAIN : Blanche, Neige et
Lucette. Pour ceux qui les
ont connues, c’étaient de très bons profs de musique. Elles sont venues nous
faire un petit coucou : Irène et Ludivine ENFANT. Nous sommes contents
de vous revoir. Monsieur
LEJOURHOULANUI est aussi des nôtres ce soir : tu sais, Jacques-André,
que tu es toujours le bienvenu parmi nous ! Elles sont venues
d’Alsace par la cigogne de midi : les sœurs SIX de Strasbourg. Merci
encore pour ce déplacement ! Le directeur de
l’ANPE est venu nous rendre visite : Emploi Paul ! Le maître-nageur
nous salue de même : Houzy Jacques ! Des anciens
élèves n’ont pas pu se joindre à nous, mais ils nous ont envoyé un petit
message… Comme HANGELUR
Romain, DAIMEKANIK Raoul, DAGEN Bruno, DUMENT Henriette, COCHET Eric,
SENFRAPPET André, EST Eleonor, VAUDAGE Marie, DENLOT Mélanie, ZETTE Annie,
DEJUTE Antoine, KIMOUSS Pierre, Eugène TAVUKT, HENBART Laure, GOUTANT
Laurent, RATONT Candy, TROMUR Thomas, Ignace BROSSTAT, etc. Remercions celles
qui nous ont préparé ce fameux cocktail : les sœurs PTITGOUTT, Anne,
Corinne et Justine ! Merci à tous pour
votre présence, ce soir ! Hertia-May ECRIRE DIX FEES RAMANT Le sorcier vaudou adorait le veau d’or L’année de trop, l’anneau de trait Le goût du boulot et non le bout du goulot Le prof de physique quantique chantait des cantiques le dimanche à l’église Ca jasait pas mal chez les musiciens de jazz Le fameux crachat de Bretagne Dulcinée hallucinée Serment d’Hippocrate et sarments d’hippocras Que font les peintres dans leur râtelier ? Ils se sont patchés Le salon de beauté était éclairé par un plafonnier à laides ! L’expo de plaies mobiles Il avait besoin de respirer un grand bol d’herbes ! Hertia-May |
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Amuseries |
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Militaire :
homme des casernes. Habiter Aubagne
n’est pas synonyme d’être en prison. Ce vin blanc ne
s’use que si l’on Sancerre. L’O.R.L et Hardy. Il ne faut pas
boire l’eau rance d’Arabie. Le tailleur coud
tôt. Après avoir
traversé la Syrie les touristes ont trouvé des copeaux dans leurs
chaussures. Elle a failli
mourir d’une conclusion intestinale. Denis Papin n’a pas
peint. Avec la canicule
l’oiseau est cui. cuit En prenant de l’âge
on a de la fuite dans les idées. Le ver de terre est
un mille-pattes mal abouti. -Selon vous,
Monsieur le commissaire, qui a déposé ici cet emballage ? -Blister et boule
de gomme ! Papa cygne et maman
cygne sur l’eau se font des cygneaux. A la mer j’ai un
pied à terre. Méfiez-vous, ce
bœuf a l’air d’en avoir deux ! Et comme disent les
géologues, « bien malachite ne profite jamais ». Moi, la géométrie
ça me (d’). Sandra n’a pas non
plus de couverture. J’aime faire du
spore dans les fougères. Cet été, la vache a
mis bas un gros veau lumineux. Le chien s’approche
de l’eau et il la boit. Laurent Outang. Etalez bien la
cire, Constance. JF et JC Sautière |
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O temps |
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O temps déchirant, Sifflotant, sanglotant, Coulant comme du sang, A jamais banni du vocabulaire, D’un monde ouvert ! O temps trahissant, Bafouant les mots blancs, Cassé, comme du verre blanc, A jamais gravé, dans le trou béant, Du côté des mensonges si grands ! O temps, ennemi du Cœur, Bardé de douleurs Et de rêves pour un ailleurs… L’autre a de la valeur ! Inverse tes heures ! Pas sur cette île ! Mon ennemie, une folie ! Pas dans les rêves insensés, Pas pour moi, enchaînée ! Juste Là, où je vais aimer l’oubli… Patricia Loughani, Lancelle, sept 2015 |
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PENSÉE |
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Pour une vie - In a quate grindes époques
dins s’vie. Eul premian ché chelle a du qu’in crot àch’ Père Noël, eul
deuxiame ché chelle qu’in crot pus àch’Père Noël, eul trosiame ché chelle
qu’in fé euch Père Noël, et eul quatèriame ché chelle a du qu’in arsanne ed
pus in puss àch’ Père Noël ! Traduction : On a
quatre grandes périodes dans sa vie. La première c’est celle où on croit au
Père Noël, la deuxième c’est celle où
on ne croit plus au Père Noël, la troisième c’est celle où on fait le Père
Noël et la quatrième c’est celle où on ressemble de plus en plus au Père Noël ! HMA Philosophie : Quind teu pardanne, t’eun
kinche pon eul passeu, teu kinche jusse euch futur Traduction : quand tu
pardonnes, tu ne changes pas le passé, tu changes simplement le futur. HMA Pour la
vieillesse. Teu
connos ch’eul différince inter eul jeunesse et euch vieillieusse ? Et bin
ché quind té jonne t’as quate mimbres mou et un raite et pis quind té viux
t’as quate mimbres raites et un mou. Traduction :
Tu sais la différence entre la jeunesse et la vieillesse ? Et bien,
quand tu es jeune tu as quatre membres mous et un raide et quand tu es vieux
tu as quatre membres raides et un mou. HMA Jé meu d’minne, euch ch’io
d’javeul all proviant eud Javel, euch l’io d’colonne, all proviant eud
Cologne, pouquo y n’da dé ti qu’y peursisse à mette ed l’io d’tolette ? Traduction : Je me
demande, l’eau de javel provient de Javel, l’eau de Cologne provient de Cologne, alors pourquoi certains
persistent-ils à mettre de l’eau de toilette ? HMA Jé pu ker ché méchintes gins
qu’ ché z’imbéciles, euss parfos y s’arposte Traduction : J’aime
mieux les gens méchants que les imbéciles,
car parfois ils se reposent. HMA - J’eum
sus toudis d’mindeu pouquo in avot trinte neuf minisses aveuc no Présidint. Pis jé campris, s’y n’avot eu quarinte i
sarot appeleu Ali Baba. Traduction :
Je me suis toujours demandé pourquoi on avait trente neuf ministres avec
notre Président. Puis j’ai compris que s’il y en avait quarante, il
s’appellerait Ali Baba. HMA |
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Marmotte perdue trouva main tendue |
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Petite marmotte, de froid tu grelottes Fais claquer tes quenottes Tends-moi donc tes menottes Que je les ravigote Entre dans mon humble grotte Va près du feu qui craquotte Bois de ma soupe aux carottes Pendant que je frictionne tes côtes Couche-toi près de la hotte Et dors petite marmotte Je veille en apôtre Sur ton petit cœur qui tapote Puis vient le jour, miracle, tu trottes ! Que dis-je, tu galopes ! Enfile cette paire de bottes Et cette veste un peu vieillotte Comme tu es rigolote On croirait Dame Margotte Ma voisine la taupe ! Au revoir et bonne route petite Marmotte ! Surtout ne prends pas froid, ajuste bien ta redingote ! Sandrine Lhermitte Dubois |
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Oswald
et Harry) |
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Deux tueurs à la Bonnie Parker et Clyde
Barrow. Deux amis proches et pauvres d’Angleterre. Fin des années trente avant les conflits
brutaux. En quête d’argent pour nourrir leur famille
entière. Ils n’hésitaient pas à tuer ou racketter avec
tolérance zéro. Personne n’aurait voulu devenir leur
adversaire. On leur donnait des pseudonymes dans les journaux. « Les fils de Jack » surnom en
hommage à leur ancien confrère. Ils ont donc eu l’idée d’écrire aussi une
lettre incognito En disant qu’ils voulaient tout l’or de la
Terre. Localisés dans la ville d’Harrow Arrêtés en train d’éventrer quatre hommes en retirant toute leur chair Ils seront condamnés aux travaux généraux. Non c’est une blague, ils seront simplement
pendus dans les airs. Harold
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Après l'amour la tendresse |
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Heureux
vagabond donne tes yeux profonds que j’y lise Le
parchemin de ta vie future Tu bois
le nectar dans une fleur de lys En toi
voyagent de nouvelles envies plus pures Vers
une liberté méritée Tu
regardes le soleil et découvres la vérité Glisses
dans ce tunnel lumineux Tu
marches sur ses pas vertueux Tu
arrives dans la prairie, te couches, endormi Sur l’herbe fraîche et matinale A tes côtés l’aube, ses voiles, te les jette sur ton corps pâle Tes lèvres éclatantes
s’écarquillent
sur ton visage assoupi Tu te
sais présent pour une ultime rencontre Avec
tes maux, tes souvenirs,
Compagnon
de prison lutte pour ne pas s’évanouir Engagement
sans faux semblants Sans rêve de
romans Incapable
d’écrire
ni même de lire La
fleur de lys n’ose de
peur de dépérir Les
maux sont démons Et les
démons,
des monts de mots En
toute assurance tu avances, escorté d’animaux Seule
une phrase et son Erre en
pensée, tu sais, non loin sont ses serres Erre en
pensée, sans cris en pré requis, erre, Laisse
les fées, les farfadets sous cette main se momifier Aux
confins de tes maux, fixe-les, ils se confient Ils
voient ton visage, non un reflet Alors,
ils s’effraient
et en leurs rages se meurent Ils ne
sont ni route, ni code, ni vérité Seul le
leurre de leurs propres peurs. Mickaël Saiu |
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Depuis ton départ |
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Mes
yeux sont si vides de Toi Qu'une
silhouette au loin aperçue M'illusionne
et l'espace d'un instant Je
te crois encore là. Mon
coeur est si vide de Toi Qu'il
cherche en son profond Un
minuscule souvenir me rappelant Que
tu es toujours là. Mon
corps est si vide de Toi Qu'il
va jusqu'auprès de ta tombe Te
murmurer l'amour d'antan Comme
si tu étais encore là. Mais
mon âme est si pleine de Toi Qu'à
travers les trous noirs Malgré
les brouillards, les
pluies battantes Par
nos liens trouvés depuis si
peu de temps Pour
moi, tu as été et seras toujours là. Jeanne-Marie Bougenières
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Pourquoi |
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Pourquoi
faut-il que chaque amour Soit
aussi près des larmes ? Et
qu'en nous certains jours, Le
coeur vibrant ainsi nous désarme ! Pourquoi
faut-il encore se souvenir Malgré
le temps fuyant sans cesse ? Parfois
du meilleur ou du pire, Avec
ses joies ou la détresse ! Pourquoi,
oui ! faut-il donc Faire
pleurer le coeur des mères ! Sans
réflexion ou sans raison Pour
que leurs vies ne soient plus
que prières ! Pourquoi
donc croire aussi Que la
douleur soit éternelle ? Alors
qu'en nous chaque vie Peut un
jour se rire d'elle. Pourquoi
faut-il enfin Depuis
que ce monde a commencé Que
l'homme ait toujours tant besoin De la
guerre et ses calamités ? Pour
devoir croire en son destin Et ne
faire que tombeaux En
cette humanité ! Albert Jocaille |
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Sonate au clair de lune |
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Le triste orateur, à voix basse, écrit les notes De la musique imperceptible de son cœur. Petit chanteur à la croix de bois, qui dénote Du regard éthéré, le suprême bonheur. C’est l’amertume qui conduit ses phrases gaies, Aux accents de peine, aux tirets de réconfort. C’est la senteur délicate du mois de Mai Qu’il veut retrouver près de sa muse d’alors. Sitôt les yeux perlés d’aurore matinale, Sortant d’un doux rêve émerveillant son réveil, Sur le pupitre, il épanche un flot machinal Né de l’être ressuscité par son sommeil. Vision neigeuse embrumée de mélancolie, Ce délice profond tel un gouffre abyssal, L’emporte loin, transporté par l’hallali, Se réfugiant auprès de l’image spectrale. Qui que ce soit : père ou fille, aimés tellement, Mère ou fils, adorés et pleurés chaque jour, Sœur et fidèle épouse ou mari, frère aimant… On a tous, une fois, un vide pour toujours. Alors le poète, sans mot, essuie ses pleurs Sur la page blanche inanimée qu’il réchauffe D’un coup de crayon, de syllabes en couleurs, D’un rai de chaleur, d’un message sain et sauf. Les lettres de l’oubli s’alignent dans la danse, Parfumées de nostalgie. Puis revient la joie De l’enfant qui naît, qui remet tout en cadence En pointillés, sur les vieux cahiers pleins d’émoi. La roue tourne en laissant à chacun ses chagrins : L’un revient, l’autre part, à l’endroit, à l’envers !
Lui, l’auteur, compte sans fin les pieds de ses vers… Troubadour, ménestrel et rêveur silencieux, Bannissez les bémols de vos longues tourmentes, Accordez à vos rimes des sons mélodieux, A vos stances lyriques, des strophes clémentes. Le triste orateur, muet, ne voit plus les notes Floues, sur la portée dont la clef de sol n’est plus. Seul le songe lui donne la paix, car il ôte Ses émotions insoupçonnables éperdues… Maria-Carméla Duhin-Carnélos |
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Mais où est Eve ? |
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J’implore les divinités Qu’elles me
laissent Suivre mon bien-aimé Sans que je me
blesse Je le veux pour l’éternité Qu’on se
retrouve à la messe Que je devienne son époux Des alliances Susurrent des mots
doux Qu’il m’accorde une
simple danse Avec lui, moi je
veux tout Partir dans sa
cadence La maison de nos rêves On la veut et on l’aura Dans le travail, une
petite trêve Pour peut-être devenir Papa Deux Adam sans Eve Nous sommes heureux
comme ça Qu’il ne me
quitte jamais Et assèche mes malheurs J’aimerais qu’il me fasse rêver Dans un gâteau, ma part de bonheur J’ai enfin le
droit de l’aimer Dans l’attention et
la douceur. Julien Bury |
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Emotions |
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Premiers émois, premier amour Premier chagrin, premières larmes Papillon s’est brisé les ailes Contre un mur d’incompréhension Papillon est tombé par terre Ne parvient plus à se lever Tant le chagrin est encore lourd Depuis bientôt un an Ne t’en fais pas, petite fille Le prochain -Mais peut-on parler d’un prochain quand la douleur du souvenir s’incruste- Sera plus… prudent ? -Peut-on dire «
réfléchi » à un âge où tout devrait être joie de
vivre ?- Le prochain sera plus grand et
plus vrai Quand tu seras parvenue à balayer ces dernières parcelles d’ombre Et s’il faut ces épreuves pour devenir
adulte Ne pleure plus, petite fille Car tu n’en sortiras que plus
forte ! Thérèse Leroy |
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Matin printanier |
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Les ombres de la nuit s’effacent de la plaine Mais je distingue encore dans l’ombre incertaine La masse informe de mon village natal, D’où les coqs ont lancé leur chant matinal. Une pâle lueur paraît à l’aurore levant Annonçant le lever de l’astre brillant. Les étoiles s’enfuient vers le monde de mystère Et la reine des nuits n’envoie plus sa lumière. La nature paraît craintive, indécise Elle attend du soleil la lumière plus précise Qui, éclairant le bourg, chassera la rosée Que la fraîcheur nocturne sur la terre a semé. Le ruisseau limpide, sautillant, sinueux Traverse la forêt en cercles capricieux. Pareille à un miroir, son onde est si pure Qu’elle reflète, en passant, la grandiose nature. Dans le bois, le merle, par son sifflet moqueur Réveille les oiseaux de leur longue torpeur Puis petit à petit dans le bourg on entend Le réveil babillard de ses habitants. Voici que le soleil se montre à l’horizon De sa boule de feu il envoie ses rayons Sur la terre, et bientôt sa brillante clarté Inonde de lumière la fertile vallée Il fait miroiter par ses rayons de feu Le toit des maisons et le clocher bulbeux. Puis dans le village de verdures et de fleurs Des bruits divers annoncent un jour de labeur Tandis qu’au loin, là-bas, aux coteaux verdoyants Des troupeaux de bœufs ruminent paisiblement. Mais dans l’air serein, pur, de ce beau matin Un écho franchit l’air par un son argentin Et ce son vibrant, cristallin et sonore C’est la voix de Dieu qui dit à chaque aurore, Homme de la terre, lève vers moi ton cœur Et je bénirai tes joies, tes peines, ton labeur. Alors levant les yeux vers la voûte azurée Puis regardant la terre toute ensoleillée, Je vois l’œuvre d’un Dieu bon, grand créateur Qui donne dans le monde le bonheur, le malheur Et qui envoie la mort en cette courte vie Pour la changer ensuite en merveilleuse vie. Le laboureur déjà était à son ouvrage Une brise légère agitait le feuillage Et l’angélus au loin tintait là-bas Alors à la vierge j’ai dit : ave Maria. Jean-Charles
Jacquemin alias Jean-Charles de Beaumont |
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Nous, les Arbres |
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Bien avant que vous n’apparaissiez, Nous étions là sur cette terre, Courant en vastes forêts, Prodiguant un abri rassurant À d’innombrables animaux. J’ai grandi loin de vos cités Dans l’ombre fraîche des futaies. Chaque habitant de la forêt Aimait à être protégé Et venait tour à tour s’abriter Sous notre lourde frondaison. Un jour, tout au bout du pays, Là où plus durement Le soleil darde ses rayons, J’ai vu mes frères partir en fumée. Je les ai entendus crier de douleur, Je les ai vus se tordre dans les flammes D’un feu que vous aviez engendré. Ô ce n’était rien qu’un mégot Ou juste un tesson de bouteille Un peu trop mitraillé de soleil : Ce ne fut plus que cendres et désert… Des années, que je grandissais… Ma tête couronnée s’inclinait Et mes feuilles doucement riaient Sous la caresse du vent léger. Nous voulions juste vivre en paix, Dispensant ombre et oxygène Indispensable à votre vie. Et puis les hommes sont venus. Ce n’était que vacarme Et rugissement de machines. Ignorant le peuple qui nous habitait, Ils ont violé notre domaine, Ils ont saccagé la forêt. Un à un, ils nous ont abattus : Il leur fallait une nouvelle route Pour assurer l’écoulement de leurs voitures… Allez-vous pousser jusqu’aux mers Et assécher les océans Pour vous faire plus d’espace encore Dans les décennies à venir ? Enfant, quand tu auras grandi, Garderas-tu le souvenir De cette vie insoupçonnée Et de la paix qui régnait Au cœur de nos forêts ?... Thérèse Leroy Ecrit
pour « la fête de l’Arbre » Nov 2015 |
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AÇVINE |
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Ton ébriété s’estompe sans envie Pour le présent figé Dans la mémoire des cicindèles Ta perception n’Existe plus Pour mon être En spirale nébuleuse Faut-il faire de l’amour Un mythe infidèle De chaque jour Faut-il courir aux fusions où
brille l’amour Poison des libertés 11/24 SAINT-HESBAYE Graine
d’illusion Dans la clarté des roses Mon cœur d’herbes closes A semé la graine d’été Au vent de l’amour ganté A la table de la mousse aimable J’ai mangé comme l’enfant La fraise sauvage des fables Le soleil riait dans son sang Sur les petits cailloux roux La graine à douleur béguine Epie le musée des bois fous Et songe aux moulins d’aubépine Je me souviens de ces jours Quand la reine et moi Avons gémi en émoi Pour la vie et pour l’amour. Saint Hesbaye
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L’EPERON |
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Sur le rocher mystérieux, la nuit descend L’éperon lancé vers les cieux dans le
couchant Rend hommage à Dieu en chantant ses
louanges Emportées sur les ailes d’or de
l’Archange Forteresse chargée de secrets par
milliers C’est dans le colimaçon de tes escaliers Dans la foret drue et serrée de tes
arcs-boutants Qu’on cherche la révélation du
Tout-Puissant La chape brune de brume ouatée et
cotonneuse Enveloppe et dissout les marchands du
temple. En haut de l’abbaye, la flèche
merveilleuse Continue cependant à montrer l’exemple Aux
pèlerins sans religion ni dévotion Aux têtes inhabitées, d’amour pur rayon. M.A
LABBE |
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L'Immortel |
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Se
considérant comme monstre de l'antiquité Jérémy Dessaint |
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Génération 2000 |
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Seule, Dans un monde immense Mes blessures que je panse D'une génération innocente Mes yeux se lamentent Seule, Dans un épais brouillard Devant leurs yeux hagards De cette génération éparse Où je me sens à part Perdue, Devant de multiples visages De rêves et de mirages D'une génération volage Je n'y trouve pas bagages Perdue, Dans des pensées de tendresse Aujourd'hui c'est le sexe Je me sens extraterrestre Et cette génération qu'on délaisse Ici, L'amour n'est que jeu Du sexe et du merveilleux Tendresse au placard Et paroles blafardes Là-bas, Mes yeux dans les siens Elle me tend la main Je me sens si différente De cette génération enivrante. Kuro |
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D... comme Désir |
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Il rime avec plaisir, Et souvent son absence Vient tapisser de gris nos nuits, Comme nos jours. Mais d'un baiser volé, D'une lascive danse, Il peut naître à minuit, Simulacre d'amour. Un regard, un sourire, Et la concupiscence S'habille sans délais De ses plus beaux atours. Pour un geste, un effluve, Là par inadvertance, Il s'entraîne à flirter Avec tous nos discours ! Si sa pérennité D'un refus s'accommode, Il aime à se nourrir d'amour Ou de mépris. Souvent d'y succomber Nous expose à l'opprobre. Rimant avec plaisir, Ainsi va le désir... Geneviève
Bailly |
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Les gens d’amour |
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On les devine à
leur sourire, A leur regard qui
semble dire : « Nous sommes
là pour vous aider, Nous sommes là pour
vous aimer. » Ils sont la joie, le
réconfort, La lumière qui nous
mène au port. Les gens d’amour… Les gens d’amour
ont un grand cœur ; Il ressemble à
celui des fleurs. Elles ouvrent tout
grand leurs pétales Et les abeilles s’y
régalent Pour se charger du
plus beau miel Avant de partir vers
le ciel. Les gens d’amour… Ils sont tout plein
de par le monde, Beaucoup plus qu’on
ne saurait croire. Leurs yeux sont
comme une eau profonde Et les enfants y
viennent boire. Leurs bras sont
sources de tendresse, Leurs mains sont
remplies de caresses. Les gens d’amour… Les gens d’amour
tiennent la main De tous ceux qui
ont du chagrin. Ils donnent
toujours aux malheureux, Ils sont contents
de notre veine, Ils en oublient
leur propre peine Et c’est ainsi
qu’ils sont heureux. Les gens d’amour… Nous avons tous une
cuirasse Collante comme de
la crasse Qui nous garantit
de l’amour. Il suffira
peut-être, un jour, Qu’un doux regard,
un grand sourire, Deux mains tendues
nous la déchirent Et nous serons des
Gens d’amour. Marcel Lesage1er février 2012 |
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LE PETIT JARDINIER |
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C’est un petit ouvrier Il est bon jardinier Quelle que soit la saison Il creusait son sillon Quelques petits oignons Tomates, navets, potirons Il y en avait pour la soupe à la maison Dans le temps bûcheron Il portait le bourgeron La tronçonneuse marchait Autant que la hache coupait Les rondins s’empilaient Quel dur labeur Il était un sacré travailleur Il a été coupeur, fileur, Mineur, conducteur de bus Autant et plus Avec toi, je pourrai plus en
parler De mon grand-père, de mon père Avec lesquels tu avais travaillé Il va nous rester l’histoire Ça vous pouvez le croire Nicole
DUPLOUY |
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La rose rouge de Sarajevo |
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Le ciel ne va pas
bien le ciel a grise mine il a passé trop de nuits blanches à déverser à gros flocons la neige sur les
ruines mille larmes d'argent
endeuillent les sapins des yeux s'étreignent puis s'en vont mourir il fleurit dans le
ciel de lentes fusées rouges même la mort a ses couleurs serments violés rires jaunes et peurs bleues couleurs du temps
sous le masque des mots les yeux de toutes
les couleurs s'éteignent un à un ici on meurt en
noir et blanc dans une île si loin
que c'est sans doute un rêve roule la houle de
filles sanguines bleus sont leurs
pas qui naissent de la mer et jaune d'or le
sable où ils s'incrustent un citron vert mûrit là-bas ses amertumes ici vient de naître une rose une rose d'hiver rouge comme du sang c'est le sang d'un
enfant couché près de sa mère d'un enfant rose et
bleu mort sur la neige rouge avec encore aux lèvres l'arc-en-ciel d'un
sourire arraché à la nuit. Henri Lachèze |
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Un Ange… |
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Un ange est passé sur ton cœur meurtri Ton cœur s’ouvre à présent comme une fleur Métamorphose du papillon Un ange a caressé ton âme douloureuse Ton âme s’élève à présent, ailes diaphanes Un ange a chanté sur ton cœur amoureux Petite fille sort de l’ombre Papillon s’envole enfin libéré Cœur épanoui, Ivre de bonheur et d’amour. Thérèse Leroy |
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Nous étions deux |
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Elle était si
belle ! Si rayonnante ! Si joyeuse ! Elle courait,
chantait, dansait ! A nous deux, nous étions
si heureuses. Douze ans, elle
avait ! Débuta ce jour
noir, Ce long, trop long
couloir S’ouvrant sur la
porte du désespoir. La hantise de ne
plus la revoir ! Vint ce moment
terrible Où l’on vous dit ce
qu’elle a… Ce diagnostic-là,
vous ne l’acceptez pas. Vous vous dites
qu’une erreur est possible, Qu’à son âge, c’est
inadmissible, Que c’est un
cauchemar que vous vivez là… Mais cette chose
abjecte reprend ses droits. Alors, tout
s’effondre autour de soi. Devant votre
détresse, votre désarroi, On vous donne
espoir, On vous fait même
croire Que la guérison est
possible, Mais qu’elle sera
longue et pénible… Que cette chose
abominable peut être vaincue, Que la maladie peut
avoir vécu… Mais c’est la
rechute. De nouveau la lutte. Ses cheveux si longs,
si blonds, Ont disparu en un
tourbillon. La tête dénudée, Le
visage sur le côté, Si anguleux que
l’on ne voit que ses yeux. Si grands ! si
bleus ! si merveilleux ! De ce regard qui
vous implore ! vous suppliez ! Et qui vous dit Pourquoi moi,
maman ? Pourquoi moi ? Que devais-je lui
répondre ? Je tournais la
tête, pour ne pas me confondre. Puis peu à peu,
l’on vous fait comprendre Que votre petit
ange, on va vous le prendre, Vous enlever le
fruit de vos entrailles ! Vous mettre le
cœur, l’esprit en tenailles. Alors vous implorez
Dieu. Laissez-la
moi ! Laissez-la moi, mon Dieu ! Implorant jusqu’au
dernier instant sa pitié. L’essence de votre
vie s’en est allée… De cette ultime
étreinte si pathétique, Où désespoir se
mêle au dramatique… Devant cette croix
devenue usurpatrice. Vous vous relevez
et criez votre injustice. Pourquoi, mon
Dieu ? Pourquoi elle, mon Dieu ! Nous étions si
heureuses de vivre à deux… Sa vie n’aura été
qu’une ombre furtive. Sa mort, vous
rendant même l’âme fautive. Quant aux prières,
vous n’en avez que faire… Dieu n’a rien fait
pour la laisser sur terre… Bernard Simon |
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Le bonheur est au jardin Le matin, toujours plein d'entrain Je "descends" dans mon jardin. Hier on pouvait y admirer la rosée qui perlait Sur les pétales des fleurs, ainsi parées pour le plus
bel effet. Comme chez les couturiers de mode, lors du défilé, les
fleurs Se succèdent dans le décor pour, des yeux, le plus
grand bonheur. Après les iris au corsage soyeux de différentes
couleurs, Voici les pivoines, majestueuses, parées de leur robe
de fraîcheur Bientôt suivies par le merveilleux éclatement des
boutons de roses. Ce spectacle de la nature est toujours pour moi un
enchantement, Par le fait de voir une fleur éclore : qui reste la
plus belle des choses ! Avec le plaisir renouvelé, quand revient chaque
printemps. Dans mon jardin, à la fin de la journée L'air du soir est embaumé Des parfums de thym et de romarin, mêlés Quand avant la nuit, à la mangeoire... Les petits oiseaux viennent se restaurer Mais surtout se baigner et boire. Dans le calme de mon jardin : oublié de la veille,
l'esprit chagrin ! La pensée sereine, j'y suis bien ! Gérard
Rossi |
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Le cerf |
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J’allais à pas lents par la sombre allée En ce jour de septembre, cherchant sous la
feuillée Des cèpes, des girolles, en un mot enfin De quoi déjeuner, par ce clair matin. Une fuite éperdue, sous la branche froissée Et je vis… un cerf au galop, déboucher. L’œil atone… hagard… d’eau, ruisselant. Il me vit… haletant… Il s’arrêta tremblant. D’où venait-il, ce noble animal, Dont la beauté ne craint aucun rival ? Quel chemin parcouru depuis à peine une heure Au matin joyeux, et maintenant il pleure. Son sort est-il d’être toujours traqué De feuillée en feuillée, un gîte, rechercher, De finir sous les yeux d’une noble lignée Qui croit se grandir, en voyant la
curée ? Mon cœur en le voyant se serra de tristesse. Où étaient ses petits, sa femelle, sa
clairière, La limpide rivière où il buvait joyeux En faisant retentir son long brame sous les
cieux ? Je fis un geste qui semblait dire…
quoi ! Me comprit-il, je ne sais, il fila sous le
bois Tandis qu’au loin, retentissait… le cor Et que les chiens hurlaient tous à la mort. Roger
Devillers |
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Ton chien, ton chat |
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Ton chien qui garde ta maison Mérite bien ton affection, Ton chat qui chasse les souris Mérite bien ta tendresse lui aussi. Si les animaux ont besoin de nourriture Ils souffrent de la solitude Ils ont besoin de compréhension Et de beaucoup d’attention. Aussi n’attache pas ton chien à une chaîne Tu lui ferais trop de peine Donne-lui chaque jour sa pâtée Et à ton chat son bol de lait. Protège-les du vent, de la pluie, du froid
L’hiver près de la cheminée Ils seront heureux et rassurés. Ne trahis jamais leur confiance Car eux aussi sont de petits enfants Qui ne demandent qu’à jouer Et ne désirent qu’à t’aimer. Jeanne Fourmaux |
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Juste un « Au
revoir » |
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Tu nous aurais dit
de nous souvenir De tout ce qui
aurait pu nous faire rire Mais laisse-nous
juste un peu de temps Juste celui de sécher
nos yeux larmoyants… On imaginera ces
retrouvailles tant attendues Avec celui que tu
aimais d’un amour absolu. Dis-lui que ses
filles ne l’oublient pas Et qu’il peut être
fier d’être leur papa. Dis-lui qu’elles
ont bien grandi Et qu’elles ont donné
la vie… A chaque épreuve
que nous traverserons, Et même si,
malheureusement, nous en tombons… De ton immense
force, nous nous rappellerons Et, grâce à toi,
nous les surmonterons. Profite bien de ce
calme plus que mérité Car, bientôt, on ne
sera plus jamais séparés… Et, qu’en
attendant, dans le bleu de nos yeux Nous revivrons ces
moments des plus joyeux… Ceux où tu dansais,
le sourire aux lèvres, Ce sourire qu’a
hérité ma chère mère. Celui où tes yeux
se sont émerveillés Quand je suis
arrivée en robe de mariée. Ton frère Louis m’a
dit que je te ressemblais J’en ai ressenti
une immense fierté. Merci pour chacun
de ces moments privilégiés Dans mon cœur, ils
resteront à jamais gravés. Mémé, je ne saurais
te dire « adieu » Alors, je te donne
rendez-vous aux cieux… Christelle Poussier-Lesourd |
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MON ANGE BLOND |
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Un peu en moi C’est comme ça que tu vivras La flamme ne s’éteindra pas Puisque je crois en toi Le bonheur ne peut être éternel Sinon, que serait le ciel Nul besoin de t’attendre Je sais qu’ici bas Tu as tenu à moi Nul besoin de comprendre Mais, de ne pas tomber plus bas Toi, l’ange blanc des ténèbres M’a offert ce doux amour Au revers amer En espérant qu’il dure toujours Christelle Poussier-Lesourd
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Sparte |
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146 avant JC toute la Grèce est envahie par les romains,
seule Sparte lui résiste... Je n'étais qu'un simple soldat dans l'armée de Sparte,
cette armée qui nous semblait si petite face à nos ennemis les romains, avait
toutes les chances de gagner car nous avions le soutien des Dieux. Enfin,
c'est ce que notre supérieur nous répétait sans cesse. Je ne savais même pas
qui étaient mes parents. Je fus trouvé par de modestes paysans non loin de
Sparte. Je fus engagé dans l'armée de Sparte à ma majorité et je devins vite
l'un des meilleurs soldats de la cité. Je me trouvais là, dans les rangs de l'armée, quand tout
à coup j'eus une apparition : c'était le dieu de la guerre, Arès. Il mesurait
près de quatre mètres de haut, il était très imposant, il portait une armure
massive de couleur rouge et or qui recouvrait la totalité de son corps. Cet
ensemble comportait également un casque qui semblait très lourd. Il tenait
dans sa main droite une grande lance. Il avait l'air maléfique. Il me dit : -Tu n'as pas à avoir peur, Spartiate. Je suis là pour
t'aider à lutter contre Rome ; de plus, une fois l'adversaire vaincu, je te
révèlerai qui étaient tes vrais parents. J'acceptai alors son aide, il m'expliqua que je devais me
rendre à Troie qui n'était plus que des ruines suite à la Guerre. -Tu devras chercher le javelot d'Hercule, tu auras besoin
de cette arme pour vaincre tes ennemis. Je dus abandonner Sparte pour partir
à Troie, j'arrivai dans les ruines de Troie. Je cherchai pendant quelques
heures avant de trouver le butin. Il me semblait que cette arme était là pour
moi comme si elle attendait ma venue. Ma surprise fut grande en sortant de ces ruines, l'Hydre
sortit de la terre. Ce monstre gigantesque fait de sept têtes me regarda d'un
air fier, je me battis contre cette créature des heures durant avant de
pouvoir lui porter le coup de grâce en lui coupant toutes ses têtes d'un seul
coup. Je repartis vers Sparte. Quand je revins, les romains avaient réussi à
s'emparer de la ville, je ressentis un profond remord de l'avoir abandonnée.
J'entrai dans la ville infestée par l'ennemi mais je fus très vite repéré. Je
luttai, mais mes opposants étaient trop nombreux, ils réussirent à me
capturer. Ils m'emmenèrent à Rome, je crus que c'était pour m'y faire esclave
mais je me trompais. A Rome, les Romains m'emmenèrent dans le Colisée. Il
était grandiose, cinquante mille spectateurs pouvaient facilement y tenir à
l'aise. Je n'eus pas le temps d'apprécier longtemps sa splendeur. Je fus jeté
au centre ou m'attendait Arès, il me déclara : -L'Hydre ne t'a donc pas tué ? Tu es plus fort que je le
pensais, fils. -De quoi parles-tu ? Je ne suis pas ton fils ! -Tu n'as pas encore compris. Je suis tombé amoureux d'une
mortelle qui était ta mère. Elle est tombée enceinte, je lui avais dit de te
tuer mais elle ne l'a pas fait. Je l'ai donc tuée sauf qu'elle ne m'a jamais
révélé où elle t'avait caché. Je pensais que tu ne survivrais pas mais
aujourd'hui tu es là. -Pourquoi veux-tu me tuer ? -Si les autres Dieux apprennent que j'ai eu une relation
avec une humaine je ne pourrai jamais devenir maître de l'Olympe car je serai
banni. Maintenant je vais te tuer ! Une lutte acharnée commença. Je réussis à esquiver ses
coups. J'utilisai le javelot d'Hercule contre lui. Son armure paraissait sans
failles mais au bout d'un certain temps, j'aperçus un point faible au niveau
de l'épaule. Je réussis à le blesser et ensuite à lui porter un coup fatal.
J'avais tué mon père. Enfin, l'avais-je vraiment tué ? Pierre de Trioux (lycée Jacquard) |
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Le grand rangement |
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Voilà, c’est dit, j’ai attaqué le grand rangement ; il était
temps. Jour de rébellion, jour sans remords : il est bon de
nettoyer par le vide, d’enlever enfin ces tonnes de reliques impies, ces
témoins omniprésents d’un passé mort, ces serviles signalisations fanées, ces
lourds boulets entravant la marche du présent. Plus on s’entoure de ses souvenirs, comme des solides barricades où
la factualité n’a plus son mot à dire, plus on vieillit. On se cache derrière
les créneaux de ces photos jaunies d’aïeux insipides, on s’enlise dans la
fange-vestige, on se gave de ses miettes familiales sur cette table devenue
inerte, on croit les courants d’air complices quand ils soulèvent les rideaux
des fenêtres, le temps d’une valse fantôme. J’ai foutu en l’air des étagères de livres aux conclusions
oiseuses ; j’ai balancé des babioles alanguies vautrées sur le buffet,
j’ai écartelé des statues de quatre sous empoussiérées d’années
creuses ; j’ai décimé des antiquités modernes ; j’ai détraqué des
breloques sans aucune valeur. Elles étaient devenues des gardiennes
collantes, des sorcières mystificatrices, des arrangeuses de présent avec
leurs intenses pouvoirs d’hypocrites. Je devais lâcher du lest à ma vie pour espérer flotter un peu dans ce
bas monde. Entre deux soupirs, je devais réapprendre à m’aimer avec des
nouveaux sourires. Avant l’hallali, je voulais encore approcher des jours
heureux, ceux inconscients, ceux glorieux, ceux inconsistants où l’on soupire
plus que ce que l’on respire. Au bénitier des Noyades, armé d’un autre signe
de croix, comme si je savais nager, je voulais gueuler : « Dieu est
mort ! » encore une fois. Je voulais mon compte en tendresse,
placer quelques « je t’aime » véritables dans des oreilles alliées
et récolter des dividendes amoureux pour le reste de mon éternité sur terre.
Je voulais réentendre le tumulte de mon cœur pour revivre… Vingt-cinq kilos de délire hallucinatoire occupaient la moitié d’une
commode. A cette époque nébuleuse, celle de l’écriture forcenée, j’avais
ficelé mes ouvrages fanatiques dans des gros classeurs aux feuilles
plastiques transparentes. Connaissant trop bien tous les propos murmurés,
gémis, criés, pleurés, dans la plupart de ces opuscules d’obsédants
déchirements, je n’en ouvris pas un seul. Machinalement, je me
contentai de les entasser dans des grands bacs de transbordement. Oui, j’ai jeté les poèmes, les nouvelles, les histoires sans fin, les
essais, l’énorme correspondance, les longues aventures à l’eau de boudin.
Quelques photos de couverture, quelques annotations de déchirure me sautaient
pourtant à la figure mais je continuai vaille que vaille mon entreprise de
démantèlement. Sur les classeurs alignés, les années défilaient en un pénible compte
à rebours rajeunissant. Je me souvenais de toutes les nuits, de tous les
jours, de toutes les heures, de toutes les dérives, de toutes les ivresses où
j’avais noirci d’impressions multicolores ces guirlandes de feuilles. Plusieurs
fois, ma main a tremblé comme pour retenir le ressac de ces vagues à l’âme
d’antan ; plusieurs fois, j’ai voulu transgresser cette mission de
désenclavement moral ; plusieurs fois, je m’en suis voulu d’avoir eu
cette imprudente initiative de nettoiement. Mais je restai ferme, avec
l’allant de cette mission salvatrice, en définitive, contre moi-même. Enfin, le meuble redevint désert. Les échos de ses étagères vides
étaient comme des bruits de caverne quand on s’appelle mais qu’on espère
entendre revenir l’autre prénom. Dans l’ombre des étagères, elle était là,
tapie, souriante, extravertie, nuiteuse, me toisant de ses simagrées
insatiables et de ses moqueries de princesse ingénue. Je l’avais exhumée du
passé et elle dansait, cette chimère, cachée dans les recoins. J’ai vite refermé la commode. La tête vide, et dans la foulée
du nettoyage, j’allai à la déchetterie romanaise et je jetai dans la
benne à papier toute mon œuvre de classeurs, ses extravagances de courtisan
éconduit et ses turpitudes d’amant contrit. Comme des bouteilles à la mer, je
les semai un peu par ci, un peu par là, pour qu’ils s’accrochent aux gros
cartons, aux piles de publicités, à d’autres livres partisans ;
peut-être, inconsciemment, je désirais être lu par un inconnu, une maison
d’édition, un mécène, et que sais-je encore… Ce matin, j’ai reçu un courrier de la déchetterie. Le fameux point de
départ de mon odyssée des bouteilles à la mer… J’allais être enfin reconnu
comme un grand auteur ! J’entendais déjà dans mes oreilles les
trompettes de la renommée ! A moi les honneurs, la statue de
bronze sur la place de Romans, mon nom dans le dictionnaire des
célébrités ! A l’école, les gamins apprendraient mes poèmes ; en fac, je
serais disserté ; dans les maisons de retraite, on me lirait… Ils
allaient me remettre un prix littéraire ; je me voyais déjà occupant les
gros titres du Dauphiné… Ces messieurs zélés avaient retrouvé mon adresse dans les
innombrables en-têtes de mes correspondances. Ils me demandaient, avant
poursuites, de venir au plus vite séparer les pochettes en plastique du
papier et que ce n’était pas leur boulot de trier les ordures des illuminés
du secteur de Romans… Pascal |
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Je m'appelle Séléna Héra et
ceci est mon histoire Chapitre 2 : vie humaine |
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-Bonjour
Séléna. Je m'appelle Betty et voici Peter. J'espère que tu vas te plaire ici.
Rentre donc, je vais te montrer ta chambre. Betty
avait l'air d'une femme très douce, malgré tout je me méfiais. Ce n'était pas
de sa faute mais le fait d'être en leur présence me séparait de ma famille.
En jetant un coup d'oeil derrière nous, je m'aperçus qu'ils étaient déjà
partis. On rentra
dans cette nouvelle maison que je ne connaissais pas et Peter prit mes
valises en passant devant moi pour me montrer le chemin. Je montai l'escalier
derrière eux et Betty me montra d'un geste ma nouvelle chambre, mon antre.
Elle me déplut immédiatement. Ma famille d'accueil s'était visiblement mal
renseignée sur mon sujet car rien de terrible ne s'y trouvait. Du violet, de
l'orange et des touches de vert de ci de là. Il n'y avait pas grand chose mais
c'était suffisant malgré tout. Un lit recouvert d'un couvre-lit orange, la
peinture des murs couleur violet foncé. J'avais également une petite commode,
un bureau ainsi qu'une vieille lampe qui y était posée dans le coin pour mes
études et derrière ma porte un porte-manteau. J'allais
devoir refaire la peinture et la décoration pour que ça devienne vraiment mon
endroit idéal. J'avais
peur car ce serait la première fois que je serais en rapport constant avec
des humains. J'allais devoir être très prudente. Je n'avais
pas de télévision mais Betty m'assura que j'aurais le droit de la regarder
avec eux si je le voulais. Je m'en foutais. Ce n'est pas ça qui me
rapprocherait d'eux. -Séléna ?
m'appela t'elle doucement. -Oui ?
Répondis-je sèchement. -Je vais
préparer le souper. Ca te va steack frites ? Sa voix
tremblait, je lui faisais de la peine. J'en étais désolée mais je n'arrivais
pas à faire autrement. -Ca me
plaît, dis-je, me radoucissant. J'eus le
droit à un petit sourire. -J'en suis
bien contente. Je te laisse t'installer dans ta chambre et nous t'attendons
en bas. Au moment de partir elle rajouta : -Je sais
que ce n'est pas facile pour toi mais sache qu'on est heureux d'avoir une
fille sous ce toit. Nous serons patients. Sur ce, elle partit. Je trouvais
qu'elle était courageuse car après tout je n'étais pas facile à gérer. Regardant
autour de moi, je tentai de ne pas m'apitoyer sur mon sort. En fourrageant
dans ma valise, je retrouvai mon pull bleu avec l'odeur de ma mère, le mis,
me recoiffai et rangeai le reste de mes affaires en vrac dans la petite
armoire. Je m'assis sur le lit et restai ainsi pendant 10 min et finalement
me levai. Soufflant
un bon coup, je descendis l'escalier menant à la cuisine et m'arrêtai en
sentant l'odeur du sang. En l'identifiant, je compris que ce n'était que les
fameux steaks qui cuisaient. Je repartis de plus belle et m'assis rapidement
sur une des chaises de la salle à manger près de Peter. Lui était
grand, mince, légèrement bronzé, brun et souriant. Elle
c'était un peu l'inverse. Plus petite d'une tête, rousse, un peu joufflue,
pâle (mais moins que moi) mais également très souriante. C'est
étrange car mes parents et moi-même ne leur ressemblons pas
beaucoup. Ma mère,
c'est moi mais en plus âgée car elle avait quand même 30 ans à l'époque de sa
transformation. J'ai les cheveux noir corbeau, un teint légèrement rose qui
se change en blanc porcelaine la nuit et des yeux noisette qui changent en
jaune fauve. Je suis mince et élancée et je ne me trouve pas très jolie même
si tout le monde n'est pas de cet avis. Mon père
est châtain foncé, carré d'épaules et athlétique. -Tu as
déjà tout rangé ? me demanda Peter étonné. -Non je
n'en avais pas le courage, je le ferai en allant dormir. -D'accord,
tu fais ce que tu veux mais n'oublie pas. Commence à nous tutoyer, ça
t'aidera à aller mieux et si tu veux des amis ou des tuteurs c'est à toi de
décider. Sache que quoi que tu as ou auras besoin, on est là pour toi et on
fera tout notre possible pour t'aider. D'accord ma grande ? -Oui... Je me
sentais bizarre car ils m'appréciaient déjà alors que j'étais dure et que je
ne savais pas quoi faire pour leur faire véritablement confiance. Betty
s'aperçut de mon émotion et s'approcha de moi. -Que se passe t-il Séléna ? Son air de
pitié m'énerva. -Laisse-moi,
tout va bien !! Et je vous préviens que je vais changer ma décoration de
chambre car je la trouve horrible !! On peut manger ? J'aimerais me coucher
de bonne heure. Je veux être seule ! -Ne
t'énerve pas, je finis de dresser la table et on mange. Peter tu peux
m'accompagner à la cuisine s'il te plaît ? Elle avait
l'air anxieux et ébranlé par mon attitude. Machinalement,
je regardai par la baie vitrée et m'aperçus que le soleil commençait à
descendre. Il me restait environ 30 min avant ma transformation, je devais me
dépêcher. Je m'installai dans le coin le plus à gauche de la table près de la
porte. L'odeur du sang pouvant nous rendre fou, je préférais pouvoir me
sauver si mes canines avaient le malheur de s'allonger. J'entendais
les paroles de Betty et de Peter dans la cuisine : elle avait l'air vexé et
énervée, lui à l'inverse essaya de la tempérer et il lui expliqua qu'il
fallait être patient. Je rigolai intérieurement car moi je n'étais pas très
patiente. Peter, en
bon gentleman, arriva avec les frites et me servit. Il avait l'air distant et
attendit que sa femme arrive avec les steaks avant de s'asseoir. Je les
regardai droite alors qu'ils regardaient leur assiette avec tristesse. Je
n'avais pas de peine, je ne les connaissais pas. J'attrapai habilement la
bouteille de ketchup et en mis généreusement dans mon assiette. Ca semblait
plus humain de manger de la nourriture avec une tonne de sauce. Les frites
étaient croustillantes et dorées à souhait pour eux mais pour moi cela avait
le goût de bonbons déjà mâchés, ça n'avait donc aucune saveur. A l'inverse le
steak était bien saignant et sentait délicieusement bon. J'en aurais bien
avalé dix comme celui-là à la place de ces frites. Malgré tout, je ne voulais
pas passer pour une fille difficile surtout que j'avais précisé que j'aimais
bien. Je fis donc bonne figure en mangeant tout le contenu de mon assiette.
Nous mangeâmes en silence comme une famille après une dispute collective.
Personne n'osait prendre la parole. Ils débarrassèrent leur table et allèrent
faire la vaisselle me laissant seule pour le dessert. C'était un beau gâteau
de bienvenue pour mon arrivée mais visiblement ça ne s'était pas passé comme
ils le voulaient car je le mangeai seule. Il était sucré mais comme
d'habitude sans saveur particulière pour moi. Après avoir débarrassé mon coin
de table, je rangeai la vaisselle sèche aux endroits que Peter m'indiquait,
puis je commençais à monter à l'étage quand Betty m'interpella : -Séléna,
c'est notre première soirée ensemble et on se dispute déjà. Je m'excuse pour
tout à l'heure mais j'aimerais que tu fasses un effort pour nous accepter.
Demain, tu commenceras ton premier jour de cours au collège et après, toi et
moi, irons chercher toute la peinture et la décoration dont tu auras besoin
pour refaire ta chambre. Je serai là demain pour t'emmener au collège, avant
d'aller à mon travail et j'aimerais que tu prépares tes affaires. Ta liste et
tes cahiers sont dans ton bureau, je te souhaite de bien dormir et ne sois
pas en retard demain. Bonne nuit, jeune fille. -Bonne
nuit Betty. J'avais
répondu avec des trémolos dans la voix et assez sèchement. Je me
sentais humiliée. Sans rien dire, je continuai ma route jusqu'à la pièce qui
m'était réservée et fermai ma porte à clé. J'avais l'impression d'avoir été
punie sans l'être réellement. Je m'assis
sur mon lit, en pensant au nouveau danger que j'aurais à contrôler demain. J'étais
terrifiée à l'idée de devoir me mélanger à autant de monde car ça ne m'était
encore jamais arrivé. J'avais peur de la réaction des jeunes personnes à mon
égard et je me demandais si je réussirais à m'adapter à ce nouvel
environnement. Me reprenant, je me levai et rangeai correctement mes affaires
dans mon armoire comme je l'avais promis à Peter. Je n'avais pratiquement
rien. A peine une valise et que des vêtements noirs et foncés car j'aimais me
fondre parmi les autres et je n'aimais pas être remarquée. Peut-être que
Betty serait d'accord pour que je m'achète de nouveaux habits. Je cherchai mes
cahiers dans mon bureau et une fois que je mis la main dessus, je fis mon
sac. Il était banal en noir rayé et blanc et il se portait sur le côté. Mon
ventre faisait des soubresauts de peur et de faim. J'avais faim de sang car
j'avais beau manger humain, mon estomac, lui, pensait comme un vampire, il ne
se remplissait vraiment qu'avec du sang frais. Par mon velux, je m'aperçus
que la lune se levait et donc que je n'avais plus de temps à perdre.
J'écoutai les bruits autour de la maison et à l'intérieur. Tout était calme.
Ma famille d'accueil parlait dans le salon. Je pris une inspiration en
ouvrant le velux, et sautai dans la nuit noire. Mélanie |
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LA MIMETTE |
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Plus croyante que
pratiquante, et d’une charité qui jamais ne faiblissait malgré ses faibles
ressources de veuve de guerre, la Mimette était la confidente des femmes du
village, les anciennes tout comme les jeunes. On se fiait à elle, car on
était sûr que tout ce qui entrait dans ses oreilles n’en sortirait jamais. Revenons en 1943,
dans ce village des Causses au nom pittoresque : Saint Jean de Cuculles,
ancré là depuis toujours, sous la protection du Pic Saint-Loup, point
culminant de la Montagne de Hortus. On y accédait par une route empierrée qui
serpentait lascivement parmi les vignes, ‘où s’amorce un sentier s’achevant à
un mas isolé dont la toiture cache sa lèpre derrière deux énormes chênes
centenaires, géants et orgueilleux qui toisent les inconnus qui auraient
l’outrecuidance de porter leurs pas jusqu’à eux. A ses pieds, la garrigue
étalée dans une vallée asséchée en été, piquée d’ifs aux ombres bleues et
émaillée de modestes mas aux toits couverts de tuiles romaines. Isolée, la
demeure de la Mimette l’est. Pas au point de perdre de vue et d’ouÏe la
vieille église qui égrène les heures et les Angélus. Ici, chacun vit de la
vigne, par elle et pour elle… mais pas plus qu’il ne sied, le soleil prenant
à sa charge le plus gros du travail, aidé par le curé qui prie le bon Dieu
pour qu’il y ait une « grosse pousse de grains ». Après les travaux
liés à la vigne, que fait-on entre temps ? On jouit de l’existence que
la nature, en ces lieux, pare de charme et de douceur, loin de la présence de
l’Allemand qu’on ne voit qu’épisodiquement, rien que pour acheter le vin à la
coopérative destiné aux mess et troupes d’occupation. Eux aussi, les
jeunes du bourg ont déserté. Il y a eu la guerre ; puis les prisonniers
en Allemagne, puis le Service du travail obligatoire. Enfin, la Résistance
que certains ont rejoint… pour échapper au STO. Et puis, il y a
la Mimette, sur laquelle les évènements paraissent couler comme sur les plumes
d’un palmipède. Des évènements qui lui prirent son mari lors de la première
bataille de la Marne, dès le début du conflit. Quant à son fils unique,
Edmond, on ne l’apercevait que peu. Soi disant qu’il travaillait à Lodève
chez un maréchal ferrant. La Mimette ? Elle était alors en proie à une
véritable idée fixe et ne sortait plus guère. Immuable, elle vaquait à ses
travaux : la fermette avec sa basse-cour et ses chèvres, quelques
arpents de potager et de luzerne pour ses lapins, et son jardin de fleurs
qu’elle choyait tout particulièrement. Aller la visiter, après la sieste,
était un but de promenade pour les villageoises. Elles trouvaient auprès
d’elle une oreille toujours attentive, écoutant les petits et les gros
problèmes qu’elles rencontraient. Elle leur faisait part de sa façon de voir
toute personnelle. On y parlait aussi beaucoup… sur les unes et sur les
autres avec un fond d’esprit de clocher. Parfois, il arrivait qu’elles
fassent une partie de bésigue, tout en ne cessant de papoter. On venait pour la
« classer » la Mimette ! En effet, rien de ce qu’elle disait
ne permettait de la placer avec les partisans du Maréchal., « le sauveur
de la France », ou avec ceux qui préféraient un certain Général de
Gaulle, alors inconnu, réfugié à Londres, qui appelait les français, dès le
18 juin 1940, soit à le rejoindre pour continuer le combat au nom de
l’honneur de la patrie bafouée par tous ceux qui ont filé dès les premiers
accrochages dans les Ardennes, soit de résister à l’ennemi par tous les
moyens. Non, la Mimette élucidait les questions insidieuses par un « Que
voulez-vous, c’est la guerre… qu’y pouvons-nous ? » qu’y mettait
fin à toute polémique sur ce sujet délicat. On allait jusqu’à penser qu’une
telle indifférence était louche. Mais rien dans son comportement ne leur
fournissait le moindre argument pour étayer une quelconque réponse. Il arrivait même
à la Mimette de s’apitoyer sur ces « pauvres petits à peine sortis de la
jupe de leur mère » en parlant des jeunes soldats d’Hitler, peu
enthousiasmés par leurs vacances forcées en France. Quant à la Patrie,
n’avait-elle pas donné sa part, cet homme qui avait été sa vie et son
bonheur, qui n’avait pas déserté, quoique pas du tout téméraire et
s ‘était conduit au feu courageusement ? En somme, la Mimette vivait
une vie casanière, limitée à ses besoins personnels, rythmée par la vieille
comtoise à balancier. Pour se rendre au bourg, Marius, son âne, lui
suffisait, se contentant, pour toute nourriture, d’avoine, de feuilles de robiniers et de quelques fleurs
de chardons pour dessert. Or, quelque deux
mois après les vendanges, alors que des ouvriers était occupés à l’enlèvement
des sarments – des hommes non concernés par la guerre- quatre hommes vêtus de
cirés noirs et portant un chapeau feutre, vinrent frapper à la porte de la
Mimette. On les avait bien aperçus, puisqu’ils avaient laissé leur 15 CV
Citroën sous les sycomores de la place de la Mairie. Tout de même, était-on
intrigué par cette intrusion dans leur vie tranquille. D’abord par cette
automobile – bien rares étaient celles qui passaient par là- ; ensuite
par la direction que prenaient ces hommes à la mine patibulaire. Une
demi-heure plus tard ils
réapparurent, encadrant de près la
Mimette dont ils hâtaient le pas en la
poussant sans
ménagement ; arrivés sur la place, ils l’enfournèrent dans l’automobile.
Personne ne la revit plus. Par solidarité,
dans l’expectative de son éventuel retour, les uns et les autres entretinrent
la fermette, descendirent au village ses animaux, dont l’âne Marius devenu de
plus en plus triste et prostré. On pensait que la Mimette n’avait rien à se
reprocher, qu’il s’agissait d’une grossière erreur policière… - Boudi ! s’étonnèrent les villageois. De quoi pouvait-on
l’accuser, elle qui ne sortait jamais de chez elle, ou si peu ? Les imaginations allaient bon train. En effet, elle ne prenait jamais
parti pour Pétain ou De Gaulle… ça devait cacher « des choses ». Mais
lesquelles ? A son âge, aussi isolée, sans d’autres visites que celles
de certaines villageoises, comment la Mimette aurait-elle pu nuire à la
France ? D’ailleurs, elle ne faisait pas de politique et son gamin non plus, par
trop occupé à ferrer les chevaux à
Lodève et à fabriquer des grilles et des balustrades en fer forgé ! dit
l’une d’elles, tenancière de la « cafetou » où viennent battre bien
des échos telles les vagues de la Méditerranée à Palavas-les-flots, elle qui
connaît les tenants et les aboutissants de chaque famille, suit les petits
drames –anciens et récents- dont certains foyers sont le théâtre, et les
intrigues amoureuses qui se sont nouées et dénouées à Saint-Jean de Cuculles.
Bien embarrassée de n’être pas capable de répondre aux interrogations
relatives à la Mimette. Alors, il lui fallut recourir à son imagination pour ne pas paraître
perdre la face. C’est ainsi que naissent les rumeurs, tellement destructives,
même une fois démolies. Pauvre Mimette ! Tantôt on la croyait… chef d’un réseau de la
résistance – eh oui !- logeant nuitamment des Gaullistes terroristes,
voire des aviateurs espions alliés. D’autres fois, on pensait qu’elle
hébergeait des déserteurs allemands craignant d’être envoyés sur le front de
l’est… Ou encore vu qu’elle pratiquait le marché noir, stockant des
marchandises rares et contingentées, beurre, viandes, tabac, cigarettes,
transitant par sa cave ou d’autres cachettes. Et puis, ce qui était
significatif pour eux, le curé –un homme sans âge, affublé d’une bonne et
grosse figure de chanoine prébendaire… malgré les restrictions…- ne montait
jamais pour lui rendre visite comme il avait coutume de le faire auprès de
ses paroissiennes. - Bof ! Ne vous faites pas d’soucis pour la Mimette ! lançait
le garde champêtre. Un d’ces quat’matins, elle reviendra pour récupérer son
âne, fraîche et dispo comme si rien ne s’était passé ! Malgré son outrance, les mois, les saisons ne mirent pas fin à ce
mystère. Et puis, un beau soir, alors que les allemands s’étaient rapidement
repliés plus au nord, après le débarquement de Fréjus, un jeune sous-lieutenant
des Forces Françaises Libres, armé d’un colt made in USA, arriva en trombe
dans une … 15 CV Citroën peinte FFI, accompagné de quatre civils portant le
brassard FFI bleu-blanc-rouge. Le sous-lieutenant ? Un héros aux yeux de
braise, le vif incarnat aux lèvres, la grâce féline du geste lorsqu’il
apparut sur le perron de la Mairie. - Chères concitoyennes, chers concitoyens… Au nom de la France de
toujours, au nom du général de Gaulle, je vous déclare libres !!! Vive
la France éternelle, celle pour laquelle nos pères ont donné leurs jeunes
vies pour la défendre ! Sus aux collaborateurs, aux suppôts de l’ennemi
boche !... Ensuite, après la minute de silence observée par tous les villageois,
le jeune officiers reprit, des larmes dans la voix : - Je me
présente : Sous-lieutenant Edmond Bertaut. Je… Je suis le fils de celle
que vous appeliez la Mimette… Un murmure parcourut la foule. - … Pleurez-la, car elle s’est comportée en héroïne. Malgré les
tortures que l’ennemi lui fit subir au fort de Montluc, à Lyon, elle n’a
jamais parlé ni dénoncé personne du réseau dont elle faisait partie. Elle
l’aurait fait, c’est tout le réseau de Causses qui serait tombé, comme ce fut
le cas au Vercors et dans d’autres maquis. Ils l’ont déportée au camp de
Ravensbrück, situé près de Berlin. Elle n’en reviendra jamais… ou alors, ce
serait un véritable miracle ! Priez pour elle ! Priez pour maman…
et pour mon père, lui aussi tombé sous les balles allemandes, trente ans plus
tôt. Vive la France… Vive la France désormais libre ! On pleura, on applaudit, on embrassa les cinq libérateurs. Un homme aux cheveux gris, tout souriant, se porta au-devant du
sous-lieutenant, les mains tendues. - Bravo petiot ! Excusez-moi… mon Lieutenant… mon cher Edmond. Tu
as bien la pétulance verbale et l’ampleur de gestes et de cœur de ton cher
père ! Je me suis battu à ses côtés pour reprendre aux Boches la
Montagne de Reims. Je t’ai cherché durant bien des années. Enfin je te
retrouve… Quel symbole, juste le jour de la libération de ton village !
Nous allons tous ensemble, remettre sur pieds notre beau pays… Regarde comme il est beau !... lavé de la honte et du déshonneur,
vidé de ses fils félons qui ont aidé l’ennemi à mieux le juguler, qui ont arrêté ta maman
pour la remettre aux tortionnaires boches. J’en viens à penser que, à tout
prendre, les bêtes, ça vaut mieux que les hommes… sauf les patriotes, les
vrais… pas ceux de la dernière heure qui ont attendu que le vent
tourne ! À ce moment, un braiment bruyant et vindicatif couvrit tous les bruits
de la liesse populaire. Il provenait d’une écurie… Pour l’âne Marius, sa
façon de clamer la liberté et de pleurer la mort, quasiment certaine, de sa
chère et douce maîtresse : la Mimette.
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PHILOSOPHIE DE LA PENSÉE : L’AMOUR N’EST PLUS ! |
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Un jour cette force m’a quitté, je
ne m’y attendais pas… pourquoi ? Cette question incessante qui reste
toujours la même dans nos esprits, si seulement on pouvait y poser une
réponse plausible… Moi qui
croyais tenir un sentiment fort et bien présent, moi qui pensais que la
fidélité existait, moi qui pensais que l’amour réciproque m’était pour une
fois réservé…, l’amour parfait, je pensais le vivre, on rêve toujours que
l’homme qui est à nos côtés, est bien souvent, celui de nos rêves, celui
qu’on attendait depuis toujours, celui qui nous aime, qui nous respecte, qui
accepte tous nos défauts, et met en avant nos qualités, mais au fond… Rien
n’existe vraiment, rien n’est si parfait qu’on pourrait le penser, tout est
si fragile, l’amour se brise quand tout va bien, quand on s’accroche, quand
on aime sans compter, on donne sans jamais recevoir, mais a-t-on
raison ? Peut-on avoir tort ? On ne se pose aucune question avec
l’amour, elles arrivent quand tout s’en va, quand plus rien ne se contrôle,
quand on devient seul, et que l’amour nous fuit. Avoir raison
au couple, je doute, vouloir croire en l’amour, pas possible, aimer sans
recevoir, ne pas le faire, donner sans rien demander, est peut-être le seul
défaut qui continuera de me coller à la peau. Je suis gentille, sûrement trop
parfois, mais je suis comme ça… Je pourrais parfois regretter ma
personnalité, mais je ne saurais rattraper ceux qui ne savent pas apprécier
mes qualités. Ne jamais
donner sans recevoir, je pensais ne jamais avoir des pensées pareilles,
pourtant en amour, les gens me poussent à ne pas penser que ça !
souffrir d’avoir trop aimer, souffrir d’être délaissé, souffrir d’avoir un
cœur brisé, l‘amour n’est plus un acquis qu’on croirait conquis, l’amour peut
passer du rêve au cauchemar sans qu’on ait le temps de sentir notre cœur
s’arrêter de battre, l’amour est souvent imprévu, se mettre à nu, pour
quelqu’un qui vous abîme et vous tue, je n’en peux plus, je n’en veux plus,
l’amour est bien plus froid et noir que la couleur rose qu’on voudrait accrocher. L’amour
tombe à terre quand on le pensait si près des nuages, arrêtons de penser que
le prince charmant existe, arrêtons de penser que l’amour est beau, l’amour
est grand, l’amour est tout… L’amour est parfois comme une lame qu’on nous
glisse sous la gorge, aussi petit qu’on ne pourrait l’imaginer, un sentiment
qui nous glace quand notre cœur brûlait pour un homme sans doute trop aveugle
pour se rendre compte que l’amour est rare et trop cher pour s’en servir
aussi souvent qu’il en aurait envie. Clarisse |
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