SOMMAIRE DE LA CAUDRIOLE N°39
Janvier-Février-Mars-Avril 2013
Illustration BD
page 2
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Patrick MERIC
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RESULTAT
CONCOURS : Eloge ou Blame
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Que vive la rose page 3
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Charles LEMAIRE de Cambrai |
Sais-tu ! page 4
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J-M BOUGENIERES de Caudry |
Comptes à
régler page 5
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Séverine JOUHANNEAU de
Busigny |
Dame
nature page 4
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Gisèle HOURIEZ de Vertain |
Enfants
des rues page 6
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Patricia
LOUGHANI de Escaudain
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Spectre à
la faux page 6
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Gérard ROSSI de Neuville St Rémy |
Amour
maternel page 5
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Orlane TOUPART de Ligny en Cambrésis |
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HUMOUR et PATOIS |
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L’Carette page 7 |
Marcel LESAGE
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El Visite ed l’inspecteur page 8 |
Georges RATEL
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ADULTES |
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La Gelée page9 |
Reine DELHAYE |
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mon médecin, un ami page 9 |
Nicole DUPLOUY |
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Blanche page 10 |
Patricia LOUGHANI |
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Le vent
page 10 |
Jacques MACHU |
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Le chant de la Noël page 11 |
Véronique
FLABAT-PIOT |
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Les
mariages font parler page 12 |
Jean LEDOL |
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Pour le
petit… page 13 |
Renée Van ISEGHEM
–LAMBERT |
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Remontrance page 13 |
Jérémy DESSAINT |
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À Lupita page 14 |
Jacques LEBLANC |
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Papillon page 15 |
Bernard SIMON |
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Champagne au vernissage page 15 |
Muriel MARIN |
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Le Bestiaire de la gueule cassée page 16 |
Jean Charles JACQUEMIN |
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Je me souviens page 17 |
Albert JOCAILLE |
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Juste
une vie page 17 |
Julien BURY |
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L’Herbe folle des rencontres page 18 |
Henri LACHEZE |
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Vent page 18 |
Jean François SAUTIERE |
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Sonate en bleu page 19 |
Geneviève BAILLY |
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C’est le temps - Coccinelle page 19 |
SAINT-HESBAYE |
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Ton chef d’œuvre page 20 |
Christelle LESOURD |
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Quand je serai bien vieille page 20 |
Thérèse LEROY |
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Avenir page 20 |
M.A LABBE |
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Je m’appelle Medor page 21 |
Jeanne FOURMAUX |
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NOUVELLES |
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Création
page
22&23 |
Hertia MAY |
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Plaidoyer pour Requiem page 24&25 |
Pascal DUPONT |
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Drôle de radio page
25 |
Mickael ROUSSEAU |
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La
fille des neiges page 26-27-28 |
A. P. ROUSSEL |
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La
Gazette d’Emma page 29 |
M.A LABBE |
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Eliade page 30&31 |
Elsa HERIVAUX |
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Une
drôle de grande tante page 32 |
Jean Baptiste
CUSANO |
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DIVERS |
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Information MDA page 33 |
Harpies à caudry
– Salon de l’Imagination |
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* Retrouvez l’auteur dans la revue littéraire.
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1° PRIX Charles LEMAIRE de Cambrai |
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Que vive la rose…
Celle qui t’a séduit par son teint de velours Exposait au soleil ses appas doux et roses. Elle se pavanait dans ses plus beaux atours, Fière d’être admirée parmi les fleurs écloses. La posséder devint un impérieux désir. Dans l’espoir insensé d’assouvir ton envie Tu cueillis cette belle. Hélas ! Pour ton
plaisir
Coupée de ses racines, elle ornait ton salon ; Mais elle végétait de se voir en prison Sacrifiée, assoiffée. Dès qu’elle fut fanée, Ingrat, sans un regret, tu l’as abandonnée. Surmontant ma rancœur, une supplique j’ose Adresser à ton cœur : « Toi qui aimes la
rose, Si tu veux en jouir, longtemps, avec candeur, Laisse s’épanouir librement sa splendeur. Vois briller le matin la perle de rosée Sur sa joue de satin furtivement posée. Guette le court moment où le givre en cristaux Garnit de diamants ses moindres oripeaux. Contemple au fil des jours ses lèvres rougissantes Ourlées et mordorées, de plus en plus troublantes. Sois le témoin discret des instants merveilleux Offerts par la nature à qui ouvre les yeux. Puis, quand passe le temps, recueille pieusement Les restes odorants dispersés par le vent. » Par ce fervent appel, ami, je te convie Au respect de la rose, à l’amour de la vie.
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2° PRIX Jeanne-Marie BOUGENIERES de Caudry |
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Sais-tu
qu’il est revenu ? Il
est revenu puisque ce matin je l’ai vu, Comme
avant, regard bref et hautain, Je
l’ai senti dans mon cœur incertain. Engourdi
d’avoir tant voyagé, Fugitif,
n’étant pas sûr de rester. Puis
lorsqu’il a caressé ma main, En
moi a ressurgi un doux instinct, Peu
à peu dans mon corps réveillé, Mes
désirs, comme encore enneigés Emergèrent
s’excitant du plaisir Qu’il
allait faire en moi épanouir. Puis
sa douceur m’enveloppa, Sa
chaleur tout entière m’entoura, Nos
regards l’un de l’autre amoureux, Nos
deux souffles se mêlant peu à peu, Sa
caresse, devenant plus hardie, Tout
mon être en attente réagit. Et
je sus que rien n’était fini Qu’un
nouvel été allait naître en ma vie Me
laissant pantelante et ravie. Bien
plus doux que l’agneau, bien plus fort que le feu Cet
ami d’un été, ce soleil merveilleux. Sais-tu
qu’il est enfin revenu ? Il
est revenu, puisque ce matin je l’ai vu. |
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3° PRIX Séverine JOUHANNEAU, de Busigny |
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Comptes à régler
Depuis
quelques années déjà, il me donnait bien du fil à retordre… Il
était si mal « éduqué », si difficile à gérer, si prompt à semer le
désordre ! Je
me sentais responsable, je ne cessais de me sermonner, Je
me répétais sans relâche que je finirais ruinée, Tôt
ou tard, j’allais craquer… ! « Qu’il
se gère lui-même, me répétais-je, je vais cesser de m’en préoccuper ! Chaque
fois que je le consulte, il m’exaspère, Il
a vraiment un don pour me mettre en colère… ! Quand,
de nouveau raisonnable, la ceinture je me serre, Lui,
il prodigue à tort et à travers ! Et
voici un peu pour les courses, et voilà davantage pour les factures, Sans
oublier les impôts et les frais occasionnés par la voiture ! Avec
un peu de chance, il en restera un peu pour les vacances… Ah
non désolé… il y a encore à régler les assurances… ! » Et
moi dans tout cela ? Quelle ingratitude !!! Approvisionner
sans répit ne suffisait pas : je demeurais dans l’incertitude ! Mais
à quoi bon se mettre ainsi en colère ? C’est
la crise, me rétorquerait-on, qui nous met dans cette galère…
Tout
au plus, je ne ferai qu’accroître mes maux ! Alors,
je le confirme, il n’y a pas plus réprimandable, plus blâmable, Plus
détestable, plus exécrable qu’un compte
bancaire !!! En
fin de compte, il est temps de te l’avouer… Tu
sais maintenant, mon cher Banquier, Toi
qui es, au contraire, si organisé, si économe, si sensé, Pourquoi,
un brin intéressée, j’ai finalement choisi de t’épouser ! |
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4° PRIX Gisèle Houriez,
de Vertain |
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Eloge à dame Nature
Tant
que l’aigle royal dominera tes crêtes Et
que les blancs flocons couvriront tes arêtes, Tant
que les edelweiss orneront ton rocher Où
glisse la marmotte cherchant à se nicher,
Ta
superbe vêture. Tant
que de ton relief jaillira le torrent Et
que scintilleront tes cascades d’argent, Tant
que serpenteront tes rus de la vallée Où
s’abreuve le soir la brebis égarée, Nous
goûterons, nature, Ton
eau vive et très pure. Tant
que la fleur des bois s’ouvrira le matin Où
l’insecte gourmand puisera son festin, Tant
que près de l’enclos à l’herbe parfumée Reviendra
se tapir la renarde affamée, Nous
t’aimerons, nature, Dans
ta noble verdure. Tant
que les passereaux siffleront dans ton ciel Sous
des nuages blancs cousus d’or et de miel, Et
tant que les humains sauveront ton visage Protégeant
de tous temps ta somptueuse image, Tu
resteras, nature, Notre
riche parure. |
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5°PRIX Patricia LOUGHANI, de Escaudain |
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Enfants des rues
Pauvres
fanfarons qui rient en faisant des ronds, Des
bulles roses et violettes pleines de savon ! Pauvres
clowns qui jouent en habits d’infortune, Sous
le regard enjoué de Dame la Lune ! Petits
enfants sans nom et sans maison Qui
se moquent des lois et des prisons ! Petits
orphelins qui ont perdu leur destin Sur
la route oubliée des crève-la-faim ! Comme
je vous plains ! Je vous pleure, Vous
et votre vie de malheur ! Honte
à ces adultes assoiffés de vices Qui
vous achètent et vous sévissent ! Anges
si près de Dieu, sans maman, Si
seuls, dans un plastic trop grand, Qui
défient les grands sans aucun respect Parce
que la vie vous a tout défaits ! Allez,
enfants des rues, petits fantoches, Qui
me regardez et dont l’histoire est moche ! Ces
mots pour vous dire que je vous aime ! Que
le vent balaie donc vos jours blêmes ! Pauvres
pantins vivants, nés sans étoile, Sans
une lumière, au-dessus de la toile ! Je
garde dans mon cœur un petit espoir Pour
qu’un jour vous puissiez y croire ! Pauvres
êtres innocents et bafoués à tort, Je
rêve pour vous d’un autre sort Loin
de cette vie fantomatique, L’Enfance
est belle ! Elle doit être magique ! |
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6°PRIX Gérard ROSSI, de Neuville Saint Rémy |
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Message perso Au spectre à la faux
Toi,
décideur de l’instant de notre mort ! Le
faucheur de vie : accorde-toi un peu de repos, Pour
me laisser un temps, vivre encore, Afin
de ne pas voir ma vie se résumer à un coup d’épée dans l’eau ! Car
je n’ai pas vu passer le temps Malgré
les effets de l’usure maintenant Du
poids des ans qui pèsent sur mes épaules Et
freinent toutes actions : ce n’est pas drôle ! Jeune,
on entreprend tout On
croit toujours pouvoir aller jusqu’au bout Sans
penser que l’on puisse être rattrapé Par
l’incapacité à finir la tâche commencée. J’ai
80 ans ! Merci à toi ma mort de ne pas te presser d’arriver Ce
qui me laisse le temps de me faire pardonner : De
ne pas avoir su lui dire assez de « je t’aime » chaque jour, Alors
qu’est loin d’être épuisée pour elle ma réserve d’amour. |
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1°PRIX Participation moins de 18 ans Orlane TOUPART,
de Ligny en Cambrésis |
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Amour maternel
Ma mère a bien du courage de me
supporter. Elle mérite un enfant sage avec toute la bonté qu’elle m’a donnée.
Elle a offert tout son amour pour moi et pour la remercier je ne suis pas ce
qu’elle aurait souhaité. Je suis sûre qu’elle aimerait entendre
un « maman je t’aime » sortir de ma bouche mais je suis trop
égoïste pour lui dire. Elle adorerait que je la serre dans mes bras. Comme
elle l’a fait durant mes douze premiers mois. Ce que j’écris c’est pour toi maman,
pour te faire passer un message, pour te remercier de tout l’amour que tu me
donnes, de ta gentillesse. Et aussi pour te dire « je
t’aime » au moins une fois. |
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L’ CARETTE |
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C’étot
pendant la guerre : pour aller voyager, On
avot point d’essence pour faire rouler l’ s'autos, Fallot
bin s’ contenter d’une carette et d’un g'vo. C’est
ainsi qu’ sen allot François le boulanger Pour
distribuer l’ pain dans l’ village d’à côté. Cor
moins bileux qu’à ch’ theure, ce qui n’est pas peu dire, Il
perdait beaucoup de temps à blaguer et à rire. Cette
journée là pourtant, sérieux, il l’avot été Et
s’en revenait à l’ brune, au p’tit trot de s’ coquette. Lui
restait une maison, c’était un cabaret Où
y avait trois gaillards qui étaient aux aguets. Il
entre avec ses pains à la porte laissant s’ carette, Ils
l’attrapent aussitôt pour faire une tiote belote Et
deux minutes après, les cartes all s’abattotent. Le
temps d’ faire une partie, la revanche et puis la belle, Et
mon François soudain de s’ carette, y s’ rappelle ! ; Il
court à l’ porte, l’ soir était descendu Et
il faisait si noir qu’on se serait cru perdu. Y’
entend dans le silence des pas d’ gvo résonner Et
le bruit d’une carette sur la route s’éloigner. « Ça
y est, qu’il dit, Coquette, elle est partie sans mi. » Il
ramasse sa sacoche, il s’élance dans la nuit, Il
fait cinq mètres et pan ! L’ vlà par terre assommé ! Du
bruit, dans l’ cabaret, les verres en ont tremblé, Et
tous ceux qui sont là sortent émotionnés. Sur
l’ front, y a un boursot, gros comme un œuf de dinde, Le
sang coule de son nez, qu’y en perdra plus d’une pinte ! Il
comprend tout doucement ce qui est arrivé : C’est
un autre équipage, qu’y avot ouïe roulé Sa
brave coquette, elle n’avot point bougé, Et
dans l’ cul de s’ carette, y étot allé se ruer ! Réel ! Marcel
Lesage |
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EL VISITE ED L'INSPECTEUR --ooOoo-- |
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Un
momint dé s' carrière qu'un clerc i n' peut poent oublier, ché l' visite ed
l'inspecteur qui s' pointot souvint el lundi matin, alors qu' ech' clerc i étot
incor din les vâpes (1) pour s'ête couqué(2) tard el veille. I
tapot al porte, i inl'vot sin capiau (3) et s'asseyot din l' fond d'el
classe, à côté d'ech fu à carbon (4). Bié sûr, i v'not jamais quand ech'
clerc i racontôt, à ses élèves avec leus bouques (5) overtes, l'histoire des
Gauloais qui coupettent du gui sus ché quênes
(6) aveuque leus cherpes (7) in or ou chelle d'Attila et d' ché Huns
qui mettètent leu viande sous leus selles pour l'attindrir avint d'el minger
crue. Nin, i v'not toudis quind ché
p'tiots y faisettent, in tirant leus langues, eune page d'écriture avec leu
porte-pleume, et qu'ché moïens i faisettent un exercice ed vocabulaire à tros
(8), et qu ech' clerc y s'esquintot (9) à expliquer à ché grands commint on
fait eun' division à tros chiffes. A
ch' tableau, aveuque es craie dins s' man, " I o tros chiffes à ch'
diviseur, ech prins tros chiffes à ch' dividente...." disot ch' mait' à
ché galupiots qui n' faisotent qu'à s'artourner (10) pour raviser (11) ech'
biau môssieu assis, derrière eux, sus s' cayelle (12). I s' imbrouillot
forchémint (13) in sintant, din sin dos, les yus(14) d'ech l'inspecteur. Ché
tout juste si n' criot poent in lévant ses bros (15) : "Eun tirez poent,
j'ém rinds...." Dès
foais, ech' l'inspecteur y s' lévot, y v'not à ch' tableau, et in deux coups
d'ed' cuiller à pot, i expliquot commint i fallot faire. Ché gosses i
n'comprénottent rin ! Ech' clerc non pu, mais i balanchot s' tête, din haut
in bos, d'in air intindu. Forchémint, quin ech' lion i rugit, ché singes i
ferment leus becs ! Contint
d' li, ech' l'inspecteur i félicitot ech clerc pour ses bons résultats, i
armettot sin capiau et pis i s'in allot. La vie al povot arprinde sin
train-train. Eune quinzane ed jours après, ech'
facteur i apportot ch' rapport. Contint ed' vir que s'note al avot monté
comme d'habitude d'in d'mi point, aveuque es pu belle pleume, ech' clerc i
arcopiot el bafouille sur sin " Cahier de rapports". I étot alors
trinquille pindint troais ou quatr'
ans. Georges
RATEL Croisilles
(62128)
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La Gelée |
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La gelée, c'est vraiment
joli, Toute cette glace qui luit
! Ne dirait-on pas des
diamants ? Tout est si beau et si
brillant ! La terre a mis son manteau
blanc Avec ses paillettes
d'argent. Tout semble mort, Mais quel décor ! Derrière la fenêtre, chez
moi, J'admire cela et reste coi. Il y a bien moins zéro Mais on s'en fiche c'est si
beau ! Puis un jour, viendra le
printemps, Plus rien ne sera comme
avant, Nos beaux diamants auront
disparu Et le manteau blanc aura fondu. Reine. |
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Mon médecin, un Ami
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Au volant il est
comme un Lord. Il va par monts et
par vaux Pour vous guérir de
tous vos maux. Il arrive en
sifflotant Il repart tout
content D’avoir pu faire
quelque chose. Une gélule pour
votre arthrose Avec un peu de
chance Vous aurez une
ordonnance. Pour une bonne
santé Une pincée de
gaîté. Allons faites un
effort Prenez soin de
votre corps. Oubliez tous vos
soucis Elle est pas belle
la vie
Nicole DUPLOUY-MARTIN |
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Blanche |
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La
nuit est mon univers blanc, Pas
besoin de lumière ni d’étoile, J’irai
là où mes rêves m’emporteront. Mes
pas vous guideront jusqu’à moi. Mais
ne tardez pas trop ! Non !! Le
vent est un félin qui dévore tout. La
poudre nettoyeuse fera son œuvre Et
me fera disparaître tel un fantôme. En
osmose avec la blancheur et le froid, Je
deviendrai un être invisible, Un
lieu infini attirant et tentant Mais
vous n’y trouverez pas refuge. Vous
aimerez ma beauté si fragile Mais
nos échanges seront éphémères. La
folie des hommes s’entendra Ma
belle toile glaciale sera souillée. Mais
rien n’y fera pourtant ! Je
serai toujours la reine de Décembre, Celle
qui fait écarquiller les yeux Celle
qui donne de la magie, à Noël. Patricia Loughani, 17/12/2010 |
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LE VENT |
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Chez nous, le vent n’a pas de nom : Ni tramontane, ou bien mistral; Pas de norois ou d’aquilon… Notre vent est presque banal. Point de blizzard gelant les eaux, Craquant les coques des bateaux ! Pas de simoun brûlant la peau Dans un désert sans goutte d’eau !… En été, on le nomme « brise » Quand il berce les champs de blé. En hiver, on parle de « bise » Quand il siffle dans les volets. Parfois il se met en colère, Cassant les murs et vieux bardages, Coulant les rafiots dans la mer… Il fait alors son nettoyage. Mais souvent c’est un bon copain Qui fait planer les cerfs-volants, Tourner les ailes des moulins, Et porte les rires des enfants. Il a mauvaise réputation. Pourtant il n’est pas bien méchant… Il est du Nord, notre région, Et c’est le vent… tout simplement ! Jacques MACHU Septembre 2012 |
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LE CHANT DE LA NOEL |
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LES MARIAGES FONT
PARLER |
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Pour le petit garçon ou la petite fille que je n’ai pas encore |
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Je
ne dors plus Tu
n’es pas encore fait Et
déjà Je
ne peux m’empêcher De
penser à toi Fille
ou garçon Je
t’aimerai de la même façon Je
sais déjà Que
je saurai Te
donner la tendresse Que
je n’ai pas eue Que
je n’ai pas su Donner
à ton papa Mon
cœur débordera D’amour
pour toi. Comme
ton papa J’espère
que tu me confiras Tes
joies, tes peines Le
jour où tu arriveras Ce
sera Ma
2e grande joie Pour
cela Je
remercie Ta
maman Ton
papa Du
fond de mon cœur J’espère
que ce ne sera pas la dernière Je
t’aime.
Renée Van Iseghem née Lambert |
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Remontrance |
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Jérémy Dessaint, 19 ans, Caudry |
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À LUPITA |
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Papillon |
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De
ce cocon hideux, Est
née une déesse, Un
demi-dieu. Premier
envol, première prouesse Mais
déjà divine beauté. Entre
l’orchidée et la colombe adulée, Il
relie harmonie et volupté. De
ce vol enivrant et déroutant, Il
survole camélias, coquelicots, roses écloses. Leurs
parfums l’attirent, alors il se pose, Etend
ses voiles et butine un instant Repart,
voltige, effleure les choses. La
nature est si délicate qu’il n’ose, De
ses ailes immaculées, les toucher. Des
papillons l’invitent à se rassembler. Comme
par enchantement Commence
un ballet dansant D’étoiles
et de lumières, Sur
une musique pure, douce, légère. Cette
ode à la joie, Cet
hymne à l’allégresse Remplissent
mon cœur d’émoi Et
m’invitent à la liesse. Comme
dans un rêve, Cette
mélodie s’achève En
une traîne dentelle Qui
virevolte et s’éloigne vers le ciel.
Bernard Simon |
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Champagne au vernissage |
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Rêves
étranges, D’algues
marines, De
beaux paysages, D’émotions
fines, Bercés
d’enfants sages, Tresses,
couettes et franges, Perdus
sur les rivages. Nous
ne sommes plus en âge. Seul
ou à deux, peu importe, Peu
m’importe. Une
herbe pauvre ravagée par les sables, Près
d’elle, une goutte de sirop d’érable. Douceur
des couleurs, Rarement
de peur, Pas
grande valeur, Si
ce n’est la une à la feuille Pour
si peu de douleurs, Pour
leurs portefeuilles. Champagne
au vernissage, Flou
et orangé flamboyant,
Muriel Marin |
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Le bestiaire de la gueule cassée |
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Dans
la glace, son regard vachement laiteux Renvoyait
son image singement grimaçant. Son
comportement bestialement menaçant. Il
était devenu un primitif, laid, hideux. Pourtant
la nature l’avait fait diablement beau, Au
milieu de ses six frères jumeaux. Admirable
sportif, gauloisement conquérant, Il
avait tout pour lui, bigrement attirant. Il
se souvenait qu’avant cette guerre sauvage, Il
avait une vie chevaleresquement galopante. Avec
toutes les sensations bourdonnement piquantes, Le
bonheur d’être jeune loup fier mais volage. Cette
femme qu’il aimait bichement maquillée, Elle
avait disparu, cigognement envolée. Depuis
qu’il était apparu ogrement monstrueux, Il
était maintenant seul dans ce parc moutonneux. Se
souvenant qu’il était coquement fier d’avoir vingt ans. Tout
l’amour porté à sa reine, sereinement en partage. Ce
long chemin serpenté ensemble avec courage, Ce
long chemin difficile parcouru amoureusement Au
bout de cette voie ce fut la guerre, Cette
guerre ce fut l’enfer, bêtement féroce. Qui
d’entre nous, agneaux devenus loups austères, De
tuer, de détruire, le décrire je n’ose. J’étais
à ses côtés le jour où il fut torturé, défiguré. Aujourd’hui
je visite ces structures de gueules cassées, Ceux
qui comme toi Pierre, mon frère abandonné, A
cause de cette guerre honteusement planifiée. Je
me souviens de ce fourmillement de soldats, Aujourd’hui
de ces moments, mes nuits hantées. Pourchassé,
fauvement encerclé par des renégats. Où
sont les bons, toi le rebelle es-tu le mauvais ? J’étais
son frère jumeau, monstrueusement défiguré. Je
lui ressemble, aujourd’hui gueule cassée. Dans
la glace, je n’ose me découvrir sauvagement mutilé. Ai-je
besoin d’un miroir dans le regard de mon jumeau figé. C’est
vachement bête ! Qui est Charles ? Qui est Jean ? Lequel
des deux, le doute s’installe parmi les gens.
Charles Jacquemin, Jean-Charles de Beaumont |
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Je me souviens
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Je
me souviens encore Du
temps passé de mon enfance. Celui
d’hier et de cet âge d’or, Brodé
de toute son insouciance. Je
me souviens toujours De
ces vieux bancs d’école, Et
du préau poussiéreux Qui
nous voyaient jouer les têtes folles. Mais
pas plus beaux moments, Que
ceux bénis de nos vacances. Avec
cet éternel émerveillement, De
tout printemps qui danse. Oh
non ! l’enfance de notre temps jadis Ne
peut tout à fait s’effacer De
nos mémoires, de notre vie, Puisqu’en
nous, elle est restée fidèle amie.
Albert Jocaille 6 janvier 1985 |
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Juste une vie |
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Caresse ta détresse Femme, c'est ta faiblesse Grandie en toi Mais tu l'abandonneras Tu n'as que dix sept ans Il est trop tôt pour toi,
maintenant Mais tu l'aimes De ta chair tu l'enchaînes Tu le sens bouger Encore une épreuve à
traverser Tu as de l'aide Mais ce n'est pas de
l'entraide Si l'on te demande De le donner en offrande Tu réfléchis Pour toi fait-il partie de
ta vie ? Il est arrivé Et sans rien demander En toi il est rentré Un être qui ne demande
qu'à être aimé On te le rejette Ils préféraient même
plutôt que ça, la cigarette Pour eux c'est un choc Dans cette chambre style
Baroque Cet être a frappé à la
porte de ton destin Ne demandant qu'amour et
bons soins Mais tes parents
t'interdisent Ça leur semble une bêtise C'est un projet Qu'il valait mieux
abandonner Hommes et femmes vêtus de
bleu Qui te disent que cela
vaut mieux Il est trop tard
maintenant On vient de te retirer ton
enfant Julien Bury |
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L’Herbe folle des rencontres
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Les
années passent, le vent casse Les
herbes folles dans le vent. Les
racines s’attachent Et
les graines s’envolent Et
d’autres herbes follement, Sur
d’autres rives dans le temps, Musiquent
un éternel refrain Sur
la harpe du vent. Qui
sait ce que l’on sème Et
qui sait ce qu’on laisse Au
fil du temps et des rencontres ? Une
ride sur l’eau ? Dans
la vie un sourire ? Un
grand secret peut-être, Que
l’on n’a pas su dire, Ou pas compris, qui sait ? Et
le temps passe et casse Même
les heures les plus douces. Il
faut partir, partir toujours, Comme
un nuage dans le vent, Vers
ces lointaines plaines Où
ploient les herbes sous les pluies Et
où les heures sont si lentes. Pourquoi,
ce soir, pourquoi Les
longs couteaux du vent Font-ils
saigner les souvenirs Et
pleurer les rencontres enfuies ? Henri Lachèze |
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Vent |
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Invisiblement,
et sonore, Le
vent musarde avec les mots Dont
la Terre seule s’honore, Échos
infinitésimaux. Voici
le vent des grands matins, Vivant
divin des origines, Souffle
pur annonçant festins Et
réjouissances câlines. Venu
d’on ne sait quels confins, Son
sort n’en est que plus étrange, Tout
en commencements et fins, Ami
qui rassure ou dérange, Vent
des points quatre fois nommés, Porte
des saisons, des orages, Porteur
de desseins animés Faisant
plier arbres, bagages. Mutin
rêveur, moi je l’admets Partisan
bienveillant du monde, N’en
percevant que le meilleur, Naïf
d’un rêve qui m’inonde. Or,
paradoxe élémentaire, En
mille excès déconcertants Le
voici blackboulant, sectaire, La
Terre et tous ses habitants. Pour
édulcorer ses faciès On
le vêt de noms poétiques : Katarina, Hugo, Frances, Aux
éclats pourtant véridiques. Mais
moi, poète de la plaine, De
ce pays calme à mourir, Je
l’estime à en perdre haleine Et
j’entends son moindre désir. Alors,
accompagnant nos routes, Voici
l’ample vent des grands soirs, L’effaceur
des terribles doutes Quand
tanguent les lueurs d’espoirs. Brise
d’azur, souffle fragile, Imperceptible
compagnon Conseiller
furtif et docile En
toi je palpe l’horizon. Dans
mon lit je frissonne d’aise Quand
je t’écoute aller, venir, Et
je m’endors, ne t’en déplaise, Au
souffle bleu de l’avenir. Jean-François Sautière |
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Sonate en bleu |
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Prenez
garde ô
navigateurs Quand au détour de la lagune Une sonate au clair de lune S’en vient jaillir des profondeurs.
Affleure et fuse crescendo Tel un caprice, est-ce l’écho, Le rire d’une ensorceleuse ? Voiles au vent fuyez alors Loin de l’invite en filigrane, Les soupirs d’une courtisane, L’enchantement de ses accords ! Dans la magie océanienne Sous les yeux des requins conquis, A son piano, quel charme exquis, S’est installée une sirène… La leçon
de piano Geneviève
Bailly |
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C’est le temps Coccinelle
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Ton chef-d’œuvre |
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A peine parti Lui, il arrive Etait-ce écrit ? Serais-je naïve ? En moi, il grandit Ne m’en veux pas, Si je prends son parti Mais, grâce à lui Je souris Si petit et si fragile Il est déjà mon exil Toi, mon épreuve Lui, ton chef-d’œuvre Dans mes yeux, Il reste un espoir Ma raison d’y croire Mon cœur est amoureux Mes mains seront son berceau Son être, mon repos. Christelle Lesourd |
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Avenir |
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Derrière moi Le désert Devant moi Le désert Derrière moi La mer toute grise Devant moi Pas de terre promise Derrière moi Une nécropole banale Devant moi Une vallée des rois fatale Derrière moi Une manne en panne Devant moi Nulle Chanaan Rêve Réalité Crève Destinée
Marie-Antoinette Labbe |
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Quand je serai bien vieille |
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Quand je serai bien vieille le soir à
la chandelle Ressassant mon passé de souvenirs
cassés Relirai mes mémoires en forme de
déboires De mes yeux larmoyants à mon vieux
chien patient Je conterai mes plaintes sans plus
aucune crainte Je baisserai mes armes et compterai
mes larmes Grelottant sous mes draps me
maudissant tout bas Dans ce clair firmament regrettant les
amants Que j’aurais pu avoir au bout de mes
espoirs Et puis quand viendra l’heure d’abuser
la douleur Et qu’il faudra là-bas acheminer mes
pas Au bout du clair obscur du chemin le
plus pur J’irai le cœur léger et puis l’âme
apaisée Gardant le souvenir de ton plus beau
sourire.
Thérèse Leroy 03/05/2010 |
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Je m’appelle Médor |
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Hello, je m’appelle Médor, J’ai un caractère en or. Pas bagarreur pour deux sous, J’apprécie les caresses, les bisous. Très affectueux, farceur, bon gardien, J’aime les enfants, mes copains. Je vis en parfaite harmonie Avec ma copine la chatte Mélanie. Nous nous entendons sacrément bien, J’adore ses lichettes, ses câlins. Le soir, elle ronronne entre mes pattes, Fatiguée d’une longue journée de chasse. Je n’ai pas d’affinité particulière Avec le matou de la fermière Qui, antipathique, attaquant, agressif, Dès qu’il m’aperçoit, sort ses griffes, Me saute dessus fou furieux, D’instinct, vise ma truffe, mes yeux. L’autre jour, comme d’habitude, S’ensuivit une poursuite dans la rue. Subitement, j’entendis des gémissements de freins, Ressentis une forte douleur sur mes reins. Le choc fut tellement fort Qu’en une seconde, je me vis mort. Tremblant de tous mes membres, N’osant faire aucun mouvement, Apeuré, honteux, peu fier, On m’emmena en fourrière Parmi les chiens errants, abandonnés, Qui aboyaient à gorge déployée. Derrière mes barreaux, enfermé, J’étais pitoyable à regarder. Quand soudain, je vis apparaître Mon gentil et très bon maître. Je fus tellement heureux Que j’en balançai ma tête, ma queue. En un éclair, je fus dans ses bras En lançant de joyeux « Ouha ». Il m’embrassa sur le crâne, Me donna quelques tapes amicales. Je n’avais plus de chagrin, J’étais le plus chanceux des chiens. Jeanne Fourmaux |
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Création |
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Tonran Grands Serpents jeta une
poignée de sable blanc dans le fleuve doré qui coulait devant lui, comme de l’or
en fusion entre les deux petites plages étincelantes au soleil. C’était son
camarade Nogan Cours d’Eaux qui l’avait créé, il y a trois ans, à son examen
de nom. Tonran éprouvait maintenant une sorte de jalousie pour son ami
d’enfance. Il avait su créer, lui, quelque chose
de tangible, d’éternel. Il lança une pierre de rubellite, que sa main avait
dégagée dessous le sable. Le cristal rouge décrivit un arc-en-ciel rubis
avant de sombrer dans l’eau, au centre d’une cible instantanée. L’amertume
lui monta un peu à la gorge en repensant à son échec. Il escalada la petite
colline qui surplombait le fleuve. De ce monticule, il apercevait, malgré un
peu de brume, les étangs où s’était enlisé son rêve. Les grands reptiles n’avaient jamais
pu adapter leur énorme masse à la pesanteur de la planète-laboratoire. Ils
s’étaient embourbés bêtement quelques mois après leur création. Grands
Serpents avait décidé de créer un être intelligent. Cet être deviendrait le
Seigneur de la planète-laboratoire. Redevenu confiant, il retourna au centre.
La prairie verdoyait sous le soleil matinal. L’herbe déjà haute lui caressait
le ventre. Un sillon quelque peu zigzagant attira son attention. Sans doute
un animal créé par le Sage Majà Chien-Bleu… Le sillon se dirigea vers lui. Une touffe
blonde apparut bientôt, suivie d’une figure familière. ---« Décache-toi,
Nalamô.. ». Un corps doré de jeune fille se dressa devant lui. L’herbe qu’elle avait écrasée en
rampant lui avait teint en vert les seins et les genoux. Nalamô vint se
frotter câline contre son ami. –« Nurfil m’a dit que tu voulais repasser
l’examen de nom.. » -« C’est vrai… Mais Nurfil n’a pas besoin de
tout répéter… » Tonran jalousait aussi Nurfil Castor.
En fait, il craignait qu’il ne lui prenne Nalamô. Tonran et la fille Sans-Nom
arrivèrent jusqu’au village. Ils s’arrêtèrent chez le Sage Koron Des
Terrains. Il était comme à son habitude à son atelier. Lydia Rose Verte, la
créatrice des fleurs s’y trouvait aussi. Elle sourit aux deux jeunes gens et
la rose verte nichée dans sa chevelure blonde parut briller encore davantage.
Devant le Sage Koron : un bac rectangulaire se remplissait peu à peu de
poudres et de sables déversés par des flacons soigneusement étiquetés. Les
flacons, le goulot en bas, se vidaient doucement, des pinces contrôlaient à
volonté le débit. Le sage renversa les flacons, arrêtant ainsi l’opération,
il parla pour la première fois : « Ah… voici mes jeunes amis Tonran
et Nalamô… ! » -« Vous voyez, Lydia et moi,
procédons à une expérience révolutionnaire. Rose Verte a imaginé un nouveau
processus de reproduction pour certaines plantes. Il nous faut le meilleur
terrain possible pour en vérifier la réalisation… Tu venais me voir pour quel
sujet ? » Tonran serra plus fort la petite main
de Nalamô. -« J’ai pensé à une nouvelle
création et je serais heureux que vous présentiez à nouveau mon travail au
Conseil ». -« Nous savions depuis déjà
quelques mois que tu préparais quelconque… » -« …Vous acceptez ? » -« Bien entendu, mon garçon. La
première fois, je t’avais parrainé avec joie et entre nous, les grands
serpents n’ont pas été tout à fait un échec. Cette fois, je te conseille
d’engager plusieurs assistants et de demander les Grands Ateliers ». -« Vous croyez que le conseil des
sages acceptera ?... » -« On peut toujours essayer… Je
suis sûr que les copines de Lydia te soutiendront… » -« Je ferai tout pour en
convaincre mes amies » assura Rose Verte. Un bourdonnement effrayant
emplit l’air. Tonran regarda avec étonnement un nuage d’abeilles entrer dans
la pièce et se poser sur Nalamô. Son corps ne fut bientôt qu’un essaim, seule
la tête n’était pas recouverte. Koron et Lydia retinrent en arrière Tonran.
Lola-des-Abeilles se précipita, son long manteau doré flottant derrière elle.
Les abeilles s’envolèrent aussitôt, suivies par leur bourdonnement incessant.
Lola était très belle. Son corps ressemblait à celle des abeilles tant elle
était longiligne (ne disait-on pas Lola et sa taille de guêpe ?). Elle
s’avança vers Nalamô. -« N’aie pas peur, elles ne t’ont
rien fait, elles ont été attirées par le pollen que tu as sur le corps. Tu as
dû écraser des fleurs en rampant dans l’herbe. Cette manie pourrait te coûter
un jour très cher ! A propos, chers collègues, que me
voulez-vous ? » Elle ondula avec frénésie pour
rejoindre le Sage et Lydia. -« Lydia a pensé utiliser tes
abeilles pour la reproduction de ses nouvelles fleurs ». Durant les
quelques jours suivants, Tonran se mit en quête de collaborateurs pour ses
recherches ; il lui fallait des spécialistes dans plusieurs branches scientifiques.
Ses travaux d’ensemble étaient très avancés. Nalamô lui était très efficace,
elle avait imaginé le portrait de la femelle qu’il faudrait à l’être
intelligent. Les deux jeunes gens cherchaient l’inspiration dans la forêt.
Les cerisiers et les pommiers ployaient déjà sous le poids des fruits. La
blonde Nalamô se grisait volontiers de ces sphères. Et le jus coulait jusque
sur son ventre. Des craquements de branches leur révélèrent la présence de
Moseli Cerisier-Pommier : le Sage, créateur des arbres à fruits. -« Dis, mon garçon, est-ce vrai
que tu vas créer un être intelligent ? Si tu le permets, je veux en
être ». -« J’en serais très flatté, Sage
Moseli, mais je ne vois pas quelle aide vous pourriez m’apporter ! Cela
dit, sans vouloir vous vexer ». -« As-tu pensé au mode de
distribution des aliments ? J’ai déjà résolu ce problème pour mes arbres
avec la sève… » -« …Mais Sage Moseli, mes êtres
ne porteront pas de feuilles ! » Moseli se gratta le menton pour mieux
réfléchir. -« Je peux apporter quelques
retouches ». Tonran ne put alors qu’accepter.
Poursuivant leur promenade dans un sentier arrosé de clarté, trois lapins
roses traversèrent la sente devant eux, bientôt suivis par un grand garçon
châtain et frisé, vêtu d’un short et d’une chemisette. Nurfil Castor sembla plus poli et
moins artaban que d’habitude. Il sourit à l’adresse de Tonran. Ses lapins
s’étaient arrêtés autour et fixaient les jeunes de leurs yeux verts. -« Veux-tu me prendre comme
collaborateur ? ». Tonran répondit sans attendre : -« Avec joie… ». Nurfil
s’engouffra alors dans les taillis, suivi de ses bestioles. Les jeunes
débouchèrent dans une clairière entourée de chênes centenaires. Un troupeau
de cerfs et biches les entoura. Sur un cerf majestueux, une jolie fille brune
trônait, habillée d’un simple pagne d’herbes. Bicha sauta sur le sol avec
grâce. Elle ouvrit ses longs cheveux comme un rideau, dévoilant ainsi ses
jolis yeux noisette. Le soleil disparut derrière un nuage gris et Bicha fit
une grimace de déception en recevant les premières gouttes d’une ondée
soudaine. -« Suivez-moi jusqu’à la cabane…
Aurélia m’avait pourtant promis du beau temps ». Bicha courut à travers
les arbres, suivie de ses compagnons. Nurfil et Moseli les rejoignirent peu
de temps après. Tout le monde savait qu’Aurélia Nuage Blond avait des sautes
d’humeur traduites par des averses imprévisibles. L’herbe haute entravait la
progression du petit groupe et causa un incident. En effet, Bicha tomba dans
un ruisseau transformé par la pluie en petit torrent. Ses amis ne tardèrent
pas à la retirer de l’onde. Elle avait attrapé un bon coup de froid et en
tint rigueur à son amie pendant plusieurs jours ! C’est ainsi que Tonran Grands Serpents
forma son équipe. Le sage Koron Des Terrains réussit à lui obtenir les Grands
Ateliers. Dans deux boîtes en plastique :
voilà où trônaient pour l’instant le futur seigneur de la terre et son
épouse. -« Je l’appellerai :
HOMME » disait Tonran. Un jour, les deux boîtes furent
amenées sur le petit mont près du fleuve doré. Des milliers de fleurs
nouvelles, butinées par les insectes de Lola-des-abeilles embaumaient l’air.
Le conseil des sages trônait sur une estrade, sous les pommiers et les
cerisiers en fleurs. En face du conseil se trouvaient,
intimidés, Tonran et Nalamô. Le porte-parole du conseil Maja Chien-Bleu
adressa un discours de félicitations. -« Nous, conseil des sages,
déclarons que Tonran Grands Serpents s’appellera désormais Tonran Père des
Hommes et Nalamô, la jeune fille sans-nom : Nalamô Mère des Femmes… ».
Tonran ouvrit les couvercles des coffres en disant : -« Homme, je t’ai fait à notre
image pour peupler cette planète et la rendre agréable. Tu prendras
nom : Adam qui veut dire premier ». -« Femme, je t’ai faite à notre
image pour porter le fruit de vos amours. Tu prendras nom : Eve qui veut
dire première… » Adam se réveilla le premier dans le
champ de fleurs, il vit la femme qui dormait à son côté. Il vit qu’elle était
belle, il sentit les fleurs et les trouva belles et odorantes. Il en fit un
bouquet qu’il déposa entre les seins d’Eve. C’est alors qu’il comprit qu’ils
n’étaient que deux dans ce monde fleuri. Lorsque Eve ouvrit les yeux, Adam la
prit par la main… Ses premiers mots
furent : -« Que tu es belle… »
Hertia May |
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Plaidoyer pour Requiem |
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Pour tous ceux qui tentent de balbutier,
de leur plume, quelques mots bleus dans tout le désordre de leur imagination,
de leurs maux ou de leur Passion en feu, je vous prie humblement de leur
laisser croire à la magie des phrases qu’ils viennent coller sur quelques
feuilles blanches, souvent tellement accueillantes. C’est leur seule
thérapie. Parfois, pour accorder la rime, toute
la nuit, ils planchent… ils triment… C’est leur manière à eux de s’exprimer
dans un monde qui ne leur appartient pas. Et s’ils font un peu décalés, c’est
qu’ils évitent les passages protégés, c’est qu’ils respectent depuis toujours
les points et les virgules, les trémas et les Majuscules… Ils sont musiciens
des mots et recalculent sans cesse leur partition. Ils travaillent sans le
bruit, sans métronome et sans obole. Ils vivent avec le trouble et l’émoi
pour seuls compagnons complices, sur leurs chemins tortueux… Ils soignent la
finition… Ils vouvoient et disent encore Madame… aux dames. Ils leur prêtent
des pouvoirs inconnus, en auras de charme… A vous de jouer votre rôle… simples
curieuses, lectrices assidues, muses éphémères ou Amour impossible ; ces
lettres blanches et ces lettres noires, se donnant la main, entrelacées dans
leur gamme sur un fil continu, c’est pour Vous qu’ils tentent cette audition
muette. Ajustez bien, à votre diapason, quelques sourires à ces refrains
languissants, à ces complaintes d’antan, à ces rumeurs de cris et de pleurs,
à ces parfums de fleurs et ces ciels gris… De ces hymnes sans patrie, ils
vous offrent la clé… C’est la chorale bruyante, c’est la cascade débordante
de leur cœur démuselé. Accordez encore, à ces chantres de l’impossible, un
brin de mansuétude fleurie… Ce qu’ils voient en boucle dans leur
tête trop pleine de sentiments coupants, ils l’épanchent comme une saignée,
sans guérir. Ils ne sont pas déroutants, ils sont déroutés… Et les mots
brisés, sur quelques brisants, se tissent d’écume brodée dans un voile de
pudeur. Ils s’emportent sans gloire et sans panache vers d’autres océans de
lassitude ou de tumulte, aux vents de leurs sensations exacerbées, sans île,
sans repos et sans répit… Telle est leur condition, souffrir pour quelques
vaines et sublimes missions…. Ne tirez pas sur ces épistoliers désarmés… Ils
sont déjà tellement blessés.. Je sais un cœur qui saigne de sa
saignée, sans rémission. La Passion n’est pas coopérante, elle ne sait pas se
faire coagulante.. Dans sa glace, il croise son ombre. Elle s’habille d’un
ciel d’orage et les nuages noirs font le nombre.. Alors, il tourne la page
sombre mais le tonnerre le rattrape et les éclairs de déraison le frappent
encore et encore… Une rime avec encore, je ne vois que la Mort ou le mauvais
sort.. Je sais que l’Ennemie est là, bien en face derrière mes yeux, bien en
place, en armure, en cuirasse.. pour un long siège.. Et je n’ai plus
d’audace, je ne serai pas Héros.. Je suis pris au piège.. Depuis Elle, je connais des champs de
fleurs où leurs effluves mesquines se mélangent sans cesse en outrages, des
fleurs d’autel pour la Grand Messe de tous les dimanches de la semaine, des
fleurs sauvages qui ne se courbent que dans le grand vent.. Je connais par
cœur des chants de défaite, sans gloire, où les fleurs sont couronnes et
leurs épines sont acérées pour tous leurs poèmes épiques… Je connais des rivières sournoises qui
serpentent mes prières inutiles dans des frondaisons propices à mes
atermoiements éternels.. Et les poissons stupides peuvent bien rire de mes
tourments. Laisser tomber quelques médailles sucrées les rend gourmands.. Je connais des sapins coupés, sans
cadeau et sans Noël. Je sais le bruit de leur sève alanguie qui pleure ses
gouttes figées.. Je connais la chaleur de ces yeux et
la froideur de son regard, j’ai vu des esquisses de sourire se perdre dans
des embryons de grimace, agacée… Je sais la douceur de ses cheveux sauvages,
sans barrette mordante, sans foulard Cacharel et ils causent tant de ravages
dans mon jardin secret.. Je connais dans mes rêves, encore, tous ses grains
de beauté, même les plus timides et j’aime imaginer ne pas connaître leur
nombre pour les recompter, les recompter, les recompter… Je connais son
parfum subtil comme une barrière de corail, pour affoler quelque vieux
troubadour esseulé, ridé, devant l’icône sur son vitrail ou pour stopper
quelques vagues trop entreprenantes ou trop caressantes.. Je crois que je ne
connais que les mots qui la font survivre dans l’idéal innocent de mon livre
sans Titre. Encore une page à la une, sur cinq
colonnes, pour mon journal intime, délivrée pour l’enfermer au cachot de la
déception. La Désillusion s’écrit. C’est intarissable. Où pourrais-je bien
cacher mon cœur pour ne rien voir du tout ? Où pourrais-je jeter le
passé pour tout oublier ? A partir de quelle ligne, je dois effacer les
chapitres pour les réécrire sans me tromper ? A partir de quand, je peux
croire que demain s’habille en couleurs ? Je sais qu’on peut l’écrire
tout le temps, c’est ma maladie de Cœur et elle ne se guérit pas. Laissez
donc au placard vos antidotes, vos remèdes et cette transfusion inutile.
Pascal, 28/08/2007 |
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Drôle de radio |
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Monsieur Dareo était un jeune homme de
22 ans. Il vivait dans une vieille maison qu’il avait héritée à la mort de ses
parents. Il travaillait dans une entreprise de textile. Un jour, lors de la
brocante de son village, il décida de débarrasser son grenier des objets
inutiles. Il vida quasiment la totalité de son grenier. Soudain, il tomba sur
une radio, certes vieille mais qui fonctionnait encore. Il décida de la
garder. Quelques années passèrent. Ce jour-là,
il était en route pour son boulot. Sur une route très fréquentée, sa radio se
mit soudain en marche, le volume était assourdissant. C’était une musique
très ancienne, il n’arrivait pas à l’éteindre. Alors, il décida de s’arrêter
pour ce faire. Au moment où il se gara, la radio s’éteignit d’elle-même.
Quelques secondes après, il y eut un carambolage. Il y eut quatre morts et
sept blessés graves. Ensuite, il se dépêcha d’aller au boulot. Pendant son
travail, il pensa à cette radio qui l’avait « sauvé » de cet
accident. Pendant deux mois, sa radio ne s’est
pas allumée toute seule. Mais M. Dareo avait entre-temps perdu son
travail : il se trouvait dans une mauvaise passe, il devait payer ses
impôts mais il n’avait plus assez d’argent. Quand soudain, la radio se mit en
route : on entendit la même musique que lors du carambolage. Et le
volume de la télé augmenta, celle-ci disait « M. Dareo de la ville de
Gofera a gagné la somme de 500 000 €, celle-ci sera versée à la banque
de Paris. » Puis la radio s’éteignit et la télévision regagna sa
tonalité d’origine. M. Dareo sauta de joie et alla immédiatement à la banque
pour acquérir son argent. Après l’avoir reçu, il pensa à sa radio qui se
mettait en route dès qu’un malheur allait se passer. Il décida alors de la regarder de plus
près : en cherchant bien, il vit une écriture sur la poignée. Il s’y
trouvait inscrit un nom : « Algert Dareo ». Qui était-ce ? Ce fut la question
qu’il se posa. Il chercha sur internet mais il n’y trouva rien. Il regarda
dans le livret de famille et il y trouva le même nom. Il y était écrit :
« Algert Dareo né en 1899 et mort en 1943, il faisait beaucoup de mal à sa
famille. Il ne leur apporta que du malheur. » Il trouva une lettre
aussi, celle-ci était écrite par Algert : « Je suis dans les
tranchées et je voudrais m’excuser pour tout le mal que j’ai fait à ma
famille. Ma conscience ne sera tranquille que lorsque j’aurai aidé un membre
de ma famille. » Il n’y avait que ces deux phrases de lisible sur la
lettre, le reste était couvert de terre. Après avoir lu la lettre, la radio se
mit à grésiller et se morcela. Etait-ce son arrière grand-père qui avait
accompli sa tâche ou n’était-ce qu’une simple coïncidence ?
Mickael Rousseau |
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Snegourotchka (1) ou La fille des neiges |
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Henri et sa mère s’accrochaient souvent,
non pas pour des broutilles de la vie quotidienne, mais sur des sujets
philosophiques, religieux, théologiques, politiques… même sur des règles de
grammaire que l’un et l’autre interprétaient à leur façon, chacun d’eux étant
persuadé détenir la vérité. Or ce jour-ci, bien calé dans un
fauteuil du salon, il écoute à peine le flot des paroles de sa mère qui tente
de se justifier : -Tous les enfants ont des conceptions
si justes en commençant la vie, monologue-t-elle. Et aucun d’eux ne s’est
jamais laissé influencer par ces idées à l’école ou ailleurs ! Quoi
qu’en disent les Catholiques, on ne reste pas éternellement ce qu’on a été
dans l’enfance : les convictions de l’enfance peuvent se modifier ;
de nouvelles valeurs viennent s’y superposer… Dix heures du matin en ce dimanche
d’avril. Le verger et le parc ont vêtu leur parure printanière. Henri admire
une telle merveille de la nature bourdonnante d’insectes besogneux tout juste
nés du printemps encore tout neuf. On sonne. Les cheveux blonds soigneusement
bouclés, la pâleur de son visage soulignée par la bouche avivée de rouge, ses
pommettes saillantes lui donnant un type scandinave –ou slave- en tout cas un
type étranger que Henri juge… intéressant : telle lui apparaît sa
visiteuse, une inconnue. Dieu sait pourtant si tout le monde se
connaît dans ce bourg de l’est du Cambrésis ! Son parler est teinté d’un
curieux accent, de quelques bizarreries de prononciation ou d’intonation qui
intriguent l’oreille du jeune homme. Souriante, imperturbable, il lui faut
bien se présenter et expliquer sa venue en cette maison ! Elle lui
adresse un regard mi-encourageant, mi-ennuyé, quelque peu gêné. -A quoi vous servirait de connaître
mon nom ? Ce serait un miracle s’il était parvenu jusqu’à vous !
Mon prénom est Ludmilla… une pure Carélienne née à Petrozavodsk, capitale de
la République de Carélie. -Quelle surprise ! Entrez, je
vous en prie. Ils pénètrent dans le salon. Sans plus
attendre, la maman de Henri se présente, demande si la jeune fille souhaite
prendre une boisson chaude ou fraîche. -Vous êtes très aimable de m’accepter
sous votre toit, Madame, lui répond-elle. Puisque vous me le proposez, j’opte
pour un thé. De nouveau, seuls, Ludmilla engage la
conversation. -Le magazine qui m’emploie me connaît
sous le nom de Natalia Bogdanov… cela fait plus russe que mon véritable nom
d’origine Varègue, les Vikings à la manière russe qui vécurent en cette
contrée septentrionale ! Mon père… Bref, après mes études secondaires à
Helsinki, j’ai tourné mes espérances vers l’Europe occidentale considérée par
les gens de l’Est comme étant le paradis sur terre. D’abord Stockholm. Puis
Londres et Rome. Enfin Paris. La Sorbonne, la Cité Universitaire où je
logeais, des promenades à Montsouris, au Luxembourg, aux Tuileries, aux
Buttes-Chaumont… Egalement aux environs de Paris. Puis en province.
Curieusement, c’est Lille qui a retenu mon attention de Nordique, car
différente des autres grandes villes françaises. Toujours seule, quelque peu
rassasiée de voyages, j’ai estimé l’heure venue de combler cette solitude
pesante, de plus en plus étouffante. J’ai alors feuilleté l’annuaire du
département du Nord, faisant confiance à Monsieur Hasard qui m’a toujours
placée à l’endroit, ou en présence, de ce qui répondait à mes vœux !
C’est ainsi que j’ai découvert une ville nommée Caudry, un nom tout à fait
inconnu à mes oreilles et à mes yeux ! Mes recherches m’ont appris que
cette ville vivait de la dentelle, dite « de Calais ». Je fis à
nouveau confiance au Hasard… Or, rien ne répondait à la personne
recherchée ! J’ai ensuite utilisé le palindrome du nom de celui avec
lequel je correspondais d’antan. Bien m’en a pris, car j’ai enfin
trouvé ! Justement là où j’avais fait le projet de mener mon enquête…
ici, à Caudry ! Mais que cachait ce palindrome ? Etait-ce vraiment
celui qui hantait mes jours et mes nuits ? Etait-ce celui d’un homme
jeune ou âgé, célibataire, marié ou veuf ? N’y tenant plus, j’ai pris ma
décision : je me suis installée à Caudry ! D’abord pour mener à
bien mon reportage consacré aux tullistes et au travail Cornely de la
manufacture, destiné à mon magazine… avec l’arrière-pensée de découvrir le
personnage qui m’intriguait. Un personnage que, peu à peu, j’ai fabriqué de
toutes pièces, doté de qualités, toutes celles que possédera assurément le
garçon qui me donnera son nom… s’il existe quelque part sur cette planète
Terre ! -Vous m’inquiétez ! Certes je
suis célibataire ; certes vous êtes agréable à regarder et à écouter,
mais… -Voici un mot bien français…
« mais » ! Un mais qui entrave, freine toute volonté d’aller
de l’avant, celui de la peur de l’avenir ! Sachez que ce mot-ci ne
figure pas dans mon vocabulaire : ce qui explique mes velléités, dont
celle de me « jeter à l’eau » -est-ce ainsi qu’on dit en français ?-
et de faire le premier pas vers l’inconnu découvert dans l’annuaire
téléphonique ! -Je ne vois pas en quoi je pourrais
vous intéresser ! D’ailleurs quel est-il, votre magazine ? -Vous ne le trouverez pas dans les kiosques
à journaux français. Ailleurs il est fort lu, puisque international, diffusé
en huit langues de l’Europe de l’Est, dont la mienne. Il se veut libéral, ce
qui me convient parfaitement, l’ayant toujours été… un état d’esprit qui
n’était pas apprécié dans mon entourage, en Carélie, tant familial
qu’extérieur ! J’ai pris mon essor à Helsinki… la capitale de nos
anciens occupants ! A quoi bon ressasser le passé ! Les Suédois
ont, eux aussi, occupé la Russie septentrionale : à présent, les nations
ont enterré la hache de guerre, la Suède allant même jusqu’à s’enfermer dans
la neutralité durant les conflits du XXe siècle qui
ensanglantèrent l’Europe, du Cap Nord au Caucase ! La jeune femme se lève, regarde
fixement la large fenêtre aux rideaux écartés. Elle poursuit : -Dites-moi… ce palindrome serait-il
votre véritable nom ? demande-t-elle avec malice. Henri réagit, comme pris en flagrant
délit d’escroquerie. Elle attend, paraît s’amuser, son rictus formant de
charmantes petites fossettes sur ses joues. -C’est ce que j’ai supposé,
continue-t-elle en vrillant son regard qu’il est incapable de soutenir. Quand
j’ai appris, certes par inadvertance, que vous étiez… -Ainsi vous avez su, vous savez ? -Bien entendu, cher ami !
Monsieur Hasard n’a pas la faculté de tout deviner ! Pour Henri, l’énigme demeure totale.
Comment a-t-elle su ? Il ne se souvient pas d’avoir commis la moindre
imprudence, d’avoir confié, ne serait-ce qu’une seule fois et par
sous-entendu, son nom d’emprunt. Que lui veut cette Natalia, alias Ludmilla ?
Où se situe la vérité ? Pourquoi lui dévoile-t-elle ses secrets…
professionnels, à lui un inconnu ? Mais l’est-il vraiment pour
elle ? Elle extrait de son attaché-case un
paquet d’enveloppes entouré d’un ruban mauve. Il reconnaît aussitôt sa propre
écriture : celle des lettres qu’il adressa, il y a fort longtemps, à sa
correspondante finlandaise, une correspondance qui, peu à peu, périclita pour
disparaître totalement. Il l’observe attentivement. Ah !
ce regard replié dans une imperturbabilité sans faille, de type nordique,
aryen !... Il allume une cigarette pour se donner une contenance, sans
présenter son étui à sa visiteuse. Elle sort une cigarette « High
Life » de sa pochette serrée sous son bras, l’allume à l’aide d’un
briquet à gaz minuscule, en tire une bouffée qu’elle dirige vers le visage de
Henri qui ne réagit pas à la provocation. -Non vraiment, je ne comprends pas,
finit-il par dire d’une voix sourde. Il ne reçoit aucune réponse. La mère de Henri frappe, entre,
chargée d’un plateau. Elle sert le thé, consciente de la tension qui règne
entre la visiteuse et son fils. Puis elle sort du salon. -Vos lettres m’ont
manqué, lâche-t-elle lentement. Terriblement. La fin de nos relations
épistolaires fut pour moi ressentie comme une défaite. Qu’avais-je donc pu
écrire qui puisse me valoir un tel châtiment ? Le temps a passé… pas le
sentiment que j’éprouvais secrètement pour vous et qui s’est amplifié au
point de me submerger… Je vous ai tellement idéalisé ! Entre-temps, vous
avez changé plusieurs fois de domicile, pour finalement rejoindre le Nord.
Vous imaginez le nombre d’annuaires que j’ai dû feuilleter pour aboutir au
but que je m’étais fixé ! Mais peu importe : je vous ai retrouvé…
malgré votre couverture, alors même que ce nom m’était inconnu !! Vous
devriez vous méfier, car rien ne demeure longtemps secret dans ce pays où
chacun n’ignore rien de son voisin !... Elle explique, persuasive. Pourquoi
Henri douterait-il de ses allégations irréfutables dont certains détails lui
sont connus ? Un plaisir immense remplit son cœur,
mais il ne le fait pas paraître. Mué comme par un ressort –ou par le
malicieux petit dieu Eros- Henri se dresse, la prend entre ses bras tout en
demeurant silencieux. Serrés l’un contre l’autre, ils ne
sont conscients que de ce double aveu. L’inquiétude, la méfiance
s’évanouissent, s’effondrent tel un château de cartes. Ils partagent la même
certitude, la même exultation heureuse. Plongeant son regard dans celui de
Ludmilla-Natalia, il y lit une grande quiétude et un semblant inattendu de
timidité. Elle lui sourit, puis se détourne de
lui. Surpris, peu expert en matière de comportement féminin, il s’en inquiète
auprès d’elle qui tente de se justifier : -Excusez-moi… Je ne m’attendais pas à
une évolution aussi rapide de nos… nouvelles relations, pas du tout habituée
à la spontanéité latine ! Et puis… je suis en pleine confusion… -Serait-ce celle que provoque…
l’amour ? L’amour ! Un mot qui lui fait
monter le rouge aux joues et accélère les battements de son cœur. -Je vais devoir m’interroger avant de
vous répondre ! Cela me semble si beau, si imprévu, que je n’arrive pas
à y croire ! Moi en tout cas. - Moi de même ! Un silence tombe de temps en temps
entre eux. Puis ils parlent avec une franchise qui ne peut se révéler que
dans l’intimité d’un amour avoué et partagé, mettant ainsi en place les
premières pierres, le commencement de la grande route qu’ils parcourront
désormais ensemble, cœur à cœur. A nouveau, la maman de Henri frappe
doucement à la porte du salon. -Est-ce que tout se passe bien pour
vous deux ? leur demande-t-elle timidement en la considérant
pensivement. Désirez-vous davantage de thé, des petits gâteaux… ? Alors Ludmilla-Natalia et Henri se
précipitent vers elle, la serrent dans leurs bras affectueusement. Henri lui glisse
à l’oreille : -Maman… je te présente ta future
fille… un ange venu du Nord… du nord de l’Europe ! Un rai de soleil radieux pénètre dans
la pièce. Rien n’est fixé, définitivement
résolu. Les deux amoureux n’ont aucune hâte ; ils ont désormais tout le
temps devant eux pour peaufiner leur bonheur. Après le départ de la jeune fille,
Henri s’interroge. Il est en même temps l’acteur sur la scène et le
spectateur dans la salle ; le bûcheron avec sa cognée à la main et
l’arbre qui attend le coup fatal qui mettra fin à sa longue vie ; le
donneur et le preneur. Peut-être seulement le preneur ? Il redoute de se
trouver dans une situation fausse, insoluble à la Dostoïevski qui ne pourrait
s’acheminer que dans la confusion. Un échec assurément. -Je ne sais rien d’elle, ou si peu.
Comment construire du solide sur du sable mouvant ? s’admoneste-t-il. Leur mariage fut célébré en la
basilique Sainte-Maxellende. Elle lui apporta un souffle d’air frais, une vie
toute neuve, des horizons nouveaux, cette Ludmilla-Natalia engendrée par les
nuits blanches de la Carélie, celles du plein été nordique, cette jeune fille
tellement attrayante et amoureuse. Rien ne les sépara tout au long des années
qu’ils partagèrent entre la Finlande, l’Angleterre et le Cambrésis. Ils
célèbrent à présent leurs noces d’or, entourés de l’affection de la grande
famille qu’ils bâtirent, la main dans la main, cœur à cœur, pierre après
pierre… sous leur véritable identité. (1) Titre d’un opéra créé par Rimski-Korsakov en février
1882, à Saint-Pétersbourg. André-Pierre Roussel
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GAZETTE D’EMMA |
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Eliade et le royaume magique |
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Eliade est une jeune fille de seize ans.
C’est une excellente élève et comme toutes les jeunes filles de son âge, elle
rêve de rencontrer le prince charmant. Très superstitieuse, elle croit à une
légende japonaise qui dit que si l’on est toujours ponctuel, on rencontrera
forcément le grand amour. Elle vit seule : elle n’a jamais connu son
père et sa mère est presque toujours en voyage d’affaires, la seule chose
qu’elle a de sa mère est un miroir qui se transmet de mère en fille. Eliade était prête pour aller au
lycée, elle se regarde un instant dans son miroir et dit : -« J’ai une tête d’endormie ce
matin. Bon, il faut que j’y aille sinon je vais être en retard et je tiens à
rencontrer mon prince charmant ». Elle sortit de chez elle et sur la
route, fit tomber son miroir et une lumière éblouissante se mit à jaillir et
un jeune garçon apparut. Un peu plus loin sur la route, Eliade voulut se
regarder encore une fois dans son miroir et se rendit compte qu’elle ne
l’avait plus : -« J’ai perdu mon miroir !
Où est-ce qu’il a bien pu tomber ! Il faut absolument que je le
retrouve ! » Elle fit demi-tour et revint à
l’endroit où son miroir était tombé et elle vit un jeune garçon d’environ dix
ans habillé d’une drôle de façon qui attendait avec le miroir d’Eliade à la
main. Eliade qui n’osait parler aux gens qu’elle ne connaissait pas hésita à
lui parler puis regarda l’heure : -« Oh non ! Je vais être en
retard ! Tant pis pour le miroir, je ne peux pas me permettre d’être en
retard ! » Elle reprit donc le chemin de l’école
et arriva en retard. Pour elle, tous ses rêves de grand amour s’effondraient.
Après une longue journée de cours, il était dix-huit heures et elle rentrait
chez elle lorsque sur le chemin du retour le même garçon que le matin
attendait toujours avec le miroir à la main. A la vue d’Eliade, il la
reconnut et il courut vers elle pour lui rendre le miroir. « -Tiens, tu l’as perdu tout à
l’heure, tu t’es enfuie mais il va falloir que tu m’héberges ! -Quoi ? Qu’est-ce que c’est que
cette histoire ? Pourquoi devrais-je t’héberger ? -Parce que c’est ton miroir et j’en
sors ! De toute façon tu n’as pas le choix. -Tu es bien arrogant pour un enfant
d’une dizaine d’années à peine. Tu auras du mal à me faire croire que tu sors
d’un miroir, je suis superstitieuse mais pas folle ! -Je t’assure que c’est vrai,
emmène-moi chez toi et tu verras. Et d’abord je n’ai pas 10 ans ! J’en
ai dix-sept mais je suis victime d’une malédiction, lorsque je me retrouve
dans le noir je reprends ma taille normale mais pour un temps donné. -Ben voyons ! Tu as d’autres
histoires de ce genre à me faire avaler ? Dis plutôt que tu n’as pas de
toit et que tu ne sais pas où dormir. Je veux bien t’héberger pour cette nuit
parce que tu es tout choupinet* mais
demain il te faudra trouver un autre foyer. -Moi, pas de foyer ? Tu es bien
drôle, je vis dans un château mais je ne peux pas y retourner tant que mon
frère n’arrivera pas à inverser le sort qu’il m’a jeté. » Le petit continuait de parler de
château et de domestiques mais il ne faisait plus attention, après tout, elle
préférait le laisser rêver. Ils arrivèrent chez elle, ils rentrèrent et elle
fit ses devoirs lorsque le garçon l’interrompit : « -J’ai faim ! Peux-tu faire
à manger ? -On ne t’a jamais appris la
politesse ? Ça passe pour cette fois, je
vais aller faire à manger ». Le garçon repartit dans le salon sans
rien dire, même pas un merci. Elle pensait au fait qu’elle se sentait idiote
d’obéir à un gamin de dix ans. En faisant à manger, elle se demandait d’où il
venait et même comment il s’appelait car cela faisait déjà plusieurs heures
qu’il était chez elle et elle ne connaissait même pas son nom. Lorsqu’elle
eut fini de faire à manger, ils se mirent à table et elle lui demanda : « -Au fait, comment
t’appelles-tu ? -Je m’appelle Léo et toi ? -Moi, c’est Eliade. Ce n’est pas très
commun, je n’aime pas. -C’est très joli ! Je t’interdis
de dire ça ! -Dis-moi Léo, j’aimerais savoir d’où
tu viens. -Je te l’ai dit, je viens du royaume
de l’autre côté du miroir et j’en suis le prince, tu sauras bientôt que j’ai raison
car mon valet doit venir me donner des nouvelles. » Eliade ne répondit rien et l’écoutait
encore parler de son château, des gens qui s’occupaient de lui, le lavaient,
l’habillaient, le coiffaient. Cela la ferait presque rêver mais elle savait
que ce n’était pas vrai. Soudain son miroir qui, désormais, ne la quittait
plus s’illumina et un homme d’une trentaine d’années apparut. Il regarda
Eliade et l’environnement dans lequel il se trouvait d’un air interrogateur
et se tourna vers Léo. Il lui di t : « -Mon prince, votre frère n’a
toujours pas trouvé de remède, vous serez obligé de rester ici pour cette
nuit, une chance que cette traîtresse veuille bien vous héberger. -Oui, merci beaucoup. A présent vous
pouvez rentrer ». Eliade ne comprenait plus, cet homme
était sorti de son miroir, il avait appelé « Mon prince » et il
l’avait appelée traîtresse pour une raison qu’elle ignorait. Léo, fier de
lui, regarda Eliade et lui dit : « -Je t’avais bien dit que
j’étais le prince du royaume de l’autre côté du miroir ! » Elle le regarda à son tour et lui
demanda : « -Pourquoi m’a-t-il appelée
« traîtresse » ? -Parce que ton ancêtre a trahi mon
royaume et sa descendance est considérée en traître. -J’ai un ancêtre qui connaissait ton
royaume ? » Eliade ne comprenait plus rien, ce
miroir lui venait de sa grand-mère qui ne l’avait jamais offert à sa propre
fille. Elle se dit qu’elle ferait mieux d’aller se coucher et qu’elle y
verrait plus clair le lendemain. Elle emmena Léo dans sa chambre et le coucha
dans son lit puis elle se coucha à côté de lui car elle ne pouvait pas
laisser un prince dormir sur le sofa. Le lendemain, elle se leva et
lorsqu’elle ouvrit les volets et se retourna, elle poussa un cri d’horreur.
Dans son lit, il n’y avait plus de petit Léo mais un adolescent de son âge.
Le cri d’Eliade réveilla Léo qui, réveillé en sursaut, lui demanda : « -Ça
ne va pas de crier comme cela dès le matin ! Qu’est-ce qui se
passe ? -Tu… tu n’es plus petit… Qu’est-ce qui
t’est arrivé ? -Je t’avais bien dit que je n’avais
pas dix ans ! » Eliade se sentit encore plus troublée
que la veille. Elle se prépara pour aller au lycée mais se rappela que l’on
était samedi alors elle alla préparer le petit déjeuner. Ils mangèrent en
silence et Léo brisa le silence en lui disant : « -Je t’aime ! Je veux que
tu sois ma femme. » Elle piqua un fard, certes elle
l’avait trouvé séduisant après qu’il lui ait dit qu’il n’avait pas dix ans
mais de là à l’épouser ! Elle ne lui répondit pas et continua à manger.
Lui, scrutait ses moindres faits et gestes. Puis le valet de Léo
réapparut : « -Votre frère a arrêté le
mauvais sort, mon prince, cette demoiselle va maintenant être enfermée,
personne de l’extérieur ne doit connaître l’existence du royaume, cela est
trop risqué. -C’est hors de question, elle sera ma
femme ! -Vous direz cela aux juges. » Eliade était heureuse, c’était la
première fois qu’on se « battait » pour elle. Soudain, elle se
retrouva dans un tunnel multicolore puis découvrit un couloir où les rideaux
et les tapisseries étaient brodés d’argent, tout était magnifique mais elle
fut attrapée par deux hommes casqués et elle entendit derrière elle Léo qui
criait. Ils l’emmenèrent dans une salle où des centaines de personnes
siégeaient et dont la porte faisait la taille d’une maison à trois étages. La
porte se referma et elle entendait Léo crier derrière celle-ci. Les personnes
qui siégeaient parlaient entre elles et Eliade ne put comprendre qu’une seule
chose : ils parlaient d’elle. Puis un homme parmi cette foule de gens
lui dit : « -Vous êtes condamnée à errer
dans les tours du château sans jamais vous arrêter jusqu’à votre mort. -Non ! cria Léo qui venait
d’entrer, c’est ma femme ! » Il lui chuchota alors : « -Embrasse-moi sur le
cœur ! » Elle le fit et un symbole apparut sur
son torse. « -Voyez ? Ceci est une
promesse de mariage ! » Eliade le regardait incrédule et
voyait l’agitation de la foule qui était consternée. Elle ne comprit encore
moins comment ce symbole était apparu après son baiser. Deux femmes arrivèrent,
habillèrent Eliade d’une robe dorée et la coiffèrent. Léo la prit alors par
la main et ils sortirent de la grande salle et furent accueillis par tout un
peuple, ils arrivèrent devant un autel et là, un homme demanda à
Eliade : « -Voulez-vous l’épouser ? » Eliade répondit : « -Oui… » Léo déposa alors une couronne sur la
tête d’Eliade et tout le monde jeta des rubans blancs, sûrement leur façon à
eux de jeter du riz aux jeunes mariés. Eliade se réveilla et dit : « -Quel merveilleux rêve !
C’est le plus beau que j’aie fait ! » Elle se leva, se prépara et alla à
l’école et comme toujours, elle arriva à l’heure. Elsa Hérivaux |
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Une drôle de grande tante |
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Jules Mesnard, manutentionnaire dans
un hypermarché, vit une vie dépourvue de fantaisie. Il vit dans un petit immeuble, dans
une grande tour de banlieue où tout est gris et sale. Mais Jules rêve à une vie
meilleure. Si seulement il avait plus d’argent, il pourrait faire des tas de
choses. Il voyagerait, aurait des tas d’amis, enfin il s’amuserait car pour
le moment ses modestes moyens ne lui permettaient pas de vivre comme il le
voulait. Un soir en rentrant de son travail, il
trouva dans sa boîte aux lettres un courrier lui annonçant l’héritage d’une
grande tante et pour lui cet héritage allait lui permettre de vivre comme il
voulait. Sans même connaître le montant de son héritage, il décida de changer
de vie. Il déménagea, acheta des meubles, il habita désormais dans un grand
appartement, dans une super résidence. Il eut du jour au lendemain des tas
d’amis, il fréquenta les beaux restaurants, les boîtes de nuit à la mode. Un
seul problème : il acheta tout à crédit mais il ne s’inquiéta pas,
l’héritage couvrirait toutes ses dettes. Au bout de trois mois, enfin, le
rendez-vous qui allait changer sa vie arriva. Il était fou de joie et c’est
très excité qu’il se rendit chez le notaire. Durant la lecture de l’acte, il écouta
à peine, il attendit le moment où il allait connaître le montant de la somme
que lui avait léguée sa grande tante et là, tout s’écroula : le notaire
lui annonça qu’il avait hérité du secrétaire. Pour lui la descente aux enfers
commença. Il fut expulsé de son appartement et se retrouva avec ses vieux
meubles dans une toute petite chambre dans un quartier mal fréquenté ;
tous ses amis lui tournèrent le dos ; sans travail, il ne put payer ses
dettes et il se retrouva dans une vie qu’il détesta. Fou de rage il se leva
et se mit à donner des coups de pieds dans ce secrétaire, il ne s’arrêta que
quand ce meuble fut réduit en un petit amas de bois. Soulagé, il regarda ce
tas de bois et son regard fut attiré par un petit sac en velours noir, il se
baissa et il trouva à l’intérieur un gros diamant. Il ne sut que penser, était-ce un
vrai ? La vie allait-elle enfin lui sourire ? Il se rendit chez un
joaillier et fit estimer ce bijou. Sa grande tante ne s’était pas moquée
de lui, il était d’une grande valeur. Mais ses multiples déboires lui avaient
servi de leçon : il paya toutes ses dettes, habita une jolie maison,
mais il vécut de façon modeste. Son héritage l’aiderait à aider des gens dans
le besoin, il savait trop que quand on n’a plus rien, tout le monde vous
tourne le dos. Enfin, il trouva un sens à sa vie. Jean-Baptiste Cusano
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Des HARPIES à Caudry ! |
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C’est ce que l’on découvre dans le
dernier ouvrage d’Hector MELON D’ AUBIER « Mondes Étranges »,
en cet été de 2005. Le Monde Fantastique s’ouvre à nous et comme si cela ne
suffisait pas on le retrouve en visite dans l’Au-delà, lors d’un retour de
vacances en 2010 aux environs d’Evelle. Où suite à un accrochage la nuit, il
passe deux jours dans un couvent ; puis s’aperçoit qu’il ne s’est écoulé
que quelques heures entre son accident et l’arrivée des secours et que le
Couvent est fermé depuis 1944. Ensuite revient le Commissaire Jean
SEKEKCHOZ, cher à HMA après « L’Homme à Abattre » son précédent
ouvrage, dans l’enquête d’une maison hantée à Bugnicourt. Ce dernier n’en
finit pas car on le revoit à Douchy les mines découvrir le secret du Trou aux
Boches ; puis on le retrouve en Belgique suite à un crime commis à
Lille, lié au vampirisme. Ses voyages dans l’Au-delà, après le
« Ressuscité », l’amènent d’abord dans l’Antichambre et une
rencontre avec l’Autre. Il semble qu’HMA aime voyager dans l’Au-delà mais
comme il le dit « - Quand on y est, ou on en
revient ou on y reste ! » L’ouvrage comporte quinze Nouvelles
différentes dont un enlèvement par des Extra-Terrestres à Awoingt et la chute
de Pierres de Lune à Bertry. Mais revenons à nos Harpies, ces
bestioles ailées au visage accoutré d’un bec crochu, où Monsieur le Maire Guy
Bricout a fort à faire avec les trois sœurs GREE qui ne possèdent qu’un œil
pour elles trois et les Furies qui s’y mettent à leur tour. Finalement le
calme revient dans la cité de Baptiste et Laïté, mais comment ? Seule la
lecture de l’ouvrage nous l’apprend. Hector Melon d’Aubier nous surprendra
toujours car lorsque l’on connaît l’homme on ne s’imagine pas dans quelles
situations ubuesques il se trouve confronté et nous y entraîne. Le livre est disponible en librairie,
maison de presse, hyper et super marché, bibliothèque au prix de 13 € pour
300 pages de lecture passionnante.
SALON
« IMAGINATION » Centre ville de CAUDRY PÔLE
CULTUREL Pour la 6ème année consécutive, la ville
de Caudry organise en
2013 un salon les Samedi 2 Mars et Dimanche 3 Mars 2013 de 9 heures à 18 heures |