SOMMAIRE DE LA CAUDRIOLE N°35
Septembre-Octobre-Novembre-Décembre 2011
Illustration BD page 2
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Patrick
MERIC
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JEUNES
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Kidnapping page 3
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Orlane
TOUPART
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Les z’animaux de Juliette et Zoé page 3-4
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Denise JARDY
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Poésies
page 4-5
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Collège R. BARRAULT
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HUMOUR et PATOIS |
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Queuqu’ Momits d’actualiteu page 6
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Hector
MELON D’AUBIER |
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Amuseries page 7 |
Jean-François SAUTIERE |
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A
mon d’em Grind-Mère - Le féerique vélo page 8 |
Georges RATEL -
Daniel CARLIER |
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Le
moissonneur
page9 |
Marcel LESAGE |
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Y’avait
des corons
page 10 |
André NOIRET |
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Une
histoire d’homme
page 11 |
Muriel MARIN |
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Eve page
12 |
Jean–Charles JACQUEMIN |
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ADULTES |
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Pensées
glacées
page 12 |
Marie GUILLAUMON |
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Dame
la Marquise - Désert
page 13 |
Julien BURY - Jean-Luc EVENS |
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Les
Ondes
page 13 |
Monique CIOLKOWSKI |
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Envie page
14 |
Maryse MARECAILLE |
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Un
peu de poésie
page 14 |
Gérard VERNE |
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La
plus belle histoire
page 14 |
Anthony CANONNE |
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Ce
jour là - Promesse d’un jour page
15 |
Charly
WALL - Albert JOCAILLE |
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Continuer
à avancer
page 16 |
Stéphanie BONNEVILLE |
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Le
pommier … page 16 |
Roger DEVILLERS |
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Rendez-vous page
16 |
Geneviève BAILLY |
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Barque
de rêve - Soleil page 17 |
SAINT-HESBAYE-
Gérard ROSSI |
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La boite page
18 |
Thérèse LEROY |
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Fleur
des champs
page 18 |
Charles GONCALVES |
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Nos
mineurs
page 19 |
Jeanne FOURMAUX |
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Douce
dame la lune
page 20&21 |
Patricia LOUGHANI |
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Requiem
pour une autre vie
page 21 |
HERTIA-MAY |
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Petit
deviendra grand
page 22 |
Christelle LESOURD |
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Feux
du coeur page 22 |
Henri LACHEZE |
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La
gazette d’EMMA page 23 |
M.A LABBE
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NOUVELLE |
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La
Feuille pliée page 24 |
PASCAL |
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La
petite sorcière page 25-26-27 |
A.P. ROUSSEL |
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INFO EDITION
Page 27 |
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Elle
page 28-29 |
Marie José WANESSE |
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Overdose page
-29 |
Gabrielle ISORE |
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Une
époque formidable Page 30-31 |
Auteur du net |
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DIVERS |
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INFORMATION ASSOCIATIVE page32-33 |
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* Retrouvez l’auteur dans la revue littéraire.
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Kidnapping |
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Un jour, alors que je me promenais à
la poste qui se situe à huit cents mètres de chez moi, une camionnette
s’arrêta et un homme vêtu de noir avec une cagoule, en descendit. Je compris
qu’il voulait me kidnapper. Je courus mais il me rattrapa et me jeta dans le
fond de sa camionnette. Il démarra aussi vite que possible. Ma mère qui ne m’avait pas vu revenir
au bout d’une petite heure, fit le tour du village et prévint la police. Pendant ce temps, j’étais toujours au
fond de la camionnette et je me demandais ce qui allait se passer. L’homme
qui m’avait enlevé n’était pas seul. Il parlait avec un autre personnage. Ils
disaient qu’il faudrait une rançon pour me relâcher. J’avais très peur car je
savais que mes parents ne pourraient payer cette rançon. Quand soudain, la camionnette stoppa
près d’une maison. Un des deux hommes me sortit de la voiture et m’attacha
les mains avec une corde et me mit du scotch sur la bouche ; il me fit
entrer à l’intérieur, puis il m’attacha le corps sur une chaise. L’homme
repartit avec la camionnette, me laissant seule. Moi j’avais très faim car cela faisait
bien six heures que je n’avais rien mangé. La police devait me rechercher
depuis cinq bonnes heures maintenant. La nuit était tombée. D’un coup la
porte s’ouvrit, un homme m’apportait à manger et à boire. Je lui ai demandé
s’il allait me relâcher, il ne répondit pas. Après ce rapide repas, il me
remit du scotch sur la bouche et repartit. J’étais endormie quand la porte
s’ouvrit de nouveau. Les deux hommes maintenaient une autre fille qui se
débattait et criait. Quelqu’un avait dû l’entendre et
prévenir la police qui arriva sur les lieux très rapidement. L’un des hommes
sortit un pistolet de sa poche et le braqua sur moi ; quant à l’autre,
il fit de même avec l’autre fille. Celui qui pointait son arme sur ma tempe
se rapprocha de son complice et lui murmura quelques mots à l’oreille. Pendant ce temps, un des policiers
avait trouvé une autre entrée. Il passa par celle-ci avec deux collègues et
ils désarmèrent les deux hommes. Je fus transportée au commissariat où
mes parents m’attendaient. Ils ont porté plainte contre les deux hommes pour
enlèvement. Les parents de l’autre fille aussi. Les deux hommes furent jugés et
écopèrent de deux années de prison ferme.
Orlane Toupart |
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Les Zanimots de Juliette et Zoé Denise JARDY’LEDOUX |
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POESIES |
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AMUSERIES
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Serpent tapi : reptile passé sous un rouleau
compresseur Quand le chef de gare voit arriver une belle
locomotive, la joie l'étreint De tous les pharaons, il eût été le pire,
Hamid. Le lapin a mangé la salade mais je l'ai tu Dites-nous, Charlotte Corday, qui a soulevé
votre robe ? Est-ce Pierre ? Il a obtenu son diplôme de huissier de
justesse Savez-vous comment part le boulanger? Le
boulanger pain rassis Quoiqu’ayant bu l'eau, cette huître n'est pas
lourde Alphonse Allais, oui, mais où ? Ton parapluie a une baleine qui prend l’eau Pour une meilleure reproduction, l'éleveur de
chiens a choisi une femelle optimale Comme l'a annoncé Jean-Sébastien, le dernier
CD de Lully est dans les bacs Le lion et la lionne sont félins pour l'autre Passant entre les sépultures l'employé des
pompes funèbres trébuche et tombe Il faut bomber : bombons ! Il faut pomper : pompons ! Il faut cocher : cochons ! En jouant à la marelle, Cendrillon a cassé sa
pantoufle de vair L'atome de Savoie est un fromage crochu Énée (Myth. Grecque) : fils d'Aphrodite et de
Cochise En cherchant des champignons, le musicien a
trouvé des Couperin chevelus Comme disent les grecs, « mieux vaut
Plutarque que jamais » De quoi les étoiles se Compostelle ? Les premiers coquillages sont apparus à l'ère
du Crustacé Si j'avais sorti ma lunette hier soir, nous
Orion vu la constellation Jean-François
Sautière |
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A MON D’EM’ GRIND-MERE
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--ooOoo-- Quand j’étos
p’tiot, ech restos à Beun’ville(1), près d’ Saint Po. Em’ grind-mère
maternelle, Maman Lucie, al habitot à Pierremont, à ch’Croc, pas loin d’ech
molin, à eune quinzanne ed’ kilomètes. Pindin chez vacances, in allo l’vir.
In y allo à pied ben sûr. In couchot là-bo et in arv’not ed l’lendeman. A Pierremont,
tous les soirs, in mingeo d’el soupe. Tintôt, ch’étot d’el barzille, d’el
soupe au lait aveuque du pan rassis
(din l’temps, y n’y avot pas d’gaspillache !) aveuque des oeufs cassés
d’dins, tintôt ch’étot du guinze, d’el soupe faite avec du lait battu, du
baburre, que Maman Lucie a récupérot quand al faisot ch’ burre. Cho, j’
n’avos pas trop querre(2), j’avos du mau à l’avaler : ch’étot sûr comme
la rache(3). Après avoir
mingé, souvint, j’ fesos une partie ed’ domino aveuque em’ grind-mère, pendin
qu’ min grind’père, Papa Paul, avec ses grandes moustaches, y fumot s’pipe in
terre à côté d’ech’ fu. Mi, j’dormos din ch’ fournil(4). J’vos cor’ ech’ lit aveuque es’ grosse paillasse
rimplie d’paillettes d’avone(5) et sin gros édredon ed’ duvet d’oujons(6). J’
n’ dormos pas trop rassuré din ch’ lit lo. A côté, ahoquée(7) ach’ mur, y avo
eune grinde trinchonnoire(8) avec ses longues dints. J’avos toudis peur que,
pindint que j’dormos, al dégringole
sur mi et pis qu’em’ cope in deux. Georges RATEL Croisilles 1- Beun’ville = Buneville 2- 3- Rache = rage 4- Fournil = pièce où se trouvait le four à pain 5- Paillettes d’avone = balle d’avoine 6- Oujon = oie 7- Ahoquer = accrocher 8- Trinchonnoire = scie passe-partout |
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J’aime conter l’exploit d’une chic bicyclette Qu’un jour, encor jeunot, j’eus le droit
d’enfourcher ; Quelques taches de rouille avaient pu s’y
loger, Mais en rien n’altéraient sa noble silhouette. Ce vieux vélo, pour sûr, longtemps à la
retraite, Retrouvait le bonheur de pouvoir voyager, Semblait être ravi d’avoir un passager Qui ne se lassait point d’ébranler sa sonnette. …Et tout bascule hélas, quand un tronc d’arbre,
un soir Percuté durement, voit l’un et l’autre choir, Puis saisir une main qui d’embarras les tire. Le brave cycle alors, privé de ses pignons, De parcours fut exclu. Je sus, par ouï-dire, Qu’une petite reine… aplanit tous les gnons. Daniel Carlier
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Quand
le soleil, dessus la plaine, Dorait
l’avoine et le froment De
la moisson, venait la peine Entre
l’aurore et le couchant, Parce
qu’il avait les bras solides Et
le courage tout autant, Parce
qu’il était d’humeur timide Il
s’en allait seul dans son champ. Avec
la serpe et le fléau Qu’il
faisait voltiger bien haut, Il
moissonnait de ses mains seules Pour
ne laisser que les éteules, Entre
l’aurore et le couchant. Parce
qu’ainsi faisait son père Et
qu’il aimait trop ses parents, Il
a peiné dessus sa terre, Si
longtemps qu’ont duré ses ans. Parce
qu’il était de foi rigide Et
de courage tout autant, Parce
qu’il avait un cœur vaillant Qui
battait fort dans sa poitrine, Il
a dit : Non à la machine, Il
est resté seul dans son champ. La
moisson était sa prière, Le
travail, son contentement ; Mais
il repose au cimetière… Et
la machine est dans son champ… Juste
le temps d’un seul couchant. Parce
que l’arrière grand-père Gérard avait dit que « Tant
qu’il vivrait, la batteuse n’entrerait pas dans sa cour. »
Marcel Lesage |
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Y’avait des Corons
D’après Les Corons
de P Bachelet André Noiret – Mars 2005 |
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Page
8 |
Une histoire d’homme |
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Sans
respiration, sans « hom », Mal
logé et mal mis, Ses
habits, sans logis. Peu
d’ardoise sur son home, Peu
vaste pour les jeux d’A Mérique,
olympique, Juste
bon à tirer les piques. Une
histoire d’homme, Rien
à voir, une « pomme » Voyage
et carnaval, Visage,
bataille navale, Pour
une petite somme, Partie
de carte à trèfles, A
la recherche de quatre, Lurons
passionnés de nèfles. Une
histoire d’homme, En
voyage vers Lomme, Sans
dames, sans cheval, Toujours
parti en cavale, Laissant
le nouveau tome, Pour
l’imbécile à bêtises, En
revue, en top femme, Qui
se meurent en strip-tease Une
histoire d’homme, A
faire pleurer nos gommes, A
effacer les pleurs en mi, Sans
théâtre et sans magie, Sa
frayeur qu’il la nomme, Loin
des continents d’A Sie
et du bon fric, Juste
bon à viser l’Afrique.
Muriel Marin 04/02/2011 |
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Eve |
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En ce temps-là, Dieu, dans sa colère,
créa la femme. Depuis, les honnêtes femmes demeurent
inconsolables des fautes qu’elles n’ont pas commises. Pourtant, la femme la plus compliquée
est plus près de la nature que l’homme le plus simple. Pour beaucoup de femmes, le plus court
chemin vers la perfection, c’est la tendresse. Car pour elles, la vie sans
humour, sans farces, serait un long voyage sans auberges, sans amour. Quand je la regarde, je vois la beauté
dans ses yeux. Quand elle m’embrasse, elle ferme les
yeux pour mieux voir l’homme dont elle aimerait être embrassée. Parfois elle se jette à mon cou comme
si elle se balancerait à la tête d’un cheval pour me faire croire qu’elle est
emballée. Sans le mensonge des femmes, la vérité
périrait d’ennui. L’âge de ma femme ! Impossible de
vous le dire, il change tout le temps. Il y a deux sortes de femmes :
celles qui commandent et celles qui n’obéissent pas. C’est quand on serre une femme de trop
près qu’elle trouve qu’on va trop loin, mais plus près d’elle pour aller plus
loin. Quand je tombe amoureux, je
tombe : on se fait mal.
Encore et encore, corps à corps en
accord. Le rayonnement des épouses en
dentelles. Dans l’écriture, ma main parle avec
humour, Dans la lecture les yeux entendent les
paroles.
Ch. Jacquemin |
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Pensées glacées |
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Il
fait froid dans mon corps et dans mon cœur. L’incertitude
de ma vie me glace. Mes
sentiments sont aussi impénétrables que le monde frigorifique qui m’entoure. Mes
rêves fondent comme neige au soleil. Mon
cœur, tel un iceberg, laisse apparaître sa dureté en surface, mais se fissure
sous l’eau. Au
milieu de cette étendue lisse sans fin et sans fond, il semble flotter, mais
s’enfonce un peu plus chaque jour. Il
coule comme coulent les larmes d’un monde en deuil. Sur
le seuil d’avoir perdu le vrai sens du Bonheur. C’est
aussi de bonne heure que le soleil pointe le bout de ses rayons et réchauffe
les couches glacées dans l’espoir de les voir disparaître. Mais
rien n’y fait. Il
fait froid dans mon corps et dans mon cœur. Seule
la chaleur de ton cœur contre mon corps réchaufferait mon cœur qui gèle à
mesure que ton corps fond et se meure. Marie
GUILLAUMON |
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Dame La Marquise |
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Grande
robe qui tranche Petit
cou Rempli
de bijoux Du
saphir, de l’argent Des
améthystes et des diamants Vous
pavaner vous savez faire Et
nous narguer de vos grands airs Etaler
tout votre argent Pour
rendre jaloux les paysans Mais
il est vrai Qu’elle
est grande votre beauté Mais
celle de l’intérieur Ecrasée,
broyée dans votre torpeur Toutes
vos Dames De Compagnie Traitées
au même rang que les souris Mais
attention Dame La Marquise Redressez
bien le col de votre chemise Car
si arrive le vent des Turcs Vous
pourriez bien perdre votre perruque Pour
vous le sens du mot jabot Perdra
son sens dans les flots Que
l’on vous retrouve dans les champs A
traire les vaches évidemment Attention
Majesté Un
jour votre royauté, vous la perdrez.
Julien Bury
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Les Ondes |
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J’avais
cru que dans la vie Tout
le monde était joli ! Hélas
je me suis trompée ? J’ai
rencontré des jeunes, des beaux, Des
moins beaux, des instruits et des sots… Mon
cœur ne voyait tout cela ? Il
était amoureux d’une fleur Qui
volait déjà, depuis longtemps… Dans
ce jardin fleuri. Il
croyait être seul à l’aimer, la chérir, Epris,
il rêvait, voyageait au-dessus Du
ciel bleu… La pluie se mit à tomber Il
a ouvert son parapluie, Faillit
tomber, ses pieds étaient mouillés Et
son pardessus troué, les larmes Noyaient
son beau visage et Le
cœur gros, comprit Que
dans la vie C’est
au plus hardi Que
le soleil, la vie, sourient. Redressant
son pardessus Il
sut qu’il fallait nager Et
aussi danser, chanter, Ne
pas écouter les sots et Prendre
dans ses bras une fleur joyeuse, Lorsque
le temps est là et Chanter
à pleine voix Et
comme l’oiseau, voler, léger Sur
les ondes capricieuses amoureuses…
Monique Ciolkowski Cambrai, le 23.12.2009 |
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DESERT A Colette |
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Dans ce désert,tu es partie, Ce désert que tu aimais tant, Tu es partie pour d’autres temps, Très loin de ce jardin fleuri Qui était né de tes mains Et qui fleurait bon la douceur, La joie de vivre, le bonheur … Tu nous as laissés en chemin. Ce désert étoilé de sens, Tu te recueillais dans ta foi Et tu nous as laissés sans voix Dans le désert de ton absence. Jean-Luc EVENS
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En Vie |
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J’ai
découvert l’association envie Grâce
à une bonne amie J’ai
été accueillie avec le sourire Moi
qui croyais le pire J’avais
peur d’être déçue Mais
j’ai été très émue Dès
que je suis rentrée J’ai
vu que l’on pouvait m’aider Quand
la maladie survient L’association
te soutient On
reçoit l’aide humaine Sans
avoir de haine Si
l’association n’était pas là Je
tomberais très bas J’ai
trouvé le réconfort Pour
me battre encore Je
participe à des ateliers Pour
me changer les idées Et
reprendre goût à la vie Avec
l’association envie.
Maryse Marécaille |
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Tulliste (Un peu de poésie) |
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Un morceau de dentelle et un poème.
Voilà ce qu’est venu nous apporter hier un ancien patron dentellier,
visiblement heureux que la robe de Kate Middleton ait été faite en dentelles
de Caudry et que cet événement ait trouvé un tel écho dans les médias. Nous
gardons la dentelle qui, peut-être, nous sera utile pour séduire notre prince
charmant. Mais nous vous livrons un extrait du poème, écrit par Gérard Verne,
tulliste : « Ô femme, c’est pour toi, pour toi seule, ô beauté Que nous cherchons sans cesse avec avidité Ce nouveau qui sera ton caprice éphémère Nous peinons sans compter pour que tu puisses plaire Et nous ne recevons, pas même ton merci Mais nous sommes heureux lorsque tu l’es
aussi. »
Gérard Verne |
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La plus belle histoire du monde |
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Aujourd’hui, il
avait un rendez-vous très important. Il regarda sa montre, il n’avait plus
que dix minutes pour traverser le parc, et être ponctuel. Il avançait
précipitamment. Quand il arriva à la fin du parc, ses yeux s’immobilisèrent,
et il resta sans bouger. Sur un banc, devant
lui, une jeune fille pleurait. Elle n’était pas particulièrement belle, mais
pour lui, elle avait ce charme que toutes les autres femmes ne possédaient
pas. Il oublia son rendez-vous et s’approcha d’elle. Il était ému par la
tristesse de cet ange. Il lui tendit donc
un mouchoir et caressa l’espoir qu’elle accepte cette triste consolation.
Quand la jeune fille distingua le mouchoir, elle leva ses yeux noyés de
larmes vers lui et lui offrit le plus beau des sourires. A cet instant, le
monde parut changer, le reste s’effacer, ils étaient seuls… Elle répondait au
doux prénom de Soledad. Cette histoire, je l’arrête ici. Vous pouvez la
continuer si cela vous chante, cependant ce ne sera pas mon cas, car ce n’est
pas la plus belle histoire du monde. Quand l’on y réfléchit, on se rend
compte que les plus belles histoires d’amour ne sont pas celles que l’on
raconte ou que l’on lit, mais plutôt celles que l’on vit. Et c’est la raison
pour laquelle il n’y a rien à rajouter…
Antony Canonne |
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Ce jour-là |
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Quand j’ai appris ton mariage, ce
jour-là, j’ai marché tout le long de la plage. Je pensais à toi, je rêvais de toi, de
toi et moi, de nous deux. De temps en temps je prenais une
poignée de sable fin, la serrais entre mes mains, mais ce sable si chaud
glissait, filait entre mes doigts, il était comme notre amour, il
s’échappait, pourtant si beau, si pur et si chaud. J’ai regardé la mer avec des larmes
plein les yeux, elle me semblait toute brouillée, floue, plus mouillée que
jamais. Je m’avançais près d’elle, m’agenouillais au milieu de ses flots
bleus, de l’eau jusqu’au cou. De petites vagues, pas méchantes du
tout, venaient lécher mon visage, je les caressais tout le long de leur dos,
je les regardais danser sur la mer, elles étaient belles pourtant, elles
avaient bien pleuré, elles aussi, leurs larmes de chagrin avaient le même
goût que les miennes. Mon cœur soudain se mit à battre comme
un fou, une joie enivrante secoua tout mon être. Je devenais amoureux, oui
amoureux de la mer ; je la tapotais doucement, puis la battais, la
fouettais, la giflais, l’embrassais de toutes mes forces, j’avais retrouvé
une amie, une compagne, une fiancée, une autre femme, je connaissais déjà son
prénom, elle s’appelait MER, nous avions le même goût et elle voulait de moi
j’en étais sûr, elle m’attirait, me plaisait. Avant de partir avec elle, j’ai pensé
à toi, à notre amour brisé, je me suis retourné vers la plage, fouillant de
mes yeux ces dunes qui pouvaient cacher, masquer ton visage, j’espérais au
miracle, au mirage de te voir là sur la plage en robe de mariée, le bouquet à
la main me faisant signe de revenir, mais tu n’étais pas là ce jour-là… Je me suis mis à nager, à embrasser ma
MER et je suis parti avec elle loin de toi, loin du monde et du bruit pour ne
plus revenir. Charly Wal
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PROMESSE D’UN JOUR |
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Bientôt le jour va poindre, Et la vie reprendra fabuleusement, Sur tous ces chemins de la terre, Ce nouveau jour qui ira rejoindre Tous ceux qui seront allés avec le temps Par dessus bien des frontières. Jour de promesses et de ferveur Pour ceux qui s’aiment, Loin des sources de l’horreur, Et parfois du chagrin que l’on sème. Quand l’homme n’est plus que fureur, En ses instincts et ses heures blêmes Albert JOCAILLE 25 mai1985 |
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Continuer à avancer |
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Quand notre vie se retrouve par terre, On ne sait plus ce que l’on doit faire, Continuer à avancer Ou tout simplement s’arrêter. Quand on fonce dans un mur, Arrêtons-nous avant les blessures, Le temps n’est pas aussi compliqué, Il suffit juste de bien le gérer. Les trous noirs sont si profonds, Il faut pouvoir en revenir, La force dans nos horizons Nous offrira un plus bel avenir. Ensemble nous saurons éviter les pièges, Solidaires contre tous les problèmes, Nous pourrons faire changer le monde, En sacrifiant quelques secondes. Stéphanie Bonneville Juin 2005 |
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Le Pommier |
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Miracle !
Il avait neigé ce matin
Le
blanc, le rose… recouvraient La
terre humide du jardin Devant
ce merveilleux spectacle Je
ne savais plus que songer J’allais
presque crier… Miracle !.. Quand
on me dit « C’est le pommier.. » C’était
en effet le pommier Qui
secouait sa brune branche Cela
faisait une avalanche Sur
le gazon, sous le pommier.
Roger Devillers 05
Mai 1960 |
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Rendez-vous |
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C’est
l’heure où le soleil semble oublier la plage ; Un
écureuil s’enfuit, éclair tout en émoi ; Mais
une onde éperdue échappant au nuage Me
chatouille le cœur, vous voici près de moi ! Dans
la senteur des pins s’efface votre absence ; Ce
rêve lumineux fait triompher l’azur. Nous
contemplons le ciel, amoureux d’un silence Qui
revient nous unir au présent, au futur. Comme
une mélodie enfin je vous retrouve ; Au
secret des yeux clos se revit chaque instant, Celui
d’une rencontre et miracle j’éprouve Indicible
et muet, ce bonheur éclatant. Et
l’océan houleux chasse un soupçon de peine Sous
le ciel parfumé, dans le vent troubadour. Que
nous grise à jamais dès lors quoi qu’il advienne Ce
chant émerveillé, qui ressemble à l’amour !
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Barque de rêve |
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Sur
ma nef, j’ai rêvé que nous étions tous deux Loin
des gens, loin de tous, loin de ces envieux Qui
voudraient avec moi partager cette ivresse D’être
seul avec toi, adorable liesse.
Saint-Hesbaye |
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SOLEIL |
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(sans soleil,
meurent les fleurs)
Dieu Sol, qu’adorait les Incas. Emblème de la magnificence d’un grand Roi. « Soleil d’Austerlitz » présage heureux, Pour un Empereur qui sera victorieux. « Soleil, soleil ! »
chanté par Nicoletta.
Soleil couchant des amants. Tu es toujours là ! « Tu es là, au cœur de nos vies » Fascinante
œuvre du créateur. Symbole
de grandeur : Ta
chaleur nous envahit. Notre
monde, parfois si froid Tourne
autour de toi, Car
tes rayons sont pour lui Source
de vie ! Roi
des astres Tu
nous sors du désastre De
la nuit De
nos ennuis. Si
la lune brille sur la nuit, Toi
soleil tu es le jour : La
lumière qui luit, Et
nous réchauffe toujours.
Cercle Poetique « la Lyre Fréventine » 2° prix 2’ avril 2005 Gérard ROSSI
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Fleurs des champs |
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Le
matin se levait sur la plaine sonore Déjà
l’ardent soleil émoustillait la flore Et
sous le vaste ciel, d’une tendre couleur Tout
n’était qu’innocence, espoir, calme, bonheur. Dans
l’agreste sentier couvert de hautes herbes Paisible,
elle flânait le long des blés superbes. La
terre fleurait bon. Parmi les bouvillons, Avides
butinaient d’allègres papillons. Toute
jeunette encor la fille, de passage, Dont
les grands yeux rieurs égayaient le visage, Scandait
un air joyeux, repris par les échos Et,
ci et là, cueillait les fins coquelicots. Non
loin du monastère où prient les carmélites Elle
alla moissonner les fraîches marguerites Et
non contente mit, entre ses bras fluets, Pour
parfaire le tout, quelques jolis bluets. Vêtue
de blanc et d’un diadème coiffée, Un
instant j’ai cru voir une mignonne fée. Et
comme les oiseaux, muets dans chaque nid, Je
savourais son chant par les Muses béni. Portant,
tel un trésor, sa récolte fragile, Je
vis venir à moi la nymphe juvénile. Ses
cheveux d’où sortaient des effluves touchants Mêlaient
leurs boucles d’or aux humbles fleurs des champs Et
sur son cœur brillaient, oh ! douce souvenance, Les
trois couleurs unies… comme un drapeau de France. Charles Goncalves Décembre 1996 |
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Boîte aux lettres |
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Je ne suis qu’une boîte Une boîte vide Boîte impersonnelle. Ça n’a pas d’état d’âme une boîte ! Boîte qu’on remplit au gré des humeurs, des besoins. Je peux être boîte à bijoux, suivant ce qu’on
m’envoie Boîte à mails, boîte à messages Lettres d’amour ou d’amitié. Muette je dois rester car ces messages-là ne me sont
pas destinés. Boîte à secrets. Je sais être boîte à malice pour les sourires qui y
sont enfermés. Pourtant quelques pensées sournoises s’y infiltrent
parfois. Insidieuses elles bouillonnent à l’intérieur, bien
malgré moi, Et puis, triomphantes, soulèvent le couvercle mal
fermé, S’échappent du trop-plein de la boîte devenue par
trop émotive, Se perdent en longues phrases ridicules, enrubannées
de larmes. Thérèse Leroy 23/12/2007 |
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Nos mineurs, nos gueules noires |
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Dans
notre région minière Aux
environs des cités ouvrières, Parmi
les puits de mines Et
les hauts chevalets métalliques, Il
y avait de formidables terrils Ressemblant
à des pyramides. Parfois
de jour, parfois de nuit, Emportant
leur lampe, leur pic, Sans
penser aux dangers Qui,
sans cesse, les menaçaient, Ils
partaient pour le fond Extraire
des tonnes de charbon. La
musette au côté Contenant
leur briquet, leur café, Du
galibot de treize ans Au
vieux de soixante ans, Ils
étaient de tout âge Nos
mineurs, nos gueules noires. Leur
barète sur la tête, Fumant
une dernière cigarette, Chaussés
d’espadrilles Ou
de lourdes bottines, Ils
attendaient que remonte la cage Tenue
par un simple câble. Le
corps ruisselant de sueur, Effectuant
leur dur labeur Sur
les genoux, tête baissée, Dans
l’eau, dans l’obscurité, Ils
respiraient les poussières Et
les odeurs malsaines. Rongés
par la silicose, Vivant
dans les corons sans confort, Du
galibot de treize ans Au
vieux de soixante ans, Ils
étaient admirables, Nos
mineurs, nos gueules noires. Jeanne Fourmaux Honnechy |

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Douce, Dame, la lune |
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C'est parce
qu'elle lui sourit ! Et si, un
soir, vous la voyez, ainsi ! C’est parce qu’elle
l'aime, son petit ! Patricia Patricia Loughani, copyright,
le 30/10/2010 Extrait de son recueil "Evanescence, Plaisir des sens" |
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Requiem pour une autre vie |
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Je
ne vous parle pas de mes souvenirs Je
vous cause d’une autre vie Chatoyante,
miroitante, scarabée au soleil Des
mots-clefs des champs tarabustant le lecteur aux aguets. Je
ne veux pas les canuler pourtant. Je
place ma camelote au premier cambiste venu. Ce
sont des mots, du vent qu’on vend à la criée… Je
hais les matins crispés En
du crystal de nuit. J’encourage
les lutins Dans
leur besogne lénifiante, Redécouvrant
à rebrousse-temps Une
vie passée et pourtant nouvelle, Bâtissant
à l’emporte-pièce à conviction Le
monde du TEMPS-BLEU J’attends
les matins parés de délicatesse, La
douceur des midis orangés, La
lune des ténèbres, enrubannée de souvenirs…..
Hertia-May Avril
1977 |
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Petit deviendra grand |
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Petit
deviendra grand A
toi, j’ai offert le Néant Demain
encore, j’y penserai Toute
ma vie, je m’en voudrai Ceci
n’était pas un jeu d’enfant On
m’a confié ta vie Et
je t’ai détruit Je
n’ai pas perdu de temps J’ai
écouté cette voix de la Raison Alors
que mon cœur disait « non » Ma
tête me disait « oui » J’ai
voulu faire le meilleur choix Mais
ce n’est pas le cas Puisqu’il
me broie Puisque
aujourd’hui, je suis vide Tant
physiquement que mentalement Je
te demande pardon J’ai
commis le pire des crimes Une
mère ne tue pas son sang Une
maman sauve son enfant. Christelle Lesourd |
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Feux du cœur |
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Voici
pour toi une brassée de poèmes Pour
les longs soirs d’hiver ou les nuits d’insomnie Qu’ils
réchauffent ton cœur
Te
devienne proche si proche Qu’elle
emplira ta solitude Tu
étendras les doigts pour la toucher Prends
garde à ne pas la briser Les
voix se brisent Comme
les vases Comme
les cœurs Comme
les vagues Comme
les vies Henri Lachèze |
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La feuille pliée
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Bonjour mon Amour.
Tel un apprenti sorcier, je vais et je viens, du papier à l’encrier,
pour charmer tes sourires vénusiens. Parfois encore, ma plume affolée se
repose un peu sur la margelle de ce réservoir émotionnel. Elle lisse ses
expressions, elle repense ses formules, elle se penche et se relit en
perspectives cavalières assidues. Elle s’apprivoise mais elle court encore
sur mon billet doux en cherchant les meilleures épithètes pour les blottir
dans le creux de ton cou. Mais le trop-plein m’appelle !
Les voyelles ont des ailes ! Les consonnes claironnent ! Les syllabes
sibyllines s’installent, sereines, au sein de mes impressions
sensuelles ! Tu vois ? C’est facile. Je n’ai qu’à te penser pour
inviter à danser les mots sonnants sur la gamme énamourée de cette
correspondance enflammée. Mais je suis déjà au bas de la page ! Les mots
contrits ne comprennent pas cette cage ! Dans la marge, les phrases
s’écrasent et le point final, en suspension brutale, s’ennuie déjà sur cet
étal. J’ai ouvert la fenêtre... Ma plume alanguie regarde les petits
oiseaux peureux, piaillant dans
les platanes. Le vent parfume les pluriels de mes « je t’aime »
dans de singulières fragrances envoûtantes. Enivré, je ne sais plus si les
mots exposés, tout au long de tes futurs sourires espérés, sont la source de
mon bonheur ou si la liberté exubérante du dehors a immensément agrandi les
ardeurs de mon cœur. J’ai plié ma feuille ! Je suis le constructeur d’un avion en
papier ! Je veux te livrer sans délai ! Me poser sur ton
seuil ! Tel est mon orgueil… Mes transports sont au cerveau ce que ma poste
est aérienne… Tu sais ? Je suis le passager de ce long courrier mais je
pilote les mots courbés vers ta destination charmée. J’ai lancé ma feuille du
balcon. C’est ma piste de décollage... Vole petite missive lascive !
Prends les courants ascendants. Petite altière, suis les montgolfières !
Je t’imagine tellement… Bien sûr, tu prendras ton essor
vertigineux au milieu d’une troupe aéroportée de grands migrateurs : des
bernaches. Sœurs de haute altitude, elles reconnaîtront aisément ta plume
fuselée, ton bec aiguisé et l’allant pressé de ton voyage
impérieux. Puis, tu demanderas ta route aux pigeons voyageurs. Ils savent
tout des continents et des forêts tropicales, des raccourcis et des vols
importants, sans escale. Méfie-toi des avions de ligne ! Ils t’embarqueraient
de force. Ils t’enfermeraient dans un sac, au fond de la soute à bagages, en
dernière classe. Les avions, ils s’écrasent en flammes et consument les
lettres d’amour. Ils tuent des espérances, tu n’aurais aucune chance… Attention aux rapaces ! Dans le ciel, ils suivent ta trace pour
annuler ton expédition, ces voraces. Aux messages ils font des carnages, aux
suppliques ils décortiquent, aux bulletins ils font des festins. N’attarde
pas ton fragile duvet dans l’espace de leur curée ! Fuis à tire-d’aile,
rapproche-toi d’elle… Quelques cerfs-volants, colorés
d’irisations crépusculaires, te signalisent la présence de cette femme
solitaire. Je t’en prie, frôle quelques champs de fleurs sauvages pour
t’imprégner de belles effluves. Je sais que tu approches
de ses rivages. Je m’y suis tant de fois brûlé les ailes… Mais on peut planer
sans danger, aux souffles incontrôlés de ses aspirations, sans jamais
retomber, sans jamais s’écraser… Quelques moineaux curieux
t’accompagnent. Ils crient sur ton passage, ils t’encouragent de retrouver
cette compagne cachée dans la campagne… Attention à l’étang ! Tes ailes
mouillées raconteraient une histoire souillée mais je n’ai pas écrit un seul
mot compliqué pour ne pas alourdir ta texture appliquée... Tu as fière allure, papillonnant entre
les branches des grands arbres. La feuille pliée s’applique. Elle flotte,
subtile insaisissable, dans la tiédeur farouche de son atterrissage proche.
Je vois bien moi, qu’elle hésite à se poser. Elle espère tant arriver au bon moment...
Tous les passagers, alignés à l’intérieur, s’occupent des liaisons lyriques
et des terminaisons poétiques. Ils époussettent le costume pompeux des
majuscules ; graves, ils recoiffent leurs accents ; ils s’accordent
tous à l’harmonie parfaite de leur proche lecture. La feuille pliée effectue
quelques circonvolutions de baptême de l’air. Les « je t’aime » se
recomptent pour faire le plus grand nombre et les rimes se dressent sur leurs
jambes. Tout est prêt… Pensive, sous un hêtre, tu contemples
cet oiseau apprivoisé. Docile, il s’est posé sur tes genoux… Curieuse, tu
l’as déplié : Bonjour mon Amour. Ce matin, j’ai cueilli une feuille
blanche dans mon grand cahier des soupirs… Pascal Dupont 12/10/2010 |
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La petite sorcière de Saint Etienne des Sorts |
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C’est par une matinée de dimanche
toute vibrante du son des cloches… Dehors, dans le parc que les
intempéries de l’automne avaient détrempé et couvert d’un manteau de feuilles
agonisantes, ce sont toujours les mêmes magnolias aux feuilles vernissées, les
haies d’hortensias aux têtes déflorées et au-delà, le Rhône emmitouflé
frileusement dans une brume cotonneuse qui, silencieusement, vit ses
dernières heures de fleuve avant de se donner à la Méditerranée. Des nuages
plombés épaississent un ciel de céruse. Dans sa chambre, l’odeur de moisissure
du fleuve, de l’humidité des feuilles en cours de décomposition, de vase,
imprègne tout, les choses autant que les âmes. Le visage de Bérangère se reflète dans
la glace vénitienne fixée depuis des siècles au-dessus d’un grand bahut
quelque peu cussonné. (cussoné = piqué
par les vers) Il paraît se défaire dans une expression
d’amertume. Un visage un peu flétri par l’âge où dort une étincelle
indéfinissable. Sur la cheminée trône une pendulette
de style Louis XV : le cœur du temps qui règne en maître en cette
demeure bourgeoise de Saint-Etienne-des-Sorts, dans le Gard. Pourquoi le temps ne
meurt-il jamais ? s’interroge-t-elle, les yeux fixés sur un couple de
pies juché au faîte d’un if solitaire. En fait, que sait-on de ce temps qui
bat la mesure de nos vies ? Bérangère tente d’imaginer ce qui se
passerait pour elle et son proche entourage si son propre temps venait à
s’arrêter et pas celui des autres ; elle, le lieu géométrique de tous
les événements actuels de la famille… Mais une telle réflexion la mine,
l’anéantit. Ses yeux cillent brusquement. Elle
s’approche de l’une des portes-croisées. Lentement, comme attirée par une
force inconnue, elle se laisse guider par cette main dont elle subit
l’emprise. Ses gestes sont instinctifs. Egalement charmants, ceux des jeunes
femmes qui ne sont pas conscientes d’être observées. Elle secoue la tête pour
écarter une idée qu’elle juge importune comme le serait une guêpe agressive
les jours d’orage. Ah ! Combien cette journée grise, atone, insipide,
lui jette à la face le relent mélancolique de son passé, tant il est vrai que
les choses ne reviennent jamais en arrière. Autant de sensations qui assombrissent
son cœur, une espèce de volupté masochiste qui lui fait mal, en laquelle elle
se complaît. Bérangère s’arrête, pose ses lunettes
cerclées d’écaille sur un guéridon. Comment la définir ? L’exemple même
d’une femme qui n’a pas vraiment vécu, -en tout cas pas selon ses désirs-, et
qui a l’extraordinaire audace, voire l’outrecuidance, de donner des conseils
à tout un chacun, ces conseils dont personne ne tient compte pour modifier
quoi que ce soit de son comportement, de sa ligne de vie. Aussi, lorsqu’il lui arrivait,
-rarement-, d’être entendue, elle ne savait pas triompher avec noblesse. Une femme spirituelle, d’une
cinquantaine d’années. Non pas retranchée sur elle-même, mais alerte hors de
chez elle. A sa démarche légère, on sent qu’elle est libérée de sa chape de
plomb. Des pieds à la tête, haute et dégagée, elle rayonne d’un air de
privilège, d’indépendance, d’affranchissement à la servitude quotidienne.
Lorsqu’elle passe dans la Grande Rue de la petite bourgade, autour de la
Place des Mariniers où règne la paix des platanes, rue Frédéric Mistral, on
la salue avec respect quand on la croise, belle, affable… et toujours en
deuil. De qui porte-t-elle ce deuil permanent ? De quel être cher ?
Peut-être d’un lointain amour demeuré en bouton et que les circonstances
n’ont pas permis de s’épanouir ? De cet amour dont les femmes ont un
besoin vital, de ces mots d’amour qui les rendent légères, éternellement
jeunes ; victimes en leur absence, des hommes. Si souvent laconiques,
méprisants envers elles. L’amour ? Lorsqu’on le possède c’est, comme
bien des choses, fort agréable. Comme d’ailleurs la fortune : ne la
possédant pas, il arrive que, cependant, on vive très bien sans elle. Mais,
ce qui est terrible, c’est de devenir pauvre lorsqu’on a goûté à la richesse. Bérangère a-t-elle renoncé à un tel
amour, celui qui la ferait renaître tels ces mois de mai, ceux des lilas, des
marronniers en fleur, des haies d’aubépines odorantes, le retour de jours
lumineux, l’époque des prairies dont le vent ride l’herbe haute comme autant
de lacs d’émeraude. Un amour vieux de
trois décennies, mais sans âge dans son cœur. Cet amour, elle l’a perdu,
lapidé par son penchant à refuser l’intérêt, l’affection, l’amitié, l’amour
qu’on lui témoignait et dont, pourtant, elle avait besoin plus que personne.
Quelle idée bizarre que de croire que, lorsqu’on se désintéresse d’elle, le
monde la délaisse ; que les gens se détachent d’elle à chaque fois qu’il
lui arrive de commettre une maladresse ou qu’elle se laisse emporter par son
tempérament naturellement agressif, une attitude qu’elle regrette
profondément. Or l’amour l’envahit
alors au point qu’elle n’est plus capable de maîtriser ses pensées, ses
sentiments. L’amour qui lui donne l’impression de se sentir petite auprès des
gens et des choses… et ça l’irrite, la pousse à combattre en le dominant, ce
qui la désole. Il en est de même en compagnie de personnes qu’elle juge
supérieures à elle. Elle se complaît auprès d’elles, tentant d’en tirer un
peu de substance à leur insu. En fait, une voleuse de personnalité. Elle
donne l’impression d’être capable de tout, exerce avec brio le rôle d’une
femme n’allant jamais droit au but, tournant inlassablement autour, laissant
à son interlocuteur le soin de chercher ce qu’elle veut vraiment. Elle adore
se moquer des gens… Par contre, elle déteste qu’on se gausse d’elle ! Etant
loyale, elle n’accepte la règle du jeu que lorsqu’elle lui est favorable. Ce jour-ci, en cet
automne, -celui de l’année 1968 et celui de sa vie-, certes elle a réussi à
tempérer tous ses vilains défauts. Mais elle a cependant conservé un certain
goût du drame. Certes son œil est encore chargé d’étincelles ; mais
l’âge aidant, elle souhaite donner l’impression d’être devenue une femme
forte sachant manier l’ironie. Ses déclarations, et même ses silences, ont
toujours l’air d’être des déguisements, une sorte de pièce comique qu’elle
joue à ceux qui l’approchent. Or, en ce jour-ci, au plein de l’automne, elle
décide de déjeuner à « La Pergola », le seul restaurant de la
bourgade. Une douce musique parvient à ses oreilles, l’entraîne dans un
ailleurs rêvé, du côté de la Moldau, cette rivière de la Bohême si bien
décrite dan le « Poème symphonique » de Smetana. Puis la lente
palinodie de la musique est brisée par un tonitruant : -Bérangère !
Est-ce bien vous, la petite sorcière qui m’abandonna il y a… quelques années ?
Mais de quelle femme pourrait-on dire qu’elle n’est pas une sorcière ? -Il ne faut jamais
désespérer ! Le hasard est notre maître ! Hector, vous voici,
enfin !... Je vous croyais parti en Argentine… Comme poussée par un
ressort elle se dresse, le regard redevenu vif. Les grâces des pastels du dix
huitième siècle paraissent avoir ciselé son visage de jolie laide. Une larme
roule sur sa joue dont elle arrête la course du revers de sa main fine et
gantée de dentelle noire. -Pleurez mon enfant,
mais pleurez donc ! lui dit-il en la serrant entre ses bras. Les larmes
ne sont pas faiblesse quand elles sont comme les vôtres, porteuses
d’amour ! Ce sont des larmes fécondantes d’où naîtront des jours
heureux : ceux que nous partagerons, à n’en pas douter !
« Posuisti lacrymas meas in conspectu tuo »… m’a-t-on enseigné au
lycée, à Nîmes ! Pour Hector, tout
est simple : il est venu, il a vu, il a certainement vaincu : ce
n’est pas plus compliqué que cela ! Il éclate d’un rire à faire
s’envoler les tourterelles qui batifolent autour d’eux. Depuis quelle ère ne
s’est-il pas entendu rire de la sorte ! -Enfin nous nous
rencontrons, vous et moi ! murmure-t-elle joyeusement. N’est-ce pas à
présent l’essentiel ? Une rencontre qui débutera notre vraie vie… Sans
vous, j’ai cru mourir… -Mourir !
Mourir ! Mot vertigineux et inacceptable qui, à la fois, irrite, dérange
et satisfait ce sens supplémentaire que chacun de nous porte mystérieusement
au plus profond de son être. Comment la considérez-vous ? Attirance,
répulsion, fin pour certains et commencement pour d’autres ? De toute
façon vertige, toujours ; choc nerveux, étourdissement
irrésistible ; opium dont l’esprit ne se relève pas ; cantharide du
cœur et de l’âme… -Ah ! Mon cher
Hector ! Vous êtes toujours doué pour les grands discours
philosophiques ! Je vous promets de les écouter dorénavant avec toute
l’attention requise… Quel bonheur allons-nous vivre à deux maintenant que
nous nous sommes libérés de cette gangue qui nous a séparés !
s’exclame-t-elle en le tenant à bout de bras. -Quel bonheur en
effet… même si, petite sorcière, l’ »Ecclésiaste » frappe à ma
porte et me souffle à l’oreille : « …et j’ai trouvé plus amère que
la mort, la femme dont le cœur est un piège et un filet et dont les mains
sont des liens » ! Prenez-moi donc dans vos rets et usez de moi à
votre gré ! Mais, je vous en prie… laissez-moi toutefois jouir de
quelques miettes de liberté ! C’est en voiture que
Hector et Bérangère arrivent au domaine. Elle, fière non pas de ramener une
proie ou un trophée, mais comme la preuve de ce que, à tout jamais, l’Amour
triomphera en sa demeure. Lui, satisfait d’avoir enfin trouvé le port en
lequel il mouillera, l’oasis où il trouvera toujours l’amour. Bien exposé au midi et enclos de haies
et de murs de pierres encastrées les unes dans les autres, le domaine de
Bérangère semble une petite Provence coiffant le haut du vallon, surplombant
le Rhône puissant. Un domaine qu’ils atteignent par un chemin qui serpente
entre des talus de terre rouilleuse. A présent, lorsque Bérangère descend
en ville, qui l’eut reconnue ? Plus question de vêtements de deuil, mais
de printemps. Elle apparaît en pull-over jaune, bleu, vert au gré de son
humeur, les épaules étroites, les seins mis en valeur, bien dessinés. En
elle, elle chante les vers d’Alphonse de Lamartine : « O temps, suspends ton
vol ! Et vous, heures propices, Suspendez votre cours ! Laissez-nous savourer les rapides
délices Des plus beaux de nos
jours ! »
André-Pierre Roussel |
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Elle |
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Elle, c’est ma mère : quelqu’un
de bizarre, qui pleure, qui rit, qui se met rarement en colère, qui nous
raisonne et rayonne tout à la fois. -
« C’est
quoi, Maman, la vie ? » -
« C’est
toi. » -
« Ah,
moi ? Je suis la vie ? » -
« Oui,
parce que tu bouges sans arrêt, que tu aimes prendre les autres dans tes bras
et que tu poses beaucoup de questions ! » -
« Et c’est
mal ? » -
« Oh non,
mon bijou, au contraire, avec toi, on ne s’ennuie pas ». J’ai douze ans, je comprends plein de
choses, mais Maman, elle est toujours dans ses bouquins (elle aime pas que je
dise « bouquin », pourtant tout le monde dit ça, sauf elle !) Elle parle « LIVRE »,
d’après elle, il est possible d’apprendre pratiquement seul, si on le
veut : on voit qu’elle n’a pas fait de grandes études. Moi, plus tard,
je serai un grand ingénieur, ou bien un grand médecin, je ne sais pas
encore : il paraît que j’ai le temps ! D’ailleurs, si l’école, les instits et
les profs existent, c’est bien pour quelque chose, non ? Les livres, c’est difficile à ouvrir
parce que, ou c’est passionnant, ou terriblement ennuyeux. Ca, je peux le confirmer :
on nous oblige à lire, il paraît que c’est dans le programme d’études de
l’année et celles à venir. Quel avenir ! Boff… Je préfère quand maman raconte
les histoires de ses livres à elle ou qu’elle invente des poèmes, et mieux
encore, quand nous écoutons ses souvenirs de petite fille. Alors, j’ai
l’impression que j’apprends mieux. Moi, ses histoires, je voudrais bien
les lire, mais à l’école, on ne m’a pas donné l’envie. Maman dit qu’à son
âge, maintenant, elle aime Victor Hugo, mais qu’en quatrième, ça la barbait
sérieusement ! Quant à Marcel Proust, elle raconte
qu’arrivée à la deuxième page, elle relisait depuis le début pour comprendre,
tant les phrases étaient longues ! Elle n’aime pas non plus Françoise
Sagan, parce que le commencement du roman est déjà le reflet de gens qui
s’ennuient et ne cherchent même pas à vivre, ni même à survivre, alors la
suite… C’est son goût, à elle qui nous
apprend, et moi qui l’écoute, il n’y a pas de danger : j’ai bien retenu
les noms des auteurs !. Je me demande si un jour, on va
m’obliger à m’en imprégner pour un quelconque examen !!!. Elle aime les émissions de télé, où on
pose des questions dans tous les domaines, et souvent elle a
« bon ». Comment tu sais tout ça, Maman ? Je suis encore jeune (pas un ado,
enfin presque…), mais je crois avoir compris que justement, c’est parce
qu’elle aime lire et qu’elle a une bonne mémoire (pas comme moi : les
leçons à apprendre sont un vrai calvaire ! Qant à en faire un devoir en
classe, basta !!). Mamounette a horreur d’INTERNET :
cette modernité ne lui convient pas parce que pour elle, c’est par la
patience, l’amour, le vécu que doit se transmettre le savoir, qu’il faut
avoir des contacts, des paroles, des exemples autrement que par ordinateur,
en bref : échanger – pour de vrai -. Et puis, il faut faire travailler son
« imaginaire »…… Maman, elle dit que pour bien retenir,
il faut vivre les choses, alors elle nous fait des démonstrations avec des
dessins, des images qu’elle nous fait coller sur des cahiers. Pour la nature,
elle sème, elle arrose, elle explique les feuilles, les fruits, le printemps,
l’automne, l’hiver. J’ai parfois l’impression que son
quotidien n’est pas celui qu’elle attendait et que les aventures de ses
romans sont pour elle, non seulement une consolation, mais une façon de
rêver, à travers les paysages et les odeurs décrits, les personnages, les
sentiments exprimés. C’est pourquoi, (et c’est bien pour
lui faire plaisir !), que je vais m’y mettre : à lire. Mais, avec ses conseils…….. Marie-José Wanesse |
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Overdose |
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Ses filles
arrivèrent, vêtues de noir, l’atmosphère était macabre. La famille,
effondrée, était présente à l’enterrement ainsi que les amis. Mais, lors de
l’oraison funèbre, Helena l’une des filles, remarqua un homme. Il était
sublime, grand et musclé avec des yeux d’une beauté céleste, des cheveux
blonds soyeux et une fine bouche. Elle demanda à sa sœur, Estelle, si elle le
connaissait mais ce n’était pas le cas. Elle ne pouvait
s’empêcher de le regarder, elle était tout de suite tombée sous le charme,
c’était l’homme dont elle avait toujours rêvé. Aucune larme ne
coula de sa part, pour sa mère. En même temps, c’était normal car elle avait
plus d’affinité avec sa sœur. La morosité d’Estelle était tellement
importante qu’elle ne put rester plus longtemps aux funérailles. Les sœurs
s’en allèrent. Helena n’avait pu
lancer un dernier regard au bel étranger. Toute l’après-midi,
Estelle s’enferma dans sa chambre et Helena, rêveuse, resta près de la
cheminée ne pouvant s’empêcher de penser à lui et se sentant devenir folle
amoureuse. La pendule sonna dix
neuf heures, Helena prépara le dîner mais sa sœur ne voulant pas descendre,
elle lui apporta le repas dans sa chambre, retourna devant la cheminée et
prit le reste de ses somnifères puisqu’elle a toujours eu des problèmes de
sommeil. Le lendemain, Helena
se réveilla tard. Sa sœur n’étant toujours pas descendue, elle décida d’aller
la réconforter. Elle était allongée
et elle ne respirait plus. Elle appela le
docteur qui lui déclara bien son décès et il lui précisa qu’il donnerait la
cause d’ici quelques jours. La pauvre n’avait pas dû supporter la mort de sa
mère. Helena était
indifférente et impatiente, elle arrivait vêtue de noir. L’atmosphère était
macabre. La famille et les amis, de nouveau anéantis, étaient encore une fois
présents à l’enterrement ainsi que le bel étranger. Pratiquement
certaine qu’il serait présent, elle était joyeuse et radieuse. Elle décida de
se lancer, elle apprit qu’il était le fils d’une amie de sa mère qu’il
admirait beaucoup. Il lui avait révélé aussi qu’il venait souvent chez eux
quand il était jeune cependant elle n’avait aucun souvenir de lui. Elle
décida donc de l’inviter à dîner quelques jours plus tard, ce qu’il accepta
avec joie. Au cours de ce
rendez-vous, elle ne se préoccupait plus de la mort de sa sœur, elle était en
pleine admiration devant cette beauté fatale. Elle était amoureuse mais
surtout honteuse. Sa mère et sa sœur étaient mortes et elle devenait
follement éprise d’un inconnu. Ils avaient passé
une superbe soirée quand tout à coup, le téléphone sonna, c’était le docteur
qui lui révélait la cause du décès de sa sœur. Elle avait fait une overdose
de somnifères, elle qui pourtant avait le sommeil si facile contrairement à
Helena…
Gabrielle Isore, 2nde 4
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UNE EPOQUE VRAIMENT FORMIDABLE |
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Du lait, du
beurre et des œufs
Tu vas chercher du lait
chez le crémier, qui te dit bonjour, avec son bidon en alu, et tu prends du
beurre, fait avec du lait de vache, coupé à la motte. Puis tu demandes une douzaine d'œufs qu'il
sort d'un grand compotier en verre. Tu
payes avec le sourire de la crémière, et tu sors sous un grand soleil. Le tout a
demandé 10 minutes. 2009 :
Cela fait plus
d'une heure que tu es parti. Faire un voyage en avion. Tu voyages dans un
avion d'Air France, on te donne à manger et t'invite à boire ce que tu veux,
le tout servi par de belles hôtesses de l'air, et ton siège est tellement
large qu'on peut s'asseoir à deux
Tu entres dans
l'avion en continuant d'attacher ton ceinturon qu'on t'a fait retirer à
la douane, pour passer le contrôle. Tu t'assois sur ton siège, et si tu
respires un peu trop fort tu mets un coup de coude à ton voisin, si tu
as soif le steward t'apporte la carte
et les prix sont ahurissants. Michel
doit aller dans la forêt après la classe. Il montre son couteau à Jean avec
lequel il pense se fabriquer un lance-pierre.
Le directeur
voit son couteau et lui demande où il l'a acheté pour aller s'en acheter un
pareil. 2009 : L'école ferme, on
appelle la gendarmerie, on emmène Michel en préventive. TF1 présente le
cas aux informations en direct depuis la porte de l'école. Discipline
scolaire.
Tu fais une bêtise
en classe. Le prof t'en colle deux.
En arrivant chez toi ?ton père t'en recolle deux autres. 2009 : Tu fais une
bêtise. Le prof te demande pardon. Ton père t'achète une moto et va casser la
gueule au prof.!!! Franck
et Marc se disputent. Ils se flanquent quelques coups de poing après la
classe. 1969 : Les autres
les encouragent, Marc gagne. Ils se serrent la main et ils sont
copains pour toute la vie. 2009 : L'école ferme. TF1 proclame la
violence scolaire, France Soir en fait sa première page et écrit 5
colonnes sur l'affaire. Eric casse le pare brise d'une voiture du
quartier. Son père sort le ceinturon et lui fait comprendre la vie. 1969 : Eric fera
plus attention la prochaine fois, grandit normalement, fait des études,
va à la fac et devient un excellent homme d'affaires. 2009 : La police
arrête le père d'Eric pour maltraitance sur un mineur. Eric rejoint une
bande de délinquants. Le psy arrive à convaincre sa sœur que son
père abusait d'elle et le fait mettre en prison. Jean
tombe pendant une course à pied. Il se blesse au genou et pleure. Sa prof
Jocelyne le rejoint, le prend dans ses bras pour le réconforter.
En deux
minutes Jean va beaucoup mieux et continue la course. 2009 : Jocelyne est
accusée de perversion sur mineur et se retrouve au chômage, elle
écopera de 3 ans de prison avec sursis. Jean va de thérapie en thérapie
pendant 5 ans. Ses parents demandent des dommages et intérêts à l'école
pour négligence et à la prof pour traumatisme émotionnel.
Ils gagnent les deux procès. La
prof, au chômage est endettée, se suicide en se jetant d'en haut d'un
immeuble. Plus tard, Jean succombera à une overdose au fond d'un
squat!!! Arrive le 25 octobre.
Il ne se
passe rien. 2009 : C'est le
jour du changement d'horaire : les gens souffrent d'insomnie et de
dépression.
Après avoir passé 15 jours de vacances en
famille, en Bretagne, dans la caravane tractée par une 403 Peugeot, les
vacances se terminent. Le lendemain tu repars au boulot, frais et dispos.
Après 2 semaines aux Seychelles,
obtenues à peu de frais grâce aux « bons vacances » du Comité
d'entreprise, tu rentres fatigué et excédé par 4 heures d'attente à
l'aéroport, suivies de 12 heures de vol. Au boulot il te faut 1 semaine pour te remettre
du décalage horaire. Comme dit l'autre : On vit une époque vraiment formidable ! |
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La GAZETTE D’EMMA |
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