SOMMAIRE DE LA CAUDRIOLE N°34
Mai – Juin – Juillet – août 2011
Illustration BD page 2
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Patrick MERIC
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JEUNES |
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Poèmes …
page 3
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Collège R. BARRAULT |
Le Solitaire
page 4
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Manon DENHEZ |
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Un
drôle de colis page
5-6 |
Aline GODIN |
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Les
Z’animots de juliette et zoé page
6 |
Denise JARDY-LEDOUX |
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Un
enfant :mais tout seul page
7 |
Orlane TOUPART |
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HUMOUR-PATOIS |
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Le chaînon manquant page 7 |
Joel HERBIN
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Not’ factrice page 8- |
Marcel LESAGE |
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Jardinage page
9 |
André NOIRET |
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Une chance
page 9 |
Julien BURY |
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Chassez Croisez page
10 |
GRASJACQ |
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ADULTES |
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Noble essence page 11 |
Daniel CARLIER |
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La calomnie page
11 |
M.A LABBE |
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La mer
page 12 |
Gaston GREUEZ |
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Pour L
page 12 |
Anthony CANONNE |
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Marylin page 13 |
Marie GUILLAUMON |
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Une personne que j’adore page 14 |
Maryse MARECAILLE |
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Il pleut … page 14 |
Jean-François SAUTIERE |
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Se retrouver seul page
15 |
Jeanne FOURMAUX |
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Hélène
page 15 |
HERTIA-MAY |
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Mes jeunes années page
16 |
Charly WALL |
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Les lauriers page
16 |
Monique CIOLKOWSKI |
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Le son de sa voix page
17 |
Stéphanie BONNEVILLE |
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Le lac triste page
17 |
SAINT-HESBAYE |
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La vie est une contradiction page
18 |
CLARISSE |
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La roulotte page
18 |
Muriel MARIN |
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Le tilleul du manoir page 19 |
Jean – Charles JACQUEMIN |
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Mère indigne page 19 |
Christelle LESOURD
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NOUVELLE |
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Mon départ pour Dijon page 20-21 |
Thérèse LEROY |
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La maison de campagne
page 21 |
Gérard ROSSI |
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La gazette d’EMMA page 22 |
M.A LABBE |
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Derrière la porte page 23-27 |
PASCAL |
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Survivre
page 28-30 |
Hector MELON D’AUBIER |
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Le piquet
page 31-32 |
Marie José WANESSE |
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DIVERS |
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MDA page33 |
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POEMES
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Le Solitaire |
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En
l’an 2046 les prisons n’existent plus et les prisonniers sont emportés dans
des villages clôturés de fils barbelés touchés par la radioactivité. Simon
Corey est un condamné pour un crime qu’il n’a pas commis. Un jour, les
officiers chargés de lui rendre la vie plus supportable lui amènent une femme.
D’abord hostile à son égard, il finit par l’apprécier jusqu’au moment où les
officiers lui apprennent que son procès est ajourné et qu’il est libre.
Refusant de partir sans Alicia, sa seule amie, Simon voit avec horreur les
officiers lui tirer dessus, elle n’était qu’un robot. Simon
Corey, arrivé dans un fade et mystérieux village de l’Amérique où sont logés
tous les détenus, commence tout d’abord par aller voir un prisonnier qui
n’avait pas trop l’air méchant : -« Bonjour…
Je suis nouveau et je voudrais savoir comment ça marche ici ? Les
officiers ne m’ont rien expliqué » demanda d’un ton poli Simon. -« Bouge
de là ! » lui rétorqua t-il. Corey
préféra ne plus s’approcher des autres et de se débrouiller seul. Il vit une
petite maison miteuse, mal éclairée, qui contenait à peine l’eau potable. Il
entra, visiblement il n’y avait personne, il installa ses affaires, inspecta
la maison d’un coup d’œil, puis y resta jusqu’au lendemain.
Il se
dirigea vers un homme, la trentaine, aux cheveux blonds, sales : -« Bonjour
je m’appelle Simon Corey » dit-il. -« Salut,
t’es nouveau ? » lui répondit-il. -« Oui,
comment ça fonctionne ici ? Pour manger ? » -« Pour
manger, un officier passera tous les lundis matin pour te donner ton repas
pour la semaine, le reste tu fais ce que tu veux, mais dans ce village perdu,
néfaste, il n’y a rien à faire. » Simon
se retira sans même dire merci et cette fois-ci alla dans la direction d’un
officier : -« Que
pouvons-nous faire dans ce trou maudit ?! » s’écria-t-il. L’officier
grand et robuste se retourna d’un pas et s’écria à son tour : -« Rentre
chez toi et laisse-nous tranquille, ça sera mieux pour tout le
monde ! » Simon
obéit, rentre chez lui. On
était dimanche, demain était le jour du repas. A neuf heures pile, on frappa
à la porte en bois à moitié trouée et mangée par les termites. Simon alla
ouvrir, il vit un officier avec, à la main, un grand sac, double des autres
où, à l’intérieur, il y avait de la nourriture et partit sans donner
d’explications. Alicia
se trouvait ici, sur le seuil de la porte, elle demanda : -« Puis-je
entrer ? » Simon
la fit entrer, il rangea la nourriture dans les vieux tiroirs poussiéreux,
puis ils s’installèrent tout deux sur une chaise puis commencèrent une
discussion. Ils se
sont présentés l’un à l’autre et ont tous deux dit pourquoi ils étaient
ici ; Simon précisa qu’il n’y était pour rien dans ce meurtre. Alicia,
elle, était là car elle avait été prise à plusieurs reprises en train de
trafiquer des sites internet atteignant la NASA, du moins c’est ce qu’elle
disait. Les
jours, les mois, les années passèrent. Simon trouvait Alicia tous les jours
plus belle et plus attirante. Elle était une fille adorable, une femme gentille,
séduisante et qui aime beaucoup rire. Un jour
pluvieux, accompagné d’un brouillard très épais, deux officiers entrèrent
dans la piteuse maison où vivaient Simon et Alicia. -« Monsieur
Simon Corey, exporté le 26 juin 2046, est maintenant libre ce 15 décembre
2051 » dit un des officiers. Simon resta bouche bée, si heureux ;
prit Alicia par la main en s’écriant : -« Alicia !
Nous sommes enfin libres ! » Alicia ne disait rien. L’autre
officier dit d’un ton agressif : -« Cette
jeune femme reste avec nous. » Simon hurla qu’il ne partirait pas sans
Alicia. L’officier,
avant de s’en aller, regarde fixement Simon en lui disant : -« Dix-huit
heures, sur la place » puis quitta la maison. Le soir
à cette heure, ils se trouvèrent sur la place. Une rangée d’officiers se
trouvaient là. Un de ceux-ci fit un signe de la tête, un autre brandit une
arme et tire sur Alicia, Simon vit que cette femme n’était qu’un robot. Anéanti,
il rentra chez lui le soir même, et ne parla pas pendant un ou deux ans,
tellement choqué par ce qu’il s’était passé. Il fut
transféré en hôpital psychiatrique, il perdait la tête. Manon Denhez - 2nde
4 |
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Un drôle de colis |
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Sophie Way était une journaliste d’une
trentaine d’années, qui avait su se faire un nom dans le monde des
médias ; elle voyait dans sa carrière un moyen de s’évader. Son travail
occupait une place prépondérante dans sa vie. Une vie de famille ?
Quelle horreur ! Sophie aimait vivre au jour le jour.
Sa vie amoureuse ne se résumait d’ailleurs qu’à une brève amourette avec un
de ses collègues. Elle en souffrait, mais se forçait à penser que le mariage
ne lui apporterait rien, sinon un vaste trou dans son compte en banque. Bref,
Sophie se suffisait à elle-même et continuait sa brillante carrière, seule. Jusqu’au jour où elle découvrit un
colis où était inscrit « S.W. » au marqueur noir dans sa boîte aux
lettres, sans adresse, bien coincé dans le clapet. Elle s’en saisit vivement
et le soupesa. 200 grammes, jugea-t-elle en son for intérieur. Elle hésitait
à aller à la Poste pour s’informer de cet envoi, mais mourait d’envie d’en
découvrir le contenu. Elle opta pour la seconde solution et remonta donc chez
elle. Munie du beau couteau suisse de ses 15 ans, elle découpa délicatement
le carton entouré de scotch noir, soigneusement emballé. Elle découvrit dans
la lumière blanche de sa cuisine un sachet congélation noyé sous une forêt de
polystyrène. Elle prit délicatement l’emballage et fit glisser l’ouverture.
Elle extirpa une chose dure et froide du sachet ; après quelques
secondes d’étonnement, Sophie cria et lâcha l’objet, qui se révéla être une
main ! Frappée de stupeur, elle prit ses clés et sortit en trombe de son
appartement. Elle marcha jusqu’au parc, et s’assit
pour repasser cet événement dans sa tête. Les pigeons roucoulaient et
picoraient, insouciants, et les enfants jouaient et riaient comme si de rien
n’était ; Sophie se ressaisissait en se forçant à se calmer, mais n’y
parvenait pas. Elle revoyait sans cesse les mêmes images d’horreur, la main
dont le moignon suintait, recouvert de cire. Même la légèreté de l’air ne
parvenait pas à lui alléger ses terribles pensées. Au bout de plusieurs
minutes, Sophie décida de se reprendre en main et d’aller au commissariat
apporter l’objet de ses tourments. Elle remonta la Grand-rue jusqu’à son
appartement. Avant d’entrer chez elle, elle prit une profonde inspiration et
appuya fermement sur la poignée. Elle entra le cœur battant, se dirigea vers
la cuisine, prit des gants et saisit avec un extrême dégoût le membre coupé.
Elle le remit dans son emballage initial et partit au commissariat. Sophie ne put s’empêcher de penser que
son sac contenait une main. Frissonnant malgré la douceur printanière, elle
arriva en quelques minutes. Elle poussa la porte, persuadée de sa future
délivrance. Mais Sophie ne s’imaginait pas un seul instant ce qui allait lui
arriver… Dans l’effervescence du commissariat,
dans le brouhaha ponctué de coups de téléphone, elle s’avança timidement vers
l’accueil et demanda à voir le commissaire. On lui répondit qu’il ne
tarderait pas à rentrer et qu’elle pouvait attendre jusqu’à son retour si
elle voulait vraiment lui parler. Elle alla donc s’asseoir sur les sièges en
simili cuir orange et attendit. Sophie s’apprêtait à partir au bout
d’un long moment d’attente quand un homme d’une trentaine d’années, aux
cheveux brun grisonnant et aux yeux d’un noir profond, fit son entrée dans le
commissariat. Sophie se leva d’un bond et s’avança vers lui. Bonjour Monsieur… commença-t-elle en s’apercevant de sa maladresse. Crew, « Enzo Crew lui répondit-il dans un sourire. Sophie rougit puis se reprit. Bonjour Monsieur Crew, excusez-moi de vous déranger
mais je suis venue dans l’urgence. Il m’est arrivé une chose très étrange.
Puis-je vous voir dans un endroit un peu plus… privé ? Bien sûr. Suivez-moi.
5 Après vous. Sophie entra dans la pièce et s’installa
précautionneusement sur les précieux fauteuils. Le commissaire s’assit en
face d’elle et dit : Bon. Je suppose que
votre venue n’est pas une simple plainte, à en juger par votre air affolé. Et bien… ce matin, en
descendant chercher mon courrier, j’ai trouvé un colis coincé dans ma boîte
aux lettres, sans adresse, ni expéditeur. Je l’ai ouverte et… vous aurez
quelques doutes sur ce que je vais vous raconter mais… j’ai découvert une
main, coupée et dont la chair avait été enduite de cire. Sophie grimaça en revivant cet épisode macabre. Le commissaire visiblement étonné
haussa les sourcils. Auriez-vous cette
main ? Elle acquiesça et lui tendit en
tremblant le petit sac gris. Monsieur Crew se leva et alla déposer le sachet
dans la pièce voisine. Il revint s’asseoir en face de Sophie. Je vais vous demander de décrire avec précision
cette découverte. J’aimerais aussi vous demander le nom de toutes les
personnes qui pourraient vous en vouloir et la liste de tous vos contacts. Deux jours plus tard, les analyses
demandées par Crew arrivèrent. Il tomba de haut en les examinant et
s’empressa d’appeler Sophie pour lui demander de venir au commissariat.
Mademoiselle Way… Appelez-moi Sophie. Très bien, mais faites
de même avec moi alors !
répliqua t-il. Sophie commençait à changer de regard
sur les hommes, et ça n’était pas sans déplaire au commissaire… Sophie, ce que je vais
vous annoncer est assez surprenant… C’est un malade mental
qui a coupé cette main, de quelqu’un que je connais, que… Non, ce n’est pas du
tout cela, Sophie, calmez-vous ! La main coupée ne vous
était pas destinée, c’était pour le laboratoire SW situé à côté de chez
vous ; la Poste s’était trompée de destinataire et a livré le colis par
erreur à votre adresse. De plus c’était une prothèse ; très bien imitée,
certes, mais cela en était une ! Aline Godin 3ème 2 |
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Les Zanimots de Juliette et Zoé Denise JARDY’LEDOUX |
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LES
FOURMIS Le
long fil des fourmis T’intrigue. Elles
cheminent Sans
qu’aucun obstacle Puisse
les dévier ; Certaines
disparaissent Sous
des graines Qui
font trois fois leur taille ! Comme
elles alors Tu
tentes de déplacer La
grand table du jardin |
LE CHAT, LA CHIENNE Le
chat du voisin A
choisi la pelouse Pour
se chauffer Dans
les rayons Du
soleil d’été. Heureusement La
chienne n’a pas vu La
tache noire et blanche Que
sa fourrure fait Dans le jardin |
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Un enfant : mais tout seul |
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Cela fait trois ans que je
l’attendais : ma femme était enfin enceinte. Je cherchais, il y a cinq
ans une femme jolie, intelligente, gentille, une femme sans défaut. Et c’est,
il y a quatre ans que j’ai rencontré Véronique. Elle était douce et charmante. Elle voulait aussi un enfant. Elle
préférait une fille, moi un garçon. Et, il y a trois ans ceci est arrivé. Tout se passait si bien quand soudain,
à six mois de grossesse Véronique se fit diagnostiquer une maladie qui
pouvait la tuer, elle ou le bébé. Le temps passa et véronique se sentit
de plus en plus mal au fil des semaines. Son terme arriva. Elle accoucha avec
beaucoup de difficultés ; mais quand je suis arrivé dans la salle
d’accouchement, il fut trop tard. Elle était morte mais le bébé vivant pleurait. C’est pour cela que depuis trois ans,
je m’occupe de Benoit, mon fils, seul. En pensant chaque jour à ma Véronique.
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Le chaînon manquant |
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Un
paléontologue Cherchait
depuis longtemps A
faire un catalogue De
tous les êtres vivants. Darwin,
il avait lu Tout
lui était connu De
toute l’évolution De
toutes les espèces. Il
lui manquait un pion Pour
terminer sa messe. Car
après les grands singes,
Avant
l’homo sapiens C’est
à devenir fou ! Il
avait beau chercher Jamais
il ne trouvait Pourtant
tout s’enchaînait ! Après
les bactéries Et
les paramécies Les
algues et les poissons Reptiles,
iguanodons Les
mulots, les cochons… Tout
rentre dans l’tableau. Puis
il lut les journaux ; Il
vit des militaires Qui
partaient faire la guerre. Il
vit des hommes d’affaires Et
beaucoup de banquiers, Des
hommes politiques Qui
vantaient leurs boutiques. Alors
il fut inquiet En
découvrant les faits : Chômage
et pollution, Misère,
malédiction. C’est
alors qu’il comprit : Nous
sommes tous des fous L’chaînon
manquant, c’est NOUS !
Joël Herbin |
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Not’ factrice |
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Nous,
notre facteur, c’est une factrice. Pas
une femme à faire des caprices, Avec
elle, on a notre courrier Toudis
à l’heure, ben régulier !
Assise,
ben droite, sur s’bicyclette. Pas
une femme à faire des chichis, Quand
il fait beau, elle a l’sourire, Mais
quand il pleut, elle l’a aussi. Elle
essuie l’verre de ses lunettes ; Les
gouttes d’eau, au creux d’ses fossettes. « Bah :
qu’elle dit, j’ai déjà vu pire ! » Elle
est chargée comme un baudet ! Devant,
derrière, tellement d’paquets Qu’elle
ne sait plus à du les mettre ! Des
grandes enveloppes, des cartes, des lettres, Des
catalogues et des réclames Dans
du plastique, ben entortiés, Qui
vous disent : « vous avez gagné ! Quelle
chance vous avez, madame ! Faites
une commande, dépêchez-vous, Vous
recevrez : un riche bijou, Une
chaîne Hi-Fi, une belle auto Si
vous avez l’bon numéro. » J’foutros
tout ça à la poubelle, Mais
m’femme, elle marche à tous les coups, Elle
a des colliers plein son cou, Et
des bernoulles, plein ses amelles ! N’empêche
que c’est du gaspillage Et
pour les facteurs, plus d’ouvrage Sans
compter qu’il faut sacrifier Combien
d’arbres pour faire tout s’papier. Pour
en revenir à notre factrice Qui
remplit si bien son service, Elle
fait partie de ces bonnes gens Qui
nous apportent en supplément Leur
sourire et leur amitié. Et
même si les nouvelles qu’elle donne Elles
sont pas toujours des plus bonnes, On
est content de l’voir passer !
Marcel Lesage |
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Jardinage et poésie |
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Il est des jardiniers poètes. C’est le
cas d’André Noiret, secrétaire des Jardiniers caudrésiens, qui a déjà écrit
quatre chansons. Cette fois, le prix régional de fleurissement remporté par
les Courtils lui a inspiré un poème, « Le
Trophée », dont voici un
extrait : « Aux jardins collectifs, aux jardins familiaux On y fait son bonheur, on y fait son trésor Sans calquer sur la mode, mais cultivant le
bio : Il en est des récoltes qui valent bien de
l’or ! (…) Nous voici regardant ce trophée bienvenu Qui arrive à Caudry, ce coin de paradis, Récompense de tous nos jardins entretenus, Dans nos jolis courtils, dans nos courtils
fleuris. »
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Une chance |
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Dans un regard
inconnu On peut y mettre son
âme à nu Trouver des pansements
invisibles Pour se sentir fort,
même invincible On peut toujours s'en
sortir Il faut garder ce
long soupir Il suffit d'un peu de
courage Cela peut créer des
ravages Donner l'image d'une
personne Ecouter son coeur qui
résonne C'est important Laisser aller ces
sentiments Je n'y arrive pas Il est interdit de se
dire ça Foncez tête relevée Montrez votre bon
côté Cachez votre peur Ouvrez votre coeur,
sans ardeur Tout dans la douceur Un jour viendra, où
l'on sonnera votre heure Julien
BURY |
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Chassez, croisez…Dans Caudry embourbé. |
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Curieux cet
hiver : digne des grands classiques du temps jadis. Dans les veillées de
Noël, blottis au coin de l'âtre, nos aînés nous les contaient jusqu’à l’aube
rougeoyante. Tant et si bien qu'à force on ne les croyait plus. Ils étaient
devenus d’immaculées légendes à peine crédibles, craintes et adulées tout à
la fois mais sont devenues d’autant moins convaincantes que le réchauffement
climatique a fait fondre depuis quelques douces décennies leur aura de glace.
Par un coup de baguette magique, les voilà ressuscités, vêtus de blancs
linceuls dignes d’Adamo, allégoriques, mais l’échine courbée sous le fardeau
d'une cruelle réalité... Au
quotidien, c'est à qui nettoie son trottoir le plus tôt possible ou se décide
à la dernière minute si d'aventure la pluie salvatrice tarde trop pour
relaver la misère à grandes eaux. Les plus courageux, grands solidaires devant l’éternel, raclent
la neige au millimètre près en amoncelant des tas, des collines Vosgiennes
dans le caniveau jouxtant leur demeure irrémédiablement menacée par
l’imminente avalanche....Pitoyables et éphémères reliefs que le chasse-neige,
d'une vindicative et irrésistible poussée hercynienne, détruit lors de son
passage nocturne et renvoie
impitoyablement dans la bordure comme Waterloo mornes plaines...D'autres,
apparemment moins solidaires, plus économes de leurs vains efforts, attendent
patiemment le retour du printemps, et laissent les collines enneigées
concurrencer allègrement les sommets alpins, quitte à ne plus sortir avant
perpète inclus la voiture de son cocon douillet…. Les
citoyens de troisième catégorie, messieurs muscles en puissance, purs et
durs, expédient la neige, à grandes pelletées, dans leur
propriété....Histoire de déblayer la chaussée meurtrie d’un seul coup d’un
seul ! La perfide poudreuse escalade alors les murets, s'amoncelle
insidieusement sous les boites aux lettres,
s’invite même dans la boite sacrée, espérant par là même qu'elle
confèrera au courrier devenu rarissime le statut de nouvelles fraîches…Mais
pour se faire, il faudra attendre le passage du facteur lui aussi
englouti sous la montagne du courrier
en retard et la barbe blanchie par le solstice d’hiver. Et le sel
dans l'affaire du moment ? On n'en
trouve plus en Cambrésis, se raconte-t-il ces temps-ci, dans les médisantes
chaumières ! Si ce n’est
que sur l’occiput des têtes blanches invitées, comme le veut la tradition, au
réveillon de Noël… Grasjacqs
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NOBLE ESSENCE |
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Un
chêne sagement commentait les saisons ; « Je
savoure Cérès et ses tièdes soirées, En
automne chéris les teintes mordorées
Puis
décembre me vêt d’une blanche mouture Qu’un
printanier soleil, fidèle aux
feuillaisons, Rétablit
en ondine adepte d’égoutture. Mes
branchettes, mon fût, par la faune adulés, Offrent gîtes, couverts, sans ordres
libellés. » L’arbre
à bon escient chérissait la nature. II « J'administre,
ma foi, respectueusement ; Ma
riche frondaison, rayonnante faisselle, De
la clarté du jour filtre quelque étincelle Afin
d’enluminer les tapis d’ornement ; L’écorce
de mon tronc caresse l’épiaire, Informe
le bouvreuil piaffant plaintivement Que
le bruit porte ombrage à tout silentiaire. » …Et
les siècles passaient, hissaient haut le niveau ; Il
semblait évident, qu’en ce sain baliveau Circulerait
toujours un sang nobiliaire. Daniel CARLIER |
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La calomnie |
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Brûlante,
cuisante, la blessure échancrée Eructe
la bave qui s’écoule du mont Ragot Entraînant
tout aussi sûrement qu’un brûlot Les
mensonges sournois glissant pour supplicier Mille
langues ravinent la colline, venimeuses S’insinuant
au détour d’une accusation S’infiltrant
par le biais d’une machination Erigeant
d’un calvaire, les marches douloureuses Souillé
sous les vomissures de la perfidie Sali
dans les manipulations insidieuses Humilié
par la nauséabonde fourberie L’honnête
homme, torturé par la malveillance Les
reins cassés par toutes ces pratiques haineuses Crie,
la tête haute, le front pur, son innocence. Marie-Antoinette Labbe 2005
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La mer |
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Combien de poètes et de chanteurs ont été fascinés
par la mer Et s’en sont inspirés dans leurs œuvres… Elle est si belle cette mer, avec ses reflets
d’argent et ses blancs moutons Lorsque le flux se produit parfois limpide comme une
tache d’huile ; Mais si vite houleuse lorsqu’elle se met en colère. Lorsque le soleil luit, on dirait des pointes
d’argent qui scintillent sur elle. Lorsqu’il se couche sur l’horizon, on a l’impression
qu’une boule de feu est au dessus d’elle. Oui, la mer… Combien de bateaux la fendent ; elle sert de
lieu de travail comme route de plaisance.. Et chaque navigateur qui la prend la découvre
toujours sous un jour nouveau. Et pourtant elle se déchaîne parfois et il faut voir
ses immenses vagues et ses embruns Qui viennent claquer sur la digue comme si elle
voulait en prendre un morceau… Puis, comme par enchantement elle redevient docile A marée basse on peut fouler le sable et venir lui
dérober ses coquillages Lorsque la marée est haute, elle s’amuse de nous
voir peureux de l’affront J’ai toujours été attiré par la mer, elle est à
l’origine de vocations Et quand les voiliers multicolores font joujou avec
elle Elle se contente de les aider avec le vent. Oui, je passerais ma vie A regarder la mer. Gaston Greuez
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On
y est c’est le printemps, Enfin
c’est le retour du beau temps. Ca
nous change, Où
tout était recouvert par la neige. Ce
qui ne change pas, C’est
les sentiments que j’ai pour toi. Ce
que je ressens à ton égard Ne
cesse de prendre de l’ampleur. Tout
comme le bonheur, La
douceur… Aucun
pleur, En
tout cas, pas de larmes de peine… Ce
que j’aime, C’est
apercevoir la joie de vivre Sur
ton visage, Lorsqu’on
est ensemble. Ensemble,
on écrirait NOTRE livre. A.Canonne |
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Les volants d’une robe blanche volent au
vent. Un vent de pureté venant des profondeurs
de la ville. Elle est belle, envolée et pure. Sa chevelure blonde ondule dans l’air du
temps. Sa voix virevolte sur des airs de
sensualité. Egérie féminine, hors du temps, elle le
laisse filer entre ses doigts. Elle n’a aucune prise sur sa vie et ne
vit qu’au travers d’images de cinéma, de clichés, d’apparences. Sa présence est fictive et éphémère,
elle flotte sur les eaux de sa vie volée. Elle se nourrit d’Art et en est la muse. Les mots ne la pénètrent pas, ils ne
parviennent à dépasser ses lèvres charnues que très rarement. Alcool et médicaments l’enivrent et la
font exister. Elle court à sa perte et se perd à
chaque pas qu’elle fait. Elle n’est plus qu’une image, une icône,
son corps est fictif. Elle achèvera cette fiction sur fond de
chambre d’hôtel immaculée. Les volants de sa robe blanche ne volent
plus.
Ils sont lisses
et le tissu coule sur ses jambes. Elle entrevoit
une lumière, mais celle-ci lui est inconnue. Plus de spots de
plateaux de tournage, plus de flashes d’appareil photo, la lumière rouge
de la caméra est éteinte. Elle ne vit
plus, mais c’est alors qu’elle revit. Son au-delà est
au-delà de ses espérances, elle renaît sous sa forme la plus pure. Les mots sont
ici inutiles, seule son âme l’a sauvée. Son âme que les
médias et l’alcool n’ont pu lui voler. Les hommes sont
sortis de son paysage et elle se tient debout, là, à l’entrée du paradis, de sa vie qui
peut enfin commencer. Paysage lunaire,
où le blanc de sa robe se mêle au vent, à la poussière. Elle avance à
petit pas, au ralenti. Elle n’a plus
peur, mais jubile à l’idée d’être enfin elle. Son corps n’est
plus, mais elle prend enfin vie, à l’endroit même où la mort l’a prise.
Mais
quelque chose semble la bloquer, ses pas ne la font plus avancer, elle reste
là. Une
voix pénètre son esprit et compresse ses pensées. Elle
ne pense plus, son esprit divague. Ses
jambes frêles et fragiles tremblent, elle ne peut entrer dans ce nouveau
monde qui
lui ouvre ses portes. Et
soudain, un flash, ce sera le dernier qu’elle verra. Elle
le voit, lui, dans son costume présidentiel. Il
est droit, fier, digne, aux côtés de son épouse. Cette
image s’efface et laisse la place à l’homme en peignoir sortant du lit. Une
rose posée sur l’oreiller, symbole de cette union cachée. Tout
devient alors très clair : Elle
l’aime, l’aimait et regrette de ne pas lui avoir dévoilé cet amour. « Je
t’aime » sont les derniers sons mélodieux qui sortiront de sa bouche. Elle
n’est plus l’actrice, elle n’est plus la chanteuse. Elle
est La Femme. Marie GUILLAUMON |
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Une personne que j’adore |
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Mon
amie Christine Moi
qui vous estime Vous
méritez le bonheur Car
vous avez bon cœur Vos
enfants vous aiment tant Qu’ils
ne deviennent pas méchants ! Malgré
vos malheurs Et
vos douleurs Que
vous rencontrez ! Vous
les surmontez Où
trouvez-vous le courage Dans
tout ce carnage ? Vous
êtes très forte Et
claquez la porte Pour
vous faire entendre Le
droit de vous défendre Vous
vous battez avec efforts Et
sans le moindre remord Malgré
votre grand peur Vous
aurez tout en votre faveur Vous
travaillez à vous épuiser Et
vous abimez la santé Pour
gagner quelques sous Quelle
vie de fou ! Quand
on se voit On
parle de soi Vous
me remontez le moral Certains
jours qui vont mal On
se comprend beaucoup Car
on parle de nous Cela
fait beaucoup de bien Malgré
notre vie de chien. Maryse MARECAILLE |
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IL PLEUT |
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Il pleut sur la
route... Dans la nuit j'écoute L'ombre lente de tes
pas. Des rubans d'automne Enroulent Pomone Qui, sage, ne s'en
plaint pas.
L'espace s'élance, Cher vieux compère du
temps. De nos amours mortes Fuyant sous les
portes, Seuls resteront les
instants. La ronde anodine Vivant de rapine A dérobé nos
chansons, Nos rires, nos
peines, L'eau de nos
fontaines Et l'or simple des
moissons. Y reviendras-tu Bon bonheur têtu Toi, meilleur ami de
l'homme, Refaire ton nid Dans l'arbre infini Où l'on est si bien,
en somme ? L'été fond la route. Dans la nuit je goûte La présence de tes
pas. Le ciel est lumières D'étoiles premières … Et l'Amour ne s'en
plaint pas. JF SAUTIERE 30/10/2010 |
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Se retrouver seul |
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Après
avoir traversé ensemble bien des épreuves Quand
arrive la vieillesse, peu à peu on se retire du monde. On
vit à deux, dans un petit cocon, avec nos manies, nos habitudes. On
ne se quitte plus, on fait tout ensemble, Jamais
on ne se prépare à l’idée, qu’un jour, l’un de nous deux partira. Alors,
lorsque l’on se retrouve seul, on se sent abandonné. Tout
s’écroule, on ne comprend plus rien, Le
choc est trop fort, trop douloureux. C’est
difficile à admettre, et personne ne peut comprendre votre état d’âme
On
a besoin de parler, de parler du passé. On
n’a plus envie de vivre, et l’on craint la folie. Puis
ce sont les angoisses, la déprime qui s’installe Et
la solitude devient, jour après jour, un fardeau. Parfois
on fait semblant que ça va mieux, Et
pourtant il faudra du temps, Se
battre avant que la plaie soit cicatrisée. Un
tel désarroi ne devrait jamais exister. Jeanne Fourmaux |
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Hélène |
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Tant de peine, chère Hélène. Par delà champs et
plaines, Guidé par ta chanson, je volerai, vilaine : Tes sabots creusés par le rabot d’un luthier Tes sabots blancs tintaient le long des peupliers Il me venait de toi, cette diaphane image Une sage nymphe au doux et mince corsage L’échancrure ornée d’un fil de laine en collier Affreux présage d’un corbeau près du ruisseau ! La belle reine avait, dommage, le cœur frivole. Rendue folle du plumage d’un jouvenceau, Partit une nuit, guidée par les lucioles. Cœur de Troie, malgré toi, je serai ton sauveur. Rompre le charme de tes godillots, je pense. Et m’engage à revoir ta rage et la rondeur De tes mollets danser haut jusqu’à la nuit dense.
Hertia May 2006 |
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Mes jeunes années |
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Mes jeunes années ont couru dans les
chemins de traverse et de vertes allées. Dès les premiers rayons du soleil,
dans les bois, les champs et les prés, les oiseaux du ciel entamaient leurs
premiers chants d’allégresse, et bien souvent un vent léger s’élevait,
entraînant de beaux petits nuages dans un ciel tout bleu. Au loin, le bruit d’une
moissonneuse-lieuse tirée par deux chevaux de trait, coupait un champ de blé
pour en faire des gerbes bien alignées. De jeunes enfants en sandalettes
suivaient l’attelage, pour ramasser dans leurs petites mains quelques
poignées de brins d’épis. Leurs pieds et leurs mains étaient
écorchés par les fétus de paille profondément enracinés.
Maintenant, mes jeunes années sont
passées. Dans le champ, la moissonneuse-lieuse
avec ses deux chevaux de trait s’est tue. Aujourd’hui, de gros engins
fauchent les blés et retournent la terre dans la même journée. Mais une chose est sûre, le vieux
moulin de mon enfance, lui, vient de retrouver une nouvelle jeunesse, il
tourne au gré des vents, grâce à ses ailes toutes neuves. Oh !!! S’il vous plaît, qui peut
me procurer des ailes, pour retrouver une nouvelle jeunesse. Charly Wal 08/12/02 |
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Les lauriers |
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Au
bois nous irons Cueillir
les lauriers Avec
mon père, tu auras le choix Des
couleurs soyeuses Des
blancs des roses de pourpre habillés, Damoiselle
jolie remplit un plein son tablier,
La
belle que voici chantait de tout son cœur Entrait
dans la danse, A
petits pas cadencés, Gracieuse
élevait sa petite menotte Légère
pour un menuet ; Hélas
son prince charmant Oublia
et le jour et l’heure De
leur rendez-vous, son cœur s’est envolé ; Sentant
bon le parfum des bois et des fleurs, La
belle courait vers sa maison Cueillir
et ramasser avec son père Les
lauriers déjà coupés Emplir
un plein son tablier et panier Légère
joyeuse, partager avec son bien aimé. Monique Ciolkowski Cambrai le 01/09/2008 |
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Le son de ta voix |
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J’ai
entendu une voix, Elle
était loin et tout près à la fois, D’une
douceur bouleversante, Comme
un homme malheureux qui chante. Au
loin sa voix résonne, Les
syllabes se déchirent, Me
laissant comprendre l’ombre des consonnes, Et
les syllabes s’éclaircirent. J’arrive
à entendre mon prénom, Qui
peut être cet inconnu ? Pourquoi
m’a-t-il choisie pour me parler ? Quel
est le secret qu’il veut me révéler ? Pourtant
cette voix me rappelle quelqu’un, Une
personne que je n’ai vue qu’une seule fois, Dont
je suis subitement tombée amoureuse, Et
il fera sûrement partie de mon destin. Stéphanie Bonneville Août 2005 |
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Le lac triste |
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Couraient
folles, Caressant
le miroir Où
chaque soir Passe
fugitive Une
barque pensive. Saint-Hesbaye |
La vie est une contradiction :
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Couplet 1 : La vie est une contradiction Hier encore tu te disais « qu’est
ce que j’ai été con » Et maintenant te v’là qui pense
« finalement j’ai peut-être eu raison » Un soir tu t’es accroché à un garçon Et aujourd’hui tu te rends compte que ce
n’était pas le bon Couplet
2 : La vie c’est qui dit oui, qui dit non
Et puis le lendemain tu touches le fond Tu restes pleuré à la maison Et puis soudain te v’là partie avec ton
baluchon Rome, Paris, New York, et pourquoi pas
Lannion Refrain : C’est tout un oui, tout un non Un jour, un lendemain un peu trop con Y’a les filles, y’a les garçons Sortons les jupes, les pantalons Moi j’aime le rose, et puis toi le
marron La vie est franchement une belle
contradiction Couplet
3 : Un jour t’as rêvé d’être Céline Dion Le lendemain je te découvrais menuisier
et puis maçon Hier tu étais passionné de violon Et aujourd’hui te v’là à jouer de
l’accordéon Tu veux que je te dise mon
pti’Lusson ? La vie est franchement une sacrée
contradiction Clarisse LE :16/03/2008 |
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LA
ROULOTTE |
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Au vent mauvais, au vent des alizés, Roule sur les chemins, la roulotte, Un sourire, il s’étonne le père Hulotte,
Sa vieille mule à la crinière frisée. Point arrivé le poisson, jusqu’à nous, Peuchère disent certains, la lote! Par les vents, freiné le père Hulotte, Attendre, pour un poisson dégoût ! Pour une vulgaire odeur de Loulou! Décoiffé, les cheveux, il en a assez, Loin de sa Dame, sa chère amie Lolotte, Cousant et recousant sa vieille culotte, Pour son cher homme au cœur lassé, Charriant les vivres avec sa mule racée. Un vieil homme usé, sans peur, sans Tisé, Roule sur les chemins, la roulotte, Un sourire, il s’étonne le père Hulotte, De parvenir à se trainer, loin des alizés, Sa vieille mule délaissée, âgée, vieille
Tizé. Muriel MARIN 02/03/2011 |
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Le tilleul du Manoir |
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Dans mon jardin d’un peu plus de dix ares, Sont en bonne place le romarin et l’aneth. Jadis la propriété non morcelée possédait une mare, A l’heure où l’on s’inquiète du devenir de la
planète.
A heureusement au bout de mon jardin gardé ce
tilleul, Où furent coupés et sacrifiés tant d’arbres ; Cet être vivant reste malheureusement le seul. Il est énorme, immense et magnifique. Il ne fut pas épargné par la foudre. Cet arbre a été planté juste après la découverte de l’Amérique Mais malgré les guerres, il n’a pas subi la poudre. Avec ses fleurs et son feuillage il est très beau, Il dégage des senteurs multiples. C’est l’habitacle des tourterelles et des
oiseaux ; Au milieu de cette langue verte, un parfum
irréductible. Il est le symbole de l’amitié et de la fidélité. A connu le roi Louis 16, et la révolution, Suffisant pour se moquer du temps, quel est son
secret ? Des siècles pour abattre ce colosse, de la
démolition. Une vingtaine de générations a croisé ce monument. Sa tisane permet de lutter contre la nervosité et
l’insomnie, Espérant aux valeurs et à la protection de
l’environnement, Lui donneront l’occasion de célébrer ses ans à
l’infini.
Jean Charles JACQUEMIN Alias Jean Charles de BEAUMONT |
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MERE INDIGNE |
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On pourrait croire à un mirage Puisque je ne verrai jamais ton visage. Maintenant, je ne dors plus la nuit Et je me maudis. Tu aurais pu égayer ma vie Si je te l’avais permis. Mais je ne voyais que les difficultés Et je ne pouvais ou ne voulais t’assumer. Et pourtant, je t’aimais déjà. J’imaginais tes premiers pas, Ton premier mot En réponse à tous ses maux… Mais je n’avais rien à t’offrir Je ne pouvais que te faire souffrir. Je devais réagir Et j’ai choisi le pire. Je ne peux retourner en arrière Mais je garderai toujours cette douleur amère Je ne pensais pas souffrir à ce point En tuant notre destin commun. Même si tu penses le contraire, Mon esprit t’a rejoint Car depuis, il erre Toi, mon Prince ou ma Princesse, Tu es devenu ma Faiblesse.
Christelle LESOURD |
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Mon départ pour
DIJON |
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Depuis
deux heures, je tourne dans la maison, incapable de me décider. Je pars à
contrecœur. Je quitte mes racines. Il a
encore bien gelé, ce matin ! Les vitres de la voiture sont couvertes d’une
couche de glace qu’il me faut gratter avec les moyens du bord, tandis que mon
chien attend patiemment, assis sur la banquette arrière. Je
laisse ma maison à regret… Que
des camions sur cette foutue route ! Le soleil trop bas m’aveugle. Mes yeux
fatigués de tant de lumière se plissent pour chercher la bonne direction dans
le dédale des grandes villes. J’ai dépassé Guise, puis Laon, cette drôle de
ville médiévale divisée en ville haute ceinte de remparts et en ville basse.
Je viens de traverser Reims. La douleur commence à crier dans mon dos
engourdi. Derrière, mon chien parait inquiet. Assis, il regarde de tous
côtés, se demandant où je l’emmène ainsi. Il est temps de m’arrêter pour lui
dégourdir les pattes. Bientôt
trois heures que je conduis. Je ne suis pas encore arrivée à Troyes. La
douleur a planté ses crocs dans mon dos. Elle ne veut plus me lâcher. J’ai
beau essayer de régler ce maudit dossier, c’est peine perdue. Je m’efforce de
garder ma carcasse posée contre lui. Je vais attendre d’avoir passé Troyes
pour m’accorder une pause. La voiture dévore les kilomètres. Les feuilles des
arbres courent sur la route entre deux passages de voitures. On dirait
qu’elles cherchent leur chemin. Puis soudain elles virevoltent et s’envolent
en tourbillons effrénés, se jettent et viennent claquer contre le pare-brise
avec un bruit inquiétant d’escarbilles. Y aurait-il un projet de vengeance,
de rébellion contre nos funestes moteurs !? Elles semblent tellement
vivantes, doivent se demander « Mais qui sont ces intrus ! ».
Je
dois reprendre la route. Le ciel se couvre de lourds nuages gris. Là-bas,
tout le long de la ligne d’horizon, une multitude de rais de lumière ont
percé la grisaille, sans doute pour aider quelques anges à descendre ou bien
à remonter. Y aurait-il une réunion au sommet ! ? Je
viens de dépasser Troyes. Il me reste 140 kilomètres à parcourir. Ma voiture
vole dessus la route. J’essaie de respecter la limitation de vitesse mais,
sur ces tronçons qui ressemblent à des autoroutes, c’est tellement difficile
! Le ciel est de plus en plus sombre. Mais du côté des anges, une grande
trouée de lumière s’est agrandie, les rayons se sont élargis. Ils doivent
être bien joyeux là-haut ! Je peux presque les apercevoir. Ma
voiture court comme un cheval fougueux. Au loin, une brume bleutée s’est
posée sur les collines boisées comme un voile de douceur. Mussy : une rivière
s’écoule, paresseuse, sous un pont. Ca y
est ! Je suis en Côte d’Or. Bientôt 6 heures que je suis au volant. Je me
rends compte que je conduis depuis un moment sans faire vraiment attention à
la route. Une douce torpeur a envahi mon esprit. J’arrête le CD de Jacques
Brel qui, trop rayé depuis qu’il use cet autoradio, ne veut plus chanter un
traître mot de « Sur la place ». Un
embranchement et me voilà perdue : Dijon tout droit, Dijon à droite. Ils sont
marrants ici ! Ils font des itinéraires pour les poids lourds. Je fais
demi-tour. Là, sur le bas-côté, un mouvement saccadé de couleurs. Je
ralentis, croyant débusquer un chat. Non, ce n’est pas un chat mais un fier
et magnifique faisan, éclatant de ses plumes de feu. Un sourire me vient aux
lèvres tandis que je le regarde s’éloigner dans l’herbe qui le cache à demi. Niché
au creux d’un vallon verdoyant, Saint-Seine l’Abbaye. Pour l’atteindre, la
route s’est transformée en épingles, longs serpents sinueux qui nous guident
et nous remontent ensuite jusqu’à la sortie. Mon chien ne s’inquiète même
plus de mes arrêts sporadiques pour jeter quelques mots sur le papier. Sur la
banquette arrière, il dort d’un sommeil profond. Un bois s’habille d’automne,
de feuilles d’or en taches pourpre. Je traverse Val Suzon, et les serpents
recommencent leur danse sur la route. Beauté étrange que cet endroit mêlé de
roches moussues et de forêt. Me
voilà arrivée à Dijon. J’aurai mis 7 heures de route pour presque 400
kilomètres. La prochaine fois, je prendrai l’autoroute ou le train ! Je ne
ferai aucun commentaire sur mon séjour à Fontaine d’Ouche, quartier de Dijon.
Sinon que le temps a passé si vite en famille que je n’ai pas encore pu faire
le tour de ce fameux lac Kir, pourtant tout à côté. Que j’envie ces gens qui
vivent en appartement, à n’avoir rien d’autre à s’occuper que leur petite vie
tranquille, sans travaux à prévoir dans une maison qui n’est pas à eux et
sans un immense terrain à entretenir, avec en plus, des parcs à portée d’yeux
et de pas, la campagne dans la ville. Thérèse Leroy 24/10/07
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La maison de campagne |
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A la maison de compagne, au bout du jardin Le clapotis de l’eau du ruisseau,
Doucement le temps s’écoule : on y est
bien Une eau de source intarissable Fait de ce lieu, l’agréable. Des peupliers presque centenaires Bordent ses rives altières L’eau y est claire. Il y a un parfum dans l’air. On se sent à l’aise, Entouré par des champs de fraises C’est ainsi qu’à la campagne, Le stress de la ville s’éloigne Dans le calme qui accompagne Une très belle journée avec sa
compagne
Gérard ROSSI 18 Aout 2009 Diplôme de poésie néoclassique Calonne-Ricouard |

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LA GAZETTE D’EMMA |
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Derrière la porte |
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J’avais entrepris l’écriture d’un
manuscrit. Je me promenais dans des conjectures rocambolesques et mes
rebondissements futuristes étaient multiples. Dans le feu de l’action, j’avais perdu
toute notion de la réalité présente. C’était un grand moment intemporel et
cette romance d’illusionniste me donnait des ailes. Le clavier crépitait sous
tous les mots entreprenants et ils venaient se coucher sur le papier. Je respirais dans l’aventure, j’avais
ma participation active, aux bonnes actions, celle du héros sans peur. Ecrire, c’est comme lire passionnément
le livre qu’on recherchait sur l’étagère de son imagination. On anticipe, on
prévoit, on contourne, on abrège, on développe, on matérialise l’irrationnel
dans des lignes de phrases cohérentes. La blancheur du papier n’est que
l’invite faite à l’encre de s’installer pour le meilleur. Dans cette introspection littéraire,
je n’étais plus solidaire du calendrier, ni l’adepte appliqué des heures de
l’horloge. Je n’étais pas certain du jour ou de la nuit. Mes cendriers étaient pleins. Des
cartons de pizza s’entassaient sur un coin de table comme des estivants sur
la Place Saint Marc, un jour de pluie… Cela faisait bien une dizaine de jours
que je ne sortais plus de chez moi. J’étais dans l’action. Les bruits du
couloir, les chansons des perceuses des bricoleurs du dimanche, le chien
imbécile de la voisine avec ses contrariants aboiements furieux, ne
m’atteignaient plus. J’étais dans l’histoire et j’y étais bien. Je voulais ne
plus jamais en sortir. La fiction relatée était plus belle
que la réalité. J’enchaînais les chapitres comme un forcené libéré et
l’inspiration était la proue de mon écriture emportée. Pourtant, il y avait bien quelques
bruits dans le couloir. Des bruits confus de porte d’ascenseur comme si elle se
refermait sans cesse, de rage de n’avoir pas de client potentiel ou comme si
on la coinçait avec le pied pour attendre quelqu’un qui ne vient jamais. Vous avez remarqué comme c’est
diablement énervant, ces bruits cycliques ? Ils viennent vous perturber l’esprit
avec leurs tapages nocturnes de couloir éteint et ils se plaisent à résonner
dans le silence du moment diffus.
C’est une vraie vipère. Elle a
toujours du mal à dire des autres. Elle n’a plus de salive, c’est de
l’extrait de venin. Rancunière, elle cancane avec ses prières médisantes
ourdies dans des oreilles complaisantes, celles à sa portée. Mais je décidai de l’ignorer aussi. Je ne voulais pas quitter la trame,
l’intrigue si précieuse de mon roman ! Au briquet de mes illusions,
j’allumais une nouvelle clope dans la fébrilité de mes yeux enfumés et je
couchais d’autres émotions embrumées. C’était le dénouement héroïque. J’ai encore entendu mon paillasson
dans le couloir. On le secouait ou quoi ? A croire que la femme de ménage fait
ses travaux la nuit ! Ou alors, c’était dans mon histoire. Je mélangeais
les deux... Ma fin devait être une réussite, l’apothéose
de l’aventure, le feu d’artifice du récit ! Il n’y a pas mon nom sur la porte. Je suis anonyme et sans célébrité
encore, mais je ne désespère pas. Alors, les témoins de Jéhovah, les
colporteurs costumés de tout poil, les recommandés avec accusé de réception,
les pompiers et tout autre emmerdeur en tenue se cassent les dents. J’aime bien entendre leurs appels.
J’imagine leur espoir passager et, tout de suite après, le désespoir montant
qui suit leurs coups de sonnette ! Parfois, je me tiens derrière la
porte et je leur dessine des grimaces de singe ! Je m’amuse. Ils sont à
quelques centimètres et ils acquiescent mes pieds de nez en faisant le pied
de grue. Je danse des sarabandes gesticulantes et ils me supportent sans me
voir, ces cons. Puis, ils repartent, déconfits, déçus
de mon absence trop présente. Certains insistent, comme au
téléphone. Ils sonnent, ils sonnent, ils sonnent comme si j’étais au fin fond
du jardin alors que j’habite un appartement au troisième étage ! Ils se
vengent à titre posthume avec la déception de mon ignorance sourde. Ils sont cons, les obstinés. Ils
baladent leur idée fixe en cherchant la confirmation de leur présence utile
jusqu’à tambouriner contre ma porte. Ou alors, ils sont sûrs de détenir la
vraie Vérité jusqu’à vous la fourbir avec toutes leurs armes fourchues. N’empêche, je ne réponds jamais, sauf
au livreur de pizza. Je reconnais sa voix dans l’interphone. Je le laisse
monter. Je glisse un billet sous ma porte et, en échange, il laisse ma pizza
devant le seuil. Une petite bière ? J’ai soif… J’en étais où, moi ? Il faut
toujours tout raconter, tout expliquer, comme si on avait des comptes à
rendre à la postérité. J’entendais
des « chut » dans le couloir. Il était presque six heures au coin
de mon ordinateur. Six heures du matin ou six heures du soir ? Si j’étais courageux, j’irais bien
jeter un œil dans ce no man’s land mais je pourrais me faire alpaguer par la
voisine avec tous ses soucis d’existence et ses traites impayées, son ampoule
défectueuse et sa télé aux parasites toujours vivants ! Elle tenterait
encore de m’ensorceler avec ses mornes œillades de tenancière de bar louche. Elle est moche comme des toilettes
publiques, un jour de grève de la voirie et elle pue comme une conférence de
trente-six mille putois, déçus de n’être pas entendus ou alors, c’est l’odeur
de son appartement rance. Je pourrais tomber sur un pompier, bon
œil, tout « en galonné » de médailles prestigieuses acquises dans
le feu de ses actions. Il me tendra son calendrier fleuri,
comme le sésame de ma protection rapprochée. Je devrai m’acquitter de sa taxe de
sauveteur professionnel au bon gré de sa précipitation. Vous croyez qu’ils
notent ceux qui ne donnent rien ?... « Lui ? Il n’a rien donné à
la fin de l’année, ce n’est pas la peine de vous presser, les gars… » Ils remplissent un grand carnet à
chacun de leur passage annuel. Ils mettent peut-être des annotations :
Dix euros, venir en dix minutes, vingt euros, venir en cinq minutes, etc…
C’est inquiétant, n’est-ce pas ? De toute façon, avec eux, soit vous
mourez grillé ou noyé… grand brûlé, avec de la chance... S’ils arrosent leurs jardins avec la
même assiduité qu’un feu d’appartement, ils doivent cultiver des
nénuphars ! Ils viennent bien ramasser nos
morceaux quand on se fait exploser sur la route. Ils sont bien emmerdés avec
notre puzzle dans le désordre. Pour tout remettre en place, ils n’ont que
notre carte d’identité. Vous parlez d’un Lego… De toute façon, on est mort. Toute l’année, ils respirent des
fumées nocives. Ce n’est plus un métier, c’est un sacerdoce ! Ce n’est
plus une caserne, c’est une paroisse ! Pour tous ces insuffisants
respiratoires, la retraite est un grand sanatorium ! Mais je n’ai jamais de monnaie,
aussi ! (Sauf pour mes pizzas…) Et puis, je ne suis même pas
propriétaire ! Qu’est-ce que j’en ai à foutre de l’incendie ! Tant
que je ne suis pas dedans… Et puis, laissez-moi écrire ! Ne titillez pas ma conscience avec vos
sarcasmes de sauveteur. Je pense aux vendeurs de Bibles, à ces
prêcheurs hors norme, qui vous fourbissent leurs armes spirituelles dans
l’âme avec des injonctions de payer sous huitaine autrement, à vous les
calamités et les Feux de l’Enfer ! (D’où l’importance des pompiers…) Vingt-quatre volumes, huit cents pages
chacun. Il faut mille ans pour lire tout ça ! Et en comprenant tout à la
première lecture… Ils ont le visage clairvoyant, ces
croyants. On dirait qu’ils astiquent leurs auras, avant de sonner. Ils sont
toujours plusieurs comme s’ils avaient peur de se perdre dans les couloirs
mal éclairés… Ils sont radieux, convertis et convertisseurs, pour leurs
œuvres charitables. Pourtant, ils détonnent dans le couloir. On dirait des
brebis égarées devant une station d’équarrissage. On les laisserait presque entrer pour
qu’ils ne prennent pas froid. Mais ils sont remplis d’aplomb rassurant,
bonimenteurs de la Vérité aux pluriels de leurs exemples sans faille. Ils sont plus tenaces que des morpions
affamés sur un poil d’imberbe ! La bourse ou la Vie ! La Bible
dans une main et le Diable dans l’autre ! Si vous ouvrez la porte, vous êtes
cuits… Et ils appuient sur la minuterie avec la fidélité de la lumière comme
témoin illuminé de leurs mensonges. Ils deviennent agaçants parce qu’ils ne
nous ont pas convaincus, ces bons apôtres. Il faut les évacuer sans les
contrarier. Mais ils s’obstinent avec leurs regards enjôleurs. Ils vous vendraient le Saint Graal par
paquet de dix, s’ils le pouvaient. Ils vous offriraient des réductions pour
Lourdes, sur les fauteuils roulants ou sur le Saint Siège... Ils vous
vendraient bien votre place au Paradis : « Vous désirez un nuage, une
place ou deux places ? » « Non merci… » « Et un petit Dupleix, juste en
face du jardin d’Eden ? » « Non merci… » « Une paire d’ailes alors, du
premier choix, plumes made in Taiwan… » « Non merci… » Difficile de les faire dégager, ces enragés.
Après une heure ou deux, ils
s’essoufflent, ils perdent leur temps... Ensorceleurs, ils vous cochent sur
leur listing, avec des chuchotements de confessionnal au bout des lèvres… des
noires incantations... Ils tentent bien une dernière estocade
en tentant de vous exorciser avec un crucifix, tout droit béni de la place
Saint Pierre de Rome, garanti vingt ans pièces et main d’œuvre. Les clous ? Inoxydables ! Mais vous avez la parade ! Vous indiquez la voisine comme une
grande croyante, une dévote fervente des tridentines, s’aspergeant tous les
matins, du bénitier paroissial, à la première messe... « Oui c’est ça, les
matines !… Oui, elle est chez elle ! Allez, bon vent non, bonne
route… Oui, les voies du Seigneur sont impénétrables. Oui, adieu… » Après les sauveteurs, c’est le
Sauveur… Et le vendeur du froid ?
Oui ! Le con gelé ! Après les grands feux, les foudres du Ciel,
vous avez droit au grand froid ! On peut tout mettre dans la glace,
beaucoup plus que votre imagination ! On crie au génie !... Il passait par là. En livrant dans le
secteur, il vient récupérer des clients, au hasard de la chance. Il
carillonne, il tire sur la sonnette et il vous déplie sa palette de poissons
congelés. Il livre à domicile pour conserver la chaîne du froid au
thermomètre de votre bonne santé. « Vous avez bien un
congélateur ! » Mais oui, j’en ai un, qui ne sert pas
à grand-chose, d’ailleurs… « Oui… » « Hé bien ! On va le
remplir… » Il vous présage des généreuses
ristournes, des pourcentages bénéfiques, des cadeaux et des décalcomanies,
des arrivages intéressants avec vos points accumulés. Quand j’aurai bouffé deux cents kilos
de morue glacée, j’aurai droit à un cornet de glace, à la saveur de mon
choix ! « Mais on peut tout mettre dans
la glace ! Regardez, on retrouve même des mammouths en parfait état
de conservation ! » Je lui demanderais bien deux steaks de
ce pachyderme juste pour contrarier ses certitudes. Et puis, j’ai froid dans l’encadrement de
la porte. Il va m’enrhumer avec ses histoires glacières… Non, c’est non… « Mais allez voir la
voisine ! Elle adore manger des sorbets et des omelettes norvégiennes.
C’est une adepte convertie à la culture surgelée ! » Alors, il gratte, sur son formulaire,
le numéro de mon appartement en se promettant bien de revenir un jour d’été…
Il regrette mon obstination comme si je commettais une grave erreur dans
notre âge de glace… Mais laissez-moi tranquille à la
fin ! J’ai un livre à terminer ! Un best seller ! Dans le couloir, je pressentais un
attroupement ; tous les bruits étaient bizarres comme s’ils n’avaient
rien à faire dans cet endroit. Aujourd’hui, grève des locataires !
C’était peut-être les gosses du voisin en train de jouer aux gendarmes et aux
voleurs… Bon, j’en étais où dans mon
histoire ? Et les assureurs ? Vous avez
pensé aux assureurs ? J’aime bien leur empressement à vous
faire signer leurs paperasses. « Et votre appartement est
assuré ? Je vous dis ça, c’est à cause du feu… » « Oui, oui… » Les pompiers sont au courant, ils
viendront en marchant… Ils ont une manière de vous
entourlouper avec un brio qui frise le talent. « Une assurance vie ? Mais
c’est pour mourir tranquille ! Une assurance décès ? Mais c’est
pour vivre tranquille ! Et le bris de glaces, vous y avez
pensé ? » Oui, le vendeur de glaces est passé
aussi… « Non… » « Imaginez une forte
déflagration, une bombe atomique, par exemple, pas loin de chez vous. Qui va
prendre en charge vos vitres cassées ? Hé oui, il faut y penser !
Vous êtes trop négligeant ! Et vous êtes assuré pour tous les tableaux
que je vois accrochés dans votre salon ? » « Ben non… » « J’en étais sûr ! Mais vous
êtes inconscient, cher monsieur ! » « Ce ne sont que des
photographies et des reproductions sans aucune valeur… » « Mais les voleurs ne le savent
pas ! Ils vous dérobent vos biens les plus précieux, comme les plus
ordinaires ! » « Je n’ai pas grand-chose… »
Il pourrait vous assurer contre les
coups de soleil au Groenland et contre les engelures en Equateur. La vie, c’est de l’inquiétude et
respirer, c’est de l’inconscience. Voilà les risques. Vous êtes bien obligés de reconnaître
qu’il a raison mais vous allez réfléchir à tout ça. Alors, il sort son calepin. Il
griffonne quelques fourberies à me fourguer, lors de son prochain passage
dans les parages, et il me laisse son numéro de téléphone. « Oui, oui ! Elle est là, ma
voisine ! Je la connais ! Elle manque d’assurance, elle me le dit
tout le temps !... » Et il se tire ailleurs, ce mauvais
sénégalais avec ses noirs desseins en contumace de signatures au bas de ses
titres de garantie tout risques. Bon ! Je n’ai oublié
personne ? Je peux me remettre à écrire mon
chef-d’œuvre tranquillement ? Avec tous vos questionnements, j’ai perdu
le fil de mon histoire ! Une jolie femme pourrait frapper à ma
porte et me raconter n’importe quel boniment, je crois que je l’expédierais
chez ma voisine, juste pour conserver le bonheur sans prix de ma
tranquillité... Et c’était encore du bruit dans le
couloir. Un bruit impatient... Il était six heures passées sur mon
pc. Tout à coup, on a heurté violemment ma
porte avec un bélier ! C’était d’une violence inouïe !
Les serrures ont explosé, les gonds se sont désolidarisés, la porte a volé en
éclats ! Je n’avais pas encore réalisé la férocité de l’impact. Je
devais rêver éveillé… Une quinzaine de bonshommes cagoulés
et armés comme des maquisards décidés, à l’aube d’un sabotage réussi, a fait
irruption dans mon appartement. Je n’avais pas esquissé un mouvement que
j’avais pris une monstrueuse baffe dans la gueule ! J’ai basculé sur le parquet... Ca
tiraillait de partout ! Je voyais le plâtre du plafond tomber par
plaques entières, c’était un carnage ! Mon pc a volé en éclats. Mon
roman ! Ils ont investi la baraque en
fouillant les deux chambres avec un zèle de types qui se lèvent du pied
gauche. Ce ne sont pas des lève-tôt, ceux-là… Je me suis retrouvé à plat ventre,
menotté jusqu’aux chevilles. Je n’avais même pas ouvert la bouche, que
j’avais encore reçu un paquet de gifles, aux lourdes phalanges musclées, dans
les dents. Je saignais un peu partout. Les flics en noir étaient montés chez
moi pour faire une descente… C’était écrit GIGN dans leurs dos. Ils
fouillaient mes armoires en jetant tout au sol. Les papiers de mes assurances
volaient dans tous les sens… Ces brutes ont déchiré le calendrier
des pompiers. (Ce n’était pas celui de l’année mais j’aimais bien le paysage
enneigé…) Ils ont déniché ma commande de chez
Toupargel qui avait glissé derrière la commode de l’entrée... Ils dépiautaient mes livres pieux en
les effeuillant méticuleusement. Ils ont récupéré mon disque dur et ils le
lisaient sur un de leurs outils. Mes lèvres tuméfiées étaient deux
grosses limaces boursouflées. Tous ces féroces laissaient des traces noires
sur mon lino avec leurs rangers cirées… Ils m’ont poussé sur une chaise avec
la délicatesse d’un bourreau pressé d’exécuter la sentence. J’avais les
oreilles qui saignaient, sans doute à cause d’un coup de grole un peu trop
caressant… Mais j’étais coupable de quoi,
merde ? Ma télé avait implosé, mes carreaux
étaient tous cassés, mes tiroirs étaient éventrés. Putain, c’est un cauchemar ici ! Ils fouillaient les boîtes de
pizza ! Ils voulaient faire parler les noyaux ? J’étais à moitié assommé, avalant du
sang et calculant mes dents manquantes avec la langue quand un costaud
interrogateur s’est approché : « Tu es bien Jemal Makrout
Vatombé de la branche armée d’Alé Gratpa ?... « Non ! Ze zui monzieur Du…
Durand ! Z’écris des zishoires, des poézies, ze suis pazifiste ! Ze zui inno…
zent ! » Dans l’encadrement de la porte, il y
avait ma voisine, elle salivait cette… zalope ! « Nous avons fait une regrettable
erreur monsieur Durand, veillez nous excuser pour le dérangement… » Ils
sont repartis comme ils étaient arrivés... Depuis, je suis à l’hôpital,
mais… za va mieux… Pascal 28/09/2010 |
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Le piquet |
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Près de la salle de classe, de là où
je me trouve, assise près de ma compagne, j’ai la vue sur un arbre tout
proche. Le soleil d’octobre met sa dernière énergie à revêtir ses feuilles de
pourpre, de jaune ocre. Au moindre vent, ce sont celles qui virent au marron
clair, qui tombent. Mon esprit s’évade vers cette nature
qui se meurt, mais reviendra au printemps prochain, et puis, dans la cour de
récré, nous trouvons toujours l’occasion de grignoter les trésors que
châtaigniers et noyers ont laissé tomber sur le sol humide. Quelquefois véreux, ces fruits
d’automne sont pour nous découvertes, les baies se révèlent souvent amères,
nous les recrachons, mais le goût reste sur nos bouches et nous n’avons
qu’une hâte, celle de nous en débarrasser, en nous désaltérant pour retrouver
un vrai goût sur nos lèvres. Interrogée par la maîtresse, mon
esprit divaguait sur cette métamorphose de la nature, je suis incapable et
comme j’en étais loin, de répondre à la question sur le lieu où la Seine
prend sa source…. La sanction tombe et me sort de ma
rêverie : me voici obligée de purger mon inattention par la plus
humiliante des punitions, vis-à-vis de la Directrice, des institutrices, mais
aussi auprès de mes compagnes de classe : LE PIQUET. Inutile de dire que là, le mal de
ventre arrive, vitesse grand V !! Dix minutes à marcher devant tous, à
la récréation, mains derrière le dos. Je les cache un maximum sous le tablier
que Maman a acheté pour la rentrée des classes (elle l’a voulu beau, ce
tablier, il se boutonne derrière : dans cette circonstance, c’est plus
facile pour avoir moins froid, même si le soleil donne). C’est bien ma veine, pourquoi m’a-t-on
placée à gauche, près de la fenêtre, alors que j’aurais pu être simplement
assise dans la rangée du milieu, où je ne peux que regarder le tableau ou
l’institutrice !!!! Le parcours démarre, là où les
enseignants discutent pendant cette courte pause, et je l’avoue, ils ne font
guère attention aux trois ou quatre élèves, privés de récréation. D’abord, nous frôlons les classes des
« grands » sur toute la longueur, on oblique à gauche, vers celles
des « petits », nous passons devant les toilettes (ils ont de la
chance, eux, ils ont des cuvettes ; chez nous, les grands, ce sont des
toilettes dites « à la turque » : il faut bien viser dans le
trou, ne pas salir ses chaussures et arriver à baisser sa culotte au
mieux ! Pas facile à faire). Cela ne sent pas bon ! Et puis, on passe à la partie de la
cour qui se trouve près d’un champ, on accélère le pas : on a expliqué
qu’il y avait des orvets, petites couleuvres qui soit disant dorment tout le
temps, mais pour nous c’est toujours des serpents !!!! Ensuite, nous marchons le long du mur,
dans les feuilles mortes plus ou moins humides : c’est le long de cet
ouvrage de maçonnerie qu’on dispose, en fin d’année scolaire, l’estrade où
nous recevrons nos prix, où nous jouerons la comédie, où nous chanterons pour
la fierté de nos parents endimanchés. Nous terminons sous les chênes et
devant les toilettes des grands (vivement la femme de service de ce soir, car
ça ne sent vraiment pas bon !). Je suis mal à l’aise quand il faut
repasser, encore et toujours, devant l’autorité. Loin de nous encourager, ils
se joignent aux moqueries de nos camarades. Je n’ai pourtant pas l’impression
d’avoir fait si mal, c’est même injuste : je rougis et j’ai mal à la
tête. Je voudrais être loin, très loin d’ici. Délivrance : la sonnerie de fin
de récré… J’ai pensé beaucoup pendant toutes ces minutes, je suis résolue à
être moins rêveuse, mais c’est pas gagné. Sortie la dernière de la classe, sous
le coup de la honte, voulant me préserver des quolibets des autres, (pauvres
ignorants, qui n’avez même pas vu que l’automne était arrivé), Madame m’a
retenue par l’épaule : -« Demain petite, à toi je peux
le dire, la rédaction portera sur les saisons. » -« Je vous demande pardon,
Madame. » Je me suis enfuie à toutes jambes vers
ma maison. Mon goûter m’attendait : tartines
beurrées et confiture maison de groseilles du jardin. C’est un régal
d’habitude, mais là, je n’avais pas faim. J’ai donc tout émietté, tout a été
picoré dans le poulailler, et si les œufs du lendemain ont été sucrés, je
n’en ai jamais entendu parler !!!!
M. J. Wanesse 2002 |
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