SOMMAIRE DE LA CAUDRIOLE N°61

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Mai – Juin – Juillet – Août - Septembre - Octobre – Novembre - Décembre 2020  a

 

Illustration BD    page 2

PATRICK  MERIC

POESIES  ENFANTS

J’ai dix ans  page 3

LUCIE MEURANT

Textes concours 2019   page 3

Enfants

Textes concours 2019   page 4

Enfants

HUMOUR-PATOIS

C’est triste inn fimme qui bot  page  5 

Maurice MARICAL

Je deux maux  page  6 

MARC  VINCENT

 On le vit Journellement   page  7 

François Marie GRIMALDI

Ne vous fanez pas   page 7 

Roger DEVILLERS

Amuseries page  8 

Jean-François SAUTIERE

Pensée  page 8-10-11-24-32

Hector MELON D'AUBIER

ADULTES   et  CONFINEMENTS

A méditer    page  9/10

HERTIA-MAY

Et les Français restèrent chez eux    page 10

Catherine TESTA

La sagesse Africaine   page 11

Mousthapha DAHLEB

C’était en Mars 2020  page 12

Anonyme

L’Amitié   page 12

Reine DELHAYE-BURLION

Juste une pensée pour nos aînés   page  13

Anonyme

Danse des morts  page  13

Julien BURY

Le Confinement   page  14

Danièle DEFRANCE

Un peu de poésie   page  14

Céline BONNARD

Confinement   page  15

Eunice CHAMPAGNE

Mors Ultimo Ratio    page 15

Christelle  LESOURD

Cauchemar Sur Le Monde   page 16/17

Valentine COSTES-LADRIERE

A toi, Porte-Drapeau   page 17

Robert MATAT

A toi, le Porte- Drapeau   Page 17

Annick DURIN

Et le Rouge   Page 18

Saint HESBAYE

Les baisers que je n’ai pas donnés   Page 18

Maria-Carméla DUHIN

Sommeil et autre & Comptine    Page 18/20

Henri LACHEZE

La grande mascarade    Page 19

PASCAL

Victoire    page 20

Béatrice VALET

Soldats Blancs   page 21

Patricia LOUGHANI

Anniversaire  page 21

Thérèse LEROY

Mon Pays Imaginaire   page 22

Martine GRASSARD-HOLLEMAERT -

La Soirée Effrayante   page 22

Camille FONG

Support aux Acteurs de la Défense Nationale   page 23

Remy RICHEZ

Elucubrations   page 23

Gérard ROSSI

Hommage à BASHUNG  page 24

Alain COTTEAU

Le grand Marché   page 24

Brigitte BREUX

Disparue   page 24

Pluies Neuves

NOUVELLES

 

PÊCHEURS   page 25

PASCAL

Paranormal sisters    page 26/27/28

Martine GRASSARD-HOLLEMAERT

Une vie de Chien     page 29/30/31

HERTIA-MAY

DIVERS

Les Enquêtes de l'Inspecteur SEKEKCHOZ   page 32

HMA

Concours    3°de couverture 

Sté Emulation de Cambrai

* Retrouvez l’auteur dans la revue littéraire

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J'ai 10 ans au pays des Bafious

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Il y a quelques années, j'arrivais en même temps que le Père Noël dans un charmant village situé dans la vallée de la Selle.

Ses rues pentueuses s'illuminaient et cette année là, son sol était généreusement enneigé. Mes parents et moi étions heureux, nous habitions dans NOTRE maison et c'était merveilleux.

Très rapidement, nous avons fait connaissance avec les habitants dont le surnom est "les Bafious". Grâce à leur sourire et à leur gentillesse, nous nous sommes tout de suite sentis chez nous.

Le printemps arriva avec ma première chasse aux oeufs. Courir avec les autres enfants pour dénicher les trésors ovales laissés par la Poule, c'était fabuleux. La matinée se termina dans les rires et mon panier débordait de friandises.

Puis vint le mois de juin où j'ai pu m'éclater dans les manèges lors de la fête communale. Spectacles et repas étaient loin d'être banals. Suivi de la fête des voisins où les habitants trinquaient avec sympathie autour d'un bon verre de vin. Ensuite, l'été s'envola et les Bafious faisaient glisser les caisses à savon sans tralala.

Mais mon moment préféré, ce fut la fête d'Halloween. Les Bafious étaient tous déguisés et moi aussi, j'avais mis mon costume de zombie colombine. Nous frappions aux portes dans la joie et la bonne humeur et pour les enfants c'était un véritable bonheur.

Décembre apparut à nouveau avec ses lumières et j'étais heureuse de vivre dans ce village dont j'étais si fière. Les Bafious invitèrent le Père Noël à une séance photos et ils nous servirent à tous un bon chocolat chaud.

Moi je regardais le viaduc qui avec sa belle allure me rassurait et semblait protéger la joie de vivre des Béninois.

Aujourd'hui, j'ai 10 ans et mon village est toujours aussi vivant. Tout cela grâce aux personnes qui donnent de leur temps, qui n'hésitent pas à s'investir pour nous faire plaisir. Je suis heureuse de vivre dans cet hameau de paix, de rires et d'instants un peu fous et de me sentir moi aussi, une Bafiou.

Merci à tous les Bafious

Lucie Meurant 10 ans

 

 

 

 

 

 

 

 

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Concours d'écriture enfants 2019

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Je vous écris de la lune - CE1

Je m’envole au-delà de l’atmosphère

Vers cette terre de fer.

Des pierres lunaires au lieu des pierres de la mer.

On confond cette terre avec la mer.

Les déserts errent sur la terre comme sur cette terre de fer.

Au-delà de ta lueur, j’ai des sueurs de stupeur.

J’aimerais me ruer sur ta face cachée

Mais j’ai abandonné.

 

Si j’étais un sanglier - CE1

J’irais au lac pour voir ton si beau reflet dans l’eau.

Tu es blanche comme la neige,

Tu es froide comme l’iceberg

Pourtant je ne rêve que de toi

Je voudrais tellement te découvrir.

 

Oh amour de mes rêves - CE1

Tu es si belle dans ton ciel nocturne

Mon cœur se serre de ta beauté lunaire

Mes yeux remplis d’étoiles d’argent

Te croquent et t’offrent ce croissant à ce jour naissant.

 

 

 

 

 

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Concours d'écriture 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Oh, comme tu es belle, - CE1

Ton cœur aux reflets lumineux

Sur les rivières me permet d’en découvrir les fonds diamantifères.

Moi près de la rive

Je te trouve si belle

Quand le soleil t’éclaire.

 


Ode à la lune – CE1

Comme tu es ronde

A chaque fois que tu brilles

Aux étoiles qui scintillent.

Moi le crocodile,

J’aime être dans l’herbe à te regarder

Avec comme fond, le chant des grillons.

 

Dans ma savane profonde, - CE1

Moi le lion

Je surveille la lune merveilleuse et ronde

Brillant de mille étoiles

Dans le ciel bleu nuit

Dans un rugissement profond à la nature

Je souhaite une bonne nuit.

 

Donner vie à la lune – CE2

Cette fusée ne voyant plus ni feuille, ni arbre, ni insecte, ni herbe et ni couleur.

Pourquoi n’y a-t-il pas d’air quand les étoiles se lèvent ?

La lune s’éclaire, la terre devient froide, les astronautes cherchent la vie.

Où la faire naître dans l’espace.

Embellir et donner vie à la lune.

Le lendemain dans ma fusée, je te regarde. Ton sol est si blanc que ta surface brille !

S’il te plaît, dis-moi pourquoi tu n’as pas d’air !!

 

Je ne peux pas partir- CE2

Aujourd’hui la lune est belle mais il y a un petit problème, tu me manques et les enfants aussi.

Dans les étoiles je vois ton visage, dans les constellations je te vois danser avec les enfants.

Mais je ne peux pas partir. Cette lune est belle même s’il fait froid.

Il n’y a pas d’eau, pas d’oxygène, pas d’amour, pas de vie, pas de haine. Il n’y a rien, ni personne.

 

Je t’écris de la lune – CM1

Je suis sur la lune en compagne de Vénus et Mars et parfois d’astronautes, de navettes spatiales ou de robots, qui viennent se poser sur mon monde très sombre. On dirait qu’il fait en permanence nuit sur cet astre.

J’ai vu cette face cachée que personne n’a jamais vue.

Elle est très belle, colorée, très joyeuse, vivante et magique.

Dans la nuit obscure je n’ai plus peur, je suis habituée.

La lune me berce dans la nuit infinie.

 

J’aime la lune – CM1

Lorsque je te regarde, tes étoiles brillent dans mes yeux. Les jours où je pleure dans mon cœur, ta rondeur apaise mon malheur. Ma chérie lunaire je t’admire de ma terre. Je guette les nuits où tu seras pleine pour éclairer mes peines, où tu me tendras ta lumière, m’invitant sur tes constellations en voyage imaginaire. Je t’embrasse bien fort de ma chambre où je m’endors et te dis à demain pour te revoir encore.

 

 

 

 

 

  

 

 

 

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C’est triste une femme qui boit…

(Les aventures des Plouque)

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mémère vida le fond de la cafetière dans son bol… Elle sirotait lentement l’infusion sacrée lorsque la porte s’ouvrit…

Le Plouque apparut !

Son dos voûté et ses sourcils froncés ne présageaient rien de bon.

Mémère lança un regard à l’horloge :

« Qu’est-ce qui t’arrive ? T’as vu l’heure ? T’es d’jà rcran ? ».

Le Plouque poussa un grognement de douleur…

« Oh la la !... J’ai mal dans les guiboles !... Je suis vanné ! ».

« Je m’demande ben pourquoi !! ».

« Je ne me remets pas de cette nuit… Quelle nuit ! ».

« Qu’est-ce qui s’est passé pondant l’nuit ! ».

« Eh bien, j’ai rêvé que je faisais une course à vélo ! Bon sang ! Quel sprint ! Je suis ex-té-nu-é !... ».

Mémère ricana dans son arrière-gorge…

« Bé, in v’là ‘core euh’ ! On verra tout ichi d’dins ! Et ça n’a min réveillé Léontine ? ».

« Si fait ! paré qu’en pédalant j’avais entortillé mes pieds dans les couvertures ! Alors, elle s’est mise à éternuer… et ça nous a réveillés !... ».

« Qué pitié ! Tu ravises trop l’télé, m’garçon. Ça t’tapes sus l’iboulot ! Si t’papa l’vivot’ core, ‘y a longtemps qu’il auro balancé l’poste d’télé par l’ferniête ! T’es pas honteux ? à t’nâge ?... d’rêver qu’y court din l’Grand Prix d’Fourmies ? T’es pire qu’un drogué ! Pourtant, tu n’bois nin d’eau minérale !... ».

« Oh non, maman ! Je n’ai pas ce vice-là ! ».

« Ouais, j’sais, tu tiens de t’papa. Li, l’ n’a jamais bu euh’ goutte d’eau d’toute sa vie ! Même pindant les étés les plus chauds ! Mais l’bière, i’n’crachot min d’sus ! Hi-hi-hi !... ».

« Toi, tu ne bois pas d’eau non plus, hein, maman ? ».

« Oh, mon Dieu non ! Ça m’est arrivé eun’fois ! on partot faner tout l’matinée et, in rentrant, comme eun’imbécile j’ai avalé des grands verres d’ieau ! Eh ben, vingt noms ! J’lai payé cher ! J’ai eu des coliques du diable, et j’ai sué comme un g’vau ! J’ai ben cru que m’dernière heure étot arrivée ! ».

L’aïeule soupira longuement…

« Ouais… malheueusement, t’fille elle a des collègues d’bureau, à Avesnes, qui sont des vraies éparvaudées ! Elles l’ont contaminée… et v’là qu’not’ Virginie boit d’l’ieau minérale !... Elle se muche pour boire… mais j’trouve les bouteilles vides ! Qué malheur !... Chaque coup j’brais… et j’prie la Sainte Vierge pour que Camille i’l’remette dins l’droit chemin… Monsieur l’Curé i’dit qu’avec de l’patience et beaucoup d’amour on arrivera à l’guérir… ».

« Espérons-le, Maman !... Si tu savais ce que j’endure ! Le mépris des autres… avec leurs regards accusateurs et leurs ricanements… alors que Virginie a toujours eu le bon exemple à la maison !! ».

Il s’interrompit en percevant un chant guerrier. Mémère aussi l’avait entendu…

« Tiens, v’là Marceau ! » dit-elle.

En effet on tambourina dans la porte.

« Rintrez, Marceau ! ».

Vignoule ôta ses bottes et entra…

« Eh ben, mes gins ! Vous in faites, des tiêtes !! Eh Victor ! A t’vir’, on jurero qu’ t’as avalé t’chique ! Hi-hi-hi !... ».

« Ouais » grogna Mémère, « vous avez ben d’la chance d’rigoler ! Nous, on a plutôt invie d’chialer ! ».

Maurice Marical

 

 

 

 

 

 

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JE    DEUX     MAUX  

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’ombre d’elle, Londres belle

Maux à l’arnica, ou à  l’harmonica ?

Mythes, rites et réalités   ou    mites et literie atterrée

L’acolyte avait des coliques, l’alcoolique des colites

Les moroses mots roses

Mère scolaire ou crème solaire

La Terre a peur du trou, la thérapeute du roux

Lampe de vampire ou vamp du lampyre

Soldat en permission ou sale mot en perdition ?

Premier ministre de la saison ou premier sinistre de la maison ?

Député inique ou dépité unique ?

Domestique roux et moustique doré

Mon château, ton chameau

Le château mauve, le chameau vote

Le salaire du limonadier, le saladier du limonaire

Grandeur, kilos et décadence ; grandiloquence et des heurts

Moteur sale, motard seul

Ceux-là et la démocratie, là et là : des mots si crasseux !

T’ose la route ou toute la rose !

Prix féerique ou périphérique ?

Drapeau collant ou crapaud dolent ?

J’ignore si Signor gît.

Démocratie de Zeus ou des modes si crasseuses !

Château-Chinon ou tache aux nichons ?

L’amicale laïque ou la mie colle, Loïc !

L’eau : source phréatique ?  Où ? Là ! Sursaut frénétique !

L’ami Roland attaque la Rome antique, ah là !

Ah ! Pari sur l’avenir ? Pas sûr le Nirvana !

Marquis de Sade ou deux maquisardes ?

Messe de Chopin ou chope de messin ?

Coronavirus ou accord sur nos vies ?

 

 MARC VINCENT

 

 

 

 

 

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On le vit journellement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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À peine la journée commencée et ...

Il est déjà six heures du soir.

A peine arrivé le lundi et c'est déjà vendredi.

Et le mois est déjà fini.

Et l'année est presque écoulée.

Et déjà 40, 50 ou 60 ans de nos vies sont passés.

Et on se rend compte qu’on a perdu nos parents, des amis.

Et on se rend compte qu'il est trop tard pour revenir en arrière ...

Alors... Essayons malgré tout, de profiter à fond du temps qui nous reste...

N'arrêtons pas de chercher à avoir des activités qui nous plaisent...

Mettons de la couleur dans notre grisaille...

Sourions aux petites choses de la vie qui mettent du baume dans nos cœurs.

Et malgré tout, il nous faut continuer de profiter avec sérénité de ce temps qui nous reste.

Essayons d'éliminer les "après" ... je le fais après ... je dirai après ... J'y penserai après ...

On laisse tout pour plus tard comme si "après" était à nous.

Car ce qu'on ne comprend pas, c'est que : après, le café se refroidit ...

Après, les priorités changent ... Après, le charme est rompu ...

Après, la santé passe .. Après, les enfants grandissent ...

Après, les parents vieillissent ... Après, les promesses sont oubliées  ...

Après, le jour devient la nuit ... après, la vie se termine ...

Et après c’est souvent trop tard....

Alors... Ne laissons rien pour plus tard...

Car en attendant toujours à plus tard, nous pouvons perdre les meilleurs moments,

les meilleures expériences, les meilleurs amis, la meilleure famille...

Le jour est aujourd'hui... L'instant est maintenant...

Nous ne sommes plus à l'âge où nous pouvons nous permettre de reporter à demain ce qui doit être fait tout de suite.

Alors voyons si vous aurez le temps de lire ce message.

Ou alors vous le laisserez peut-être pour... "plus tard"...

Et vous ne le lirez "jamais" ....

François-Marie Grimaldi

 

 

 

 

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Ne vous fanez pas

 

 

 

 

 

 

 

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Les roses de Septembre ont un parfum plus doux

Des nuances étranges qui nous rendent fous

Elles semblent nous donner le reste de leur vie

Par un velours plus doux de plus chauds coloris

Nous les voyons s’effeuiller tristement

Car avec les roses s’éloigne le printemps

Roses de Septembre restez auprès de nous

Par vos pastels, les automnes sont doux

Vous ressemblez, je crois, à un Quentin de la Tour

Ô Roses pourquoi donc ainsi partez sans retour

Ô ne vous fanez pas, songez donc à demain

Voyez mon pauvre cœur, il a tant de chagrin

Ô ne vous fanez pas, roses de mon jardin.

Roger Devillers - 1974

 

 

 

 

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Amuseries

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Après le travail l'infirmière décompresse.

 

L'amour est un baquet de violettes. (Chanson interprétée par Luis Mariano – 1966).

 

La télé va trop fort ! C'est vrai, je ne l'ai pas a c b c.

 

En cherchant à faire bâtir il a trouvé un terrain d'entente.

 

Samedi le tailleur a cousu dix manches.

 

Il a donné sa langue au chat mais le chat n'en a pas voulu.

 


Quand il se blessa au doigt il fut bien en panne Harry.

 

Fâché, le cavalier tourne les talons.

 

Si l'inculpé sans tête il sera guillotiné.

 

Quand il est camée, Léon, il nous en fait voir de toutes les couleurs.

 

Le cheval n'est pas un bovidé mais la vache lait.

 

A dada Dudule dort sur les bords de Deûle.

 

En voyant s'approcher les canadairs la lave rit.

 

Après le transfert d'un embryon congelé, la mère a accouché d'un petit esquimau.

 

Il est trop au lit pour être au net.

 

La fleuriste a le pot de fleurs à fleur de peau..

 

Quand on a un beau stylo bille comme ça, on doit savoir ses leçons Parker.

 

Maudits, les maux dits sont mots dits.

 

Le rhinoféroce est un animal plutôt agressif.

 

Le voleur pas tenté est rentré dans le droit chemin.

 

Il avait l'air si terne qu'il se jeta dedans.

 

De la charcutière le charcutier aime le sein doux.

 

Sur la boîte de conserve est notée la date d'expiation.

 

Le piano aqueux est tombé dans l'eau.

 

C'est Thomas Edison qui a inventé la poule électrique.

Jean-François Sautière

 

 

 

 

 

 

 

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à Méditer

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un magnifique échange plein de sagesse et de profondeur... Quand l'univers et le Coronavirus discutent ...

 - Univers, dis-moi pourquoi me mettre dans le pangolin ?

- Cet animal, Corona, est en voie d’extinction. Et pourtant les hommes continuent de le braconner et de le manger. ... Ce sera la 1ère étape du plan.

- D’accord Univers. Pourquoi tu veux que ça commence en chine?

- La chine est le symbole de la mondialisation et de la production de masse petit. Ce pays est surpeuplé, il produit en masse et pollue en masse...

- C’est vrai univers... Mais en même temps c’est parce que les autres pays y ont un intérêt financier aussi non ?

- Oui petit, c’est pour cela que ta mission va être de te répandre partout dans le monde, et principalement dans tous les pays concernés par ce système, l’Europe, les US, les pays producteurs de pétrole..

-  Quelle forme vas-tu me donner univers ?

- Celle d’un virus qui va principalement infecter les voies respiratoires.

- Mais pourquoi univers ?

-  Petit, vois-tu  ; de nos jours, les hommes mettent en danger la planète. La pollution est devenue trop importante mais l’humanité n’en mesure pas l’ampleur. Quoi de plus symbolique que la respiration petit, tu comprends ?

- Oui mais ça veut dire que je vais être dangereux, univers ?

- Tu ne le seras pas plus que plein d’autres maladies existantes petit, et tu le seras bien moins que la pollution elle-même qui génère des milliers de morts ! Mais la différence c’est que toi, tu seras visible...

- D’accord univers. Mais tu crois que ça va marcher ton truc là alors, je comprends pas comment ?

- Tu as raison petit. C’est pour cela que je vais te rendre très contagieux. Tu vas vite te propager. La vitesse de propagation sera bien supérieure à ta dangerosité.

- Ok mais alors si je suis pas si dangereux, tu crois qu’ils vont avoir peur de moi ?

- Oh petit oui fais-moi confiance. C’est sur cela d’ailleurs que je compte pour faire évoluer les mentalités : la peur.

- Ce n’est que quand l’homme a peur, qu’il peut changer ensuite...

- Tu crois ?

- Oui petit, et je vais ajouter tout un contexte pour amplifier la peur et les prises de conscience.

- Quoi univers...?

- La peur va tellement prendre le dessus que l’on confinera les gens chez eux tu verras. Le monde sera à l’arrêt. Les écoles seront fermées, les lieux publics, les gens ne pourront plus aller travailler. Les croisières, les avions, les moyens de transport seront vides..

- Oh la la, Univers, tu vas loin, mais qu’espères-tu de cela ?

- Que le monde change petit ! Que Terre mère soit respectée ! Que les gens prennent conscience de la bêtise humaine, des incohérences des modes de vie et qu’ils prennent le temps de réfléchir à tout cela ... Qu’ils arrêtent de courir, découvrent qu’ils ont une famille et des enfants et du temps avec eux. Qu’ils ne puissent plus recourir aux suractivités extérieures car elles seront fermées. Se reconnecter à soi, a sa famille, ça aussi, petit, c’est essentiel...

- Ok mais ça va être dangereux, l’économie va s’effondrer....

- Oui petit, il y aura de grosses conséquences économiques. Mais il faut passer par là. C’est en touchant à cela aussi que le monde, je l’espère va prendre conscience de ses incohérences de fonctionnement. Les gens vont devoir revenir à un mode de vie minimaliste, ils vont devoir retourner au local, et je l’espère à l’entre-aide..

- Comment vais-je me transmettre ?

- Par le contact humain.. Si les gens s’embrassent, se touchent...

- Bizarre univers là, je ne te suis pas, tu veux recréer du lien mais tu éloignes les gens !

- Petit, regarde aujourd’hui comment les hommes fonctionnent. Tu crois que le lien existe encore ? Le lien passe par le virtuel et les écrans. Même quand les hommes se promènent, ils ne regardent plus la nature mais leur téléphone... A part s’embrasser il ne restait plus grand chose du lien... alors je vais couper ce qui leur restait de lien et je vais exagérer leur travers ... en restant confinés chez eux, fort à parier qu’au départ ils se régalent des écrans mais qu’au bout de plusieurs jours ils satureront...

Ils lèveront les yeux.. découvriront qu’ils ont une famille, des voisins ... et qu’ils ouvriront leur fenêtre pour juste regarder la nature ...

- Tu es dur Univers, tu aurais pu alerter avant de taper aussi fort...

-  Mais corona, avant toi j’ai envoyé plein d’autres petits ... mais justement c’était trop localisé et pas assez fort...

- Tu es sûr que les hommes vont comprendre cette fois alors ?

- Je ne sais pas corona... je l’espère... l'humanité est en danger... si cela ne suffit pas, je ferai tout pour la sauver, il y a d’autres petits qui attendent ... mais j’ai confiance en toi Corona... et puis les effets se feront vite sentir ... tu verras la pollution diminuera et ça fera réfléchir, les hommes sont très intelligents, j’ai aussi confiance en leur potentiel d’éveil... en leur potentiel de création de nouveaux possibles ... ils verront que la pollution aura chuté de manière exceptionnelle, que les risques de pénurie sont réels à force d’avoir trop délocalisé, que le vrai luxe ce n’est plus l’argent mais le temps... il faut un burn-out mondial, petit car l’humanité n’en peut plus de ce système mais il est trop dans l’engrenage pour en prendre conscience... à toi de jouer...

- Merci Univers... alors j’y vais ...   

 Hertya May

 

 

 

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Et les français restèrent chez eux

 

 

 

   

 

 

 

 

 

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Catherine TESTA

 

 

 

 

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La sagesse africaine a parlé.......

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

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L'HUMANITÉ ÉBRANLÉE ET LA SOCIÉTÉ EFFONDRÉE PAR UN PETIT MACHIN.

 

> Un petit machin microscopique appelé coronavirus bouleverse la planète. Quelque chose d'invisible est venu pour faire sa loi. Il remet tout en question et chamboule l'ordre établi. Tout se remet en place, autrement, différemment.

> Ce que les grandes puissances occidentales n'ont pu obtenir en Syrie, en Lybie, au Yemen, ...ce petit machin l'a obtenu (cessez-le-feu, trêve...).

> Ce que l'armée algérienne n'a pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (le Hirak à pris fin).

> Ce que les opposants politiques n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (report des échéances électorales. ..).

> Ce que les entreprises n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (remise d'impôts, exonérations, crédits à taux zéro, fonds d'investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques. ..).

> Ce que les gilets jaunes et les syndicats n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu ( baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée...).

> Soudain, on observe dans le monde occidental que le carburant a baissé, la pollution a baissé, les gens ont commencé à avoir du temps, tellement de temps qu'ils ne savent même pas quoi en faire. Les parents apprennent à connaître leurs enfants, les enfants apprennent à rester en famille, le travail n'est plus une priorité, les voyages et les loisirs ne sont plus la norme d'une vie réussie.

> Soudain, en silence, nous nous retournons en nous-mêmes et comprenons la valeur des mots solidarité et vulnérabilité.

> Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres. Nous réalisons que nous avions dévalisé ensemble les étagères des magasins et constatons ensemble que les hôpitaux sont pleins et que l'argent n'a aucune importance. Que nous avons tous la même identité humaine face au coronavirus.

> Nous réalisons que dans les garages, les voitures haut de gamme sont arrêtées juste parce que personne ne peut sortir.

> Quelques jours seulement ont suffi à l'univers pour établir l'égalité sociale qui était impossible à imaginer.

> La peur a envahi tout le monde. Elle a changé de camp. Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants. Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme.

> Puisse cela servir à réaliser la vulnérabilité des êtres humains qui cherchent à aller habiter sur la planète mars et qui se croient forts pour clôner des êtres humains pour espérer vivre éternellement.

> Puisse cela servir à réaliser la limite de l'intelligence humaine face à la force du ciel.

> Il a suffi de quelques jours pour que la certitude devienne incertitude, que la force devienne faiblesse, que le pouvoir devienne solidarité et concertation.

> Il a suffi de quelques jours pour que l'Afrique devienne un continent sûr. Que le songe devienne mensonge.

> Il a suffi de quelques jours pour que l'humanité prenne conscience qu'elle n'est que souffle et poussière.

> Qui sommes-nous ? Que valons-nous ? Que pouvons-nous face à ce coronavirus ?

> Rendons-nous à l'évidence en attendant la providence.

> Interrogeons notre "humanité" dans cette "mondialité" à l'épreuve du coronavirus.

> Restons chez nous et méditons sur cette pandémie.

Aimons-nous vivants !

Moustapha Dahleb

la plus belle plume tchadienne,

 

 

 

 

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C'était en mars 2020 ...

 

 

  

 

 

 

  

 

 

 

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Les rues étaient vides, les magasins fermés, les gens ne pouvaient plus sortir.

Mais le printemps ne savait pas, et les fleurs ont commencé à fleurir, le soleil brillait, les oiseaux chantaient, les hirondelles allaient bientôt arriver, le ciel était bleu, le matin arrivait pus tôt.

C'était en mars 2020 ...

Les jeunes devaient étudier en ligne, et trouver des occupations à la maison, les gens ne pouvaient plus faire de shopping, ni aller chez le coiffeur. Bientôt il n'y aurait plus de place dans les hôpitaux, et les gens continuaient de tomber malades.

Mais le printemps ne savait pas, le temps d'aller au jardin arrivait, l'herbe verdissait.

C'était en mars 2020 ...

Les gens ont été mis en confinement pour protéger les grands-parents, familles et enfants. Plus de réunion ni repas, de fête en famille. La peur est devenue réelle et les jours se ressemblaient.

Mais le printemps ne savait pas, les pommiers, cerisiers et autres ont fleuri, les feuilles ont poussé.
Les gens ont commencé à lire, jouer en famille, apprendre une langue, chantaient sur le balcon en invitant les voisins à faire de même, ils ont appris une nouvelle langue, être solidaires et se sont concentrés sur d'autres valeurs.

Les gens ont réalisé l’importance de la santé, la souffrance, de ce monde qui s'était arrêté, de l’économie qui a dégringolé.

Mais le printemps ne savait pas. Les fleurs ont laissé leur place aux fruits, les oiseaux ont fait leur nid, les hirondelles étaient arrivées.

Puis le jour de la libération est arrivé, les gens l'ont appris à la télé, le virus avait perdu, les gens sont descendus dans la rue, chantaient, pleuraient, embrassaient leurs voisins, sans masques ni gants.

Et c'est là que l'été est arrivé, parce que le printemps ne savait pas. Il a continué à être là malgré tout, malgré le virus, la peur et la mort. Parce que le printemps ne savait pas, il a appris aux gens le pouvoir de la vie.

Anonyme

 

 

 

 

 

 

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L’amitié

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dans une amitié sincère,

Il n’y a pas de barrière.

Le jour ou la nuit, c’est très important !

Pour son ami, on doit être présent.

 

Être à l’écoute, l’aider en cas de besoin,

S’il souffre, l’entourer, être aux petits soins.

Ne jamais lui tourner le dos,

Toujours être là quand il faut.

 

Que l’on soit tout jeune ou plus âgé,

Un jour, on a besoin d’être aidé.

Un vrai ami vous soutiendra,

Dans le malheur, il restera.

 

Pour le meilleur et surtout pour le pire,

Il sera près de vous sans fléchir.

Il vous épaulera dans les difficultés,

Voilà ce qu’est pour moi, une vraie amitié !

 Reine Delhaye-Burlion

 

 

 

 

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Juste une pensée pour nos aînés

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

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car les témoins de notre enfance nous quittent en silence !

Bonne continuation à vous tous

 

Ils meurent.

La meilleure des générations est en train de mourir.

Celles et ceux qui sans faire de longues études, ont tout  donné pour leurs enfants.

Celles et ceux qui sans de grandes ressources les ont aidés et ont traversé des crises financières

Ils sont en train de mourir.

Ils ont connu des temps de guerre, des restrictions, se contenter de peu,

Ils ont eu des peines et des souffrances mais ne le disaient pas.

Parfois, ils ont travaillé comme des bêtes 

grandmereOn disait d'eux qu'ils étaient plus vulnérables que quiconque.

Comme ce fut pour leur vie, en silence ils meurent.

Ils n'ont jamais osé penser à soulever le pays et pourtant !

Ils recherchaient des bonheurs simples comme partager un peu de la vie de leurs petits-enfants.

La société les laisse quitter ce monde, seuls et encore abandonnés.

Ils s'en vont sans déranger, ils seront toujours celles et ceux qui dérangent le moins, ils partent sans adieu.

Alors pour celles et ceux qui se plaignent tout le temps d’être confiné(e)s à la maison, parce que leurs salons de   coiffure, d’onglerie ou bien même leurs salles de sports restent fermées ... par RESPECT pour cette génération qui   nous quitte sans bruit ... mais avec DIGNITE...

Restez encore un peu à la maison, ne sortez que pour vos courses et prenez soin de vous.

Anonyme

 

 

 

 

 

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PENSÉE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Euch timps l’é parfos bin lang pou parv’nant à ch’banheur. Ché pon si grafe quind y in reste suffisammint apreu, pou souvenant qu’in l’a cannu.

 

Traduction : Le temps est parfois bien long pour parvenir au bonheur. Ce n’est pas si grave quand il en reste suffisamment après, pour se souvenir qu’on l'a connu. 

HMA

 

 

Eul vitesse Grind V, ché in peu come ch’l’heure H obé el jor J, y ossi l’instint T. Pis y a ossi euch quidim aveuc in grind Q, qu’ n’arrife pon toudis à s’assir à du qu’ voudrot.

 

Traduction :La vitesse Grand V, c’est un peu comme l’heure H ou le jour J, il y a aussi l’instant T. Il y a aussi le quidam avec un Grand Q, qui n’arrive pas toujours à s’asseoir où il voudrait.

HMA

 

 

In dit toudis qu’euz z’italians perl’tent aveuc leu mons. Mé cheu qu’y tchatte su inteurneut’ ossi, au fand.

 

Traduction : On dit toujours que les italiens parlent avec leurs mains. Mais ceux qui chattent sur internet aussi, au fond

  HMA

 

 

Apreu ch’eul mort, euch l’esprit quitte euch corps. Sau ché les cans, euss cha s’passe eud leu vivint ! Apreu inn cessatian d’inteulligince !

 

Traduction : Après la mort, l’esprit quitte le corps. Sauf chez les cons, chez eux ça se passe déjà de leur vivant ! Après une cessation d’intelligence ! 

 HMA

 

 

Le chas ou le chat

In kat obé in Kas ! Comint savir comint l’eucrir’!  Portint in kat ché in minou, in minet obé in marlou. Mé euch Ka… d’inn finme, comint l’eucrir’, quind ceurtins ti-z’aute l’appeule eul minou, alorse qu’eul Kas d’inn euguile s’infeule et pis qu’eul Ka… d’inn finme s’infeule égal’mint ? Et pis pou kimpliqueu l’insinne, d’autes ti-z’aute eul broutent obé eul carèchent… eul minou ! Ête obé pon ête in Ka… Comint eul savir ?

 

Traduction : Le chat ou bien le chas ! Comment savoir comment l’écrire ! Pourtant un chat c’est un minou, un minet ou bien un marlou. Mais le cha… d’une femme comment l’écrire,  quand certains l’appellent le minou, alors que le chas d’une aiguille s’enfile et que le cha… d’une femme s’enfile également ? Et pour compliquer l’ensemble d’autres le broutent, ou le caressent… le minou !  Etre ou ne pas être un cha… Comment savoir ! 

HMA

 

 

 

 

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Danse des morts

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un grand cimetière, pleine lune, dans la nuit noire

Les squelettes se déhanchent sur une danse

Pleins de têtes de mort partout en abondance

Rythmés au son des guitares ou bien de Mozart

 


Pour beaucoup, c'est l'heure de sortir de sa tombe

Même tant de petites araignées s'en mêlent

Décorent de toiles d'araignées, se font toutes belles

Danse des morts, faut que ça bouge, c'est une bombe

 

Nucléaire, millénaire, vibre sous la terre

Les morts vous invitent tous à une party

Si leurs âmes viennent s'en mêler, c'est fini

Même si cela peut faire peur, c'est éphémère

 

Rejoignez-les tous dans leur grande cadence

Bougez avec eux au rythme des cadavres

Ne les prenez pas tous totalement épaves

Frottez-vous tous à leur monde sans effrayance.

Julien BURY

 

 

 

 

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Le confinement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Depuis novembre j’ai eu une rupture d’anévrisme et je suis allée à l’hôpital de Lille deux mois et un mois en rééducation, je suis rentrée le 1er février et après il y a eu le confinement, alors je suis chez moi sans sortir.

Les rues sont désertes, les petits magasins aussi et les cafés.

Les gens ne devraient pas sortir seulement ceux qui travaillent, il faut du temps et faut de la patience, déjà quand on est malade il faut attendre.

 Les hôpitaux sont débordés et eux risquent leurs vies chaque jour, ce n’est pas facile.

Quand on perd ceux qu’on aime c’est dur de continuer. Mais il le faut surtout quand on est docteur ou infirmière ou aide soignante.

Restons chez soi pour ne pas attraper le virus après ce sera mieux quand la vie reviendra de nouveau. Il faut attendre.

Restons unis chaque jour de notre vie. La vie est plus forte que la mort.

Quand le confinement sera fini tout redeviendra normal.

Il faut prendre des jeux comme avant quand il n’y avait pas de télé et s’amuser, le temps passera plus vite.

Rester chez soi c’est le meilleur moyen, rester chez soi avec ses enfants, apprendre les devoirs d’école de tous les jours, c’est une façon de travailler.

Soyons unis par les temps difficiles.

DANIELE DEFRANCE

 

 

 

 

 

 

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Un peu de poésie

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

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C’est un jardin niché au cœur d’un village

Dans le Nord du pays où le temps s’attendrit

Devant nos yeux d’enfant les sourires sans âge

Accompagnent les chants qui colorent la vie

 

On y fête le vent qui s’écoule des champs

Au fil du canal, les souvenirs s’en vont

Suivant la ligne fière du pêcheur d’antan

Au visage d’un père taquinant le poisson

 

L’étang, dès l’aube claire, nous livre ses secrets

Pour qui sait les attendre en refaisant le monde

Le pêcheur contemple l’âme de Salomé

Tandis que les enfants s’agitent dans la ronde

 

La semaine s’achève, vient enfin le moment

De profiter du temps avant qu’il ne s’arrête

On s’affaire, on s’apprête à rejoindre l’étang

Une journée parfaite au jardin des poètes.

 

Céline BONNARD

 

 

 

 

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Confinement

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Quand quelque chose de terrible arrive, quand quelque chose de très grave se produit et vient marquer l’histoire, il y a toujours une pensée qui me hante. Elle refait surface lors des jours les plus tristes, des soirées de solitude, lors des nuits d’orage. Dans ces moments-là il y a une question qui sans arrêt me taraude, me travaille, jusqu’à me faire mal, jusqu’à m’arracher quelques larmes parfois. Une question stupide, mais essentielle. Je me demande pourquoi les gens dans les bus, dans les trains, dans le métro ne se parlent pas. Pourquoi on passe notre temps à dire des choses inutiles, alors que tous les mots essentiels dorment dans le silence. Pourquoi, faut-il toujours un drame pour dire à ceux qui nous entourent qu’on tient à eux ?

Aujourd’hui encore, quelque chose de terrible est en train d’écrire notre histoire, une chose invisible. Un virus nous confine chez nous. Et malgré moi je ne pense pas à ceux qui sortent tout de même, malgré les forces déployées pour nous pousser à rester à la maison, en sécurité, à ceux qui mettent égoïstement les gens en danger parce qu’ils décident de choisir l’une des heures les plus sombres de l’humanité pour se mettre à faire du sport ou se mettre à apprécier la beauté de la nature. Je ne pense pas en premier à ceux qui sont en première ligne et qui continuent de faire tourner ce monde que la maladie semble arrêter. Aujourd’hui, je pense à tous ceux qui sont seuls et à qui je n’ai jamais souri dans le bus. A cette vieille femme pour qui personne ne s’inquiète, à ce monsieur que personne n’appelle. Est-ce qu’ils sont malades ? Est-ce qu’ils manquent à quelqu’un ? Et tous ces gens dans les EPHAD, que personne ne va plus voir sous prétexte de ne plus avoir le temps. A tous ceux que les réseaux sociaux n’intéressent pas parce qu’ils ont conscience de n’avoir personne avec qui échanger. Je pense à toutes les excuses qu’on se donne pour ne pas lire, ne pas se voir, ne plus sortir en forêt. Je m’étonne qu’on ait besoin d’un virus pour avoir réellement envie de s’appeler.

Aujourd’hui je suis confinée, et ce qui me rend triste, ce n’est pas tellement de devoir rester chez moi. Je suis heureuse de le faire et de protéger quelque part quelqu’un à qui mon irresponsabilité pourrait coûter la vie. Ce qui me rend triste c’est que notre quotidien reste le même : on passe notre temps derrière tous les écrans qui nous empêchent de vivre. Et demain, quand les médecins nous aurons sauvés, quand le virus sera canalisé, quand nous pourrons sortir. Est-ce que tout aura changé ? Bien sûr, les terrasses de café seront bondées pendant un moment, on verra du monde sur les pelouses, sur les plages, dans les boutiques. La terre sera un peu plus belle d’avoir pu respirer. Les gens sortiront, puis ils iront poster sur la toile une photo du moindre verre dont ils profiteront, du moindre paysage qu’ils admireront. Puis ils prendront le bus, le train ou le métro, les yeux rivés sur l’écran, ils auront échappé à l’enfer et pourtant, ils ne se souriront toujours pas.

Eunice Champagne

 

 

 

 

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Mors ultima ratio

Scan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Je change

Tel un ange

Cet ange destructeur

Qui m’a fait horreur

Depuis que tu es sous cette tombe

Je succombe

J’ai cru en la patience

Pour retrouver ta présence

Ma foi s’en est allée

Et je me retrouve exilée

Le 21 sera ma fin

Car tel est mon destin.

 

Christelle Lesourd

 

 

 

 

 

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CAUCHEMAR SUR LE MONDE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1ère PARTIE

Chapitre 1 : Naissance

Un jour de 1970, dans un royaume peuplé exclusivement de terribles virus situés au centre de la Terre, la fusion entre Ebola et Arbovirus (virus de la fièvre jaune) donna un nouveau petit virus nommé « Coronavirus ». Il avait des genres de ventouse autour de la tête et la peau rouge avec des reflets blancs. Ebola et Arbovirus étaient très fiers de leur fils. Il allait devenir un jour, le roi des virus car ses parents étaient le couple royal qui régnait sur le royaume des virus.

 

Chapitre 2 : le survivant

Tout allait pour le mieux chez les virus. Mais un jour, les humains parvinrent à trouver un remède contre Arbovirus nommé Stamaril puis, peu de temps après ce fut le tour d’Ebola avec le remède Ervebo. Agé d’à peine 21 ans et à présent seul, Coronavirus jura de se venger.

C’est ainsi qu’en 1991, avec l’aide de tous les autres virus de son royaume, il organisa une terrible épidémie qui s’abattit sur la Chine.

Les chercheurs trouvèrent un remède qui ne tua pas Coronavirus mais qui l’affaiblit grandement... Celui- ci se trouva réincarné en un jeune garçon de 15 ans, nommé Corona. Il avait certes encore son coeur de virus ainsi qu’une infime partie de son âme, mais, le reste était humain à 99 pour cent. Corona s’est accoutumé assez rapidement à la vie humaine. Il allait donc dans un collège en Chine, à Pékin.

 

Chapitre 3 : une rencontre, une amitié

Les autres élèves le laissaient régulièrement à l’écart et se moquaient très souvent de lui. Corona était donc toujours tout seul. Un jour, une jeune fille de son âge, brune aux yeux vert émeraude, très curieuse, s’approcha de lui et commença à lui parler. Elle se présenta sous le nom d’Elina et s’adressa à lui doucement et gentiment. Ils discutèrent pendant longtemps et finirent par se lier d’amitié! Elina était parvenue à rendre son ami sociable, serviable, poli, et gentil avec les autres. .

C’est à partir de ce moment qu’Elina devint la fidèle amie de Corona. Ils devinrent inséparables et firent tout ensemble.

 

2ème PARTIE

Un jour, se produit un événement qui aurait pu être tragique si notre courageuse Elina n’était pas intervenue. Je la laisse donc vous raconter comment elle a procédé et de ce fait réussi à sauver l’Humanité.

Salut, salut ! Je m’appelle Elina, j’ai 15 ans et je suis chinoise. Je vais vous raconter aujourd’hui comment j’ai pu sauver le Monde….

C’était un jour de printemps. Je me promenais dans les rues de Pékin accompagnée de mon ami Corona. Corona est un jeune garçon de mon âge, Il a les cheveux courts et bruns, a la peau caramel, et les yeux marron noir avec des rayons jaune oranger au niveau des iris. Il n’est pas très grand, il mesure environ 1,60m mais a de grands pieds...Il est un peu bizarre, susceptible même s’il a fait de gros progrès pour aller vers les autres.

On était tous les deux en train de se promener quand soudain, une bande de jeunes s’est approchée de nous. Nous accélérâmes le pas. L’un d’eux nous interpella. On se retourna et tout le monde commença à rire. Corona et moi, nous sommes regardés interloqués. Je pris mon courage à deux mains et dit : « On peut savoir ce qu’il y a de si drôle ? » Les jeunes gens relevèrent la tête, me regardèrent, regardèrent Corona, et éclatèrent de rire de plus belle. Corona, énervé, leur demanda : « c’est ma tête qui vous fait tellement rire ? » Les jeunes le regardèrent : « non, ce n’est pas forcément ta tête, c’est ta taille de minus pour un garçon ! » dirent-ils en pouffant de rire.

Je me préparais à riposter quand je vis le comportement de Corona changer. Je savais très bien qu’il détestait que l’on se moque de lui de la sorte et son attitude m’inquiétait un peu. Je reculais lentement en voyant Corona qui avait maintenant à la place des cheveux, des genres de ventouses, sa peau devenait rouge avec des reflets blancs, et ses yeux étaient rouge sang. Quant à sa taille, elle avait triplé: il ne mesurait plus 1m60 mais 5 mètres !!

Je reculais encore, les jeunes regardaient le spectacle à présent horrifiés.

D’un geste, Corona les attrapa et leur dit d’une voix effroyable : « vous allez regretter de vous être moqués de moi de la sorte… Vous allez tous payer pour ça !!! » Aussitôt, il leur souffla de petites particules rougeâtres sur le visage, les relâcha et partit. Les adolescents commencèrent à tousser, trembler de fièvre, et ne savaient bientôt plus respirer…

Je ne bougeais plus. Choquée de ce qui venait de se produire. Je ne savais pas où Corona était parti mais ce dont j’étais certaine, c’était qu’il allait encore infecter d’autres personnes. Je regardais les jeunes gens, ils étaient dans un état critique. J’ai donc en premier lieu appelé les secours. Ils sont arrivés très vite. Ils m’ont demandé ce qu’il s’était passé. Je leur ai raconté toute l’histoire.

VALENTINE COSTES - LADRIERE

 

 

 

 

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À toi, porte-drapeau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Présent à tous moments, debout sans lassitude,

Présent par tous les temps, c’est le porte-drapeau.

Se dévouer sans cesse, pour lui c’est l’habitude.

Quand il était au front, il risquait sa peau.

Ses amis de combat lui ont confié la tâche

D’être un ambassadeur qui fait autorité.

a-toi-porte-drapeauSa modestie voudrait, oh non point qu’il se cache,

Mais paraître un peu moins, il l’aurait souhaité.

Dis-toi, Camarade, que tu détiens la charge

D’insuffler la ferveur au public accouru,

Rappelant à chacun, et quel que soit son âge,

Qu’on paie sa liberté par dangers encourus.

Tu as été choisi pour porter notre emblème.

Tu peux être fier, toujours au premier rang,

En déployant bien haut ce drapeau que tu aimes.

Il symbolise aussi ceux qui ont versé le sang.

Robert Matat

(archives SNEMMAttristés de ne plus te voir

 

 

 

 

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À toi le porte-drapeau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Être porte-drapeau, c’est garder en son cœur

Le respect absolu de nos trois couleurs,

Savoir qu’en ses plis, tant de sang et de larmes

Ont coulé pour nous tous, cachant bien des drames.

C’est le porter très haut dans le beau ciel de France

Car il est le symbole de bonheur, d’espérance.

Être porte-drapeau, c’est en cachant ses pleurs

L’incliner pieusement lors des dépôts de fleurs

Sur les tombes de nos pères et de nos frères disparus

Qui ont tout donné, glorifiant ses vertus.

C’est transmettre un flambeau, un message d’espoir,

À une jeunesse inquiète qui sombre dans le noir.

Si ton cœur se serre en parcourant ces lignes,

D’être porte-drapeau, alors tu seras digne.

Car tu auras senti, cela est bien normal,

Que nous vibrons tous deux pour le même idéal.

En marchant côte à côte sur le chemin,

Ce sera plus facile pour nous tendre la main.

Annick DURIN

 

 

 

 

 

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Et le rouge

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Et le rouge est silence

Sous le complet du vert

Le serpent frange l’ingénu des roseaux

Le bleu du large gonfle le sable

Le rose frappé de vertige enlace la tige

D’un désordre de boutons

Tout fiévreux de vitraux et d’églises

Le noir d’un palais de cheveux

Dirige l’escalade du blanc

Qui jaunit à la rouille de l’ocre

 

Et le rouge est sentence

Aux énormes vents invisibles

L’orange a le droit de vivre

Quand le mauve chaste

Reflète son apparence

De vierges puériles

Qui naquirent d’un marron

Près du pourpre effervescent

 

La douleur écoute la nuit

Pour mieux crier de sang

Le violon du caveau des nerfs

Retient comme une bête

Un sourire étanche

À la rampe de la mort

 

Et le rouge est menace

Aux incorruptibilités de la chance.

Saint-Hesbaye

 

 

 

 

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Les baisers que je n’ai pas donnés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ceux d’un jour gris, d’amour déchiré,

Ceux qu’on retient avant de pleurer

Ces baisers que je gardais secrets

En séchant mes yeux sur l’oreiller.

 

Les baisers vacillants, dans les airs

Négligés sur un coup de colère,

Pluie diluvienne après un tonnerre

Si ridicule et qui désespère.

 

Tous ces baisers ont claqué la porte,

Aux jours fanés des feuilles mortes,

Mais maintenant plus rien ne m’importe

C’est près de toi que mon âme est forte.

 

Ces baisers oubliés en poussière

Ces baisers juste envolés d’hier

Doux comme les mots d’une prière

Sur l’ultime page du bréviaire…

 

Ils sont tous enfermés dans mon cœur

Comme un vase qui garde des fleurs

Des baisers en bouquet de bonheur

Effaçant les regrets et les pleurs.

 

Ces baisers d’amour je veux t’offrir

Pour que dure longtemps ton sourire.

Main dans la main nous allons vieillir,

Mes baisers dans les tiens sans souffrir.

 

Le 31 août 2018

Pour toi, Jacques, mon unique amour, héros de mon cœur !

Vainqueur de nombreux tournois, tu vas vaincre aussi celui-là !

 

Ton épouse Maria-Carméla. (Encéphale

 

 

 

 

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Sommeil et autre

 

 

Comptine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La nuit est douce, on la dirait de tendre chair,

on la dirait de tendre amie,

on la dirait faite pour deux.

 

Mais où es-tu, à qui tes rêves,

avec qui, la lune du sommeil ;

marches-tu dans la nuit où je suis immobile ?

 

J’attends, araignée dans la nuit,

j’attends, tu reviendras miraculeuse,

dans les filets du jour.

Henri Lachèze (Feux du cœur)

Face à face et face à main

face à farce et face à rien

main qui mêle et main qui casse

face à pile et pile ou face

quoi qu’on dise ou quoi qu’on fasse

quelqu’un pour perdre la face

main qui perd et main qui tient

farce à farce et rien pour rien.

 

Henri Lachèze – Feux du cœur

 

 

 

 

 

 

 

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La grande mascarade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ce matin, dans la queue du monde qui attendait l’ouverture devant chez Leclerc, c’était folklorique. Sur le visage de la plupart des personnages, du masque taillé dans un traversin de bagnard à celui découpé dans du velours grosse côte, c’était tout un assortiment de masques hétéroclites.

Celui-ci, on aurait dit un slip kangourou ajusté sur mesure ! Celle-là, c’était un bonnet de soutif ! Du 95d, au moins ! Faut dire qu’elle avait du poumon, la madame ! Des bleus, des roses, des verts, comme s’ils étaient à la mode, on pouvait deviner la condition de ceux qui s’en étaient affublés ! Même les musulmanes arboraient le masque blanc du confinement ! Cela détonait avec leur tenue noire, si austère ; c’était presque amusant, si ce n’est que le Corona touche tout le monde, sans distinction. Il n’est pas sectaire, il se fout bien des religions, des prières, et des uniformes qui les distinguent…

 

Le papy, derrière moi, arborait un magnifique camouflage sur sa figure ; moitié passe-montagne, moitié chapeau tyrolien, c’en était presque risible. Assurément, le Corona ne pouvait nuire à la santé de ce monsieur, tellement il aurait peur de cette inquiétante physionomie ! Derrière lui, c’était un plus jeune ; les yeux dans le vague, les mains dans les poches et la cagoule sur la tête, il restait courbé comme si l’ombre tueuse du Corona ne pouvait pas le reconnaître dans cette posture de demi-caché. Derrière lui, encore, il y avait un type un peu louche, un peu patibulaire ; il avait mis son masque façon bandit pilleur de banque, ce qui donnait à son personnage une allure franchement menaçante. Il venait sans doute piller les derniers rouleaux de PQ ou bien s’emparer du dernier arrivage de Panzani. Aussi, grand courageux devant l’adversité, avant qu’il ne dévalise, je comptais bien aller directement aux rayons des pâtes quand les portes vitrées s'ouvriraient…

 

Plus loin, il y avait une femme que je connaissais ; j’avais beau lui faire signe, pas l’ombre d’un frémissement de sa personne ne tentait de comprendre cet énergumène gesticulant dans sa direction. Il faut dire qu’avec ma barbe hirsute et mes cheveux blancs trop longs, je ressemble plutôt à un vieux berger montagnard, descendu au ravitaillement. Quand elle regardait ailleurs, je me disais qu’elle devait chercher mes moutons.

 

Masque hygiénique, en gant de toilette ou en serviette de bain, à celui-ci, il ne manquait qu’une savonnette pour commencer ses ablutions « anti-coronavirusiennes » ! Celui-là, bien sanglé derrière les oreilles, bien serré sous les yeux, il portait un véritable masque chirurgical ; après tout, c’était peut-être un praticien, un dentiste venant faire ses courses avant de rejoindre son hôpital. À cette dame, on ne voyait pratiquement pas le visage ; en plus de sa protection individuelle, sa tête, elle l’avait rentrée dans ses épaules ou l’avait laissée dans sa bagnole, tellement elle avait peur de respirer. Je me demandais bien comment elle faisait pour avancer sans heurter les caddys et les gens s’approchant du magasin. D’une malle, l’un avait ressorti un antique masque à gaz de la Grande Guerre ; aussi, n’étions-nous pas en guerre ? C’est même le président qui l’a dit dans la télé ! Une autre avait confectionné le sien dans un tissu multicolore qui donnait au reste de son visage une sorte de jovialité décalée avec cette pandémie.

Celui devant moi, la cinquantaine tassée, ne portait pas de masque. C’eut été bien, parce qu’avec sa grande gueule, (il avait jeté son dévolu sur la bonne femme devant lui), ça l’aurait calmé ; j’imaginais un masque, style bâillon bien serré,  pour le faire taire…

 

Bientôt, je vous le dis, il y aura des masques parfumés, des masques en simili-cuir pleine fleur, des masques assortis à la couleur de la robe, de la bagnole, du veston ; on verra sur le marché les masques à dentelle, façon loup, pour les soirées costumées ! Il y aura des restaurants marqués trois masques, sur le guide de la prophylaxie internationale ! On verra des masques à gagner à la loterie, des masques selon la couleur de la peau et, malheureusement, des masques à caractère religieux, des masques de pauvres, etc.

Je sais bien que c’est pour la bonne cause mais, bientôt, on ne verra plus les sourires derrière tous ces masques de fer ; hypocrites, grimaciers, entendus, amicaux, complices, avenants, ils sont pourtant le plus beau reflet de l’âme traduit sur le visage, et on va l’encager, sans doute définitivement, derrière un rideau d’abstinence.

 

Ce n’est pas tout ; certains, en s’approchant du magasin, portaient des gants roses « Mappa », spécial vaisselle à la main ; d’autres se trimballaient avec des gants de moto ; d’autres encore, en tenue de cosmonaute, se tenaient écartés comme s’ils étaient contagieux ou comme s’ils craignaient l’épidémie de la file d’attente. Pire que la peste et le choléra, défiance ou suspicion, chacun détestait son prochain ; derrière les visages tordus, sous la forme de l’inquiétude inguérissable, le Coronavirus était partout…

 

Au hasard d’un étalage, j’ai retrouvé la personne que je connaissais ; nous échangeâmes quelques mots de loin ; toujours aussi optimiste, je lui dis en partant : « Rendez-vous au paradis… ». Prévention normale, les caissières en poste avaient, devant la figure, une visière qui, du front jusqu’au cou, occupait tout leur visage. Derrière cette vitre protectrice, la mienne, enfin, celle qui passait mes produits devant son scanner, ressemblait à une ouvrière de la métallurgie ; point par point, consciencieusement, elle soudait mes articles dans sa caisse enregistreuse.

La note à la main, j’eus le malheur de converser avec elle, avec les quelques mots qu’on utilise pour souhaiter constance et bonne journée. Tout de go, comme si ce que j’avais dit était le sésame de ses paroles, elle me débita sa litanie sur les gens qui se croyaient tout permis, sur son mari au chômage technique, sur son gosse dont elle ne comprenait rien aux devoirs, sur ses employeurs qui rechignaient à payer ses heures sup., sur sa bagnole qui avait du mal à démarrer, etc. Oui, elle en avait gros sur le cœur, ça débordait, et son masque, c’était comme la grille d’un confessionnal. Et moi, je jouais le chapelain, le prêtre agitant la croix et la bannière pour éloigner le Corona de cette créature, ne sachant pas s’il fallait la punir avec trois paters, ou bien l’encenser pour son courage d’être fidèle au poste, et de rester au service obligatoire de cette clientèle tellement égoïste.

Oui, ce matin, c’était la grande mascarade…      

Pascal.  07.04.2020

 

 

 

 

 

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VICTOIRE

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

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La nature, à la fois belle et cruelle

A mis des millions d'années à te créer.

Maudit Coronavirus ! Notre sentence est tombée,

Inconditionnelle et sans appel.

Bien ancré dans ton vaisseau spatial,

Silencieusement, tu prends nos corps en otage,

Des milliers de personnes innocentes tu ravages,

Voilà aujourd'hui et demain ton macabre idéal.

Toi qui n'es qu'un vulgaire virus dénué de tout,

D'émotion, d'amour, de compassion, d'intelligence,

Contrairement à l'Homme qui a cette chance,

Tu as désespérément de quoi être jaloux.

Tes bottes de sept lieues enfilées,

Tu t'invites dans le monde entier.

A l'horizon, tels des soldats certes désarmés,

Nous sommes déterminés et prêts à t'affronter.

Sorti du peloton de tes congénères prétoriens,

Ta force invisible est notre faiblesse

Mais notre faiblesse devient grâce à toi notre force,

Un par un, tous unis main dans la main.

Tu nous promets la misère,

Nous te promettons l'exécution !

Notre bataillon présent sur le front

Stoppera ta guerre mortifère.

Comme d'une fissure, un arbre prend racine

Suit la lumière et sort de terre,

Nous formons une incroyable chaîne humanitaire,

Aussi, d'une victoire certaine, notre avenir se redessine.

Tu nous as livré une impitoyable bataille,

Ensemble, nous la gagnerons pas à pas.

Comme une évidence après ce combat,

La vie recommencera vaille que vaille.

Béatrice Valet.

 

 

 

 

 

 

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Soldats blancs

 

 

 

 

 

 

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Oh, Soldats blancs, sans arme et sans faux-semblant,
Qui touchent nos âmes par votre dévouement !
Oh, enfants de Dieu sans nom, pour nous vivants !
Nous vous aimons et entendons vos cris si puissants !

Oh douleurs ! Pauvres hommes ! Pauvres femmes !
Enfants d'une mère qui croit en vous, mes amis blancs !
Héros sans visage aux larmes si grandes !
Nous sommes... à genoux, devant Vous !

Sauveurs blancs... au Silence criant !
Amis inconnus, infinis, au courage si grand !
Mon cœur est à vous, Défendeurs de vies,
A qui l'on ne dit pas assez merci !!!

Sauveurs de l'Humanité ! Nos frères ! Nos sœurs !
Combattants d'une guerre invisible, si cruelle !
Votre bonté est grande, vous, notre main tendue !!
Remparts contre l'indifférence au nom de l'Amour !

Merci !!!!

Patricia Loughani, copyright, le 21/03/2020

 

 

 


 

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Anniversaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tandis que l’accordéon entamait une première danse, il s’est levé de sa chaise et s’est penché vers elle, lui murmurant quelque secret à l’oreille. Il l’a aidée à se lever à son tour, l’a enlacée tendrement ; puis, doucement, lentement, imperceptiblement, calquant ses pas sur les siens avec des précautions infinies, l’un contre l’autre, ils se sont essayés à quelques pas de danse.

Elle, les traits contractés dans un effort de concentration, elle qui d’ordinaire a toutes les peines pour marcher, confiante pourtant dans les bras de son amour, peu à peu, je l’ai vue retrouver son assurance et son sourire.

Ils étaient beaux, ils étaient seuls au monde au milieu de tous leurs invités, et mes yeux émerveillés ne voyaient plus qu’eux.

Je les regardais tous les deux, émue jusqu’aux larmes, en me demandant comment deux êtres aussi diamétralement opposés qu’un homme et une femme peuvent perdurer ainsi dans le temps en gardant toute cette tendresse et cette complicité, moi qui n’ai retenu de ma vie que les mauvais souvenirs.

Une fois la danse terminée, il l’a raccompagnée à sa place ; elle chantait, elle riait telle une enfant espiègle, heureuse et fière de cet exploit et d’avoir pu renouer avec ses jeunes années ; et je vous jure que son visage irradiait de lumière, éclaboussant de soleil et d’amour tout son entourage.

Elle avait retrouvé sa joie de vivre et ses vingt ans.

Thérèse - 20 AVRIL 2019

 

 

 

 

 

 

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LA SOIREE EFFRAYANTE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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camille fong

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Camille FONG

 

 

 

 

 

 

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MON PAYS IMAGINAIRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Voici mon pays imaginaire :

Écoutez-moi sans commentaires !

J’y ai mis un atelier de savoir-faire

Afin d’y confectionner de jolis bouquets de fleurs

Pour que vous soyez séduits par leurs senteurs.

 

Des arbres aux mille couleurs j’y ai déposé ;

Pour que cela donne un magnifique cachet !

Une équipe a peint le ciel d’un bleu unique et merveilleux

Afin d’en ravir vos yeux.

 

J’y en ai mis plein de nuages blancs,

Qu’un doux vent pousse gentiment.

Un soleil brillant illumine le tout, vous voyez comme c’est charmant

 

J’y ai aussi installé aux détours des sentiers

Des fauteuils en vis-à-vis pour vous permettre de le contempler.

Allez ! Venez, je vous invite à venir le visiter,

Car c’est certain, le coup de foudre vous aurez.

 

Oh ! Quel dommage ! Vous ne pouvez y monter

Car dans ma tête je l’ai bien installé et trop bien protégé

Ainsi quand je le veux,  je peux m’y échapper.

 

Ah ! Ah ! Je vous ai bien eu,

Le pire ! Vous m’avez cru.

Mon pays imaginaire, il est à moi.

Vous ne l’aurez pas, voilà !

Martine Grassart Hollemaert

 

 

 

 

 

 

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SUPPORT D'ENCOURAGEMENT ET DE REMERCIEMENT POUR LES ACTEURS DE LA DEFENSE NATIONALE (sur l'air de la Marseillaise)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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MERCI AUX ACTEURS DE LA DEFENSE NATIONALE !

 

COUPLET 1

Allons acteurs de la grande défense,

De la défense nationale :

De l'armée d'air, mer et de terre,

Et de la défense militaire (bis),

De la gendarmerie nationale,

De la police et des pompiers,

Et de la défense civile,

Merci bien de tous nous protéger.

 

REFRAIN

Merci, merci, merci !

Unissez tous vos forces !

Et armez-vous,

Tous de courage !

Ne baissez pas les bras !

 

COUPLET 2

Vous devez tous venir pour nous aider !

Prévention alors, vous ferez,

Et COVID-19 qui oblige,

On vous soutient tous très unis (bis),

Malgré la maladie présente,

Nous devons bien tous lui faire front,

Affrontons-la une fois pour toutes !

Grands bravos, barrages, grands bravos, barrages.

RICHEZ REMI 3°E

 

 

 

 

 

 

 

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AUTOMOBILE (Élucubrations)

 

 

 

 

 

 

 

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L’eau, tôt mobile sur terre,

A déplacé les montagnes

Depuis des millénaires

Sans que personne plus tard, n’y gagne !

 

Citroën-Chevrolet ?

L’association plaît !

Mais si troènes partout

On ne voit plus rien du tout !

 

Si trop haine, dans le troupeau à l’étable :

Chèvres, au lait sûr !

À coup sûr !

Et fromage au goût détestable !

Gérard Rossi

 

 

 

 

 

 

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LE GRAND MARCHÉ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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J’étais partie un jour

Au grand marché du destin

J’étais partie avec des souliers d’innocence

Des rêves plein les poches

 

Des projets plein la tête

J’y ai acheté de la confiance

Payant de ma jeunesse

J’ai acheté ses illusions à bon marché

Et de l’espoir au kilo

 

Plus loin ôtant mes habits de gosse

J’ai changé mon panier de main

J’ai trainé des restes

De vingt ans en pleurant

 

Je suis rentrée plus tard

Dans mon panier percé sans doute

Il ne restait que quelques gouttes

 

J’étais partie un jour

Au grand marché du destin

Brigitte Breux

 

 

 

 

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DISPARUE

 

 

 

 

 

 

 

  

 

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Elle le suit l'air de rien ,fait la distraite 
fait virevolter son chandail du bout des doigts
fait danser ses cheveux dans le soir couchant
baigne dans son corps miel orangé comme numérisé

 

par l'horizon submergé de fins du jour
un Boléro d'infinies étreintes qui s'épuisent peu à peu

fait glisser ses lunettes noires du pouce

 

lui dévoile la profondeur de son regard souverain 
ne quitte plus la parenthèse de l'émotion
retient sa vie au moindre pas de la lumière finissante,

 

prie qu'il ne dise mot
qu'il frémisse une seule fois encore
lorsqu'elle se lèvera du banc pour disparaître
avec la nuit.

 

G. L. Pluies Neuves

 

 

 

 

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HOMMAGE A BASHUNG

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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A son heure semeur de mots et Apiculteur,
La nuit il ment à la belle Gaby,
Après avoir "Osez Joséphine".
Il ne fuit pas la mère supérieure,
Niché qu’il est dans sa Petite Entreprise.

Balancé de l’aube à l’aube, il est
Accroché fièrement à un élastique
Sur une colline du Vercors.
Hanté par les Vertiges de l’Amour,
Une Fantaisie Militaire sonne le glas du
Nénuphar et rappelle au soldat que le
Grand amour lui a faussé compagnie.

Alain Cotteau

 

 

 

 


 

 

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Pêcheur.. 010407

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ce matin, à l’ombre des nuages qui se poursuivaient dans des couleurs de gris et de noir, dans le grand ciel, je me suis arrêté un moment à Carqueiranne. Au petit port de plaisance, caressé par le vent d’est, les drisses se battaient dans un concert de mâts et cliquetaient inlassablement sans fatigue. Les grands bateaux amarrés pour les loisirs oscillaient avec aisance gentiment au rythme des vagues, bercés sans crainte derrière la digue pierreuse et protectrice. Il faisait frais, et même si les flammes nationales claquaient, le badaud était rare.

Je marchais tranquillement sur un quai ou sur un autre, qu’importe, je baladais à l’inconnu, curieux du hasard de rencontre, sur l’avenue de ma solitude… Ce quai est amusant, du moins, on pourrait dire bizarre. À son extrémité, sont plantées des pompes à essence ou à gas-oil et,  dans la perspective de leur vision, des pavillons claquent au grand vent de la mer.

Le modernisme a fabriqué des bateaux à moteur mais le vent du large souffle toujours aussi fort. La plaisance mécanisée avec ses radars, ses GPS, la goniométrie électronique... Ha, les marins modernes d’aujourd’hui ne sont bien faits que pour battre des records, les grandes voiles blanches sont dans les livres d’images. Qu’importe la couleur des vagues, le ricanement du sillage ou les mouettes rectilignes qui planent sans fil, c’est le temps qui compte. Rallier au plus vite une terre puis une autre, à l’endroit, à l’envers, par courants ou vents contraires… Champagne ! Je vous laisse penser ce que je pense…

Le modernisme a fabriqué des bateaux à moteur mais le vent du large souffle toujours aussi fort. La plaisance mécanisée avec ses radars, ses GPS, la goniométrie électronique... Ha, les marins modernes d’aujourd’hui ne sont bien faits que pour battre des records, les grandes voiles blanches sont dans les livres d’images. Qu’importe la couleur des vagues, le ricanement du sillage ou les mouettes rectilignes qui planent sans fil, c’est le temps qui compte. Rallier au plus vite une terre puis une autre, à l’endroit, à l’envers, par courants ou vents contraires… Champagne ! Je vous laisse penser ce que je pense…

Cet homme est sans âge, parce qu’une heure de pêche, c’est une heure de vie en plus et je pense qu’il a des heures de patience derrière lui, pour être aussi calme, détaché et déterminé. Sa petite fille, sage, emmitouflée dans un blouson rose à l’écharpe volante, est attentive aux gestes précis de son aïeul, elle est curieuse et engrange des souvenirs déjà. Elle saute bien un peu, à gauche à droite, s’inventant une marelle sur ce quai où son imagination l’emmène aussi vers ses jeux à elle.

Et puis, il ne fait pas bien chaud. Le touriste touille son café du matin, derrière les baies vitrées, déçu du temps qu’il fait, pour le prix qu’il a payé sa location du week-end…

Bien sûr, je m’arrête pour reconnaître ce pêcheur et regarder sa technique, curieux aussi de son attitude, nonchalante et précise, modeste et précieuse dans chacun de ses gestes. Vêtu d’une clope qui fume bleue entre ses moustaches, d’un blouson sans âge aussi et d’un pantalon trop grand, il s’active patiemment au bout de sa ligne. Je le regarde de loin, ne faut pas froisser l’âme d’un pêcheur dans ses fonctions vitales... D’une certaine manière, je l’admire et j’aimerais à cet instant être à sa place pour reculer le temps, le laisser aux soucis et autres tracas de la vie moderne. Il a jeté sa ligne et le bouchon s’est fixé sur l’eau. Je regarde aussi…

La petite fille court autour de son papy, les cheveux blonds dans le vent. Il prépare, je ne sais quelle mixture derrière son dos… Il rallume son mégot mille fois éteint, et un halo blanc l’entoure un instant. Nous regardons le bouchon… Des pigeons pigeonnent, des moineaux moineautent et des hirondelles de mer planent sur la terre. Je regarde le bouchon… C’est instructif, un bouchon. Toute son attention reportée sur un bout de liège comme si le futur en dépendait, pour la soupe… L’instinct intact du chasseur pour ramener son gibier à nageoires sur la table, pour la tribu… et pour sa fierté, voire la postérité…

Soudain, la petite fille appelle son papy affairé dans la préparation de sa deuxième canne. Le bouchon a disparu… Elle est survoltée et crie cette absence profonde et encore inexpliquée. Papy a attrapé sa canne à deux mains, il tire... et le sion se plie. Je ne suis... que deux yeux… Il me semble que je tire avec lui. Non, il n’est pas accroché. C’est lourd. Il tire encore, il bricole son moulinet qui chante quelques secondes, il tire encore… La petite fille est muette dans l’ignorance de l’instant présent mais elle présage, dans ses déductions d’enfant, qu’il se passe quelque chose d’important entre son Papy et ce bouchon invisible. Il est calme, il sait. Il connaît son adversaire sous-marin. Encore quelques minutes de lutte et un magnifique congre émerge et se noue au bout de la ligne. Papy tire encore et hisse la bête sur le quai. Elle s’enroule, se déroule et s’étire dans une fuite vaine. L’homme en fait son affaire. Il remplit un seau et installe l’animal battu dans cet aquarium. La petite fille applaudit et fait une ronde effrénée autour du seau en chantant, en dansant, en riant, en criant. C’est beau…

Je sais que sa petite tête se remplit de souvenirs pour la vie et que son grand-père s’est vu agrandir son auréole de patriarche, pour des décennies.

Notre papy rajuste son mégot éteint, lisse une moustache fière, scrute les alentours, pour un quelconque admirateur, tapote en souriant la chevelure d’ange de sa petite fille. À sa manière, il tourne aussi autour du seau… Ils sont beaux…

Pascal.

 

 

 

 

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Paranormal sisters

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Suite Chapitre 2

 

- Il remontait sûrement la rue, il a peut être vu un voleur qui s’attaquait à votre véhicule qu’il connaissait, et voulut l’en empêcher. L’homme l’aura tabassé et poignardé.

Oh mon dieu ! s’écria Amélie pour la deuxième fois

- Bien, nous allons mener l’enquête, l’ambulance l’emmène au centre hospitalier, nous verrons si nous pouvons l’interroger. D’après les premières constatations, il ne devait pas connaitre son agresseur, mais lui faisait face.

- j’espère qu’il s’en sortira. Il a l’air drôlement touché.

- Je l’espère aussi. Au vu des éléments et de votre Clio, je reste dans l’hypothèse qu’il aura surpris le ou les délinquants en train de commettre leurs méfaits et que ceux-ci l’auraient passé à tabac.

- Pourquoi mon essuie-glace est dans sa main ?

- En tombant, il aura très certainement essayé de se retenir à votre véhicule et arraché votre essuie-glace. Vous a-t-on volé quelque chose ?

Tara se pencha alors pour vérifier, s’occupant du blessé elle n’avait même pas songé à regarder.

- Je ne comprends pas il ne manque rien !

- Bizarre ! Il va falloir que l’on emmène votre Clio afin  d'y récupérer, éventuellement des empreintes, dit son chef.

Tara le savait, elle dut se résigner à laisser sa voiture sur place.

- Voulez-vous que l’on vous reconduise ? Reprit le lieutenant.

- Je peux le faire si vous le désirez, j’ai ma voiture garée plus bas, interrompit Lilian.

- Vous êtes ? demanda le gendarme.

- Lilian Burguess, artiste peintre et ami de Tara. Tara ne releva pas le : « ami de »

- Pourquoi pas, accepta la jeune femme qui se sentait fatiguée par cet événement et l’heure tardive, merci quand même Chef.

- Dites-moi simplement où je dois vous conduire.

- Pas très loin d’ici au 39, rue des lilas.

- D’accord, allons-y. Et vous Mademoiselle.

Amélie n’eut pas le temps de répondre que Tara intervint.

-Tu peux dormir à la maison si tu veux.

Amélie ne réfléchit pas longtemps.

- Oh après tout, oui, cette soirée m’a choquée, je n’ai pas vraiment envie de dormir seule.

Tara, Amélie et Lilian remontèrent alors la rue jusqu’à la Mercedes du peintre.

Quelques minutes plus tard, les deux femmes étaient devant l’immeuble de Tara.

- Voilà nous sommes arrivés, puis-je prendre de vos nouvelles demain, demanda-t-il.

- Si vous le désirez, encore merci pour votre aide, répondit Tara en descendant de l’auto.

- Tara… Je n’ai pas votre numéro de téléphone !

- Oh ! Excusez-moi, cette soirée m’a un peu troublée, répliqua-t-elle en s’exécutant. Fouillant dans son sac, elle sortit une carte de visite qu’elle tendit à Lilian.

-À demain, Tara, passez une bonne nuit.

Elle ne prit pas la peine de lui répondre, elle était fatiguée et ne demandait qu’une chose… rentrer chez elle.

Elle était pourtant habituée à cette sorte d’événement, mais là, à la sortie du théâtre et à côté de son véhicule, de plus avec une personne qu’elle connaissait, cela l’avait secoué. Depuis le début de son engagement, elle n’avait encore jamais eu ce genre de mésaventure.

 

Une fois dans l’appartement, Tara prêta un vêtement de nuit à son amie.

- Cela ne te gêne pas de dormir dans le même lit que moi ?

- Non pas du tout, tu ne te rappelles plus nos soirées « pyjama » ! Nous dormions ensemble non…

- Tu as raison.

 

Chapitre 3

 

Il était plus de onze heures et demie, quand elles se réveillèrent. Elles avalèrent leur petit-déjeuner calmement, il servirait encore une fois, de déjeuner.

Amélie téléphona à son patron pour le prévenir qu’elle n’irait pas travailler, ni le jour même, ni le lendemain.

Elle lui expliqua l’accident de la veille et précisa qu’elle devait se rendre à la gendarmerie afin de faire une déposition. Ainsi, dit-elle à Tara, après avoir raccroché, je passerai deux jours avec toi.

- Ce qui n’est pas faux d’ailleurs, coupa Tara.

- Ne te tracasse pas, tu es en congé et moi aussi par la même occasion, profitons-en.

Tara n’hésita que quelques secondes.

- Pourquoi pas ! Tu n’as pas tort, cette affaire n’est pas la mienne. J’espère juste que le garagiste s’en sortira. Je me demande bien ce qu’il faisait là.

- Laisse tomber, il était sûrement au théâtre. Tu sais quoi ! reprit Amélie. Rendons une petite visite à monsieur Lilian comment déjà ? Ah oui Berguess.

Le visage de Tara s’illumina.

- Ce n’est pas une si mauvaise idée du tout ça. Tu es géniale.

- C’est pour cela que je suis ta meilleure amie, pour mes merveilleuses intentions.

- N’en fais pas trop s’il te plait !

- Prépare-toi, j’appelle un taxi.

 

Elles venaient tout juste de mettre leur veste qu’un coup de klaxon se fit entendre. Tara jeta un œil à la fenêtre.

- C’est notre taxi, vite Amélie.

- Tu es pressée de revoir Lilian, dis-moi.

- Allez ! Dépêche-toi, il attend.

- Qui Lilian ou le taxi, rétorque Amélie, se moquant gentiment de Tara.

- Arrête avec cela.

- Ne râle pas, je suis prête, allons-y.

Elles sortirent toutes deux de l’appartement, descendirent agilement les quelques marches et grimpèrent dans le taxi.

- Bonjour chauffeur, conduisez-nous Avenue Montaigne, s’il vous plait, annonce Amélie.

- Ok! Mesdemoiselles.

L’homme était jeune, la trentaine, cheveux longs retenus avec un catogan, tee-shirt clair, très décontracté. Il taquina un peu les deux amies. Ce qui les amusa beaucoup. Le temps du trajet qui fut court, car quinze minutes plus tard, le conducteur était à l’entrée de l’avenue.

- À hauteur de l’exposition de peinture s’il vous plait, précisa Amélie.

Encore quelques mètres et elles étaient devant la salle.

- Vous voici arrivées!

Amélie remercia et paya le chauffeur de taxi, tandis que Tara l’attendait devant la baie vitrée, impatiente de revoir Lilian. Elles entrèrent d’un pas décidé dans la galerie et elles se dirigèrent directement vers le tableau intitulé « les iris ». Tara voulait absolument le montrer à son amie.

- En voilà une surprise !

Les deux jeunes filles sursautèrent au son de la voix de Lilian

- Désolé, je vous ai fait peur.

- Euh non ! Enfin si, bafouilla Tara, je voulais que mon amie contemple vos œuvres.

- Eh bien ! allons-y, faisons le tour de la salle.

Le jeune homme ce jour-là avait opté pour des vêtements plus décontractés. Il portait un pantalon de toile claire et une chemisette blanche qui mettait en valeur son bronzage récent.

- Vous avez sûrement de futurs acheteurs qui vous attendent.

- Ne vous inquiétez pas pour cela. On m’appellera si besoin est. Tenez, admirez ce tableau, continua Lilian en montrant un magnifique paysage.

- C’est vrai ! Il est superbe, vous peignez merveilleusement bien.

- Merci du compliment, mais ne pourrions-nous pas nous tutoyer.

- Avec plaisir, autorisa Tara en rougissant légèrement.

- Génial. Je pensais t’inviter demain soir chez un camarade qui organise un cocktail en l’honneur de l’anniversaire de sa femme. Je peux amener une amie. Nous sommes amis n’est-ce pas ! Accepterais-tu, je sais que je m’y prends un peu tardivement et un peu vite, dit-il en riant, mais…

- Non, il n’est pas trop tard, intervint Amélie, sans laisser à son amie le temps de répliquer. Hein Tara ! Il n’est pas trop tard. Vous nous invitez toutes les deux ?

- Bien sûr, répondit Lilian, alors qu’il aurait préféré que Tara soit seule, néanmoins il fit contre mauvaise figure bon cœur.

- Génial, éclata Amélie, faisant se retourner les quelques visiteurs présents.

- Je vous attendrai là-bas vers dix-huit heures, je vous envoie l’adresse sur votre portable Tara.

- Nous serons prêtes. Une dernière question un peu idiote. Interrogea la jeune femme! Doit-on porter une robe de soirée ?

- Ce serait mieux! Cela ira...?

- Oui, oui, nous avons ce qu’il faut.

- Bien, je vais vous laisser continuer seules, j’aperçois quelqu’un qui me fait signe. À demain alors.

Elles finirent assez excitées le tour de la salle, puis sortirent. Elles étaient à peine sur le trottoir qu’Amélie questionna son amie.

- C’est nouveau ! Tu as des vêtements de cocktail, toi !

- Malheureusement non, mais je voyais déjà le moment où il allait nous en commander une. Je crois qu’il vaudrait mieux annuler.

- Ah non alors ! Tu rigoles ou quoi ! Tu te rends compte de la chance! Non, direction le magasin.

- Tu vas acheter une robe ?

- Oui et toi aussi, et ne me contredis pas, ce n’est pas si souvent que nous sommes invitées à une réception. Bien qu’il aurait aimé que tu y ailles seule, cependant je ne pouvais laisser cette opportunité me passer sous le nez. rétorqua Amélie en riant.

- Tu ne changeras jamais toi !

OK, allons acheter nos tenues.

à suivre                                                  MARTINE GRASSART-HOLLEMAERT

 

 

 

 

 

 

 

 

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UNE VIE DE CHIEN     

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16h50. Nous nous sommes séparés en trois groupes. Je suis dans ma cabine. Glen, Jim et André Monty recensent nos armes. Nous avons tous un « brown » sous notre veston. J’ai dissimulé un rayon laser dans le double fond de ma valise. Le professeur Tanteur nous a donné tout à l’heure des bombes somnifères. Jim, depuis un moment, se gratte le crâne, là où ses cheveux blonds coupés à la brosse forment un épi.

J’ai l’impression désagréable d’être un pion sur un échiquier. Vous ne sentez pas ces regards fixés sur nous ? 

Je soupire avant de répondre :

Tu n’as pas cette sensation que j’ai eue en me réveillant dans une peau de chien ! »

Glen regarde par le hublot :

Je crois qu’ils sont installés dans l’hélico ! 

Le deuxième groupe est en effet prêt à décoller. Hardwed doit être aux commandes de l’appareil, j’imagine ma sœur à ses côtés. Dicken Glasmore guette derrière sa mitrailleuse. Et surtout, je vois Véra agiter, derrière la vitre, un foulard rouge. Le signal convenu !

Nous montons sur le pont et nous marchons vers l’arrière où se cache notre sous-marin. Un sifflement irrite mes oreilles : je branche le microphone. Un ami nous informe de leur installation à bord. Nous nous trouvons devant la soute en question. Voilà qu’apparaissent le professeur Debarre et Paul Sancourt, sortis d’un escalier qui nous était inconnu. Il sort une petite boîte noire de sa poche, triture quelques leviers.

Une énorme trappe s’ouvre, le couvercle basculant vers l’extérieur. Notre sous-marin luit à la lumière du jour d’un éclat bleu-gris.

Debarre et Sancourt s’avancent vers nous.

J’espère que vous n’aurez pas gardé un trop mauvais souvenir de votre séjour à bord ? 

L’hélicoptère est maintenant au-dessus de la trappe, les câbles s’enroulent autour du sous-marin. Debarre doit élever la voix à cause du fracas. Il nous tend la main. Je n’avais pas remarqué leur regard irréel, fascinant.

J’espère que vous réussirez votre combat : une seconde mission, bien plus importante, vous attendra ensuite !… 

Que voulez-vous dire ? 

Debarre consulte du regard Sancourt.

Nous ne pouvons rien dire de plus. Vous ne tarderez pas à le savoir.

Sancourt me tend la main à son tour.

Au revoir, professeur. 

Un regard sec de Debarre l’interrompt. L’hélicoptère soulève le sous-marin à notre hauteur. Nous nous engageons dans un sas. Et nous volons vers le lac Titicaca ! Je regarde mes compagnons sans mot dire. Un double sillon creuse le front de Glen. C’est chez lui un signe de réflexion, voire de perplexité.

Pourquoi t’ont-ils appelé professeur ? 

Je ne sais ! Peut-être ont-ils eu vent de mes recherches en génétique… 

Ma réponse n’a pas été convaincante.

- …Bon sang de bon sang. J’ai trouvé pourquoi le professeur et Sancourt ont un regard bizarre.

Je me suis levé et secoue mes compagnons tour à tour.

- Ils ont les yeux jaunes ! 

Jim lève son regard perplexe.

Je m’en suis rendu compte immédiatement ! Je ne vois à cela rien d’extraordinaire.

Nous-mêmes avons des yeux diversement colorés : Hardwed et André ont les yeux gris-acier, Florine  et toi : turquoise,  Glen  et Tanteur : noirs,  Marie : rouges, pour ne pas tous les citer

D’accord, Jim, mais nous sommes des Schnoffs, tandis que Debarre et Sancourt…

Vera s’avance vers moi, le visage encadré de longs cheveux noirs. 

- Il n’y a pas de quoi en tirer certaines conséquences.

Notez tout de même leur comportement bizarre et cette charge mystérieuse… et cette mission que je ne tarderai pas à connaître. Avouez qu’il y a là de quoi réfléchir.

Je viens de réaliser à l’instant que je n’ai pas seulement perdu ma faculté de dégager un regard pulvérisateur mais aussi celle de lire les pensées.

 

Véra me regarde, comme fascinée par mon regard. Je sens une chaleur qui vient droit de ses yeux rouges. Elle me prend le bras, m’emmène dans le couloir.

Viens, je veux te montrer quelque chose, William ! Elle me pousse dans une salle et ferme le verrou derrière moi. Elle déboutonne son corsage.

Que fais-tu, Véra ? 

Elle me tend un bistouri et une petite pince. Elle avale un petit cachet rose.

Vas-y, je ne sentirai rien.

Je fends la peau veloutée au niveau de la partie supérieure de son sein droit, je fouille avec les pinces et en retire un petit appareil noir de la taille d’une pile de calculatrice.

Je me suis fait une radiographie, il y a trois jours. 

Marie n’a jamais pu me dire comment on lui avait greffé cet appareil ! 

Je porte peut-être cet engin depuis plusieurs années. Il est très probable que les hommes ont subi un traitement genre lavage de cerveau. 

Véra se rhabille lentement.

- Florine n’en a pas  en tout cas !  Il existe donc un instant T commun à Marie et toi où l’on vous a introduit cette « puce ». Marie a donc été mêlée au cercle des Initiés alors qu’elle n’avait aucun rapport avec le groupe puisque je ne la connais que depuis quelques années. Pourquoi ne m’as-tu pas mis au courant devant les autres ? 

Les femmes ont peut-être des réflexes de pudeur, mais pas devant leur CHEF en tous cas ! 

Je ris devant sa candeur naturelle. Nous retournons dans la grande salle où sont nos compagnons. La porte est restée entrouverte. Je tends le petit appareil noir à Sam Tanteur.

- Exactement le même modèle que portait votre femme.

Sam a hésité sur le mot femme, il désespère de la retrouver. Moi-même, je ne sais plus si je la reverrai un jour. Peut-être n’est-elle plus sur la Terre, mais dans une fusée Schnoff, dans le corps d’un chien Bouffh de la planète Mardzog…

Nos compagnons me regardent tristement. Je sais pourquoi. Nous avons retrouvé le pouvoir de lire dans les pensées des autres. Par la vitre circulaire, je vois les Andes de Carabaya se découper sur un ciel bleu orné de traînées nuageuses. Et derrière cette chaîne, apparaît dans les nuées la Cordillère Royale.

19h05, l’hélicoptère s’élève à plus de 7000 mètres. Nous « sautons » ainsi la barrière de montagnes. Sur la gauche apparaît La Paz et ses quartiers modernes à 3630 m d’altitude. Nous retenons notre souffle. Devant nous, les eaux azurées du lac Titicaca rutilent au soleil couchant.

L’hélicoptère plonge vers une petite terrasse près de la ville de Guaqui. Par le hublot, je contrôle notre descente vers les flots. Un bouillonnement d’écume jaillit. Nec Tarbold et Sco Micfarass sortent sur le pont et décrochent les câbles.

L’hélicoptère se pose à trente mètres du sous-marin, ses occupants courent maintenant vers nous. Ils montent à bord par la passerelle placée par Nec. Le sous-marin plonge aussitôt après qu’ils nous aient rejoints dans la cabine spacieuse.

Hardwed et Florine s’installent aux commandes. C’est à eux qu’incombera la responsabilité du sous-marin pendant notre intrusion dans la base Schnoff. Nous nous accoutrons de combinaisons sous-marines.

Leur couleur indigo nous permettra de circuler sans être vus.

Une réserve d’oxygène liquide nous assure une autonomie de 100 heures. Sur l’écran du sonar, se découpent les étranges reliefs des rochers immergés. Une lueur orange passe dans les yeux rouges de Véra, elle ajuste ses mèches noires sur son front :

- Nous y sommes.

Hardwed stoppe le bâtiment. La base ennemie est à 500 mètres d’ici. Le sous-marin se cache dans la flore d’un rocher. Si dans trois heures, nous n’avons pas réussi à livrer la forteresse aux soucoupes volantes Nors, le sous-marin fera feu et ouvrira ainsi une brèche.

Nous ajustons les cagoules et les masques de plongée, nous glissons dans le sas et dans les fonds abyssaux. Jim mène la colonne, l’eau est si sombre que nous devons utiliser des torches éclairantes. Des nuages de poissons fluorescents nous entourent. À la lueur blafarde d’une torche électrique, j’aperçois un énorme rocher. La silhouette de Jim se découpe sur le bord de cet ensemble montagneux, il doit voir la base Schnoff ou du moins les décors extérieurs.

Il crie « Attention ! » avant de se lancer dans un coin d’ombre. Dans un ensemble parfait, nous avons éteint nos torches et nous nous sommes plongés dans des creux remplis d’anémones de mer. Un cri de douleur jaillit dans mes microphones : je ne sais pas sur quoi je suis tombé !

J’ose tâtonner de la main, je sens deux petits monticules et un cœur qui bat… qui bat ! Je me suis glissé à côté de Véra.

Un rayon double de lumière blanche a fait fuir les poissons multicolores. Un véhicule plat et pointu à l’avant est passé devant nous. Dans une cabine transparente, c’est cinq Schnoffs qui doivent travailler sur des écrans de contrôle. Le pilote joue avec dextérité sur un clavier de commandes. Je ne me lasserai jamais de regarder leur visage noir éclairé par deux grands yeux jaunes. Et je revois l’homme au visage tuméfié ! Il semble commander les quatre autres.

Le véhicule s’arrête : auraient-ils découvert notre présence ? Le véhicule remonte verticalement vers la surface, sa vitesse n’étant pas uniforme, mais sa remontée s’effectue par soubresauts. À chaque étape, la cabine s’éclaire d’une lueur rose fluo : la même que dans la fusée Schnoff et que chez Dicken ! Un phare se met à tourner sur le sommet de la cabine, un rayon vert se répand jusqu’à cent mètres de l’engin. Des gémissements remplacent en même temps le silence dans mes microphones. Je sens à côté de moi Marie s’agiter. Je l’agrippe par les épaules et la campe devant moi.

À la faible lueur diffusée par le véhicule extra-terrestre, je vois les traits de son visage tordu par la douleur. Un petit récepteur fixé à mon poignet indique l’émission d’ondes sonores proches des ultra-sons perceptibles uniquement chez les femmes. Je comprends que ces signaux phoniques travaillent chaque cellule de son corps. Inutile de dire que la folie a vite gagné son esprit. Ses mains frêles essayent d’arracher le réservoir d’air liquide accroché à sa ceinture.

J’alerte Glen et André qui sont les plus proches de nous… ils sont endormis… ils sont tous dans les « vaps ». Et je suis aux prises avec un être que la folie a rendu fort. Impossible de lui faire une piqûre de calmant à travers sa combinaison sous-marine… Un poignard apparaît maintenant dans sa main droite. J’ai peine à retenir son poignet. Trois lignes rouges strient déjà la région de son cœur. Je suis obligé de lui décocher un coup de pied dans le bas-ventre. Elle s’est évanouie.

Le sous-marin de poche est maintenant au-dessus de moi, très certainement proche de la surface. Et je sens que je perds conscience ! Les anémones de mer, les poissons multicolores, le corps de Marie, tout tourne dans un brouillard azuré. Des vrombissements se font entendre. Une soucoupe volante paraît dans l’eau trouble et ce brouillard qui m’entraîne de plus en plus vers le sommeil. La soucoupe m’a semblé changer de couleur. Mais je ne peux pas préciser laquelle. J’entrevois l’appareil monter vers la surface. Et je tombe sur le corps de ma collègue !

Et des images reviennent de mes anciens rêves… fait étrange : j’ai conscience que je rêve !

C’est comme si j’assistais à la projection d’un film.

Dans un laboratoire éclairé de rayons rouge sombre, des coffres de verre s’alignent, entourés de tubes remplis. Dans ces coffres, des corps de femmes. Une voix résonne dans la salle :

Vous avez très bien réussi cette créature, professeur ! 

L’homme en blouse blanche qui a parlé apparaît près d’un coffre où un corps féminin est en cours de réalisation. Des cadrans relèvent à tout instant température, pression, période respiratoire, etc.

La fille est allongée sur le dos, ses cheveux châtain clair encadrent son visage inachevé. Un câble ombilical lui transmet le flot sanguin qu’une machine pompe sans arrêt. Des tas d’électrodes contrôlent à tout moment ce corps déjà évolué. La voix résonne une deuxième fois :

Allez-vous lui transmettre votre nom ? 

Je crois, George, que je peux ! Elle me ressemble beaucoup !  L’image se brouille.

Derrière une glace sans tain, une pièce gaie : la chambre à coucher. Des meubles modernes ornent cette pièce. La porte principale s’entrouvre, laissant la place à un être horriblement défiguré, comme si la peau avait fondu, telle de la cire !

Instinctivement, ma main a saisi un canif dans ma poche et avisé du coin de l’œil une bouteille sur la table : je ne sais pas si je suis en présence d’un ami ou d’un ENNEMI. Hypnotisé, je quitte la chambre.

J’y rentre cinq minutes plus tard, il a disparu ! Je constate que les photos collées au mur ont été volées par le personnage mystérieux. L’image se brouille. Je me vois arracher le sac à dos d’une jeune femme, en sortir une bombe et la balancer au loin.

Un fracas survient et l’image disparaît dans un nuage de poussière.

Un homme en blouse blanche est penché sur son microscope. La salle est garnie de nombreuses fenêtres. L’homme, âgé peut-être de quarante ans, dans un geste qui lui est familier, remonte sur son nez bien droit sa paire de lunettes.

- Que pensez-vous de ces plantes ramenées par Paul de la planète Lambda 5 de Totion, Max ? 

à suivre

de Hertia May

 

 

 

 

 

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Sortie 22 juin 2020

 

 

 

 

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Concours de poésie 2021

Organisé par la Société d'émulation de Cambrai

 

 



Concours ouvert dans le cadre de la séance solennelle du 24 janvier 2021

 

Les poésies sont à adresser avant le 31 décembre à la Société d'émulation de Cambrai

39, rue Saint-Georges

59400 Cambrai

Règlement consultable sur www.emulationcambrai.fr