SOMMAIRE DE LA CAUDRIOLE N°63

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MAI-JUIN-JUILLET-AOÛT 2021  a

 

Illustration BD    page 2

PATRICK  MERIC

HUMOUR-PATOIS

Humour, ponctualité et subtilité  page  3 

Anonyme

Mon Fantôme  page  3 

Luc PIPART

les Pommes de terre  page  4 

Anonyme

L’Electricien   page 4 

Franck DEFOSSEZ.

Evasion   page  5et 6 

Franck DEFOSSEZ

Un demi-ouverrier    Page 17

Léonce BAJART

Pensée  page 6-12-16

Hector MELON D'AUBIER

ADULTES   

ENVIE DE   page  7

Patricia LOUGHANI

PAR DELA    page 7

Pluies Neuves

LE PETIT ROUQUIN   page 7

Reine DELHAYE-BURLION

JOURNEE MAGIQUE  page 8

Thérèse LEROY

Complainte du Poète   page  9

Jean-François SAUTIERE

Pardonne mes erreurs     page  9

Christelle  LESOURD

Effet Boomerang     page  9

Bernard SIMON

Je veux vivre   page  9

Julien BURY

PÂQUES   page  10

DUHIN MARICARMELLE

L’Oiseau   page  10

Albert JOCAILLE

LUNDI NOIR    page 11

Christelle  LESOURD

Sais-tu   page 11

Saint HESBAYE

La rose stabilisée   page 11

Jean-François SAUTIERE

Faim du Monde    page 11

Henri LACHEZE

Aux Soldats   Page 12

Jean-Charles JACQUEMIN

L’Eglise   Page 13

Thérèse LEROY

SILENCE   Page 13

DUHIN MARICARMELLE

L’Automne en Cambrésis   Page 14

Gérard ROSSI

L’Enfant   Page 14

Albert JOCAILLE

Désapprenance   Page 14

Henri LACHEZE

L’ile verte     Page 15

HERTIA-MAY

Quand je cueuille la folie   Page 15

Saint HESBAYE

OH, LUNE       page 16

Joël HERBIN

Evasion lunaire    page 16

Delphine WALBECK

LETTRE à mon ami terrien    Page 17

Robert BRETON

Les Perce-neige    Page 18

Luc PIPART

De fil en aiguille      Page 18

Aurélie SYLVIUS

NOUVELLES

 

PIERRES PRECIEUSES       page 19&20

PASCAL

Ode à la lune   page 20

Fham FAGOUR

Paranormal sisters    page 21&22

Martine GRASSARD-HOLLEMAERT

Une vie de Chien     page 23&24

HERTIA-MAY

DIVERS

Le petit monde de Brassens    3°de couverture 

Marc VINCENT

* Retrouvez l’auteur dans la revue littéraire

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AMOUR, PONCTUALITE et SUBTILITE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mademoiselle la Virgule et Monsieur du Tréma devaient se marier

Mais voilà qu’elle apprend que son futur, l’infâme, 

est épris d’une autre femme !

Elle le fait venir. Ils sont dans le salon. Très nerveuse, elle sonne

Un serviteur fidèle entre, son nom est Guillemet.

Ayant besoin d’air,  montrant au serviteur les fenêtres, elle lui dit :

« ouvre-les,  Guillemets ».

Et Guillemet les ouvrit

Alors, calmée un peu par les odeurs champêtres, de nouveau, montrant au serviteur les fenêtres :

« ferme-les,  Guillemets  » !

 Guillemet les ferma.

Madame la Virgule Et monsieur Tréma restèrent seuls.

J’étais, lui dit-elle, fort aise, mon cher monsieur,  d’entrer dans votre Parenthèse.

Mais puisqu’une autre femme est mieux à votre goût que moi,

Ne niez pas Monsieur, car je sais tout, elle est jeune et jolie, se nomme Cédille, danseuse à l’Opéra, dans le premier quadrille. Restons-en là ! (tout ça dit d’un Accent Aigu).

Le pauvre du Tréma piteux, mais convaincu qu’on se sort toujours d’affaire en étant brave,

S’expliqua d’un air digne avec un Accent Grave.

Mademoiselle la Virgule l’interrompit :

 « Assez Monsieur,  Point d’Exclamation !  Je ne souffrirai Point d’Interrogation ! Adieu ! »

Du Tréma, certes, était philosophe, mais vraiment, sous le coup d’une telle Apostrophe et comprenant le faux de la situation, il renonça soudain à tout Trait d'Union

Prenant l’air pincé de quelqu’un qui se vexe, il fronça les sourcils en Accent Circonflexe.

Et se sentant coupable  sur plusieurs Points,

Il sortit brusquement en serrant les Deux Poings.

Une femme frappée d’un coup si traître, c’est affreux ! C’est humiliant ! Et vous croyez peut-être que madame Virgule en mourut ?

Ah que nenni !

elle s’éprit d’un autre, un certain monsieur Point. Et bientôt eut lieu sans que ce fût ridicule,  le mariage très sélect de Point et Virgule.

Ils eurent des enfants :  Point à la ligne.

Salutations, Point barre !   et à +

Inconnu

 

 

 

 

 

FANTÔME - Définition fantôme et orthographe
 


 

 

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MON FANTÔME

 

 

 

 

 

 

 

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1.A la tombée du soir

J’irai à travers champs.

Traverser le manoir

Sera un jeu d’enfant.

 

2.Je connais mon fantôme

Cachée dans le grenier

Je reconnais ses formes

Aux couleurs éveillées.

 

3.Elle traîne son boulet

Depuis bientôt mille ans

Tantôt dans la forêt

Sous le bois transparent

4.Tantôt dans le manoir

Aux ombres fantastiques

De ce grand territoire

À la fine acoustique

 

5.Il y a bien longtemps

Qu’aux secours intensifs

Vous claquiez des dents

Par un mal un peu vif

 

6.Il y a bien longtemps

Qu’ici-bas sur la terre

Vous aviez dix-huit ans

Vous étiez née d’hier.

Luc Pipart

 

 

 

 

 

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LES POMMES DE TERRE ET LES FEMMES.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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J'ai toujours été frappé par l'utilisation fréquente de noms féminins

pour en désigner les variétés comme les Charlotte, les Mona Lisa

ou les belles de Fontenay et, surtout, les modes de cuisson.»

Mesdames et chères amies, vous n'êtes pas des pommes de terre, et cependant:

Que vous soyez en robe de chambre ou en chemise,

Sans pelure ou drapées de mousseline,

Vous restez toujours Duchesses ou Dauphines !

Parfois atteintes de vapeur, mais rarement soufflées,

Vous gardez la ligne allumette et la taille noisette !

Vous êtes délicieuses à croquer, tant que vous n'avez pas germé !

Vous êtes délicieuses à savourer, surtout dorées,

Mais meilleures encore quand vous êtes sautées !

Quand de vos maris, j'épluche la conduite,

Je découvre qu'avec vous, ils ont la frite.

Ils sortent sans pelure, même s’ils pèlent de froid.

Pour eux, même si vous n'êtes plus des primeurs,

Vous demeurez d'éternelles nouvelles !

Les pommes de terre et les femmes Auteur inconnuPour vous, ils se laissent arracher les yeux,

Friper la peau et meurtrir la chair.

Car comme les pommes de terre,

Ils ont des yeux, une peau et une chair !

Sans vous, ils sont dans la purée,

Sans vous, ils en ont gros sur la patate,

Alors que de la société, vous en êtes le gratin !

On en rissole encore

Inconnu

 

 

 

 

 

 

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L’Electricien

 

 

 

  

 

 

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Trop sympa la langue française

Il était une fois, un électricien qui voulut brancher une femme qu’il trouvait lumineuse.

Hélas pour lui, celle-ci chercha tout de suite à éteindre ses ardeurs.

- J’suis déjà prise ! annonça-t-elle.

- Je m'en fiche ! lui dit-il, je ne suis pas du secteur. On pourrait se voir en alternatif ?

- Si tu continues à me mettre sous tension avec autant d’intensité, je pars en courant.

Standard Ampoule à Incandescence Claire E27 300W 230VEt elle se retourna pour s’éloigner.

Reprenant le fil conducteur de son approche, il chercha à l’allumer :

Mais pourquoi faites-vous de la résistance ? N'aimez-vous pas les Ohm ?

Elle lui fit Volt face. A ce moment-là il y avait de l’électricité dans l’air !

- Watt ? T’Ampère pas une !

- C’est que je ne vous trouve point Led ! s’exclama l’électricien.

Son style ampoulé sembla calmer la femme.

- C’est gentil. Mais dis-moi, tous ces jeux de mots, c’est pour briller ?

- C’est pour flatter votre intelligence ! J’adorerai étreindre une lumière de votre genre.

(L’électricien imaginait sans doute déjà les va-et-vient.)

- Tu me prends pour une call girl de Lux ! ? Je te dis que je suis déjà prise et éprise !

Elle était sur le point de péter les plombs à cause de cette méprise multiple.

C’est alors qu’arriva le galant de la belle, un macho monté sur pile électrique, qui joua parfaitement son rôle d’interrupteur de conversation en collant une châtaigne au prétendant (ça douille !).

Et c’est ainsi que l’électricien, qui se prenait pour une lumière mais n’était guère brillant, dut accepter de la mettre en veilleuse.

Franck Defossez

 

 

 

 

 

 

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Evasion

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La petite clinique était nichée au creux d'un magnifique paysage arboré, loin de toute habitation, elle baignait dans un environnement propice au calme et au repos. Elle accueillait dans des pavillons indépendants, ses pensionnaires, souffrant  de troubles cognitifs divers, allant de la simple mélancolie à la dépression sévère,  dans un cadre luxueux et verdoyant. En effet,  la plupart, sinon tous les résidents bénéficiaient de rentes confortables, et l'environnement  ainsi que le " service " étaient à la hauteur de l'argent demandé pour le séjour . Y séjournaient aussi, dans une mesure non négligeable, de nombreux cas de dégénérescence cérébrale.

L'impression de sérénité qui se dégageait de l'ensemble fut brutalement interrompue par un appel sonore

 - " Docteur ! docteur !! "

Essoufflé, un infirmier apparut sur le seuil du bureau directorial. Le médecin leva les yeux :

-" Que se passe-t-il Georges, vous paraissez  paniqué ?! "

-" Il y a de quoi, docteur : le 17 s'est enfui ! "

Le docteur Antoine Muller  afficha un étonnement agacé.

- " Comment ça, enfui ?! comment a-t-il fait !? "

L'infirmier tenta une explication :

-" Il a dû voler un badge pour passer la barrière d'entrée,et ... il a volé une voiture ! "

Le visage du médecin s'empourpra :

- " avec votre manie de laisser traîner vos clés sur le contact, voilà ce que ça donne ! Qu'est-ce que je vais dire à la famille, maintenant ? que leur vieux papa, gériatre en retraite et amnésique s'est sauvé dans la nature ? Et qu'en plus, ayant jadis exercé ici , il connaît le coin comme sa poche, hum !  On est pas dans la merde, moi, je vous le dis ! "

-" qu'est ce qu'on fait ?" dit l'infirmier confus.

" qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ? On prévient les flics, en espérant qu'ils le retrouvent rapidement ! "

On ne peut pas dire que le médecin était de bonne humeur en montant dans sa voiture. La clinique était une charge qui commençait à peser lourdement sur ses épaules.

- " T'as plus vingt ans, coco " se prit-il à constater à voix haute " bon, rentrons, c'est le W.E. une chance, Je vais pouvoir décompresser, je me sens fatigué ".

Le médecin présenta son badge au lecteur, la barrière se leva lentement, il passe doucement en première et tourne à droite. C'était la fin d'une belle journée d'automne, qui, le soir approchant, sentait bon l'humus des sous-bois. Conduisant lentement, le docteur se prit à songer à son âge, au temps passé à travailler, et à cette fatigue chronique et sournoise qui ne le quittait plus.

- " Décidément, il est temps de penser à la retraite ! " songea t-il. Il se vit chez lui, avec Sophie, sa femme, et ses deux enfants : Ernest et Frédéric. Il lui tardait de les retrouver et de les aider à faire leur devoirs. Le médecin sourit, attendri par l'évocation de ses enfants.

- " mon Dieu , que je suis bête ! il y a longtemps qu'ils ne sont plus à la maison ! réalisa t-il soudainement.

" je vais finir neuneu, moi, si ça continue ! c'est cette déviation à la con qui m'a troublé. ...à conduire machinalement, je ne sais plus où je suis, maintenant !... et pas de panneaux, bien sûr ! Ils auraient pu le flécher, ce détour !  Au prochain carrefour, je prends à gauche, ça mènera bien quelque part !

Le soleil se couchait maintenant, et un léger brouillard sourdait du sol, rampant en vagues lourdes et mouvantes. Le médecin alluma ses phares.

- " Manquerait plus que je renverse un cycliste ! "

Mais la route demeurait obstinément déserte, hormis quelques rares rongeurs qui traversaient  furtivement dans le faisceau des anti-brouillards. Le médecin freina et se gara le plus possible à droite, il descendit en prenant soin de ne pas salir ses souliers. 

- " Je vais téléphoner à la maison, que personne ne s'inquiète de mon retard. ….Il est où, mon téléphone ?  Ha ! dans la boite à gants !.... qu'est-ce qu'il fout là ?.... encore un mystère !.... Pas de réseau ! Evidemment, avec cette forêt ! Le mieux que j'ai à faire, c'est de rebrousser chemin, jusqu'à la déviation. J'espère la retrouver, je l'ai à peine entrevue !"

Cela faisait un quart d'heure qu'il roulait, et le brouillard s'épaississait .

- " Mais où je suis? bon sang ! Je vais appeler la maison, ils vont finir par s'inquiéter !..  Il est où, mon téléphone ?..dans la boite à gants !... qu'est-ce qu'il fout là ?....Pas de réseau ! c'est le brouillard, à tous les coups ! Au prochain carrefour, je prends à gauche, ça mènera bien quelque part !.....Une route, à droite, je la prends : on dirait que je la reconnais ! "

La voiture fit une petite embardée sur le sol humide.

-" Doucement, ce n'est pas le moment de se mettre dans le fossé ! Je vais arriver trop tard pour dire bonsoir aux enfants, tant pis, ils s’endormiront sans moi, pour une fois !

Il est où,  mon téléphone ?.... Dans la boite à gants !.... qu'est-ce qu'il fout là ??....Pas de réseau ! ..c'est le brouillard, à tous les  coups !  pas un panneau ! Merde ! et la nuit qui tombe, maintenant. ça, plus le brouillard, je ne suis pas rentré ! Et tout se ressemble ! pas un point de repère : je pourrais tourner comme ça toute la nuit ! Finalement, je ferais peut-être mieux d'essayer de retrouver la clinique ! Au moins, il y a du monde. Oui, je vais faire ça ! Je préviens la maison et j'y vais !.... Il est où,  mon téléphone ?.... Dans la boite à gants !.... qu'est-ce qu'il fout là ??....Pas de réseau !  c'est le brouillard, à tous les  coups !  bon, je continue  tout droit, et je prends la prochaine à gauche,...ça mènera bien quelque part !... Là bas !... des phares!.... Pas possible ! il y a donc quelqu'un qui prend cette route ?! de plus, elle semble ne pas bouger, cette voiture. Pourvu que ce ne soit pas comme moi : quelqu'un qui cherche sa route ! Je vois qu'ils sont deux et me font signe d'arrêter !  Bonjour Messieurs, on peut dire que vous tombez bien ! Figurez vous, c'est bête, mais je me suis perdu en me rendant à mon domicile !  Ouf, ça fait du bien de rencontrer quelqu'un "!

Les  deux gendarmes  se regardèrent.

- " Docteur Riccosetti ? la clinique du docteur Muller nous a demandé d'entamer des recherches, suite à votre fuite. Mon collègue va monter avec vous et nous allons vous ramener à la clinique. Tenez vous tranquille, nous n'aimerions pas devoir vous passer les menottes ".

Franck Défossez

 

 

 

 

 

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ENVIE DE …

 

 

 

 

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Envie d'étoiles courbées d'infini

Images douceur, images d'ardeur

Souffle court baigné d'incandescence ...

Mémoire d'un temps avant la conception

Où l'Immortel plane, fidèle et impatient...

Envie de tout, cœur en clin d'absolu...

Pour que règne la folie, le silence...

Pour que règne l'indiciblement beau...

Caressez l'invisible fraîcheur d'une main décidée...

A jamais, je suis... A jamais, l'exil...

Patricia Loughani copyright, le 12/02/2020

 

 

 

 

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Par-delà

 

 

 

 

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Au-delà du mur de l’arbre à papillons, un horizon accouche dans les bras changeants d’un jour gribouillé à la craie sur un tableau de nuit, avance et rampe, vomit brusquement des flots d’ocre sur la pierre griffée du moulin. Enfin, frissonnant au sortir de ses dix-huit mètres, il dégage loin devant lui un soleil de blé passant sous la branche transversale du noyer.

 

Pourtant, l’obscurité rompue à ce genre d’exercice frontal parvient à effacer ces gâteries de couleurs qu’un regard indifférent peut tuer. D’un dégradé de gris brodé à la va-vite, elle habille les heures d’un jour douteux, mal fagoté, chausse le ciel de pantoufles de pluie, fait avancer le temps d’un pas lourd, empesé de tristesse.

 

C’est faire sans l’été et le raffût sans complexe de merles qui font leur ménage, toutes plumes dehors. C’est dès l’aube, non avec un certain amusement taquin, qu’ils dispatchent joyeusement les consignes du jour premier de la session estivale. Charmes, chênes et hêtres passent au vert, la lumière, en trombe, cavale sur toute la longueur des murs surpris dans leur sommeil par sa caresse tiède.

 

Attention aux absents, la parade ne tolère pas de tire-au-flanc et, qui plus est, il y a toujours un mouchard pour s’en aller cafarder à travers la plaine ce qui ne lui regarde pas. Le merle n’est pas moqueur, il a simplement une trop grande gueule.

Pluies Neuves

 

 

 

 

 

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Le petit rouquin

 

 

 

  

 

 

 

 

 

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C’est un animal bien curieux,

Il est vif et très malicieux.

Il court à travers la forêt,

Pour se protéger, se cacher.

 

A l’automne, il garnit bien ses garde-manger,

Les emplit de noisettes, de champignons séchés.

Il  les retrouvera tous, cet hiver,

Ce sera facile grâce à son flair !

 

Il est rapide quand il s’enfuit !

Il file protéger ses petits,

Qui sont bien au chaud sur un lit douillet,

Fait par leur maman, très attentionnée.

 

Vers quatre mois, ils quitteront le nid,

Pour fonder une famille et vivre leur vie.

Vous l’avez reconnu parmi les feuilles ?

Oui, bien sûr, c’est notre ami l’écureuil !

Reine Delhaye Burlion

 

 

 

 

 

 

 

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Journée magique

,

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ce fut une journée remplie de douceur, telle une caresse sur mon âme, journée miracle remplie d'événements improbables, une de ces journées qui nous reviendra souvent en mémoire et qui éclairera notre quotidien en posant un sourire sur nos lèvres.

Quand nous sommes arrivées sur la plage de Berck, je suis restée émerveillée à contempler le paysage : je ne me souvenais pas que le sable était aussi blanc !

C’était l’heure du déjeuner et les mouettes (ou était-ce des goélands !?) n’en perdaient pas une miette. Agglutinés autour de quidams qui tentaient de festoyer, rassemblés en nuages stridents, ces volatiles quémandaient, exigeaient. Une silhouette isolée, là-bas, semblait les attirer tous à elle seule. Posés sur le sol, des dizaines d’oiseaux affamés l’entouraient, attendant patiemment quelque relief de son repas ; au-dessus d’elle tournoyait une nuée d’ailes bruissantes et impatientes.

C’était un spectacle extraordinaire ; pourtant, nul n’était besoin de regarder aussi loin. Nous n’avions qu’à lever la tête pour admirer ces oiseaux qui venaient nous saluer. Les ailes étendues, absolument immobiles, on eut dit des cerfs-volants tenus par une main invisible. Planant sur l’aile du vent, de temps à autre ils virevoltaient puis revenaient un moment, reprenant leurs attitudes de statues immobiles.

À notre tour, nous sommes parties à la recherche d’un restaurant, superbe moment de retrouvailles mère-fille entre rires et confidences.

Sur la plage, le sable était doux à nos pieds nus, l’eau semblait presque tiède, la mer ronronnait des vagues tranquilles en rouleaux incessants. Apaisement dans le vent…

Plus loin, un homme lançait un frisbee dans les vagues pour que son chien lui rapporte. Distraites de notre collecte de coquillages et de galets, nous nous étions arrêtées pour admirer le spectacle. C’est alors que le chien, nous apercevant, eut l’idée de nous rapporter le frisbee plutôt qu’à son maître. Machinalement je le relançai à mon tour, et le chien, tout content, se mit à me le rapporter à chaque fois. Parfois il semblait hésiter mais il revenait toujours vers moi. J’en ris encore aujourd’hui mais je dois reconnaître que je me sentais gênée vis-à-vis de son maître…

De retour à la voiture, nous avions toutes les deux l’impression bizarre de planer, (un peu comme les mouettes de ce midi, à vrai dire !) comme si nous baignions dans une atmosphère soporifique. Soporifique et hilarante… Que de crises de fous-rires !... Était-ce l’air iodé de la mer !?

Maman m’avait dit : « Si tu vas à la baie d’Authie, ramène-moi des cornichons de mer ! » Aussi, pour ne pas la décevoir, nous sommes parties en direction de Groffliers. Après maintes recherches pour retrouver le chemin qui mène à la baie, nous avons continué à pieds. Et c’est là, dans ce sentier pédestre, que nous avons rencontré plusieurs « miracles » : des gens inconnus qui te sourient en te croisant et qui te disent « Bonjour ! », d’autres qui s’arrêtent pour engager la conversation, l’un qui nous demande où il peut apercevoir des phoques… J’avais l’impression d’être revenue des années en arrière, quand on passait nos vacances dans un terrain de camping où tout le monde se côtoyait en amis et voisins : c’était bon et chaud comme un doux cocon…

Arrivées sur les vastes étendues sableuses, je me mis à la recherche de passe-pierres et tandis que je commençais ma cueillette, une femme, accompagnée de son petit garçon, vint à ma rencontre et nous nous mîmes à papoter comme deux vieilles amies, parlant de la façon de cuisiner les salicornes, et puis de choses et d’autres dont je ne me souviens plus. Elle me dit « Si j’en trouve sur mon chemin, je vous en rapporterai ». Quelle ne fut pas ma surprise de les voir revenir, un moment après, elle avec les précieuses plantes dans la main, (« Je suis désolée, je n’en ai pas trouvé beaucoup », me dit-elle pour s’excuser), lui avec un grand sourire, qui me tendait une longue plume grise de mouette (ou était-ce de goéland !?) qu’il avait trouvée pendant sa promenade.

Nous sommes repassées par Fort-Mahon pour visiter quelques boutiques, nous sommes retournées faire nos adieux à la plage mais la mer se retirait, il était temps de repartir.

Cette plume, je l’ai toujours, je l’ai gardée précieusement comme un don du ciel. Le cadeau d’un enfant n’est-il pas sacré ? Son geste ne renferme-t-il pas une forme de magie ?

Qu’elle soit d’une mouette ou d’un goéland, ça n’a pas d’importance. Quelquefois je la regarde et je souris malgré moi, au souvenir de ces inconnus rencontrés au hasard d’une journée, et de leur gentillesse à tous, à la pensée de cette journée magique remplie de tant de trésors…

Thérèse - 21 Août 2019

 

 

 

 

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Complainte du poète

amoureux de nature

mais peu enclin à l'effort de culture

 

 

 

 

 

 

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Le poète est au potager.

Que tète au jardin le poète ?

Le suc pur des mots, messager

De quelque interminable quête.

 

Peut lui chaut carotte, chou bleu,

Navet navrant, long de Mézières,

Encore qu'un bon pot-au-feu

Vaut bien tirade de Molière …

 

Les herbes, notamment le thym

Miroir des landes sauvageonnes

Ont sa préférence, certain :

Ça croît tout seul et sans personne.

 

Pomone, ô nymphe des vergers,

Toi que le désordre incommode,

Sois indulgente à ton berger

Qui te sait fleurir par une ode !

 

Et si au sarcloir besogneux

Il préfère ardemment la lyre

C'est pour - selon son propre aveu -

Qu'on prenne plaisir à le lire.

 

Jean-François Sautière

 

 

 

 

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Pardonne mes erreurs

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Pardonne mes erreurs

Ressens une dernière fois cette chaleur

C’est celle de mon cœur

Même si je ne peux te prendre dans mes bras

Même si j’ai froid sans toi

Dès qu’il te voit, il rebat

Moi, ton opposé et ton aîné

Toi, le seul que j’ai aimé

Mes rêves m’emmènent vers toi

Mais je crains le jour

Qui me détourne toujours

Je n’espère plus

Ma bulle s’est rompue

En amour 1+1 font 3 : toi, moi et le couple - Nos PenséesMes rêves évaporés

Il ne reste plus rien

Seul un tas d’os

Erre encore

Et encore

Mais prends garde à toi

Car je crois que de toi

Il se défend

Peut-être de t’aimer

Il traverse les mers,

Avec pour seul espoir

Sentir une dernière fois

Ton doux parfum

Tes mains sur son écrin.

Christelle Lesourd

 

 

 

 

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EFFET BOOMERANG

 

 

  

 

   

 

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Différence entre soleil, mi-ombre et ombre | Serres St-ÉlieJe me suis nourri de fruits défendus.

Je me suis pourléché de vils baisers.

Dans la luxure, je me suis damné.

De ces travers ton amour j'ai perdu.

Je me suis goinfré de vilains désirs.

De trahisons je me suis rassasié.

Puis j'ai vu ce regard noir me maudire.

Où vas tu si tard ? Sans me regarder.

Je me suis gavé de piteux mensonges.

Dans la débauche je me suis bâfré.

À présent regrets et remords me rongent

De te voir partir sans te retourner.

Je sais combien je t'ai fait de la peine.

Je sais que je t'ai souvent humiliée.

Désormais ton amour n'est plus que haine.

Sans toi, ma vie va alors s'arrêter.

Bernard Simon

 

 

 

 

Différence entre soleil, mi-ombre et ombre | Serres St-Élie 

 

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JE VEUX VIVRE !

 

 

 

 

 

 

 

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Encerclé d'un monde

Qui me tourmente dans l'onde

Les gens m'emprisonnent

Les bruits m'empoisonnent

Je ne trouve pas de terrain d'entente

Dans cet univers où rien ne chante

J'ai besoin de soleil

Retrouver monts et merveilles

Que certains connaissent dans l'enfance

Que quelqu'un soigne mes souffrances

Ce temps si pâle, si banal

Me donne envie de me tirer une balle

Se mélange dans mon cœur

Ma mélancolie et mes malheurs

J'ai besoin de chaleur

Pour pouvoir vivre en douceur

Que quelqu'un me tende la main

Que je puisse vivre, enfin...

Julien Bury 

 

 

 

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Pâques 2021

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

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Quand ma tête s’évade

Sur des pieds de poésie

Les rimes font des parades

Emplies de courtoisie.

 

En famille une larme coule

Sensible aux doux sentiments

Que ce parchemin déroule

Au sujet de l’Amour d’antan.

 

On avait droit aux caresses

On avait droit aux baisers

Jusqu’au sourire tendresse

Qu'on a mis sous scellés.

 

Après le Chambardement

De l’année deux mille vingt

Et les ordres de confinement

Des momies sont les humains.

 

Joyeuses fêtes de Pâques

Quand on n’a plus le cœur gai

Des chocolats dans le sac

Avec un goût avarié.

 

la plume d'oie de l'écrivain!

Le virus et sa couronne

Ont chassé lapins et poules

Dans les Églises plus personne

Aimer son prochain loin des foules.

 

Cet invisible larron

Dictateur omnipotent

Nous fait tourner en rond

Et prendre le mors aux dents !

 

La Colombe de la Paix

A repris tristement son envol

Dans un an, sait-on jamais

On aura des saintes paroles.

 

Chaque individu revêt son armure

Contre vents et marées

Plus d’étreinte en cas de coup dur

Que des robots manœuvrés…

 

  Dimanche de Pâques

 4 avril 2021.

       L’Au-delà du temps.

Maria Carmela

 pâques

 

 

 

 

 

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PENSÉE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Pensées particulières

Mingé du pisson paneu ché come mingueu du caviar pusqué euch caviar ché du pisson pon né !

In garchon a teué sé darons in sam’di matan pou li povir eus rinte eul sam'di soer à ch’ bal eud ché z'orphelans !

Ché historians y s’sont mis d'accord su euch fé qué Jinne d'arc se s’rot éteante bin lontimps apreu eus moert !

Traduction : Manger du poisson pané c’est comme manger du caviar puisque le caviar c’est du poisson pas né ! Un garçon a tué ses parents un samedi matin pour lui pouvoir se rendre au bal des orphelins ! Les historiens se sont mis d’accord sur le fait que Jeanne d'Arc se serait éteinte bien longtemps après sa mort !                                                                                         HMA

 

Euch l’euptimise y vot toudis euch vierre à mitan plon ! Euch pessimise y vot toudis euch vierre à mitan vite ! et aucan eud ché deusses cans né sdéminte  pouquo in n’leu seurt qué dè mitan d'vierres !

Y suffirot qu'euch l'euptimise aveuc sin vierre à mitan plon et ch’péssimise aveuc sin vierre à mitan vite s'unistent pou avir infin in vierre complèt'mint plon ! é pis qu'y z’in botte chacan el mitan pou qué tot l’monte sot cantint !

Traduction :  l’optimiste  voit le verre à moitié plein ! le pessimiste voit le verre à moitié vide ! et aucun de ces deux cons ne se demande pourquoi on ne leur sert que des demi-verres !

Il suffirait que l’optimiste avec son verre à moitié plein et le pessimiste avec son verre à moitié vide s'unissent pour avoir enfin un verre complètement plein ! et puis qu’ils en boivent chacun la moitié pour que tout le monde soit content!                                                                                     HMA

 

Robin des bos y prenot à ché riches pou danné à ché pofes qu’y du cop y deuv’note riche. Du cop, y devot prinne à ché pofe riche pou danné à ché riche pofe.

Traduction : Robin des bois prenait aux riches pour donner aux pauvres qui du coup devenaient riches. Du coup, il devait prendre aux pauvres riches pour donner aux riches pauvres.

HMA

In  freut cha né kinte pon, mé cha vit dins ché z’apes. In r’vinche in ozio cha vit dins ché z’apes mé in n'in fé pon d'ell canfiture!

Traduction : Un fruit, ça ne chante pas, mais ça vit dans les arbres. En revanche, un oiseau ça vit dans les arbres, mais on n’en fait pas de la confiture !   

HMA

 

 

 

 

 

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L’oiseau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ne prive jamais l’oiseau de liberté,

Car il s’enfuira un beau jour,

À la première occasion donnée,

Afin de disparaître pour toujours.

 

Car n’a-t-il pas besoin de vivre aussi,

Tel les siens et toi-même,

Pour s’envoler vers la vie

Ainsi offerte et qu’il aime ?

Ne prive jamais l’oiseau

De tous ces horizons dont il a tant rêvé

Et de ce ciel là-haut

Révélant les couleurs de l’été ;

 

Charmant oiseau, va donc en paix,

Volant vers tes espaces,

Et volant si haut

Pour aller retrouver tes sujets,

Mais aussi ta place,

Vers la lumière d’un jour nouveau.

Albert JOCAILLE

17 avril 1984

 

 

 

 

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Lundi Noir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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On finit toujours par y repenser

J’aurais aimé qu’on me prévienne avant

Que je ne supporterais pas de tuer

Maintenant, je me mens

En simulant des sourires

Qui ne veulent plus rien dire

Mes yeux trahissent ma détresse

Et tu me ramènes vers ma Déesse

Peut-être je te rejoindrai plus tôt que prévu

Peut-être après avoir vécu

Rien n’est certain

Tout n’est pas opportun

Je ne peux qu’avancer

Puisque je ne peux reculer

Les autres m’empêchent de stagner

Je pense à toi

Je pense à moi

Il me reste si peu de temps

Qu’aurais-tu fait sans Maman ?

Je ne pouvais te tendre la main

Mais plutôt tenter de t’effacer

Alors pourquoi tout reste ancré !

Ne m’en veux pas,

J’ai assez mal comme ça

Je pensais agir pour le mieux

Et te retrouver aux cieux

Et crois-moi si je te dis

Que tu m’as semblé être un signe des Dieux

Et je nous imaginais heureux

Malgré tous les maux de cette vie.

J’ai rêvé d’être la mère modèle

Celle qui te donnerait des ailes

Mais je devais être réaliste

Même si je ne t’avais pas désiré

Même si je t’ai assassiné

Crois-moi sur parole,

Je t’aimais déjà.

Mais je devais en finir.

Christelle Lesourd

 

 

 

 

 

 

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Sais-Tu

 

 

 

 

 

 

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Sais-Tu que les arbres parlent ?

Ils chuchotent des voyelles

Avec certains oiseaux…

 

Si tu écoutes leurs feuilles

Ils se reconnaissent entre eux

Pour évoquer le vent, la pluie, la neige…

 

Quand ils gardent leurs secrets

C’est qu’ils s’adressent

Au Grand Esprit du soleil.

 Saint-Hesbaye

 

 

 

 

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La rose stabilisée

.

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSMsvXJPyFXPW0whcN4LhnZrUsL2nAxKG4z_yubxTruabUzgIw2U7U9BQjtO07D8UJhluarJPJp&usqp=CAcDis, te rappelles-tu, mignonne,

Cette rose d’un seul instant

Que t’offrit ainsi que personne

Ne le fit, Ronsard, ton amant ?

 

Aussi, lorsque sur une affiche

J’ai lu : « rose stabilisée

Douze euros », j’ai cru voir en friche

La terre dépoétisée.

 

Et j’ai pensé : « pauvre Cassandre,

Aujourd’hui il ne pourrait plus

Choisir cette fleur au cœur tendre

Ton poète d’amour perclus ! »

 

Pourtant, cette rose éphémère,

Pourpre effluve idéalisée,

Fraîche et galante en son mystère,

Est restée, immortalisée.

Jean-François Sautière

 

 

 

 

 

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Faim du monde

 

 

 

 

 

 

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Enfant nu et sans pain,

Ton regard m’emprisonne, est-il croc ou grappin,

Qui dévore le cœur de ses yeux innombrables ?

 

Yeux affamés, ô feux, vous n’êtes que bois morts,

J’ai froid près du brasier où sans cris se consument

Ces faims d’enfants posthumes.

Henri LACHEZE.

 

 

 

 

 

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Aux soldats sacrifiés en pleine jeunesse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Si la mort a flétri vos nobles et fiers visages,

Glacé vos fronts virils, mis vos corps en lambeaux,

Votre âme immortelle échappe à ces outrages

Car je la sais vivante avant votre mise au tombeau.

 

J’ai toujours en mémoire cette journée tragique

Où la France angoissée appelait ses enfants

Pour chasser de son sol l’armée germanique

Envahissant la France par ses conquérants.

 

Que ce fût à Verdun dans l’infernal carnage

Ou encore dans la Somme en Artois sur l’Yser,

Partout vous avez su montrer votre courage,

Courage surhumain dont nous étions fiers.

 

Par un soir d’accalmie dans la forêt d’Argonne

Peut-être avez-vous vu des horizons lointains,

Votre esprit vous montrait votre mère si bonne,

Une larme alors est tombée sur vos mains.

 

Peut-être avez-vous là-bas dans la tranchée

Elevé vers le sauveur vos mains noires de boue

Pour montrer votre âme alanguie, desséchée,

Et lui crier « Seigneur, Seigneur, pitié pour nous ».

 

Mais quelquefois aussi dans ces affreux combats

Dans le charnier hideux de cadavres entassés,

Vous n’aviez plus d’espoir qu’en celui d’un trépas,

Qui ôterait l’angoisse de vos cœurs harassés.

 

Sans doute avez-vous vu en un songe effacé,

Quand vous êtes partis pour le dernier combat,

Vos pères et vos mères, le visage angoissé,

Qui priaient pour celui qui ne reviendrait pas

Non, pas un d’entre vous, pas un n’est revenu.

Vous êtes tous tombés dans l’argile ou le sable,

Votre âme a lâché son corps sur le sol nu.

Ah Seigneur, donnez-leur votre ciel ineffable.

 

Face contre terre, en un creux gris, sanglant,

La terre de France vous cache dans son sein

Dans ce sol avide de boire votre sang

Ah, que ce sang précieux n’ait pas coulé en vain.

 

Vous n’aurez pas connu les plaisirs éphémères,

Vous n’aurez pas senti ce qu’est un cœur blessé

Par des chagrins intimes ou des douleurs amères

Et aussi des remords en songeant au passé.

 

Où êtes-vous, héros qui par la mort accrochée

Alors que vous étiez à la fleur du bel âge,

N’avez pas vu les vôtres aux visages penchés

Vous étreindre longuement avant l’ultime voyage.

 

Mais Dieu a déposé en nous un désir en nos cœurs,

C’est le désir d’aimer qui durera toujours,

Admirable chose, aimer, c’est le bonheur.

Dans l’autre vie alors règnera l’amour.

 

Rédempteur des hommes, cloué au Golgotha,

Aie pitié de ceux pour qui ces vers sont écrits,

Aie pitié d’eux, Seigneur, pour eux ton sang coula,

Et qu’ils voient la lumière, Ô Père, Fils et Esprit.

Jean-Charles Jacquemin

 

 

 

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Eglise

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

A quoi sers-tu donc, Eglise, si les hommes cadenassent tes portes ?

J’avais besoin ce soir du réconfort de tes voûtes profondes.

 

Je voulais venir épancher mon cœur trop lourd entre tes murs, m’imprégner de ton parfum séculaire, me plonger dans le froid sépulcral de ta nef pour me réchauffer. Je voulais sentir à nouveau cette formidable présence des âmes statufiées, ces purs esprits qui déambulent sous tes vitraux et emplissent tout l’espace. Je voulais demander à Marie la grâce et l’aide providentielle pour eux qui peinent chaque jour : pour lui qui n’a toujours pas de travail, pour elle qui ne sait plus que faire.

 

Pourquoi faut-il que tes grilles soient fermées ?

A quoi sers-tu, Eglise, si je ne puis me réfugier à l’abri de tes murs ?

J’avais besoin de toi.

 

Je t’aurais dit « Pourquoi ? », je t’aurais dit « Pitié ! ». Et à genoux, je t’aurais demandé pardon. Pardon pour t’avoir reniée, pardon pour ma colère. Et peut-être qu’alors j’aurais retrouvé l’atmosphère mystérieuse d’antan, celle qui venait bousculer mon âme d’enfant et faisait chavirer mon cœur.

 

Mais non, ce soir, tes portes sont restées closes. Faut-il donc des heures précises pour prier ? Faut-il établir un planning pour ses états d’âme et pour le désespoir ? Dis-moi, Eglise, as-tu le mode d’emploi pour refouler les larmes ? Explique donc à ceux qui détiennent les clés de tes chaînes que le chagrin n’a pas d’heure ! Je regrette le temps où l’on pouvait entrer et s’abriter chez toi à toute heure du jour…

J’avais besoin de toi, ce soir.

 

Revenir demain, dis-tu, quand ton seuil sera de nouveau accueillant ! Mais non voyons, demain ma colère sera de retour et mes démons avec elle. Demain mon cœur sera rancœur. Mes yeux devenus secs ne croiront plus aux mirages. Mon âme sera fermée, enlisée dans l’obscurité. Mais que t’importe…

Pourquoi fallait-il que tes portes restent fermées ?

J’avais tant besoin de toi, ce soir !

Thérèse 02/01/2014

 

 

 

 

 

 

 

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Silence…

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

Certains silences

En disent long.

Certains mots vides

Comblent les silences.

Celui qui s’éteint en silence

Parfois provoque un grand bruit.

Celui qui garde le silence

Fait souvent parler autour de lui.

Si par hasard tu veux dire quelque chose,

Attends en silence

Que l’on te donne la parole.

En silence alors,

L’assemblée t’écoutera.

Dès lors, à tous tu professeras

Qu’en secret certains silences

En disent bien plus long que certaines romances…

 

Maricarmelle (Chutt) 1er mars 2017

 Et n’oublions pas que « le silence est d’or ».

 

 

 

 

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L’automne en Cambrésis

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

Ce n’est pas un fait de ce monde qui marche à l’envers !

À la fin de l’Eté depuis toujours l’Automne attend… l’Hiver !

 

Blotti entre le hameau des Frisettes, à Igniel

Et à l’opposé, vers la plaine : celui de Chantemel

Se love à mi-chemin, le cœur de mon beau village d’Estourmel

Jusque là encore épargné de la trépidation de la vie actuelle.

 

Là comme ailleurs en Cambrésis, l’Automne vient d’arriver.

Saison oh ! comment la bien-nommer !

De l’ « eau » par « tonnes » ! à foison ?

Non, chez nous, rien de comparable avec les effets de la mousson !

 


La douceur ambiante fait même oublier

Que le temps de l’Eté s’en est allé !

En Septembre arrive la cueillette des pommes,

Mais souvent le ciel tonne !

 

Le soleil arrive encore à percer les nuages.

Alors c’est le soulagement quand il peut repousser l’orage.

Ces quelques beaux jours inespérés

N’ont que plus d’ardeur à nous communiquer.

 

La rituelle ronde des saisons

A toujours été pour moi une fascination.

Ce n’est pas là une constatation nouvelle :

Mais que l’œuvre du Créateur est belle !

Gérard Rossi (Neuville Saint Rémy

Pour le 22 Septembre 2017)

 

 

 

 

20 idées de Larmes | larmes, oeil qui pleure, pleur 

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L’enfant

 

 

 

 

 

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Près de l’enfant qui pleure

J’ai le cœur qui frémit.

Pour tant de compassion

Qui m’appartient sur l’heure,

Et pour l’image d’une vie

À travers ses raisons.

 

Visage empreint de cette tristesse

Qui m’envahit et m’étreint.

L’enfant, pour tout le temps de sa jeunesse,

M’apparaît alors, fascinant et souverain.

 

L’enfant qui peut pourtant rêver

Du bout de l’horizon,

Avec  tant de choses à aimer

Si loin encore du monde des passions.

24 avril 1988

Albert JOCAILLE

 

 

 

 

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Désapprenance

 

 

 

 

 

 

 

 

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J’ai désappris

à cause d’un enfant

à cause d’un mendiant

et pour un cheveu blanc

 

j’ai désappris mes yeux

pour mieux te voir

 

j’ai désappris l’amour

pour mieux aimer

 

j’ai désappris pour mieux connaître

cet enfant ce mendiant

et ce cheveu déjà si blanc.

Henri LACHEZE.

 

 

 

 

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L’Ile Verte

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’Ile Verte se mélange aux regards froids d’un brouillard lent

Je n’accuse pas le temps de s’être livré à l’amertume

Vagues tristes sous la main

Matins fraîchis aux paroles creuses…

J’entends les rires de l’incompréhension

Pauvre poète qui n’a pas pu chanter

Les sentiers aux fleurs paresseuses

J’appelle la rive herbeuse où mon bateau accostera

Mais la rivière est large

Vagues tristes sous la main

Sourires flétris dans les bois déserts

J’entends les cors me chasser… gibier aux abois

L’Ile Verte se noie dans les cabarets enfumés, dans les bals endimanchés,

Dans les cinémas endormis, dans la voiture fatiguée

Et je m’en vais dans l’aube

Cueillir mes regrets : champignons mortels

Depuis que l’on ne les cueille plus à deux

Les champs, les sentiers ne s’ouvrent plus…

Pauvre poète qui n’a pas chanté

Les bières dorées aux cigarettes bleutées

Les caresses douces au ventre blanc…

Je n’accuse pourtant pas le temps

S’il se montre fade, si ses feux d’artifices ne s’éclatent plus

Dans ma tête en flonflons irisés, en bras dessus-dessous.

Et je m’en vais dans une nuit blanche et froide

Fille rieuse aux lèvres d’houblon… Je t’attends.

 

 Hertia May 1975

 

 

 

 

 

 

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Quand je cueille la folie

 

 

 

 

Haut 

 

 

Quand je cueille chaque violette du bosquet

Où résonne jusqu’au cœur le chant des chardonnerets,

Je songe au spasme du soleil pour fleurir ton visage,

En t’aimant davantage devant tout ce paysage.

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Sur cette terre parsemée d’épines et d’étamines,

Tu me proposes l’azur en de pures églantines,

Un baiser sur le front et tu me prends la main ;

Je me souviens de ce câlin plus proche du destin.

 

Les pétales d’un jour se fanent pour la vie,

Et Toi, pour toujours, comme une source d’envies

Je t’aime, et souris, je sème, et je ris

Aux feux de l’âme qui se cache de folie.

Saint-Hesbaye

 

 

 

 

 

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Oh lune, mon Amour pour toi va croissant

 

  

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

 

Rêveurs et poètes tu inspires

Mais pourquoi es-tu oubliée

Délaissée, négligée ou pire ?

Qui regarde la voûte étoilée ?

 

Il y a quelques décennies

Aldrin, Collins ton sol foulaient.

Tous les espoirs étaient permis.

Tout le monde te regardait.

 

Pressés, les gens n’ont plus le temps

Au clair de lune, de rêvasser.

Vivons, courons, seul compte l’argent.

Mais moi, oh lune ! J’aime t’observer

Croissant de lune en cuivre - Le Petit Florilège - Enfants
 


La nuit, j’aime bien admirer

Dans l’obscurité les étoiles,

De l’univers l’immensité.

Ce spectacle mérite une toile.

 

Fille de la terre, notre satellite

Accompagne nos révolutions.

Je m’imagine en sélénite

Ressentant une vive émotion.

 

Debout sur un grain de poussière

Est fou qui se croit important.

Je suis humble et n’ai qu’une prière :

Mon Amour pour toi va croissant.

 

En t’observant souvent je pense :

Tant de splendeur, c’est merveilleux !

Tout a été créé, quelle chance !

Pour que l’ensemble soit harmonieux.

 

Une musique intersidérale

Résonne comme une symphonie.

Joël Herbin

 

 

 

 

 

 

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Evasion lunaire

 

 

 

 

 

 

 

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Pour t’écrire de la Lune

Dans mon sac, j’ai calé crayons et plumes

En voyage en passant par Saturne

Juchée sur ses anneaux, j’ai rencontré :

Etoiles nébuleuses et roches brunes

Ma fusée alunissant sur le sol émouvant

J’ai placé mon pupitre droit devant

Aux abords de la Mer des Nuées

J’ai senti mon crayon s’envoler

Les mots pour à nouveau te séduire

M’ont suivi vers la Mer des Pluies

Où pour la terre et de toi, je sèche mon ennui

Pour m’abreuver le soir.

Je balade vers la Mer du Nectar

Où l’ivresse et l’absence me tiraillent

Puisque maintenant seule la Mer du Froid réchauffe mes entrailles

J’écoute bien le soir éternel aux rives de l’Océan des Tempêtes

Et lorsque je pense à toi, mon cœur lui entre en fête

Car si le temps tu m’avais laissé

Par la main je t’aurais présenté

À la Mer de la Fécondité

Mais l’amour fureur, à la Mer des Humeurs,

M’enchaîne le cœur

Pourtant, dans mon évasion lunaire à des lustres de ta terre

Je suis venue me soigner, retrouver la Mer de la Sérénité

Sur les flots des mers lacunaires, sans eau, sans galère

Sous le regard de Séléné, à l’horizon de l’immensité,

Je continuerai à te chercher

Pour toujours ou peut-être à jamais…

Delphine Walbech

 

 

 

 

 

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Lettre à mon ami terrien

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut

 

 

 

 

Je t’écris ce jour du fond de ma nuit étoilée, paressant sur mon transat au fond du cratère Aristarque. Un magnifique croissant de Terre éclaire ces lignes qui naissent sous ma sélène plume.

 

Je t’imagine, petit point perdu sur cette boule bleue qui illumine mon Firmament, insecte minuscule de l’immensité de l’espace insondable. Je vois aussi les tempêtes qui parfois naissent et font trembler tes semblables, petit flocon couvrant le bleu azur de tes océans.

 

J’aimerais un jour te rencontrer, que tu viennes à moi, juché sur un missile flamboyant. Nous pourrions alors partir en voyage, peut-être quelques jours au bord de la mer de la tranquillité, de façon à oublier les tracas de la vie quotidienne. Et pourquoi pas aussi passer du bon temps à surfer sur les monceaux déchaînés de lave de l’océan des tempêtes.

 

Nous pourrions aussi philosopher sur ta bleue planète. Que de choses pourrions-nous dire sur sa beauté unique ! Et que dire de sa solitude illusoire dans ce vaste univers. Mais aussi de tous les problèmes qu’elle peut rencontrer. Toute cette pollution qui souille ses océans, ces émanations toxiques qui rendent son atmosphère délétère, ces fouilles qui appauvrissent ses sols…, quand cesserez-vous de salir votre monde ? Si vous n’arrêtez pas bientôt, elle ne pourra plus vous nourrir ni vous permettre de respirer. Et là, il sera trop tard ! Cela me désolerait tellement de ne plus pouvoir correspondre avec toi, mon ami de la planète bleue.

Robert BRETON

 

 

 

 

 

 

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In demi-ouverrier.

 

 

 

 

 

 

 

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Tiophile habile qu’iest menuisier, i s’est mis à sin compte iara bétôt deux ins et, comme iest capape et qui n’ edminne po trop cair, ia d’ l’ ouvroche tout sin contint.

 

Et même pu qui n’ peut in faire malgré qu’ia déjà in bo ouverrier qui wèfe aveuc li. Erfuser d’ l’ouvroche c’est imbêtint mais erprinne in fort ouverrier sins savoir si in pora l’occuper tout l’ timps, ça donne à pinser. El commerce iest si dreule pouleur !

 

Si seulemint, pou qu’mincer, i poveut dégoter quéquin d’aminniéré qui voreut s’ parfaire dins l’ métier, in demi-ouverrier, comme in dit.

 

Et Tiophile habile i met inne annonce dins l’ journal. Queuques jours i s’ passent. Personne i n’ vié quind, verdi passé, su l’ co d’ midi, in intind buquer al porte.

 

Tiophile i cueurt et veyint qu’ c’éteut in cul-de-jatte qu’iéteut su sin passet, i li dit :

-Acoutez, l’homme, d’puis l’ déjinner ça n’arrête po, c’est des marchinds d’ savonnettes o bé d’ leuques à loqueter, pouleur c’est vous qu’ vos cachez l’amonne !

-Mais j’ène cache po l’amonne, qui répond l’ cul-de-jatte.

-Alorse, quau qu’ vos volez ?

-Mi… j’ vié pou l’annonce. Vos d’mindez in demi-ouverrier pou d’el bonne tiote ouvroche, èje vié pou l’ place.

Estomaqué su l’ primmier co, Tiophile, vos l’ pinsez bé, i s’est épotré à rire.

D’minder in demi-ouverrier et vir arriver inne mitin d’homme, in cul-de-jatte, ia d’ quau attraper inne guinnisse.

Quind même ça n’ iarrivera pu, Tiophile i vié d’ermette inne annonce in demindint in demi-ouverrier mais… aveuc ses dreutures !

Léonce Bajart

 

 

 

 

Les Géants du Nord - Tourisme en Hauts-de-France 

 

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De fil en aiguille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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C’est de Caudry que je t’écris

À toi ma petite maman qui te bats contre la maladie.

C’est de Caudry que je t’écris car c’est ici que je change de vie

J’ai laissé les présentations et les tableaux Excel

Pour réaliser ma passion dans la cité de la dentelle

Faire de la création dans le Nord de la France

Là où tant d’autres ont déjà eu cette chance

C’est comme monter sur un ring avec l’esprit de Gaston Pigot

Plus facile de se battre avec l’idée que l’on mettra l’adversaire KO.

C’est de Caudry que je t’écris, un petit village plein de richesses

Alors j’espère que mes boucles d’oreilles et charm’s de princesse

Auront autant de succès que la maison Halette auprès de la Duchesse

Ici, il ne fait pas si froid et les heures passent au son du clocher

Ici comme dans les années trente ils ont pris le temps de remettre des pavés

Calés au millimètre près comme le pointage avant le métier à tisser

On peut les voir dans le centre en allant s’y promener.

C’est de Caudry que je t’écris, et même si dentelles et broderie

Ont déjà séduit Marylin, Michelle ou Hillary, il n’y a pas que ça ici

On peut y croiser les géants de Bajart

Mais aussi d’autres métiers d’art

Peintres, Créateurs, Graveurs, Imprimeurs…

Autant de combinaisons que via la « méthode Leavers »

Et moi je viens y ajouter mes petits cailloux.

Alors, je sais que tu as peur pour ton petit bijou

Mais parfois c’est vers nos rêves que nous pousse l’envie

Alors maman ne t’inquiète pas, je me suis fait des amis ch’tis

C’est de Caudry que je t’écris, là où j’y suis happy

Et après tout je pense que c’est ça le sens de la vie.

Aurélie Sylvius

 

 

 

 

 

 

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Les perce neige

 

 

Perce-neige - Galanthus nivalis - Le Jardin du Pic Vert 

 

 

 

 

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Des brins de perce neige aux cloches du muguet

Le gel s'est estompé sur ta face ridée

 Laissant des sillons bleus aux modestes reflets

Aux marques indélibiles le temps s'est arrêté

 

Mais tu n'es plus ici qu'un esprit de passage

Guettant les blouses blanches au dard parfois trompeur

Je ne te quitte plus désormais c'est plus sage

N'oubliant rien du temps où l'ombre était bonheur

 

Voila plus de dix ans que tu descends du roc

Epineux du cortex où le vent souffle fort

Lorsque tes neurones se heurtent dans les chocs

D'un futur incertain où peut rôder la mort

 

Je ne te quitte plus désormais c'est plus sage

ô si vous saviez le sens d'éternels regrets

Sois glorifiée maman de franchir le passage

Des brins de perce neige aux cloches du muguet.

 

Luc PIPART

 

 

 

 

 

 

 

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Pierre précieuse 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Quand il arrive, on ne sait pas d’où il vient ; quand il repart, on ne sait pas où il va, mais tout le monde s’en fout, comme s’il n’était qu’une vulgaire miette de croissant sur sa table. Il pourrait être absent, jamais personne ne demanderait de ses nouvelles ; il pourrait être le pilier du bar, jamais personne ne songerait à lui payer un verre. C’est un quidam anonyme au milieu des fantômes ordinaires.

Pourtant, en y prêtant un peu d’attention, il se distingue du troupeau des consommateurs avec quelques traits originaux. Chaque être est différent au milieu de cette intransigeante uniformité morose ; il suffit de le regarder en ôtant de ses yeux les préjugés, les traductions faciles, les conclusions hâtives, les vérités inutiles, celles qui blessent sans remords, parce que nous sommes foncièrement mauvais avec qui on ne connaît pas. Instinctivement, la méconnaissance engendre l’inquiétude et la méfiance.

 

Est-ce un personnage fabuleux, un minotaure déguisé, un chantre, un magicien, un ange tombé d’en Haut, ébloui par un arc-en-ciel de Révélation ou pendant une bourrasque de Félicité ?... Chauve, la soixantaine dépassée, il a un sourire avenant sur la figure pour chaque seconde de son existence. Naturellement, il capte le soleil comme si, ensemble, ils étaient de mèche. Il est rempli de candeur ; il baigne dans cette aura de béatitude, si bien qu’elle submerge copieusement son personnage. Il semble que les gens dans ses alentours bronzent de tout ce débordement lumineux. Il irradie, ce personnage ; il pourrait éclairer les âmes sombres et le bar, dès la nuit venue…

 

L’été, pendant les chaleurs périodiques, il va s’asseoir dehors, à une table panoramique. Il scrute ardemment les gens du voisinage comme s’ils étaient des paysages ; chacun d’eux est un nouveau panorama devant sa curiosité de voyageur statique. Il leur sourit, comme on sourit à un nourrisson quand il nous fait des risettes, mais il ne récolte jamais les fruits de son affabilité. Il ressemble à une pierre précieuse, avec ses éclats de sourire brillants sans aucune attraction pour le monde des zombis l’entourant. Il porte un short évasé qui tient plus de la barboteuse qu’un habit séant. Pour beaucoup, il est amusant ; pour d’autres, il est ridicule et pour le reste, il est transparent. D’ici, j’entends crier la meute des bien-pensants: c’est un dépravé, c’est une honte pour notre société ! Qu’on l’expatrie, qu’on l’emprisonne, qu’on lui ôte toutes velléités libidinales !

L’hiver, il cherche une table avec du passage tout autour ; peut-être est-ce pour se réchauffer des quelques mouvements transhumants du va-et-vient. Tous les jours, il s’astreint pieusement à ses manœuvres d’approche humaniste. Avec ses yeux ronds, il cherche à capter des regards mais il ne récolte que ceux des indiscrets, des moqueurs et celui du serveur qui attend sa commande. Quand il ose réclamer son café, sa voix est éraillée, comme s’il n’avait parlé à personne depuis la veille. Il passe peut-être son temps en prières intimes, en doléances de piété, en rumeurs enflammées…

 

Mesdames et messieurs, la Vie n’est qu’un mauvais spectacle et nous sommes tous des misérables guignols mus par les ficelles de nos faiblesses ! Pour être digne d’intérêt, dans ce monde de terrasse, il faut être à la mode, tendance, extraverti ; il faut se singulariser avec des marques, être fashion, parler fort, surtout pour ne rien dire, simuler, paraître, rire à contretemps, évoluer à l’aise dans ce ballet glauque d’hypocrites. Lui, il n’est rien de tout cela et je me demande d’ailleurs ce qu’il fait là… 

 

Est-il le Rédempteur ? Celui qui absout nos péchés ? Est-il la clé du Paradis, écoutant les maux de passe de tous et de chacun ? Est-il contagieux de sa Miséricorde ?... Vient-il se frotter à la populace pour leur parler d’Amour, pour leur inoculer un peu d’Indulgence ? Est-il tombé du Ciel ?...

C’est vrai. Il porte une barbichette blanche qu’il lisse de temps en temps comme s’il était un véritable prophète. Est-ce un gourou, un chamane, un prêcheur d’Apocalypse avec des réponses rassurantes à tout ?

En bandoulière, il porte sa vieille sacoche ; j’ai toujours l’impression qu’il va en sortir quelques tracts en couleur pour les distribuer, tel un semeur, à son entourage…

 

C’est un ravi, un joyeux, un simplet, un doux, me direz-vous ?... Vous avez détecté un de ces troublants personnages bienheureux aux intenses rayonnements enchanteurs ? Je ne crois pas, au contraire. Lui, il ne vit pas dans ce monde fait d’exhibition, d’ambition, de pouvoir, de clinquant et de possession ; on voit bien que ce ne sont pas ses valeurs, celles qui font le brouet du commun des mortels, ici-bas. Il navigue dans d’autres sphères, celles de la Sérénité, de l’Humilité, de la Générosité, de l’Amour.

 

Mesdames et messieurs, ne lui jetez pas la pierre ! Elle fronderait sur le lac des Echos Heureux ; de ses ricochets hasardeux, vous n’en récolteriez que tempêtes, dévastation, désillusion, chagrin, malheur… Bien sûr, ça emmerde les gens quand on n’est pas comme eux : l’échelle des valeurs est compromise… A-t-il dans sa sacoche le secret des feux d’artifices multicolores ? Les résultats du Loto ? Les lauréats de la future rubrique nécrologique ? Le mode d’emploi pour aimer son prochain sans nulle restriction ?...

 

Soudain, je m’aperçois que ce quidam est beaucoup plus riche que tous les attablés sur la terrasse. Mais sa fortune n’est pas faite d’or : elle se mesure en larmes, en sourires, en acquiescements diserts et en révérences complices.

 

Alors, c’est un Saint, me direz-vous ? Le temps que je me retourne, que je le compare avec les vitraux affichés de l’église proche, il a disparu de l’ambiance grisâtre comme s’il n’avait jamais existé… 

Pascal.

 

 

 

 

 

Reconnaitre les phases de la Lune | Gamm vert 

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Ode à la lune

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le jour s’achève, la nuit tombe doucement

De toute la journée c’est le plus beau moment.

À travers la lucarne et les barreaux

Je te vois et t’admire, divine beauté !

Chaque soir, avec patience, tu étales ton halo

Tu me rappelles ma bien aimée

Que j’ai laissée seule, abandonnée.

Je t’observe, je vagabonde avec toi

Mes amis t’ignorent et ne te voient pas.

À ton contact je rêve, je rêve de liberté

Je rêve de prendre celle que j’aime dans mes bras !

Douce Lune, arrête cet horrible cauchemar

Ce film d’horreur, cette série noire !

Lune, mon amie, laisse-moi goûter à la vie

Enveloppe-moi de ta douceur, redonne-moi de l’espoir

Avance le temps, fais tourner les jours, je t’en supplie !

Mais demain, comme chaque matin, je me réveillerai là

Je t’attendrai patiemment quand la nuit tombera

Et toi, comme moi, tu seras encore là.

Fham FAGOUR

 

 

 

 

 

 

 

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PARANORMAL SISTERS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Suite du Chapitre 4

 

Alexandra saisit au passage un autre verre sur le plateau d’un serveur et continua son action en titubant, quand tout à coup, le fil se tendit brusquement puis il se relâcha aussitôt. Déséquilibrée l’hôtesse chercha maladroitement à éviter de tomber, mais elle s’emmêla les pieds dans le voile de sa robe, trébucha et chuta lourdement dans la piscine, entraînant avec elle la rallonge électrique qu’elle tenait toujours.

Tout se passa si vite que personne n’eut le temps de réaliser. Certaines personnes crièrent, d’autres restèrent pétrifiées. Un serveur qui avait vu la scène, se saisit d’un balai et utilisa le manche pour arracher la rallonge de la prise. Le corps d’Alexandra flottait maintenant au-dessus de l’eau. Son mari plongea et la remonta rapidement à la surface, il criait le nom de sa femme, mais il était trop tard elle n’entendait plus la voix de son époux. 

Elle ressemblait à une sirène échouée sur une plage, sa robe ruisselait d’eau, ses longs cheveux bruns s’étalaient sur le sol.

Les pompiers prévenus arrivèrent sur les lieux quelques instants plus tard, mais ne purent plus rien faire pour elle, son cœur s’était arrêté.

- Elle est morte ? s’écria une personne sous le choc.

Amélie, livide, s’était approchée.

- Il faut partir! murmura Tara.

- Pourquoi veux-tu partir ?

- Il se passe quelque chose de pas net ici, nous devons nous en aller.

- Quoi ! Que veux-tu dire ?

- J’ai distinctement vu la rallonge se tendre anormalement. Comme si quelqu’un avait voulu faire perdre l’équilibre à notre hôtesse.

- Tu ne penses pas que ton métier te monte à la tête ! Tu n’es pas Colombo. Mais si c’est vraiment un meurtre ce que je doute fort, tu es gendarme, tu dois y aller.

- Non, écoute-moi, il vaut mieux partir, cela fait deux fois que nous sommes sur les lieux où s’est perpétré un accident, c’est bizarre non ! Tu t’imagines, j’ai voulu lui prendre la rallonge des mains, elle a refusé violemment sinon ce serait peut-être moi qui serais dans l’ambulance en ce moment.

- Nous n’avons rien à voir là-dedans. Nous étions juste présentes c’est tout. Elle avait bu plus qu’il n’en faut c’est le motif de sa chute.

- Je te dis que j’ai perçu la rallonge se tendre anormalement.

- Tu te fais encore des idées.

- Mes collègues risquent fort d'en faire le rapprochement. Nous serons interrogées. La gendarmerie va arriver dépêche-toi.

- Tu es vraiment folle, nous n’avons rien à y voir, je te dis, c’est un A.C.C.I.D.E.N.T. Et puis et Lilian ?

- Mon intuition me souffle le contraire. Et Lilian comprendra. Viens ! je te dis.

- Ton intuition a tort.

Malgré la réticence d’Amélie, les deux femmes se faufilèrent entre les gens, Tara avait réussi à attirer son amie dehors.

Elles dévalèrent les marches du perron, grimpèrent dans la Clio, Tara mit le moteur en route et fit une manœuvre pour sortir de son emplacement. Elles passaient à peine la grille de la demeure qu’elles entendirent les sirènes de la fourgonnette des gendarmes et celle de l’ambulance au loin.

Tara tremblait non pas de peur, elle s’était déjà retrouvée dans ce cas de figure, mais si son chef apprenait qu’elle avait menti, elle prendrait un rude sermon et Tara n’en avait nullement envie. Elles réussirent à quitter les lieux avant que l’estafette bleue n’entra dans la cour.

De retour dans l’appartement de Tara, elles troquèrent leur robe de soirée pour une tenue plus décontractée, puis elles s’installèrent dans le divan, Tara attrapa un paquet de cigarettes posé sur la table basse, en sortit une qu’elle porta à sa bouche, l’alluma et tira une bouffée.

Amélie n’osa pas la contrarier, elle y était déjà assez.

- Je suis perdue Amélie, je me demande maintenant si nous avons bien fait de quitter les lieux. Qu’a-t-il bien pu se passer ? Pourquoi l’a-t-on tuée si assassinée elle a été ? Et Lilian que va penser Lilian ?

- Je t’avais prévenue. Et bien attendons un peu, il va sûrement téléphoner ou bien venir. Patientons !.

Pendant que Tara et Amélie s’inquiétaient et réfléchissaient, les gendarmes sur les lieux interrogeaient les invités un à un avant de les laisser rentrer chez eux. Le chef de gendarmerie demanda à obtenir la liste des personnes présentes. Heureusement ! Tara et Amélie n’étaient pas inscrites ?Lilian ayant prévenu assez tard Alexandra et celle-ci  navait pas mis au courant son mari. Ce qui pour l’instant laissait Tara et Amélie dans l’ombre. L’ambulance emmena la morte, vers trois heures du matin, Lilian put enfin rentrer chez lui, vu l’heure tardive, il n’appela pas Tara et se coucha immédiatement.

Pendant ce temps, les jeunes femmes s’étaient allongées et bien vite endormies.

Au petit matin Tara décida, pendant que son amie sommeillait encore, de faire un peu de footing. Elle en avait vraiment besoin, et d’être un peu seule. Elle s’habilla sans bruit et quitta son logement. Le corps en sueur, une demi-heure plus tard, elle était de retour. Sur le parking, elle aperçut la voiture de Lilian, cela ne l’étonna guère.

Après la soirée de la veille, elle se doutait bien qu’il se poserait des questions.

Elle ouvrit la porte de l’appartement et entra dans la pièce. Amélie, encore en robe de chambre laissant largement apparaître sa féminité, était attablée devant une tasse de café, le jeune peintre non loin d’elle. Tara savait que son amie ne la trahirait pas, Amélie était très nature, pourtant elle en ressentit un léger pincement au cœur.

- Ah te voilà enfin ! lança Amélie.

- Comme tu vois ! dit-elle sur un ton plus dur qu’elle n’aurait voulu.

- Bonjour Tara, dit Lilian, en se levant de sa chaise. Amélie m’a gentiment proposé une tasse de café en t’attendant.

- Bonjour Lilian, je prends ma douche et j’arrive.

Quelques minutes plus tard, calmée, elle était de nouveau dans la salle à manger. Lilian attaqua de suite.

- Pourquoi êtes-vous parties si vite?

Amélie ne veut pas me l'expliquer, elle préfère que ce soit toi qui parles.

Tara se servit un bol du breuvage encore fumant, puis s’assit près d’eux.

- En fait ! Je ne sais pas si vous me croirez, mais depuis quelque temps je me retrouve dans des situations assez bizarres.

- « Nous » nous retrouvons et tu dis bizarre. Je dirais plutôt… anormale.

- Tiens, tu l’admets maintenant. Je pense y être pour quelque chose ! s’énerva Tara.

- Non, retire-toi cette pensée de la tête.

- Quand j’ai fait ta connaissance, reprit Tara, il y a eu cette enseigne.

- C’était un accident, remarque Lilian.

- Si tu veux, ensuite à la sortie du cinéma ce cadavre près de ma Clio.

- Il était mort ? Là j’avoue ! C’est louche, approuva Amélie.

- Je ne sais pas s’il est mort ! explosa Tara, j’ai dit cela comme ça.

- Ne t’énerve pas.

- Je ne m’énerve pas.

- Ben ! On ne dirait pas.

- Puis cette voiture dont le conducteur a soudain perdu le contrôle, votre amie qui meurt dans la piscine.

- Accident ! précise Lilian.

- Je ne pense pas, j’ai moi-même vu ce fil électrique se tendre anormalement comme si une personne avait cherché délibérément à faire perdre l’équilibre à la maîtresse de maison.

- Tu te fais des idées, dit Lilian.

- Je suppose que Tara à raison Lilian, il se passe des choses curieuses.

- Si vous le pensez toutes les deux ! Mais pourquoi vous êtes-vous enfuies ! demande encore le jeune peintre.

- La gendarmerie s’est rendue sur les lieux n’est-ce pas, si mon chef m’avait rencontrée là, je pense qu’il se serait posé des questions, non !

à suivre                                MARTINE GRASSART-HOLLEMAERT

 

 

 

 

 

 

 

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UNE VIE DE CHIEN     de Hertia May

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Encore une fabrique d’automates.

- Non, Jim, regardez mieux… 

Aucun tube, aucun câble ombilical, non, les femmes sont ici tout à fait « achevées », adultes. Un cylindre bleu leur entoure la taille. De part et d’autre du cylindre, une boîte noire cubique de quarante centimètres de côté. Sur celle de gauche, une inscription : de 1 à 24. Sur l’autre récipient : de 24 à 48. Je les regarde tour à tour.

Qu’évoque pour vous le nombre 48 ? 

André Monty avance avec beaucoup d’hésitation :

- 48 chromosomes ? 

Exactement … 

Vous ne voulez pas dire que ces machines … 

Si, Véra ! Elles prélèvent des ovules et les sélectionnent ensuite sur leurs qualités et défauts. 

Le visage de Jim s’éclaire et son épi de cheveux vibre. Celui de Glen a vite retrouvé son double sillon. Véra mordille sa mèche de cheveux. Je me surprends, ou plutôt ma main gauche, en train de la peigner. Dicken et les autres me regardent faire, amusés. Nec Tarbold fait part de ses réflexions à Sco Micfarass. Ces deux-là sont souvent à la traîne du groupe.

Dis-moi, Sco, ne dirait-on pas un brave père de famille pouponnant sa fille aînée ? 

Tanteur lui lance un regard de réprimande car je pense soudain à ma pauvre épouse ! Glen insiste.

C’est ce que je pensais depuis déjà un bon moment !

Je lui réponds aussi sec :

Et moi, je deviens de plus en plus sûr d’une chose.

Personne n’a décelé de colère dans mes propos mais plutôt de l’espoir, de l’optimisme.  Mais je ne dis rien de plus,  devant ce petit éclair qui a remis en branle les rouages de mon cerveau si longtemps rouillé. Et je souris.

Peut-être n’est-il pas bon de batifoler. Des gardes ont dû s’apercevoir de notre disparition.

Et nous reprenons le pas de course, harangués par Jim, mais abasourdis par les murmures de la salle.

Le troisième laboratoire est un peu plus petit que le second. Le plafond n’étant qu’à deux mètres du sol, une lumière blanche baigne la nurserie ; puisque, dans des dizaines de bocaux suspendus se développent des fœtus humains, baignant dans un liquide rosâtre.

Le silence règne : toujours les mêmes appareils avec leurs cadrans, des tubes, des tuyaux, …

- Le cycle est bouclé… 

Dicken a maintenant assez d’éléments pour confirmer sa thèse.

Dans la première salle, les Schnoffs ont créé des adultes humanoïdes. Dans le deuxième local, ils prélèvent des gamètes femelles et mâles. Dans le troisième labo, ils élèvent des nourrissons. Je pense que les Aliens veulent envahir la Terre sous la forme humaine ! 

Pourquoi auraient-ils besoin de prendre une autre forme pour nous supplanter ? Ils possèdent des moyens inimaginables selon nos connaissances… Le fait de créer est bien la preuve d’une technique avancée… et ces soucoupes volantes ? 

Glen a sans doute raison. Ils n’ont pas besoin de se camoufler. Je pense que le problème n’est pas là. Considérons maintenant cet être au visage tuméfié. J’en suis sûr désormais : seule la radioactivité a pu lui modifier ainsi sa figure. Ce que je vais vous avancer n’est encore qu’une hypothèse : supposons que les Schnoffs aient été victimes de mutations génétiques

- Dis donc, William, tu ne crois pas que tu exagères ? … 

Non, Jim. Rappelle-toi les Nors, ils ont tout à fait notre aspect. Ils n’en viennent pas moins de Mardzog !

Et nous-mêmes, n’oublions pas que nous sommes Schnoffs, nous avons néanmoins l’aspect humain !

Bon, je reprends mon raisonnement : les Schnoffs, victimes de ces mutations, doivent alors assurer leur descendance sous leur forme première. Ils créent ainsi des adultes capables de leur fournir des semences adéquates.

Je me tourne vers Glen.

Je pense comme toi, William. Qu’en pensez-vous, professeur ? 

Sam Tanteur paraît inspirer profondément avant de s’exprimer.

Il est vrai que ça expliquerait beaucoup d’interrogations.

Jim ne paraît pas convaincu, il serait plutôt chiffonné.

Voudriez-vous m’expliquer pourquoi les Schnoffs auraient laissé ces salles aussi faciles d’accès et donc SANS PROTECTION ? 

Très juste, Jim. Voilà justement le fait que je n’ai pas encore analysé… 

- …Sans doute, le fond du lac leur paraît-il une planque sûre. Et ils n’auraient pas envisagé de défense intérieure ? 

- Non Sco. Nous avons été poursuivis par de nombreuses patrouilles. Et notre fuite des cercueils a dû être remarquée depuis belle lurette ! Quand j’y pense, je me dis que ma fuite de la fusée Schnoff fut vraiment trop facile ! …

Encore une porte ouverte avec la même facilité déconcertante. Une petite salle de 25 mètres carrés environ, nue, éclairée par les murs ; recouverte de cette même porcelaine rose. Nous entrons tous… Le ventail se referme sur nous : nous sommes pris au piège !

- Voilà donc ce qu’ils nous préparaient ! 

Mes compagnons tapent avec rage sur les parois. Je reste au centre de la pièce, caressant les longs cheveux de Véra assise à mes pieds. Un brusque sursaut manque de nous faire tomber.

- Nous descendons... ! 

- …Un ascenseur. Nous sommes dans un ascenseur et nous descendons peut-être déjà depuis un bon moment ! 

Une musique nous parvient de l’extérieur. Jim se tâte le front :

- Cette musique me dit quelque chose … 

Je l’interromps.

Tu es un bébé-flacon, par le groupe Anti-rouge ! 

C’est au moins de circonstance !  réplique André Monty, sarcastique.

Le léger ronronnement s’est arrêté. Une des parois coulisse vers le haut, nous découvre une salle peinte en jaune doré. De tous les côtés, débouchent des couloirs, correspondant ou non à des sorties. Des sortes de banquettes entourent ce salon ---ou peut-être ce hall d’accueil ---.

Notre premier mouvement a été de nous extraire de l’habitacle. Maintenant, nous restons là à regarder les Schnoffs surgir des couloirs, monter les escaliers, bouger, remuer… grouiller. Et surtout, une indifférence totale à notre endroit.

Nous voyons, pour la première fois, des femelles Schnoffs. Je crois que nous pouvons les appeler des femmes ! Elles circulent en blouse de nylon rose, vert, bleu… Elles sont aussi agréables à regarder que les Terriennes, elles ont la peau noire et de grands yeux jaunes. Des officiers Schnoffs sont assis et lisent des informations sur des tablettes ou bavardent en attendant d’être appelés par un diffuseur que je cherche du regard depuis un bon moment. Leurs uniformes bleus, ornés de bandes multicolores, pavoisent gaiement comme un drapeau dans le vent. Une voix monocorde énonce des noms régulièrement.

- Le Colonel Ram convoque les capitaines dont les noms commencent par A, B, C et D. Bureau des projections. Stop… Professeur Talbit demande équipe d’infirmières 5-B à l’atelier 6. Grave défaut facial sur « Ados 176 ». Stop.

Jim m’agrippe le bras.

- Dis, dans toute cette pagaille, on pourrait filer ! 

- Regarde ces orifices muraux, ils filment nos faits et gestes. Nous n’avons plus qu’à attendre. Le sous-marin fera feu et tant pis pour nous…. !

Examen sur capitaine Tom terminé, rien à signaler. Stop. Le capitaine Nagra prend le commandement de la 3ème escadrille de soucoupes. Pilotes, veuillez prendre vos ordres à l’amphithéâtre 2. Stop. Sergents Men et Rada, veuillez vous rendre chez l’observateur Vel. Stop. 

Une femme Schnoff arrive vers nous avec un large sourire, charmante dans sa robe orange.

Messieurs, je vous souhaite la bienvenue à Hap-Gar. J’espère que votre séjour y sera agréable.

- Tu parles, Charles.

Mon coup de coude n’arrive pas à faire taire Jim.

Dans un moment, je vous conduirai chez le capitaine Tom. Veuillez patienter.

Et elle nous quitte, dans une allure déhanchée. Tom serait donc le facteur X manquant à mes déductions élémentaires de la situation.

Des groupes de soldats, armés de leur fameuse mitraillette, débouchent régulièrement des couloirs, se bousculant et plaisantant. La guerre est ici omniprésente, elle est ici l’essence même de leur vitalité. Véra me dit doucement :

 

 A suivre

Hertia May

 

 

 

 

 

 

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LE  PETIT  MONDE DE  BRASSENS

 

Christian STALLA           Marc VINCENT

 

Préface de Pierre Schuller

 

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Christian Stalla, peintre de la musique, et moi-même, sommes heureux de vous annoncer la parution de notre nouvel ouvrage :

LE PETIT MONDE DE BRASSENS

28 des pages de ce livre représentent, peints par Christian Stalla, des tableaux qui lui ont été inspirés par 28 chansons (choix difficile !) de Georges Brassens. Autant de pages de commentaires, signées Marc Vincent, complètent l’ensemble.

Ce livre d’art est disponible au prix de 25 euros. Bon de commande et tous renseignements sur le site : http://marcvincent.chanteur.free.fr

 

 

 

  

 

 

 

 

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